Archives pour la catégorie Juin 2014 : Pérou

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Cusco et le Machu Picchu, derniers jours au Pérou.

De retour du Canyon de Colca avec deux heures de retard sur le programme annoncé (suite à l’oubli d’essence), on a tout juste le temps de repasser à l’hôtel récupérer nos bagages et de filer prendre un bus de nuit qui nous emmène d’Arequipa au sud, à Cusco. 10h de route pour 518km, tout va bien, le trajet ne pose pas de soucis même si sans vouloir faire nos snobs, on a connu mieux avec Oltursa.

Cusco, est de loin la ville la plus touristique du Pérou. Surnommée la « Rome des Incas », elle est le centre de la Vallée Sacrée (Qusqu= nombril en quechua) et le point de départ vers le Machu Picchu. Elle est située à 3400 m d’altitude, même si après notre séjour à Huaraz, on ne ressent pas trop le « sorote » (mal d’altitude). On vient ici avec l’idée de faire un trek dans le massif de l’Ausangate avec quelques passages de cols à 5300m, et pour aller voir le fameux Machu Picchu.

Il se trouve aussi que nous arrivons quelques jours avant l’Inti Raymi , la fête du soleil qui se déroule le 24 juin, jour du solstice d’hiver. Les Incas faisaient alors de grandes incantations pour que le soleil revienne plus près de la Terre, mais les Espagnols l’interdirent en lui substituant la fête de la Saint Jean. Depuis 70 ans, l’Inti Raymi a fait son retour et attire des milliers d’Indiens même si elle est aussi très touristique, d’où la difficulté pour nous de trouver des hôtels/auberges, qui sont tous complets deux semaines à l’avance.. On dégote un B&B assez central qui vient d’ouvrir pour un prix assez modique (15e avec pti dej).

The Meeting Place, oui oui....
The Meeting Place, oui oui….

On se balade à la découverte de la ville en passant par la superbe Plaza de Armas, où siègent la Cathédrale et la grande Eglise, qui sont toutes les deux construites sur des fondations de palais incas ( vivent les colons espagnols…..). Le charme de la place est un peu gâché par le nombre de touristes, mais aussi le nombre de rabatteurs (la rue Saint André des Arts c’est peanuts à côté).. On trouve au retour ce qui sera notre repère pour les pauses des prochains jours, Pantastico, boulangerie d’inspiration française qui fait des cakes choco-banane et maracuja-citron vert-coco à tomber par terre, et qui retransmet les matchs de la Coupe du Monde dans l’arrière cour sur écran géant autour de fameux jus frais, dans une ambiance internationale.

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Cochons de lait (flippant) du dimanche, Marché de Cusco.

On se rend compte ici, que beaucoup de femmes ont des métiers classiquement « masculins » et de force. Les pompistes, éboueuses, conductrices de travaux public, ouvrières de chantier, les ayudantes dans les bus.. C’est assez perturbant même si on se dit que tant mieux en même temps. On se demande ce que font les hommes, déjà qu’ils sont bien machistes, et pas toujours très délicats à l’encontre de la gente féminine.

Le lendemain sur les conseils du cousin Baptiste, on part pour Pisac, qui possède un des sites archéologiques les plus emblématiques de la région et accessoirement un marché coloré (mais tellement touristique qu’on ne s’éternisera pas).

Technique anti-cambriolage bolivienne : le Cactus !
Technique anti-cambriolage péruvienne : le Cactus !

Le prix prohibitif du billet pour visiter Pisac (20 euros), nous donne on ne le sait pas encore un avant-goût du business assez insupportable qui existe dans toute cette vallée. On décide de ne pas y aller et prenons un collectivo pour aller plus au Nord vers la ville de Maras, où se trouve le site époustouflant des Salinas, datant de l’époque Inca. C’est un ensemble de 4000 bassins de sels cristallisés d’un blanc étincelant, qui se nichent sur le flanc d’un vallon encaissé où passe une rivière salée. Malgré le nombre de touristes, beaucoup de familles travaillent encore ici, chacune possédant un ou plusieurs bassins, chacun à différents stades de cristallisation. On hèle un bus pour rentrer à Cusco, mais comme prévu il est archi-bondé ( au bas mot 80/90 personnes dans un bus de 40 places), et on fait les deux heures de trajet debout, en plein milieu de l’allée centrale en se contorsionnant pour laisser sortir les nombreux écoliers qui rentrent de l’école :-) Sacrée expérience !

