Archives pour la catégorie Septembre 2014 : Chili.

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Escapade en terres Chiliennes.

Arrivée au Chili à l’aéroport international de Santiago ! Après avoir récuperé nos bagages nous fonçons têtes baissées direction le comptoir LAN la seule et unique compagnie qui pourrait nous emmener à plus de 3000Km d’ici sur l’île de Pâques (territoire chilien) !!

Première grosse désilusion les billets sont à 800 $/pers. On commence à voir là les prémices du monopole de certaines entreprises au Chili. LAN est la seule compagnie à y aller, sinon il faut partir depuis Tahiti, où les prix sont étonnamment 3 fois moins chers. L’ile de Pâques ne fera pas partie de notre programme chilien. Nous partons un peu déçus malgré tout, direction le centre ville de Santiago dans la première auberge « pas chère » du guide du routard ! Le type « cool » de l’accueil nous dit que tous les dortoirs sont occupés soit environ 120 lits et qu’il ne lui reste malheureusement (pour nous) que des chambres doubles au double du prix des dortoirs, il est 21h30 on prend (même si on est étonné qu’en basse saison ce soit plein) ! Au petit déjeuner, l’auberge est plus vide que vide, le guignol de l’entrée nous dit que les 120 personnes en dortoirs sont parties à l’aube (mais bien sur, un dimanche matin) alors que nous lui faisons part de notre mécontentement d’être pris pour des pige*** . Une crapule de plus dans l’hôtellerie, et un hôtel à fortement vous déconseiller si vous êtes de passage à Santiago : le Cienfuegos qui tombe en ruines.

Du coup on quitte Santiago pour la belle et animée ville de Valparaiso à une centaine de km au bord de la mer. On loge à la Casa Verde Limon, une belle auberge colorée et à la cuisine parfaitement équipée, qu’on utilisera beaucoup ici ayant bien compris après 2 tentatives que manger pas/peu cher (et bon) au Chili est impossible ! Une pizza 6 parts (médiocre) à 2 avec une boisson et un dessert coûtent environ 2O euros, autant vous dire que comparé à ce qu’on a eu ces derniers mois cela correspond pour nous à une fortune :)

Valparaiso (Valpo pour les intimes), surnommée la ville aux 45 collines, sur lesquelles sont perchées des maisons plus colorées les unes que les autres est aussi le plus grand port du pays. C’est d’ici que le tristement célèbre coup d’Etat de Pinochet du 11 septembre 1973 à été lancé.

Port de Valparaiso.
Port de Valparaiso.

C’est la capitale chilienne (voire Sud américaine) du street art, et les peintures murales et graffitis sont omniprésents ici. Le musée à ciel ouvert, dont les habitants sont si fiers est un parcours urbain qui donne à découvrir de nombreuses fresques, tout en passant par des miradors avec vues imprenables sur le port. Les quartiers hauts sont accessibles par d’interminables centaines de marches, ou à certains endroits par des ascenceurs d’époque qui fonctionnent tant bien que mal pour un prix assez modique.

Trompe l'oeil, Valpo.
Trompe l’oeil, Valpo.
Quartiers colorés de Valpo.
Quartiers colorés de Valpo.
Ascenceur de Valparaiso.
Ascenceur de Valparaiso.

En revanche en descendant des cerros, le centre ville est classique : du bazar, du bruit, de la circulation ! Nous profitons d’un super dimanche ensoleillé pour aller manger a la Pescaderia, le marché au poisson. Encore une fois on déchante; les prix ne sont pas exorbitants comparé à la France, mais le poisson frais au nom inconnu qu’on commande est vraiment quelconque, et puis frit et refrit. Ce n’est pas mauvais mais pour le prix on pensait avoir un bon poisson grillé à la plancha …

Avec 4000km de côtes et de telles ressources on se rend compte que le gastronomie chilienne n’est en fait qu’un vague concept..  n’importe quel poisson ou fruit de mer est cuisiné ici de la même façon : dans une friteuse ou en empanadas !

