Archives pour la catégorie Mai 2014 : Colombie

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Carthagène des Indes, Medellin et la Zone du Café.

La route qui nous mène à Carthagène des Indes, joyau des Caraïbes, depuis Palomino longe la côte et offre des panoramas grandioses. Nous arrivons en soirée comme il ne faut pas faire (mais comme on a aussi pris l’habitude, pas bien les CHOC).

Carthagene des Indes , est de loin la ville la plus touristique de Colombie, certains vols arrivant directement de Miami… On y retrouve certains cotés de Salvador de Bahia avec le sentiment d’être bloqué dans la vieille ville historique certes splendide mais avec ce coté « ghetto de gringos ».

On loge dans le quartier de Getsemani à l’extérieur  (le quartier anciennement mal famé, mais dorénavant « the place to be » où l’on croise plus d’américains en quête d’ivresses alcooliques ou cocainées que de locaux ( pas trop notre truc vous l’aurez compris)), dans une chambre assez miteuse sans fenêtre, avec des ventilateurs vintages mais quasi inutiles pour nous soulager de la chaleur moite et collante. Des le lendemain on négocie un autre hôtel avec la clim (on fait nos riches pour une fois mais la nuit précédente est dans le top 3 des moins bonnes depuis 3 mois).

 A peine sommes nous partis découvrir le centre, qu’un orage tropical s’abat sur la ville, inondant une bonne partie du quartier populaire aux canalisations vieillissantes dans lequel nous passions. Les voitures sont bloquées dans un mètre d’eau par endroit. Ca s’éternise et rend l’atmosphère encore plus étouffante.

Quelques beaux vieux 5 mats venus du Brésil du Mexique ou de Patagonie logent ces jours ci dans le port de Carthagene, contrastant avec la modernité des quartiers d’affaire de l’autre coté de la baie.

Mannequin grande taille :)
                                                                                   Mannequin grande taille :)

Le centre ville invite à se perdre dans les petites rues étroites aux façades coloniales colorées, aux ornements de portes animaliers, et aussi aux boutiques-hotels de luxe dignes des plus chics quartiers parisiens (de Vilebrequin à Hackett , en passant par Birckenstock) qui donnent un côté européen assez étrange ici. Après cette journée nous décidons de prendre un avion pour Medellin le lendemain soir (moins cher que le bus, y croyez vous :)).

Nous arrivons à Medellin, dont la mauvaise réputation n’est plus à faire, grâce notamment au grand Pablo Escobar, sans ressentir la moindre insécurité.. Elle a aussi la réputation d’avoir les plus belles femmes du pays, d’après nombre de Colombiens.

Nous arrivons de nuit, on ne perd pas les bonnes habitudes, rencontrons Fernando, un argentin sur la fin de son voyage avec qui l’on décide de partager un taxi jusqu’à un hostal qui parait il est bien.. Le chauffeur de taxi (un peu malhonnête) ne nous dit qu’une fois la course bien entamée qu’il ne sait pas ou est notre hôtel..

Ganso&Castor
                                                                                      Ganso & Castor

On se retrouve à Casa Kiwi, dans le quartier d’ « El Poblado », cher, assez bruyant, mais les chambres sont sympas, et il fait moins usine que le precedent visité où les 120 places en dortoir sont toute complète ( heureusement pour nous en quelque sorte). Le petit déjeuner du lendemain est plus parisien que colombien :)

On se ballade le lendemain dans le centre de Medellin, et notamment sur la Plaza de Esculpturas, où trônent une bonne trentaine d’oeuvres de Botero.. le centre est un peu plus ghetto , prostitués devant leur hôtel de passe à tous les coins et pas mal de jeunes sous crack.. on déguerpit assez vite vers le somptueux jardin botanique ( ou presque tout est fermé…)) avant de se retrouver devant un concert de Salsa de la Police Nationale. Le rythme est dans la peau des officiers même si on sent que l’uniforme les crispe un peu..

Le soir on assiste à la retransmission de la finale de la Copa del Rey de football qui oppose l’Athletico Nacional de Medellin à l’Athletico Juniors de Barranquilla, l’ambiance est au sommet malgré la défaite, laissant présager de bonnes perspectives pour la Coupe du Monde qui approche.