Mardi 24 juin 2014 : c’est le jour de l’Inti Raymi, on essaye de partir assez tôt, depuis quelques jours on croise très souvent des défilés d’écoliers, d’étudiants en costumes traditionnels qui s’entrainent et font les derniers ajustements.

Entrainement au défilé, Cusco.
Entrainement au défilé, Cusco.

Dès 8h, la plaza des Armas est fermée et les alentours quadrillés par les forces de l’ordre, on se croirait un 14 juillet sur les Champs Elysées vu le nombre de badauds -dont nous rassurez vous- qui se pressent le long des balustrades.. Au bout d’une demi heure, on en à déjà marre, même si les costumes sont colorés, le défilé est un peu caricatural, en langue quechua (donc incompréhensible) et surtout est d’une lenteur terrible… On part l’après midi dans le quartier bobo de San Blas, un ensemble de ruelles escarpées avec de vielles maisons toutes blanches aux volets bleus. Beaucoup de boutiques, d’ateliers de sculptures.. On s’arrête dans un super resto végétarien qui continue de nous rendre conscient que notre consommation de viande en France est réellement trop importante.. :-).

On se fait une journée un peu plus tranquille le lendemain, le temps d’aller acheter nos billets d’entrée pour le Machu Picchu, deux jours plus tard. On commence à apercevoir les dessous du système Machu Picchu. Le billet coûte 40 euros, on ne peut payer qu’en espèces, à ce prix on a seulement le droit à un pauvre bout de papier comme billet d’entrée. On visite quelques couvents dans la ville et continuons à déambuler un peu à l’aveugle dans les ruelles escarpées, en s’arrêtant ça et là pour quelque pauses gourmandes, dont les anticuchos – des brochettes de coeur de boeuf marinées dans du piment et vinaigre- pas mauvais, mais un peu fort :-)

Au final, Cusco est une ville assez agréable même si le côté touristique nous déplaît pas mal. Par exemple, on voulait vraiment faire le trek de l’Ausangate qu’on nous avait recommandé à Huaraz. Ici pour un trek de 5jours/4nuits, pas une seule agence ne nous propose moins de 500$ par tête, et elles nous déconseillent toutes fortement de le faire en indépendant..  C’est vraiment du business à l’américaine !! et on est vraiment déçu de passer à côté de cette expérience.

26-27-28 juin 2014 : Excursion au Machu Picchu Mafiou Picsou.

Pour aller au Machu, beaucoup d’itinéraires existent. Le plus facile : prendre un train Cusco-Aguas Calientes, 150 dollars A/R pour 150 kilomètres !! Oui oui vous avez bien lu, c’est le train le plus cher du monde au prix/km. On peut aussi prendre le train d’un peu plus loin pour payer un peu moins cher mais ce n’est vraiment pas grand chose. On opte pour la solution du bus, un peu plus longue mais plus économique.. (80 soles A/R : 22 euros).

Le rendez vous est pris pour un pick up du bus à notre hôtel entre 7h et 7h30… A 7H45 un type arrive à pied nous demandant de le suivre, 10 mn après nous arrivons au terminal des bus touristiques improvisé dans une rue adjacente.. Cela valait le coup de se réveiller tôt.. On nous change 3 fois de bus.. Les chauffeurs ont tous l’air à l’ouest, et ne sont vraiment pas agréables. On démarre à 8H15. Cela commence bien.. et ce n’est pas fini.. 1ère pause au bout d’une heure et demi de conduite très imprudente.. On nous annonce 10 minutes, au final le chauffeur se boit un verre avec ses copains devant la télé.. on ne repartira qu’au bout de 50 minutes après que Charlotte lui ait fait quelques remontrances.

On repart de plus belle, passant un col à 4400m d’altitude avant de descendre plein pot dans la vallée, en n’oubliant surtout pas de doubler à l’aveugle dans les virages en épingles, manquant à plusieurs reprises de nous tuer.. Après un énième arrêt prolongé, et au final 7h de minivan, nous voilà arrivés à Hidroélectrica, le bout de la piste, où seul un train à prix prohibitif part pour Aguas Calientes. On part donc pour 10km de marche rapide qu’on avale en 1H40 avec les copains du bus, le long de la voie ferrée.

En route pour le Machu.
En route pour le Machu.

On dégote un hôtel premier prix à 40 soles (10 euros alors que celui d’en face, luxueux mais sans plus coûte quand même 1500 dollars la nuit), très humide mais qui fera l’affaire (même nos serviettes techniques ne seront pas sèches au bout de 48h). On part se balader en ville, tout est hors de prix, les moindres menus touristiques coûtent 3 à 4 fois le prix de ceux du reste du pays, et le Routard nous déconseille même fortement de tester quelque viande que ce soit.. Après moultes recherches on se trouve une polleria qui fera parfaitement l’affaire, et on se retrouve une fois encore entourés uniquement de locaux ( ce qui est plutôt bon signe).