On note aussi pas mal de changements avec l’Argentine voisine, les gens semblent moins chaleureux, plus fermés, peut être plus occidentaux (ou parisiens) dans leur façon de ne pas vraiment s’occuper de ce ceux qui les entourent, c’est un peu nouveau pour nous après la chaleur argentine.

Pour ce qui est du mode de vie, on est ici dans le pays de l’ultralibéralisme, qui a accueilli à bras ouverts les capitaux étrangers à la fin de la dictature, sous couvert de ne pas être trop regardant sur les normes de fabrication beaucoup plus laxistes qu’en Europe, preuves en sont les innombrables élevages intensifs de saumons qui détruisent le littoral sud-chilien, où même les nombreuses exploitations minières détenues par des investisseurs étrangers. Sébastian Pinera, l’ancien président, jusqu’à ce que Michelle Bachelet reprenne le pouvoir il y a quelques mois, est de ceux là, qui ont fait fortune au début des années 90 , et qui aujourd’hui cumulent un peu tous les postes et les intérêts sans que personne ne dise grand chose : mandats politiques, parts conséquentes dans l’industrie pharmaceutique, la compagnie aérienne nationale LAN.. Une sorte de Berlusconi chilien.

On retrouve ça aussi avec l’existence de nombreux emplois étranges qui semblent n’avoir de raisons d’exister que l’objectif du plein-emploi ( c’est déjà ça vous me direz, mais quand même) : à chaque caisse de supermarché, en plus de la caissière est là un autre employé pour vous empaqueter les courses, dans le métro au vendeur de billets succède celui qui contrôle que vous mettez bien le billet dans la machine ( ce n’est même pas un poinçonneur), puis l’agent de sécurité 2 m derrière.. Quand vous voulez vous garer dans la rue, il y a quelqu’un qui vous aide à faire le créneau ( quoique ça je ne dis pas non :-)), puis qui vous donne un ticket, quand vous revenez, un autre type se charge de vous faire payer.. On comprend que le Chili soit la locomotive de l’Amérique du Sud, mais ces emplois paraissent un peu superflus à mon sens, et dans le secteur du service, on a le sentiment d’être tenu par la main en permanence…

Nous apercevons d’énormes éléphants de mer se prélassant au soleil, au cours de la balade digestive que nous engageons sur le front de mer. La plage est bondée de locaux, mais a plus l’allure d’une décharge à ciel ouvert, eu égard au nombre impressionnant de déchets, bouteilles et autres étranges personnages qui la jonchent. Le train le plus lent du monde, qui vous l’aurez deviné est à quai depuis des lustres, accueille au sein de plusieurs de ces wagons, un café avec vue sur l’océan assez chouette.DSC00771

Il fait beau et les sportifs du dimanche sont là : skateurs, rollers, vélos, joggeurs, et même des acrobates. On se fait d’ailleurs une petite idée du « look » bien différent qu’ont les chiliens comparé aux argentins; beaucoup de tatouages, de cheveux décolorés (bleus, verts, rouges) et le noir fait fureur chez les jeunes :), ca fait vieux-c*** de dire ça mais on assume. Un petit côté rock-grunge de nos 14 ans, sauf qu’ici beaucoup en ont 30 de plus.

Temps maussade aujourd’hui, alors qu’on se dirige vers  l’Isla Negra, une des maison de campagne de Pablo Neruda, le plus grand poète chilien, Prix Nobel de littérature en 1971, dont on ne connaît finalement que peu de choses. Le bus nous dépose au bord de la route et on y accède par un chemin de terre bordé de pins et de petites maisons en granit, face à la mer déchaînée, qui donne au coin des faux airs de Bretagne.