Nous partons le lendemain vers le quartier de Santo Domingo et plus loin le Parque Arvi. Medellin est une mégalopole à perte de vue logée dans une vallée où les quartiers les plus pauvres ( et où circulait à flot la poudre blanche) sont sur les hauteurs. Le projet du Metrocable de Medellin, des oeufs en somme, est de dé-ghettoiser ces quartiers pauvres où les taxis et bus refusaient d’aller jusqu’à il y a quelques années. Une grande bibliothèque a été construite pour resocialiser les jeunes enfants de ces quartiers, et essayer de les eloigner de la drogue.. Cela marche plutôt bien puisqu’en dix ans le taux de criminalité à chuté de 80%, et que Medellin a été élue deux années de suite capitale mondiale de l’innovation.

Le Parque Arvi, que l’on rejoint en 30 mn de télécabine, fait figure de poumon vert en dehors de la ville, où les Paisas ( habitants de Medellin) viennent en nombre le week end pour des après midi churrascarias, bière et éventuellement randonnées pour les plus téméraires ( de 3H à 3 jours de randos).

La plus belle vue du monde
                                                                          La plus belle vue du monde.. :-)

On part pour Guatapé, un village à 100 km de Medellin connu pour etre la plus grande reserve d’eau de la région et pour abriter un bloc de granit haut de 200m venu d’on ne sait où qu’on peut escalader pour avoir une vue assez incroyable  » la plus belle du monde » selon eux…. La ville de Guatapé est plutôt mignonne et on est enfin un peu tranquille question touristes.

Fini les grandes villes, on se dirige vers la Zone Cafetera, qui l’est – on l’apprendra plus tard- de moins en moins depuis la fin des années 80 et la crise du café.

Trois grandes villes, Armenia, Manizales et Pereira délimitent la région. C’est vers la dernière que l’on se dirige dans un bus grand luxe, bien négocié par Charlotte, avec wifi et écrans Individuels. Pereira n’a rien de très intéressant mais nous permet seulement de nous diriger vers Salento, chaudement recommandée par Elo et Kevin. Ce dernier est un petit village à 40 km de route, en plein milieu de la zone du Café.

Ici, impossible de négocier comme ailleurs le prix des chambres, sur les 10 hôtels que l’on visite, presque tous sont vides, mais aucun ne veut baisser les prix.. Dommage, le dernier plutôt pas trop mal nous fait une ristourne et nous y restons pour 4 nuits.

Salento est un joli village à l’architecture coloniale entouré d’un paysage montagneux propice à la culture du café, ce dernier poussant entre 1400 et 2800m et avec des conditions assez humides. Les ruelles pavées donnent un charme certain, et la Plaza Bolivar ( pour changer…) est agréable pour observer la vie locale en sirotant un jus de lulo (sorte de kumquat local) ou de  tomate de arbol (une tomate qui pousse dans les arbres et est un peu plus sucrée). On passe notre première après midi ici autour d’un almuerzo ( 6000 pesos euros pour soupe succulente, un plat de viande avec plantain, arepa ( galette de mais), riz et haricots, un dessert de riz au lait et de la citronnade maison à volonté) avec Charlène et Jeremy, deux français que l’on rencontre dans le bus, et qui nous tuyautent pas mal sur les missions de volontariat et de woofing dans les fermes pour plus tard..

Le lendemain, le type du PIT, sorte d’office du tourisme un peu plus hasardeux nous oriente vers une ballade dans les environs (3h aller-retour en théorie). On a beau marcher vite, en remontant le lit d’une rivière à moitié asséchée, au bout de 2H30 on est toujours en train de crapahuter.. Etrange.. Et puis la vue promise est sympa mais pas non plus grandiose… On se fait prendre par un pick up sur le retour nous économisant 3h de descente peu intéressante.. Le type du PIT à qui l’on va demander quelques explications nous dit qu’il s’agissait du temps de montée.. Pas inutile de le préciser la prochaine fois, vu le manque de signalisation des sentiers colombiens… Petite frayeur mais tout va bien.