L’entrée du Machu se trouve à 500 m de dénivelé au dessus d’Aguas Calientes, les 20 minutes de bus coutent…. 17 $, on décide donc d’y aller à pied (1h de marche), mais pas aussi tôt que certains qui y vont pour l’ouverture à 6h00 quand les groupes ne sont pas encore arrivés, et qui en repartent vers 10-11h pour récupérer le train ou le bus. On arrive sur site à 10h, après une montée assez abrupte (1716 marches…) ayant décidé de passer 1 journée entière ici ( les groupes s’en allant souvent vers 13/14h). On précise aussi qu’on arrive en haut avec 2L d’eau chacun, la bouteille étant quand même à 5 euros à l’entrée, contre 70 centimes n’importe où d’autre.. L’Orient-Express en plus d’avoir racheté les lignes de trains du Machu, a aussi privatisé toutes les anciennes gargottes de l’entrée et plafonné les prix…..

Enfin, pour pousser encore plus à la consommation, aucune explication sur le site du Machu Picchu, aucune indication ni pancarte ni à l’entrée ni à l’intérieur pour pousser à s’offrir les services d’un guide (60 à 80 $ minimum).. Bref vous l’aurez compris c’est vraiment le MAFIU PICSOU !!

Le site : Même si on avait déjà les photos en tête l’arrivée sur le site est tout bonnement majestueuse (le nombre de touristes mis à part), on se demande vraiment comment les 700 à 1200 personnes qui vivaient ici ont pu trouver cette petite merveille entourée de pics assez vertigineux à 2400 m d’altitude.

Un petit panoramique..
Un petit panoramique..

Ca ressemble beaucoup à un village médiéval mais c’est en fait une citadelle inca du XVeme siècle, dont les théories sur la fonction exacte sont encore assez controversées.

Pour le rendre habitable, il fallut niveler le site, acheminer l’eau depuis les cours d’eau d’altitude par des canaux en pierre et construire des murs d’etayage verticaux pour pouvoir cultiver pommes de terre et … coca – les fameuses cultures en terrasses-. La construction de la citadelle pris 50 ans, et « couterait aujourd’hui plus d’un milliard de dollars » cf Lonely Planet.

Ben alors...
Ben alors…

Le site est entouré par deux pics accessibles à pied (moyennant supplément évidemment…) le Waynu Pichu (2800m) et le Cerro Machu Picchu (3200m). C’est ce dernier auquel on s’attaque et qu’on gravit en une bonne heure -1300 m de dénivelé depuis Aguas Calientes en 2h, les jambes commencent à chauffer- mais les efforts sont récompensés par une vue époustouflante.. On passe tout l’après midi à se balader dans les ruines, le gros des touristes sont déjà partis après le pic-nic et la visite est d’autant plus agréable qu’il ne fait pas trop chaud comme annoncé. On cherche les explications en se greffant discrètement à différents tours guidés :-)

Le soir, on se récompense par notre premier restaurant un peu luxe depuis 3 mois, tenu par un Breton depuis 25 ans et plébiscité de toutes parts : quiche lorraine maison, truite à la mangue, mousse au (vrai) chocolat !!

Le Machu est clairement un immanquable pour tout passage au Pérou mais vous l’aurez compris on a vraiment eu l’impression pendant 3 jours de se faire avoir en permanence, en payant des sommes hallucinantes pour le Pérou alors que les prestations sont vraiment très médiocres.. On s’en sort pour moins de 100 dollars par tête pour 3 jours mais c’est un petit exploit. Il exploitent la mine d’or sur laquelle ils sont assis mais c’est vraiment très irritant et on est content de partir le surlendemain pour la Bolivie..

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D’Arequipa au Canyon de Colca, Perou

Une longue, très très longue journée nous attend au départ de Trujillo !

Nous voulons directement filer dans le sud du Pérou sans nous arrêter à Lima : il nous faut donc prendre un bus de 10h entre Trujillo et Lima et enchaîner sur un bus de nuit de 17h entre Lima et Arequipa … Nous sommes tellement confiants que nous décidons de réserver le 2ème bus (départ 20:00) sachant que notre premier bus part à 8h30 du matin cela nous laisse 1H30 de battement pour changer de bus ! On est sereins mais plus les heures passent et plus l’on prend conscience du retard accumulé.