Loin d’être une grande demeure bourgeoise comme on aurait pu l’imaginer, c’est plutôt une maison construite et agrandie au fil des ans, avec une partie qui rappelle la forme de certaines cabines (luxueuses) de bateau, et une autre qui à tous les attributs d’un wagon de train, les hublots d’avion en plus. Elle invite au voyage, et les collections innombrables de Neruda, semblables à un immense bric à brac ordonné, sont parfaitement mises en valeur. On découvre de pièces en pièces les collections du poète : proues de vieux navires, maquettes de bateau, coquillages, masques de différents pays, chauffe-pieds, papillons, locomotive… et bien d’autres encore ! Il scénarise tous les placements de ses trouvailles, installant les sirènes des proues de navires face à l’océan, pour « qu’elle ne dépriment pas trop« .

Isla Negra, Maison de Neruda.
Isla Negra, Maison de Neruda.

Toutes les pièces de la maison sont exposées face à la mer et on comprend très vite pourquoi le poète aimait cette maison ! Fasciné par la mer et les histoires de vieux matelots, Neruda n’avait cependant absolument pas le pied marin, et parlait de cette demeure comme « mon bateau ancré sur terre ». A méditer !

Après un chouette picnic face au Pacifique, on rentre prendre le thé avec notre cyclo-family à Valparaiso, qu’on croise sûrement ici pour la dernière  fois avant la Patagonie ou peut être l’ Asie !

Nos derniers jours à Valparaiso seront consacrés à des ballades où Octave manquera de peu de se faire écraser par un taxi fou n’en gardant comme trace au final qu’une brûlure sur le mollet….

Le 18 et le 19 septembre sont tous les deux des jours fériés. Le 18 septembre : fête nationale, le 19 septembre : jour des forces armées sachant que le 19 est un vendredi les commerçants ont décidé de rester fermé jusqu’au dimanche inclus ! Autant vous dire que c’est difficile quand on est touriste, car tout est mort de chez mort, les Chiliens passant ce pont en famille. On assiste à la préparation les jours précédant les fêtes et c’est la folie dans les supermarchés où les rayons de viande sont dévalisés. Contrairement à ce qu’on aurait pu penser, les Chiliens ne sont vraiment pas très poisson.. ici aussi la bidoche est reine. Par ailleurs, les habitants sont obligés par la loi de sortir le drapeau national ce jour là, sous peine d’amendes. Spectacle assez surprenant pour nous français peu habitués à un fort patriotisme, qui fête en famille le 14 juillet avec son drapeau aux fenêtres ??!

Nous décidons de continuer vers le Sud même si l’on sait que le temps n’est pas forcément prometteur.

Nous partons le 18 au soir, pour débarquer à Pucon, une petite station balnéaire située en bord de lac. Ce petit village est réputé pour les sports natures (randonnées, rafting, escalade, ski) et aussi pour ses thermes d’eaux chaudes, de quoi satisfaire tout le monde ! On débarque à 8h30 sous la pluie après un voyage assez difficile; les bus chiliens qui sont chers n’ont pas le confort des bus argentins -on le saura dorénavant- et les prestations offertes sont « survendues ».

On s’installe à L’Hotel Victor, une petite maison d’hôtes charmante avec non pas une mais deux cuisines ! Parfait, on en profite pour prendre le petit déj et essayer de faire un inventaire des excursions à faire dans le coin. Nous allons nous renseigner auprès d’une agence française pour l’ascension du volcan Villarica (2842m) : on monte à pied jusqu’au sommet où la neige est présente toute l’année et ensuite possibilité de descendre soit à ski soit en luge ou bien sur en marchant. Le prix nous fait vite redescendre : 60 euros/pers sans compter l’almuerzo (déjeuner), on hésite car la seule fenêtre de dispo est le lendemain, les conditions météo n’étant pas bonnes pour le reste de la semaine. On renonce et on se décide pour une rando de 5h dans le parc national de Huerquehue, réputé pour ses fôrets d’araucarias, de bambous,  et ses nombreux lacs et cascades, d’autant que les conditions météo sont bonnes.

Nous voici donc le lendemain avec nos petites chaussures de trails partis sur les chemins humides du parc ! A l’entrée les gardes forestiers nous préviennent qu’en haut à environ 1300m il y a un peu de neige.