On part le lendemain dans une Finca, la Sacha Mama, tenue par Pedro et Mar qui nous accueillent après deux heures de ballades dans des paysages splendides ressemblant tantôt au Pays Basque, tantôt à la Suisse mais avec des notes tropicales ( palmiers, fleurs exotiques). On a trouvé cette finca par hasard sur le site internet d’un hôtel mais en ville, personne ne connait.. trop loin disent certains, routes dangereuses nous diront d’autres.. Rien de tout ça mais effectivement, c’est plus loin que les fincas touristiques classiques ou en 30 min le tour est emballé pesé..

Ici Pedro et sa famille, essayent depuis 14 ans qu’ils ont acheté le terrain de faire de la reforestation, comme beaucoup de fincas aux alentours ont tout abattu dans les années 50.. Et on fait fuir la faune.. Il faut dire que ça marche : les oiseaux, papillons, couleuvres (!!!) sont de retour dans dans leur élément, la vue est splendide. Nous se sommes que tous les deux, après une ballade dans la foret, on en vient aux choses sérieuses en récoltant le café (uniquement les graines rouges, pour que le café ne soit pas acide comme les cafés premiers prix). Ici Pedro ne cultive le café que pour sa consommation personnelle et celle des quelques touristes qui viennent le voir, préférant l’agriculture modérée à la monoculture intensive des fincas environnantes qui détériorent pas mal le paysage. On se sent comme à la maison, Pedro prend le temps de tout nous expliquer, on déjeune chez eux avec les produits du jardin (un fameux caviar d’aubergines sur toast de banane plantain frite, à essayer les Hemery-Agullo :-)). On part ensuite dans une petite cabane qu’il a aménagé un peu plus haut, pour les dernières étapes de la préparation avec le café séché en le débarrassant premièrement de certaines pellicules. On le torréfie ensuite entre 110 et 250°C, cette étape laissant émaner des odeurs délicieuses. On le laisse refroidir dehors, le grain étant passé du blanc crème au « couleur café », on le moud ensuite 12 secondes pour obtenir un grain moyennement fin, parfait pour réaliser un café à l’italienne (on l’aurait moulu plus longtemps pour un espresso (grain plus fin car extraction rapide par la vapeur), et moins pour un café à la presse ou en infusion ( grain plus épais)). On l’empaquette ensuite sous vide pour qu’il soit prêt pour la commercialisation et la dégustation dans un délai d’un an). On le déguste et là c’est vraiment grandiose !!!

On apprécie vraiment cette journée entière passée ici, qui sort vraiment des sentier battus. Le soir, lassés du mais et des frijoles, on fait chauffer la carte en se payant chacun une énorme côte de boeuf avec une bonne bouteille de rouge chilien :-)

Charlotte est dans le dur
                                                                                  Charlotte est dans le dur

La région regorge de ballade dont une spectaculaire avec des palmiers géants entre 50 et 70m de haut ! La première partie de la randonnée est quelque peu boueuse et s’enfonce doucement dans la montagne avant d’atteindre le sommet depuis lequel la vue est magnifique. Il faut savoir que ce palmier est l’emblème national de la Colombie !

                                                                            C’est bien Octave tout en bas !!
Version Bonzai dans le parc de Manizales
                                                              Version Bonzai dans le parc de Manizales

Nous partons le lendemain pour Manizales, ou l’on a dégoté un super hôtel : le Kaleidoscopio, une adresse encore confidentielle ouverte depuis 6 mois. On accède au centre ville depuis le terminal de bus par une télécabine, certains commerces font de la pub sur leur toit pour avoir de la visibilité c’est assez marrant. Martha nous accueille, avec un grand sourire et on se sent très vite comme à la maison.. Quelques bons plans, pas mal de repos, un parc ou l’on accède en télésiège cette fois ci (toujours pas de neige à l’horizon cependant) avec de beaux papillons et colibris, et enfin une après midi dans les eaux thermales soufrées des alentours avant de regagner Bogota par un bus de nuit.

On se sent beaucoup plus à l’aise qu’en début de séjour, et nous trouvons deux hôtels pas trop mal bien qu’un peu chers pour notre budget de 65 euros à 2 par jour. On se ballade encore dans la Candelaria, avant d’entamer l’ascension de Montserrate, dont l’église domine la ville du haut de ses 3152m.