Lima fait une centaine de km et on arrive en plein dans les embouteillages … Au final nous n’aurons que 30 min pour changer de bus … On presse le chauffeur de taxi qui nous conduit à bon port en temps et en heure !! Bus de luxe, prix modique, service impeccable.

Lors du servicio a bordo, nous sommes les seuls passagers à ne pas demander de l’Inka Cola, c’est la boisson la plus consommée au Pérou, matin-midi-soir, bien loin devant le Coca Cola, mais qui a un affreux goût de…. chewing gum !  inca_kola11

Ouf nous voilà enfin en direction du Sud !

Arequipa, 2eme ville du pays nous séduit dès notre arrivée ! Il y fait bon vivre , fini les klaxons , la grisaille et le froid. Il fait chaud, beau, et les gens sont sympa ! Mais Coupe du Monde oblige nous arrivons pile le jour du premier match de l’équipe de France. Problème nous sommes dimanche et tous les bars sympa avec écrans géants sont fermés… On dégote finalement un café-kebab où nous pouvons regarder le match, en compagnie d’un unique français :) ça promet pour la suite niveau ambiance !

Nous profitons des belles journées pour vagabonder en ville et nous renseigner sur les randos alentours, notamment deux volcans de 6000m qui nous tentent bien : El Misti; El Chachani. Mais nous nous rendons vite compte qu’Arequipa est bien plus touristique que Huaraz et les agences profitent du business et proposent des prix hors budget pour nous (100 euros/pers/jour d’ascension, sur des bases de 3 jours). Tant pis, dépités mais pas abattus on se dit qu’on se rattrapera en Bolivie.

On continue en visitant la superbe cathédrale d’Arequipa, gardée on ne sait trop pourquoi par un nombre impressionnant de CRS..

Puis direction le marché, avec ses stands de viande un peu… écoeurants pour Charlotte, photogéniques pour moi. Ici rien ne se perd.. les trachées, les têtes, les panses.. tout se mange, mais petits joueurs on a rien essayé.

Coeur/Poumons de Boeuf.
Coeur/Poumons de Boeuf.

Autre zone assez fascinante, la zone des remèdes et autres potions magiques… les foetus de lama à enterrer sous sa maison pour porter chance, les jus de grenouilles faits minute devant soi ( la recette est simple, une grenouille vivante , un mixeur et un peu de farine demaca, le tour est joué…miam) qui aident à lutter contre l’ostéoporose parait il.. ça tombe bien on n’en a pas encore.

Section Remèdes..
Section Remèdes..

Nous décidons donc de faire une activité bien moins physique mais tout aussi agréable et nous nous inscrivons à un cours de cuisine péruvienne :) Au menu Ceviche National et Poisson à la « Chorillana ». Le cours se déroule dans les cuisines extérieures d’un hôtel, la chef s’appelle Lady (oui oui c’est bien son prénom..) et nous sommes un petit groupe de 8 personnes. La préparation du ceviche est assez simple, le poisson devant cuire dans une marinade de citron vert, piment, coriandre mais c’est tellement frais et bon qu’on ne regrette pas du tout d’être venus !

Ceviche @ Peruvian Cooking Experience
Ceviche @ Peruvian Cooking Experience
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Ceviche @ Peruvian Cooking Experience
Ceviche @ Peruvian Cooking Experience
Ceviche @ Peruvian Cooking Experience
Ceviche @ Peruvian Cooking Experience
Ceviche @ Peruvian Cooking Experience
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Ceviche @ Peruvian Cooking Experience

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Nous profitons d’une belle et fraîche soirée pour aller découvrir le couvent de Santa Catalina datant du XVIe siècle, la visite de nuit se fait aux bougies ! C’est assez surprenant et nous nous faisons quelques frayeurs à nous perdre dans les ruelles de cette « ville dans la ville »!

Couvent de Santa Catalina
Couvent de Santa Catalina

Nous nous décidons enfin à partir pour le Canyon de Colca ! C’est le 2ème canyon le plus profond du monde (3400m, le Grand Canyon ne fait pas le malin à côté) connu pour abriter encore quelques condors.

La plupart des touristes partent en tours organisés avec guide, mais il y a de nombreux hameaux avec hébergements possible et nous décidons de partir seuls pour 3 jours. Nous prenons le bus à 5h du matin pour nous rendre à Cabanaconde mais il faut d’abord faire une escale de 3h à Chivay !