Parc de Huerquehue, Province de Pucon.
Parc de Huerquehue, Province de Pucon.

Plus on monte plus les vues s’élargissent mais plus le terrain est gadoueux, on s’en met partout, les chaussures sont mouillées et arrivés en haut le chemin ressemble à un champ de mines, neige à foison, chutes d’arbres volumineux en plein sentier. On finit notre rando en crapahutant sans prendre le temps de faire une pause et avalons aussi sec les 600m de dénivelés négatif car le bus ne nous attendra pas ! On se permet  de signifier aux gardes que les chemins sont difficilement praticables et qu’il aurait été plus correct de nous en aviser au départ plutôt que de facturer coûte que coûte l’entrée du parc, ce à quoi ils nous répondent qu’ils sont au courant de la situation mais ne peuvent pas dégager les chemins à cause de la neige…

Le lendemain matin il pleut, il pleut, il pleut on se fait une grasse matinée et quand le soleil pointe son nez on fonce direction les thermes d’eaux chaudes pour aller se prélasser  dans des piscines naturelles au bord de la rivière ! On pourrait y passer des heures tant le différentiel température de l’air ( 12°) – température de l’eau ( 38°) est agréable.

Le temps maussade du lendemain ne nous décourage pas et on part direction « Los ojos de caburgua » une sorte de puits naturel d’une couleur bleu-vert magnifique avec de jolies cascades qu’on visite sans échapper -vous l’imaginez bien- à une ou deux petites averses de pluie.

Ojos de Caburga, Région de Pucon.
Ojos de Caburga, Région de Pucon.

Etant un peu mouillés et frigorifiés, on trouve la parfaite excuse pour se faire un grand chocolat chaud avant d’acheter nos billets de bus pour aller le lendemain sur l’île de Chiloé en espérant être plus chanceux niveau climat !

Le soleil nous accompagne pour 4h de voyage jusqu’à Puerto Montt où l’on enchaîne sur un bus jusqu’à l’île de Chiloé, on aura le droit à un tour en bac en prime ! L’île de Chiloé a été découverte en 1553 par les conquistadores et fut très rapidement colonisée par les jésuites. Sur les 150 églises qui restent sur l’île , 16 sont classées au patrimoine mondial de l’Unesco. C’est une île connue aussi pour son climat particulier : alternance de pluie et de soleil avec régulièrement beaucoup de vent. La grande spécificité de l’île reste que la pomme de terre a été découverte ici ! Aujourd’hui les activités principales sont surtout la pêche, le ramassage des algues destinées au Japon (pour les makis), la culture céréalière, des pommes et bien sur des pommes de terre ! Une fois sur l’île nous nous rendons à Ancud, l’agglomération la plus étendue située dans une jolie baie, et où l’on retrouve de nombreuses maisons colorées recouvertes de tuiles en bois d’alerce ! On profite du soleil pour se promener et pour aller au marché où l’on craque pour un saumon « ahumado » de 600gr ! Un festin, bon rassurez vous on n’a pas tout mangé en une fois ! Mais on est vraiment content de pouvoir manger autre chose !

On se dégote une super auberge, 13 Lunas, un peu chèro, du coup on prend un dortoir de 4 lits, dans lequel au final on ne sera que tout les 2, avec de belles et grandes pièces et une super cuisine ! C’est très chaleureux et les gérants sont très sympa. Pour plus d’indépendance sur cette grande île ( la deuxième plus importante du continent sud-américain (200Km de long sur 50km de large) on loue une voiture , qui nous évitera aussi de devoir s’en remettre au connexions des bus hasardeuses et plus rares à cette période de l’année. Première étape au nord ouest de l’île pour aller à Punhill l’île aux pingouins ! On traverse de superbes paysages, et on est frappé par leur ressemblance flagrante avec les côtes bretonnes ou irlandaises du fait de la présence massive « d’ulex europaeus » ou ajonc d’Europe, arbustes aux fleurs jaunes !