Cathedrale de Sel
                                                                       Cathedrale de Sel

Tout le monde parle de la Cathédrale de sel de Zipaquira, à 50 km au nord qu’on va visiter avant le départ pour le Pérou… tout ça pour ça.. une «  cathédrale » dans une mine de sel, toutes les salles ont des croix illuminées de différente manière, qu’on ne sait qui à décidé de faire correspondre à une étape de la vie de Jésus… C’est carrément ridicule, d’autant qu’il ne se gênent pas pour nous délester d’un bon paquet de pesos pour l’entrée..IMG_3074

Fin de notre séjour en Colombie après 4 trop courtes semaines, qui nous aura grandement ravi et qu’on vous invite fortement à découvrir avant que cela devienne trop touristique ( vous avez encore du temps). La côte Pacifique même si on ne l’a pas visité a parait-il de beaux jours devant elle.

On part pour le Pérou ce vendredi 30 mai 2014

A bons entendeurs.

Des bises

C&O

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Bienvenidos a Colombia.

Nombreux sont ceux qui ont eu des craintes à l’annonce de l’étape Colombie, mais qu’elles soient vite effacées, ce pays est une grande découverte, et pas une seule fois l’insécurité ne s’est faite sentir (la prudence minimum s’impose cela va de soi, il ne faut pas «Dar la Papaya » (tendre la perche/montrer ses objets de valeur) comme les colombiens ont coutume de dire). Les années cartels Escobar sont loin derrière et la fierté des Colombiens à vouloir que l’on parle d’eux pour autre chose que la coca et l’insécurité, et que leur pays retrouve une réputation adéquate fait chaud au coeur.

Deux mégalopoles sud-américaines en deux jours, San José et Bogota, et toujours cette exacerbation des inégalités qui  se fait cruellement ressentir sur le trajet qu’emprunte le taxi jusqu’au centre comme ici sur la route vers le quartier de la Candeleria -étudiant,dynamique et coloré- où nous commencerons ce mois en Locombia (« terre de fous » comme ils disent). Bogota est situé à 2800m d’altitude, et la température est tout de suite beaucoup plus douce fraiche.

Quoi de mieux que d’arriver le 1er mai dans une grande ville comme Bogota où tout est fermé : magasins, restos, musées … autant vous dire que notre journée a été un peu longue mais nous en avons profité pour flâner dans ce quartier historique et pour assister au défilé du 1er mai sur la place Bolivar !

Le lendemain la vie reprend son cours et nous passons la matinée au splendide musée Botero. Outre les peintures et sculptures tout en rondeur du maître colombien, le musée (gratuit) possède un nombre incroyable de toiles de maîtres (de Klimt à Picasso, de Miro à Renoir), données par Botero lui même, et superbement mises en valeur dans cette belle bâtisse.

Petit-déjeuner typique Santafereno (Bogota s’appelle en fait Santa Fé de Bogota) dans le plus vieux café de la ville, accrochez vous, chocolat chaud dans lequel on trempe du fromage, puis du pain au lait pour en faire une sorte de minestrone.. On a mangé séparément :-)

Un bus (que dis-je une Rolls Royce (on se croirait en classe première) nous emmène en ce milieu de journée direction Villa de Leyva, lieu de prédilection des Santaferenos le week end. A 4h de route (théorique) de Bogota ce village colonial possède le plus grand Parque Central d’Amérique du Sud (120m par 120m , 14400m2).DSCF0519

Nos infos étant un peu erronées nous ratons le bus direct et devons faire un changement à Tunja où l’attente dans le vent et le froid met notre patience à rude épreuve. Le « pilote » qui nous sert de chauffeur tente une manoeuvre périlleuse à quelques kilomètres de l’arrivée pour contourner un 18 tonnes en plein chargement d’oignons qui stationne au milieu de la chaussée. Le bas coté sur lequel il s’engage est détrempé, le bus s’embourbe, le chauffeur insiste et notre bus vacille… contre un arbre qui le maintient heureusement en équilibre précaire. Il faut descendre au plus vite et attendre … 20h, 21h, 22h … après avoir démonté l’essieu et usé de toutes les forces masculines des alentours pour redresser le bus nous repartons enfin et finissons pas trouver notre auberge pour la nuit.