Nous voici à Cabanaconde, ville de départ un peu incontournable pour quiconque veut descendre au fond du Canyon. Ici, les femmes ont toutes des habits traditionnels assez uniques, colorés avec de superbes chapeaux brodés.

Habit Traditionnel, Canyon de Colca.
Habit Traditionnel, Canyon de Colca.

Nous partons donc aux environs de 14H30 pour 3/4h théorique de descente pour nous enfoncer au coeur du canyon

La vue est spectaculaire, le chemin à flanc de falaise est vertigineux, et la vue plongeante par endroit sur certains villages isolés tout en bas ! La descente est un peu rude, le chemin étant sablonneux -donc glissant- et assez étroit, le vide est bien présent ! Octave ne fait pas le malin !

Nous arrivons finalement en 2h30 et avant la nuit dans une auberge au milieu de nulle part, isolée de tout et de tous, où nous pouvons nous reposer dans une petite cabane en béton avec salle de bain, eau chaude (assez surprenant ici) et une baie vitrée avec vue grandiose sur la partie que l’on vient de descendre !

Le lendemain départ pour Llahuar, petit hameau réputé moins touristique (et avec des eaux thermales) que le fameux Oasis de Sangalle – qui n’est en fait qu’un amas d’hôtels avec piscines beaucoup plus accessible pour la plupart des touristes depuis Cabanaconde, puisque la descente et la remontée sont les plus courtes de tout les itinéraires possibles dans le canyon-.

Nous devons d’abord remonter jusqu’à Malata par de petits sentiers verdoyants longeant des ruisseaux, une fois en haut nous nous arrêtons pour une courte pause afin d’admirer la vue et de demander notre chemin. Et là c’est un peu la surprise, il n’y a pas de sentier à proprement parler mais une piste …. Le canyon étant très isolé la population construit depuis quelques mois des voies d’accès pour essayer de relier les villages à la partie supérieure du canyon. La ballade est donc nettement moins sympa. Arrivée à Llahuar en milieu d’après-midi, il y a beaucoup plus de monde que l’on pensait.. Petite déception, nous qui pensions être seuls pour profiter des thermes.

Notre chambre située en contrebas du « lodge » est en fait une cabane en bambou sale, avec des drapslimites limites, pas de sanitaires, il faut remonter 5 mn pour prendre une douche froide (l’eau arrive directement de la rivière) et aller aux toilettes ! Tout ça pour 40 soles ( très cher ici). Bref on oublie tout, on se met en maillot et direction les piscines thermales où là encore on déchante : un bassin de 4 mètres carrés avec déjà 5 personnes dedans… Les autres bassins étant à l’abandon je vais donc dans la piscine alorsqu’Octave préfère aller nager dans la rivière glacée !

Eau à 9°, Tonifiante.
Eau à 9°, Tonifiante.

Place au dîner « végétarien » composé d’une soupe lyophilisée très salée et d’un plat de pommes de terre et riz ! On commence à se demander pourquoi on est venus ici mais bon il est tard et demain le réveil sonne à 5h pour monter les 1300m de dénivelé positif !

La soupe ne passe pas, la nuit est horrible nous nous réveillons tout le temps, assoiffés par ce repas trop salé, mais nous n’avons qu’1L d’eau chacun et demain aucun point de ravitaillement sur le chemin, alors on ne boit pas, attendant avec impatience la sonnerie du réveil ! Nous partons à 5H30, notre bus de retour est à 11h30 pour retourner à Arequipa d’où part notre bus de nuit pour Cusco à 20h.

D’après les locaux il faut 5/6h pour remonter sur Cabanaconde, et nous nous inquiétons un peu de notre manque d’eau ! On démarre avec les frontales sur la piste jusqu’au point indiqué mais la impossible de trouver le sentier ! Les travaux  » sauvages » avec bulldozers démolissent les sentiers pédestres !! Il est 6h, personne sur la route.

On décide de remonter la piste encore et toujours pour tomber enfin sur un ouvrier qui vend de l’eau et nous indique le chemin ( il fallait donc passer dans les éboulis… mais oui mais oui) !