Ile de Chiloé.
Ajoncs sur l’Ile de Chiloé.

En plus une petite grisaille et un bon petit crachin sont de la partie, tout ça le long de falaises d’où le peut admirer la mer déchaînée, on est de retour en France ! On arrive sur le lieu de départ pour prendre le bateau seul hic la marée est haute et nous devons traverser la plage avec la voiture … Impossible, on aurait du se renseigner avant ! Bon tant pis pour les pingouins on se console en se disant qu’on en verra en Patagonie !

On the road again, on traverse la moitié de l’île pour prendre le bac afin d’aller sur la petite île de Quinchao, où un petit village sert théoriquement des huîtres accompagnées d’un petit verre de blanc, qu’on ne voudrait pas rater. En attendant on se ballade dans notre petite Chevrolet Corsa à la découverte des vieilles églises en bois de la région. IMG_5746On a de la chance il fait plutôt beau même si l’on a de temps en temps des petites averses. On arrive au fameux village mais on peut remercier encore une fois notre cher guide du routard qui ne spécifie absolument pas qu’à part en été  (décembre, janvier, février) les bars à huîtres sont simplement fermés.

Un des pays les plus sismiques du monde, mais quand même !
Un des pays les plus sismiques du monde, mais quand même !

On se contentera du minimarket pour s’acheter  un morceau de pain et une banane… Nettement moins funky ! Pour le retour sur Ancud, un autre chemin plus sympa nous est recommandé mais s’avère être une piste redoutable faite de nids de poules très profonds, on fait même sauter la ventil qui se retrouve sur nos genoux, oups ! Bon visiblement elle était plus ou moins déjà cassée on essaye tant bien que mal de la reconstituer et on la remet ni vu ni connu … On se sent plutôt bien sur notre île et pourrions y rester davantage mais il faut que l’on commence notre remontée vers Santiago. On se fait une dernière journée découverte cette fois ci direction le Parc National, où on se contente de petites ballades à l’intérieur d’une forêt tropicale et le long des dunes avec en prime un mirador qui donne sur toute la baie ;  les sentiers les plus longs n’étant accessibles qu’avec un guide . En rentrant on fait une petite halte à Castro qui est la capitale de l’île connue pour ses maisons sur pilotis, les Palafitos.

Dans notre remontée en quête de soleil, on fait halte à Puerto Varas pour 2 jours le temps de visiter la plus germanique des villes chiliennes, en bord de lac, dominée au loin par le volcan Osorno. Petite auberge plutôt tranquille avec cuisine : la Casa Margouya.

Ici aussi il pleut alors quitte à être mouillé on en profite pour se payer une sortie rafting sur le Rio Petrohué ! DSC00857DSC00860En ce dimanche matin , l’eau est glaciale (7-8°) mais une fois passées les premières crispations, la combinaison intégrale 7mm qu’on nous fournit fait son effet.. Etant accompagnés au milieu du bateau par un couple brésilien d’une mollesse improbable, pagayant comme s’ils étaient sur un étang, on redouble d’efforts à l’avant comme à l’arrière, pour compenser le manque d’aide «Paulista».

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Les rapides sont de classe III à IV, d’autant plus que les neiges fondent de plus en plus en ce début de printemps chilien rendant le débit important. Ca remue beaucoup, et à l’avant on en prend les yeux (au sens propre comme au figuré). Charlotte se fait une petite frayeur, en tombant à l’eau après s’être fait déséquilibrer par notre brésilienne mollassone. Plus de peur que de mal !GP020030

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On avait prévu d’aller se balader au pied du Volcan Osorno, près du village de Petrohué au retour, mais autant la pluie en rafting importe peu, autant en ballade, on se dit qu’on à déjà fait l’expérience à Pucon, et qu’au vu du ciel menaçant, il est préférable de rentrer à l’auberge, où nous passons le reste de l’après-midi, abrités de la pluie.. Le soir un bus de nuit, d’une compagnie inconnue ETM, conseillé par Nicolas, le proprio de la Casa Margouya, nous ramène à Santiago d’où nous comptons reprendre un bus pour La Serena, à 500km plus au Nord.