Villa de Leyva est un beau village colonial aux rues pavées, aux façades blanches et lumineuses devant lesquelles trônent de somptueux bougainvilliers jaunes, rouges, violet. Beaucoup d’artisanat dans la région, quelques vignes, et une boulangerie française fameuse ( la viennoise choco ou la tarte citron meringuée ont une saveur incroyable après deux mois de vadrouille)

Le Parque Central (ou place centrale) est impressionnant ( il ne possède aucun arbre) et les locaux s’y retrouvent le soir venu pour siroter une Alquila ou une Club Colombiana ( les bières locales), dans une ambiance très chaleureuse.

Nous allons admirer le coucher de soleil au Mirador de la Vierge, d’où l’on jouit d’une vue impressionnante sur la vallée.

En parlant de vierge, cette religiosité permanente, même si elle est une des particularités de l’Amérique Latine -les gens se signent dans l’avion, quand ils passent devant une église en moto- et qu’elle aide j’imagine beaucoup à surmonter les difficultés de la vie quotidienne à tendance à m’irriter par beaucoup de ses aspects. Les nouvelles églises évangélistes et courants religieux semblent retourner la tête de pas mal de Colombiens (850 mouvements religieux recensés en 2013 !!!) et il y a un fossé entre le discours religieux (« como dios quiera »/ « gracias a dios ») et les actes. Nombreux sont ceux qui montent dans les bus, rentrent dans les restaurants pour prêcher la bonne parole à voix haute en criant… accomplissant sans doute leur bonne action.. mais qui ne regarde selon moi, qu’eux et eux seuls.

Pour exemple, situation cocasse où nos hôtes (très sympa cela dit) se sont lancés au détour du petit déjeuner que l’on partageait avec eux dans un monologue évangéliste d’une heure et demi, mandatant Dieu de nous guider vers une église en rentrant en France pour fortifier notre couple, allant même jusqu’à nous faire faire un bénédicité et une prière un peu forcés pour les païens que nous sommes, ne comprenant pas mon propos quand je lui dis que cela relève de questionnements intimes et personnels et que «  je respecte absolument le droit de tout un chacun à avoir ses convictions religieuses, SI ET SEULEMENT SI il respecte le mien de ne pas en avoir ».. bref

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Rue de Barrichara.

Place aux sensations fortes en direction de San Gil, ville réputée pour ses environs propices aux sports extrêmes, et aux ballades entre pueblitos coloniaux de Barrichara et de Guane en empruntant un chemin pavé royal de 9km face au canyon et à un paysage grandiose.

On s’oriente vers le rafting sur le Rio « Infiernito », qui était non-navigable ces derniers jours, les pluies ayant fait monter le niveau d’eau à plus de 8 mètres. On comprendra vite pourquoi, rapides de classe IV à V ( le maximum en somme) sur 12km, ça secoue sacrément mais c’est top.         LA VIDEO

On continue notre remontée vers le nord pour rejoindre Cabo de la Vela, sur la péninsule de la Guajira, non loin de la frontière vénézuelienne où règne une ambiance entre bout du monde et farwest (beaucoup de contrebande de gazoline (30 fois moins chère coté Chavez)). Un peu de repos ne fait pas de mal après la nuit dernière passée dans le bus, ici la seule activité est de se laisser bercer par le bruit de l’eau sur son hamac, de se baigner et d’admirer les kitesurfeurs sur ce spot incontournable. :)

C’est aussi et surtout pour nous la porte d’accès au désert de la Guajira et plus loin à la pointe extrême nord de l’Amérique du Sud : Punta Gallinas. C’est là que l’aventure commence : nous sommes un petit groupe de 6 formé à l’auberge, à vouloir s’y rendre. Après d’âpres négociations départ prévu à 5h30 le lendemain avec Paxo (Pancho pour les intimes… et les avertis ). Liana et Nora les soeurs nantaises, Reto le suisse-allemand, et Samm l’anglais font partie de l’équipe formée pour la prochaine semaine d’aventures.