On a bien perdu 45 min avec leur co***** ! …

Le soleil se lève et commence déjà à taper bien fort ! La montée est rude mais ayant le bus, les pauses se font rares et courtes. On prend quand même le temps d’admirer d’immenses condors planant au dessus de nos têtes ! Ils sont gigantesques certains faisant jusqu’à 3m d’envergure et 2m de long !! Au final nous aurons grimpé les 1300m de dénivelés positif en 4h30, on en a plein le dos mais nous arrivons bien avant le départ du bus et on en profite pour prendre un petit dej au soleil et acheter notre deuxième souvenir du voyage : un chapeau coloré traditionnel du village de Cabanaconde ! Petite anecdote, les femmes le porte replié devant quand elles sont célibataires pour qu’on voit leur visage, et replié derrière quand elles sont en couple ou mariées !DSCF1334

Nous voilà enfin dans le bus pour 6/7h de trajet afin de rentrer àArequipa pour prendre notre bus de nuit, le timing est serré mais normalement ça devrait être bon ! Bien évidemment il ne faut jamais crier victoire, le bus s’arrête au beau milieu de nulle part après 30 min de trajet, le chauffeur a oublié de faire le plein et nous sommes tombés en rade d’essence ! Il faut attendre de trouver un taxi pour le chauffeur pour qu’il puisse retourner au village le plus près afin de ramener de l’essence ; il revient trente minutes plus tard avec 3 bassines de gazoline, mais le temps de faire le plein on perd plus d’1h. Le temps pour nous de découvrir un passager inattendu en soute, qui semble s’impatienter

Bébé Alpaga en soute !
Bébé Alpaga en soute !

Nous arrivons une toute petite heure avant le départ de notre bus juste le temps d’aller récupérer nos bagages à l’auberge et de repartir.

A nous le Machu Picchu !

Besos a todos

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Lima, La Cordillera Blanca et la Côte Nord, Premiers pas Péruviens.

Arrivée à Lima de nuit comme à notre habitude !
Mais nous avions pris cette fois ci la peine de réserver une auberge et  comme conseillé dans tous les guides avions réservé un taxi via l’hôtel ! Tout était prévu pour une fois.
Mais à l’arrivée personne … Nous attendons 5/10/15min et finissons par appeler l’auberge qui nous dit que le chauffeur est en route, 20/25/30/35min… toujours personne !
Nous décidons de partir par nos propres moyens et de prendre un taxi mais au moment où l’on part le chauffeur arrive et nous explique que celui initialement prévu s’est fait arrêter par les flics ! Bref tout est bien qui fini bien après 40 min d’attente nous partons enfin dans notre auberge !
Lima est une capitale côtière immense qui s’étend sur une centaine de km, tout déplacement devient un peu compliqué car il y a beaucoup  de trafic, des collectivos et combis dans tous les sens, un joyeux bazar. Plus surprenant un voile gris- la garua– venant du large donne un côté un peu tristounet à cette dernière .
Malgré cela Lima est une ville dynamique, qui possède un vieux centre ville sympa avec ses vieilles bâtisses, ses églises coloniales et surtout ses bons restos et son marché couvert coloré ! Le Pérou est considéré comme la destination gastronomique n°1 d’Amérique du Sud, avec un nombre incroyable de spécialités régionales, dont certaines curiosités..
Le Cuy (Cochon d’Inde), notamment est un plat de fête très apprécié au Pérou, qu’on sert entier dans l’assiette (âmes sensibles s’abstenir), de notre côté on est encore un peu réticents, mais on a pas dit notre dernier mot.

Marché aux volailles, Lima
Marché aux volailles, Lima

Le plat national, le ceviche (poisson cru mariné dans du jus de citron vert, des oignons, du piment) est à tester sur la côte du Pérou pour garantir fraîcheur et saveur. On n’a pas vraiment le temps d’y goûter ici et nous contentons d’un menu local à 10 soles (3 euros),  E+P+D+Boisson assez imbattable et plutôt goutû.

Nous partons direction Huaraz – la Katmandou des Andes –  à 7h au Nord de Lima, ville qui culmine à 3100m d’altitude, nichée entre la Cordillère Blanca – point de départ de nombreux treks – et la Cordillera Negra (peu enneigée).

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Roger le cunejo :)
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Mouton asiatique ?

La Cordillera Blanca est la plus haute chaîne de montagne tropicale au monde avec des sommets entre 5500 et 6800 mètres, autant vous dire qu’il faut prendre le temps de s’acclimater, pour ne pas souffrir de l’altitude. D’autan plus que nous sommes venus ici dans le but de faire le trek de Santa Cruz, 4 jours dans la Cordillera Blanca avec un passage de col à 4750m ( 60m de plus et nous voila plus hauts que notre cher Mont Blanc).