Topo compagnie : dans un pays ultra libéral comme le Chili, et après avoir parcouru une bonne partie de l’Amérique du Sud, dans des bus de compagnies les plus diverses, il nous est vraiment étrange de voir le monopole que deux compagnies ont sur le secteur. Tur Bus et Pullman Bus, bus verts et bus violet, ont chacun leur propre terminal avec des prix largement plafonnés par le haut, pour des niveaux de conforts très inférieurs à ce qu’on à eu pour bien moins cher au Pérou et en Argentine.. Il règne comme une ambiance de bloc soviétique où il n’y a aucune concurrence..

On enchaine bien les deux bus et arrivons après 17h de voyage cumulé (dont une demi heure de battement) à La Serena dans la région III.

Le Chili est administrativement découpé en 12 régions numérotées en chiffres romains de 1 (Extrême-Nord fronti§re avec la Bolivie) à 12 ( Extrême sud patagon) sans aucun autre nom.. On passe donc de la région VIII à la région III :-) Etrange.

La pension familiale Casa Maria, dans laquelle nous logerons est tenue par Maria, 70 ans bien passés et une bonne humeur à toute épreuve. La ville en soi n’a guère d’autre intérêt que de jouir d’un climat plus favorable qu’au sud, bien qu’elle soit plutôt agréable à arpenter, en bord de mer. Malheureusement pour nous, les vents chauds arrivant de l’est, et l’air humide et marin, provoquent une bruine qui ne laisse que très peu passer le soleil. On se dirige le lendemain vers la vallée de l’Elqui, à 100 km à l’est, une région viticole où est produit une bonne partie du Pisco chilien. Le temps semble s’être arrêté dans les petits villages ensoleillés qu’on traverse, et l’escapade est bien agréable.

Vallée del Elqui, Près de la Serena.
Vallée del Elqui, Près de la Serena.

Coquimbo, à 11km de La Serena, où nous tentons une dernière fois de tester la gastronomie chilienne, est le plus grand port de pêche de la région, où d’après Maria on mange les meilleurs poissons et fruits de mer du pays, tout juste péchés et à des prix dérisoires … On est accueillis par des centaines de pélicans, et d’énormes lions de mer qui se prélassent tranquillement à 2 m de nous.

Sacrée technique de séchage !
Sacrée technique de séchage !

Le décalage culinaire est grand quand après avoir commandé du merlu et la spécialité locale , le pastel de jaiba -un gâteau de crabe-, dans un des nombreux restaurants de la jetée (même carte peu économique, même décors, mêmes rabatteurs insistants), on nous ramène du merlu frit-frit-frit, et une «soupe» de crabe à la béchamel gratinée vraiment peu appétissante.. On tombe d’accord sur un point, au Chili il vaut mieux être servi par soi même et cuisiner en sachant ce qu’il y a dans son assiette, à moins d’être Crésus. Cette énième déception culinaire passée, un bus de retour à Santiago nous attend, partant déjà avec deux heures de retard de la Serena, et en reperdant une sur le trajet.. 9h plus tard, on atterrit à L’Eco Hotel de Santiago.

On consacre le lendemain à quelques visites, dont le Musée de la Mémoire et des Droits de l’Homme, qui retrace remarquablement les heures sombres du Chili, du coup d’état de Pinochet du 11/09/1973, aux arrestations arbitraires et aux tortures clandestines qui suivirent pendant 17 ans ; le tout dans un bâtiment de verre à la très belle allure.. On reste un peu sans voix devant tant d’horreurs et de privation de libertés, dont nous n’avions pour ainsi dire qu’une vague idée jusqu’alors.

On redécolle pour Buenos Aires, où Arnaud mon père, nous rejoint pour 3 semaines à la conquête des terres Patagoniques du sud Argentin et Chilien.

On vous embrasse bien fort !!

Cha & Octave