  • 6h : Paxo arrive et nous partons enfin à 80 km/h sur une piste olé olé et dans un vieux Land Rover olé olé…
  • 6h30 : arrêt aux stands (une tienda surgit de nulle part ) pour une bière, Pancho est en forme, mais payant sa tournée il n’y a pas moyen de refuser :)

La route magnifique continue à travers le désert, les variations de paysages sont rapides et impressionnantes. Sable orange par ci, lagune turquoise et flamants roses par là, cactus partout.

  • 7h30 : 2ème arrêt bière.. Pancho à soif, très soif ! Il fait 40° cela dit.
  • 8h00 : 3ème arrêt Pancho est saoul et certains de nous avec, le pilote ne semble plus vraiment maitre de son véhicule, mais au beau milieu de nulle part nous n’avons pas le choix. Nous passons des barrages d’enfants qui ne nous laisseront passer qu’en échange de bonbons et de gâteaux (Pancho avait prévu le coup :) ).
  • 8h30 : On traverse une dernière lagune saline d’où une barque nous attend pour traverser l’ultime bras de fleuve  qui nous sépare du hameau de Punta Gallinas, qui semble nous attendre juché sur un monticule. La vue d’ensemble à l’arrivée est paradisiaque, nous sommes seuls au monde, entourés d’eau turquoise, de sable jaune-orangé, de mangroves et d’avancées de mer. Il n’y a rien d’autre à des kilomètres à la ronde.

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    Vue depuis le hamac, Punta Gallinas

Après avoir repris nos esprits, on se dirige en camionnette tout terrain vers le phare du bout du monde (pour nous), les mots nous manquent pour décrire de tels paysages,  je n’ai jamais rien vu de tel auparavant ! D’immenses dunes de sable brûlant qui viennent s’échouer dans la mer agitée, des cactus à perte de vue, un mirador sur ces terres de contrastes saisissants.

Nous voici donc en terre Wayuu; ces indigènes (qui ont la double nationalité vénézuelo-colombienne) vivent essentiellement de la pêche et de leurs chivos (chèvres), l’aridité du désert obligeant à importer légumes fruits et globalement tout ce qui n’est pas protéiné depuis Riohacha à 4h de route. Les femmes portent des costumes traditionnels colorés et exquis. Mais le contact n’est pas forcement évident,  les Wayuus ne parlant pas tous espagnol (sauf les plus jeunes), et ayant l’air sur la défensive ( ce qui peut se comprendre par ailleurs).

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Dog Marley, chien à dreadlocks ;-)

Les familles les plus pauvres possèdent 200 têtes mais pas grand chose d’autre. Dans la culture Wayuu, les chèvres ont aussi -désolé mesdames- une fonction plus improbable, les hommes achètent leurs épouses en échange de ces dernières ( de 20/30 chèvres à plus de 400 pour les femmes les plus importantes). La « transaction » finalise le mariage et il n’y a pas forcement de cérémonie si ce n’est que les hommes arrosent cela à l’alcool local pendant une bonne partie de la journée et sans modération.

Il était prévu que nous passions une seule nuit ici et que Pancho vienne nous récupérer le lendemain mais la pluie dans le désert s’est mêlée à notre affaire, rendant les pistes impraticables. Pancho est resté bloqué pendant 12h dans sa voiture en plein soleil, reportant le départ au lendemain « si dios le quiera » :-).

Nous en avons profité du coup pour refaire le monde en testant l’alcool de cactus local « Irishiri »

Après cette très bonne soirée les 2 heures de sommeil et le réveil sont un peu durs d’autant que le voyage retour se fera sur une petite lancha sur une mer capricieuse, l’état des pistes ne s’étant pas amélioré.

La famille « Irishiri » (comme nous aimons à nous appeler avec Ismael, qui a rejoint l’équipe après avoir vécu quelques temps avec une famille de pêcheurs Wayuu) part en direction de Palomino pour les deux prochains jours, un village côtier dont la belle plage est délimitée par deux 2 rios se jettant dans la mer. Fin de l’aventure Irishiri !