Nous partons donc trouver une agence de trekking : Quechuandes, avec qui nous organisons quelques randonnées à la journée pendant 4/5 jours pour bien s’acclimater et profiter des belles marches alentours.
Le lendemain nous partons faire la randonnée du lac Wilkacocha, dans la Cordillera Negra à 3700m d’où l’on jouit d’une vue imprenable sur les sommets de la Cordillera Blanca, le chemin passe dans de jolis villages andins où les femmes sont habillées en tenues traditionnelles : collants en laine, jupes longues, tissus colorés et chapeau ! Tout du cliché andin et d’ailleurs si l’on se risque à vouloir prendre une photo il faut bien sur payer … Tout est prévu le petit agneau à côté ou encore mieux si on a de la chance un alpaga ! Le sens du business des traditions. Cette première marche facile nous permet de voir où on en est question acclimatation mais malgré tout le soir venu nous ne savons pas si c’est le soleil ou l’altitude mais nous avons un mal de tête bien présent.
Un peu de culture à présent, le lendemain nous allons visiter les ruines de Chavin à quelques heures de routes de Huaraz. Ces ruines font parties des plus vieilles ruines du continent car la culture Chavin précède de près de 2000 ans la culture Inca soit environ 1200 av JC ! Les ruines sont en faite un ancien lieu de culte et de cérémonie. La suite est plus compliquée car je n’ai pas tout compris… Nous sommes partis avec uniquement des touristes péruviens, et le guide fort aimable n’a jamais voulu ni répéter ni parler de façon à ce que nous puissions comprendre un peu mieux (même si notre niveau d’espagnol est bon maintenant :))  … Le touriste péruvien pourrait tout comme les ruines faire lieu à une étude approfondie, il se prend en photos partout, tout le temps …. A faire peur !!!
L’acclimatation continue et nous partons pour le glacier Pastoruri située à 5250m d’altitude ! Pour tout vous dire cette expédition est très facile car un bus vous emmène quasiment au sommet et vous devez ensuite marcher pendant une trentaine de minutes sur un sentier en béton qui ôte un peu le charme de l’endroit. Mais la vue est très belle et monter à 5200m vous coupe un peu le souffle (dans tout les sens du terme), permettant aussi de se tester niveau altitude.

En chemin, on trouve des Puya Raimondi, une variété de cactus endémique qu’on ne trouve que sur un périmètre très restreint, il vit environ entre soixante-dix et cent ans et meurt après son unique floraison (sa hampe florale atteignant parfois jusqu’à 9 mètres de haut, et portant jusqu’à 20000 fleurs). IMG_3153

On continue sur notre lancée pour aller à la Laguna 69, perchée à 4700m de haut, une des randos les plus connues du coin. Après 2h15 ( annoncée 3h, on est bons :-)) d’une rude ascension commencée dans une vallée verdoyante, peuplée d’ânes et de petits ruisseaux, dominée par le Huascaran Sur, plus haut sommet du Pérou ( 6768m ) nous voilà au bord de la lagune turquoise dans laquelle se jette une cascade de glace fondue venant du glacier sus-jacent. Grandiose !!IMG_3588

Nous voilà fin prêt pour partir pour le trek de Santa Cruz ! Un poulet à la braise pour nous donner des forces pour le lendemain. On est content de quitter Huaraz, où la pollution sonore des klaxons incessants et 99% inutiles devient fatiguante. On ne le comprendra que plus tard mais cela semble être partout la même constatation au Pérou, à tel point que bon nombre d’associations civiques se sont créées pour demander l’interdiction du klaxon.

Trek de Santa Cruz : 8 au 11 juin 2014
Départ à 6h où nous rencontrons notre guide (Hector), et nos compagnons de route pour ces 4 jours : 4 copines américaines fraîchement diplômées (Adi, Erica, Sophie, Rachel) et un couple de Hollandais (Jerone, Renata) tous très sympa ! On passe en route devant le Huascaran Norte ( deuxième plus haut sommet du Pérou), tristement célèbre, suite à un tremblement de terre le 31 mai 1970, la partie ouest du glacier s’étant détachée, provoquant une avalanche de plusieurs millions de mètres cubes de roches, ayant dévalé 10 km à plus de 280km/h, et enseveli en 3 minutes la ville de Yungay – devenue depuis cimetière national- et ses 25000 habitants. Seuls 400 personnes assistant à un spectacle de cirque au nord de Yungay survècurent, et les habitants de la région sont encore très marqués par cet événement.

Nous commençons par une petite journée de 4h de marche à travers une vallée entourée de forêts d’arbres quénoua, dont l’écorce semble être du papier journal, intriguant.. Petite mise en jambe très agréable et l’avantage de partir avec une agence c’est qu’en plus le camp est top, les tentes sont grandes, on dîne très bien, et les mules qui portent nos affaires (5kilos maximum/personne) ne sont en principe pas trop surchargées :) ! Le premier repas (comme tous les autres cela dit) sous tente est royal : guacamole maison en mise en bouche, soupe bien chaude, truite de rivière, et meme une creme au chocolat en dessert.

On finit par un bon maté de coca, des feuilles de coca ( à partir desquelles la « fameuse » poudre blanche est fabriquée) infusées dans de l’eau chaude, permettant de mieux résister à l’altitude en augmentant l’oxygénation du sang.. C’est moins bon qu’une camomille, mais ça marche pas mal.cha-coca

Le lendemain nous voilà partis en direction de Taullipampa (4250m) en passant par le col de Punta Union (4750m) après 2h30 à 3h15 d’ascension  ( :-) ).DSCN0161

La vue est splendide et panoramique à 360° sur les monts Quitaraju (6036m), Ririjrca (5810) et Artesonraju (6025m), nous redescendons ensuite pendant 2h pour atteindre notre camp situé dans une prairie traversée par de petits ruisseaux, jonchée de lupins mauves et bleus.

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Nevado Alpamayo ( 5947m)

Le 3ème jour direction d’abord le lac d’Arhuaycocha (4400m), près du camp de base de l’Alpamayo – considéré par nombres d’alpinistes comme la montagne la plus belle du monde tant la pyramide de glace qui constitue son sommet est parfaite; et qui pour la petite histoire est la montagne utilisée pour le logo de Paramount. Nous traversons ensuite une large vallée désertique ponctuée de quelques lagunes et de belles vues sur les sommets alentours avant d’arriver à notre dernier campement à 2900m.DSCF0936

Ultime et courte demi- journée de marche (3h) où nous traversons un long et étroit canyon pour rejoindre le village de Cashapampa où se termine notre belle aventure du Santa Cruz ! Au retour, on se retrouve autour d’une pizza incroyablement croustillante avec toute la petite équipe, avant de prendre un bus de nuit pour Trujillo, sur la côte Nord du Pérou, ancienne capitale, seule ville développée d’une côte extrêmement pauvre et désertique.

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Huaca de la Luna, Trujillo

Apres 8h de bus de nuit plutôt confortable, nous voilà obligé d’attendre deux bonnes heures à la gare routière que le soleil se lève et que les potentiels dangers d’une sortie prématurée s’évaporent.. A ne pas vouloir prendre de taxi, on finit par marcher 25 mn jusqu’à la station de collectivos ( quelquefois on se demande vraiment pourquoi après coup) pour Huachanco, ville à 8 km de Trujillo un peu meilleur marché et sur la plage. Il fait gris, pluviotte, la température de l’eau rivalise avec celle de Granville un 10 février, mais le spot est envahi de surfers ( une des plus longue « gauches » au monde). On trouve une hospedaje plutot sympa et bon marché où nous resterons deux jours le temps de visiter la coloniale Trujillo et sa plaza de Armas colorée, ainsi que les vestiges de la civilisation des Moches ( prononcez Moché), un peu plus récente que la civilisation Chavin.

A noter sur le site, quelques chiens-hyènes peruviens, sans poils, sauf une crête sur la tête. Appeurant ! chien-chauve-707131

La visite est ici très intéressante, la Huaca de la Luna  ayant été découverte il y a 20 ans, est un temple construit en brique d’adobe, ayant la forme d’une pyramide à degrés, faisant face à la Huaca de Sol.Il se situe à la base du Cerro Blanco(« colline blanche »), sur le site antique de la ville de Moche.  La construction de l’édifice démarra autour de l’an 100 après J.C., c’est-à-dire quasiment dès l’apparition de la culture Moche, et continua tout au long de l’existence de cette culture, jusqu’aux environs de l’an 700. La raison de cet étalement dans le temps est simple  : après une période d’entre 80 et 100 ans, le plus haut étage de la Huaca de la Luna était condamné, les couloirs comblés et l’on élargissait la base, construisait un nouvel étage au-dessus du précédent, élevant la rampe d’accès, de façon à ce que seul ce nouvel étage soit encore accessible. Les degrés de la pyramide s’empilaient ainsi les uns au-dessus des autres sur une très longue période. Tout a été recouvert de sable pendant près de 1500 ans, d’où l’étonnante conservation des couleurs.

On part pour 10h de bus jusqu’à Lima, qu’on enchaine avec 17h de bus de nuit jusqu’à Arequipa dans le grand sud, où on arrive le 15 juin.

Hasta pronto chicas&chicos ! Un abrazo fuerte

Cha & OctavioIMG_3676