Archives pour la catégorie Juillet 2014 : Bolivie

IMG_4330

Farwest et immensités du Sud Lipez : derniers coups d’éclats boliviens.

Encore une fois , les bus qui font le trajet Potosi-Tupiza partent soit à 7h du matin soit à 21h, sachant que le trajet dure 7h, arrivée prévue à 2H30/3h du matin pour le bus de nuit… On opte pour la solution de jour qui nous permettra de profiter des paysages. Arrivés avec une heure d’avance au terminal, le temps pour nous de remettre un peu à sa place le chauffeur de taxi appelé par l’hôtel qui cherche à nous escroquer en triplant le prix de la course à la dernière minute, on prend nos billets avec une des compagnies pour le bus de 8h00.

7h55, aucun bus à l’horizon, 8h10 toujours pas de bus… On repart en quête d’explications au guichet, et tout naturellement nous répond on que le bus n’ayant pas été suffisamment rempli, il a été…. annulé, sans que personne ne prévienne la petite  quinzaine de passagers que nous étions… S’ensuit une course poursuite avec la nana de l’agence pour attraper un bus d’une autre compagnie, qui vient tout juste de sortir du terminal.. celui ci est vraiment bon pour la casse.. mais le prochain est dans 12h.. On se rend compte quelques minutes plus tard que le tarif est deux fois moins cher que celui qu’on avait payé, mais que personne ne nous a remboursé…. La première agence s’est donc fait une commission de 25 bolivianos sur chacun des 15 passagers à qui elle avait vendu des billets, et ce sans faire partir son bus… Royale l’arnaque ! Quand on vous parle de la notion de « service ».

Petit topo : comme beaucoup d’autres voyageurs qu’on a pu croiser ça et là, le côté agréable du contact avec la population nous a vraiment manqué. La plupart des Boliviens travaillant dans le tourisme ont un côté «  ça nous est tombé dessus » et on en profite peu importe le service, et sont souvent d’une mollesse à faire s’irriter un paresseux. Certains parlent de timidité, moi j’appellerai ça le flegme andin

Lorsque l’on arrive dans le moindre hôtel ( à deux ou trois exceptions prêt on ne va pas rentrer dans la caricature), personne ne dit bonjour, ne propose de nous montrer une chambre, ou de poser nos affaires quelques part pour faire les papiers.. c’est tout de suite : «  ça fera XX bolivianos ».. C’est assez pesant à la longue et ça gâche le plaisir, on a vraiment plus qu’ailleurs le sentiment de déranger les gens plus qu’autre chose.. On nous ment très régulièrement sur les prix, les durées des trajets de bus. Combien de fois est ce que les commerçants oublient volontairement de vous rendre la monnaie.. Alors c’est vrai qu’on a conscience d’être dans un des pays les plus pauvres d’Am Sud , qui a aussi l’avantage indéniable d’être un des plus authentiques, mais on se demande parfois comment le pays va pouvoir relever la tête.. Le constat est d’autant plus frappant que j’écris ce papier depuis l’Argentine où nous sommes depuis quelques jours et où le contraste est vraiment saisissant malgré une situation économique un peu catastrophique ces temps ci : gens souriants, accueillants, agréables, toujours contents de nous donner un coup de main.. L’opposé quoi !!

Revenons en à nos moutons, après un trajet un peu chaotique avec un chauffeur de bus qui s’est pris pour Sébastien Loeb- la fiabilité dans la machine et l’équipe technique en moins- on arrive à Tupiza, un des derniers bastions sur la route de l’Argentine, en plein dans des paysages de farwest. C’est une petite bourgade, au rues de terre ocre, où il n’y a il faut le dire pas grand chose à faire, excepté deux petits marchés et une placette centrale.

On retrouve Guillaume, Servane, Anatole et Gaspard qui viennent de traverser le Salar d’Uyuni à vélo.. Tupiza est le point de départ alternatif pour les excursions vers le Sud Lipez et le Salar, où les prestations sont de meilleures qualité qu’à Uyuni ( moins de monde dans les voitures, cuisinières). Après avoir booké un tour de 4 jours pour le surlendemain, avec l’agence La Torre que beaucoup nous recommandent depuis quelques temps ( et qui n’est pas dans le Routard… ouf, ce n’est pas comme si il ne nous donnait que des bons plans, souvent d’actualité il y a quatre ans mais plus aujourd’hui..), on part pour une balade de quelques heures à cheval en plein Far-West. Les paysages sont dingues de contrastes : cactus partout, aiguilles rocheuses rouge/ocre/grises/vertes, végétation hyper-aride, chaleur presque étouffante. Après une bonne heure de canasson , on arrive près d’un pan de montagne tout plat, comme découpé à la scie par la nature.,  appelée « La Gorge du Diable » C’est très impressionnant, d’autant que la vue est sublime sur les alentours. On en profite pour faire quelques photos Lucky Luke-Lucky Boy :-)IMG_3956

Le lendemain, c’est le JOUR J, pour ce qu’on attend depuis pas mal de temps et que tout le monde nous a annoncé comme un des plus beaux panoramas de paysages sur terre. On a préféré payer un peu plus pour notre confort – sachant que nous allons va faire pas loin de 1400km en 4 jours – et n’être que 4 par voiture en plus de notre chauffeur Mario et de notre cuisinière, qui répond au doux nom de Modesta.

La première journée : donne le ton, bien qu’on enquille quand même 10h de 4×4 sur piste, pour quelques 380 km. On passe rapidement des 1700 m d’altitude de Tupiza, aux plateaux arides à plus de 4000m, où il fait de suite beaucoup plus frais. On croise des lamas par milliers, avec chacun des petites boucles d’oreilles différentes pour que les éleveurs les repèrent. Ils rentrent la nuit pour se serrer les uns contre les autres dans des enclos et ne pas avoir trop froid.lamas bolivie

Enclos à lamas.
Enclos à lamas.

Les paysages sont grandioses, les contrastes photogéniques à souhait. On crève quand même au bout de quelques petites heures, et Modesta se charge de dévisser les boulons (je l’ai quand même aidé rassurez vous) quand Mario s’occupe du cric. Les chauffeurs des différentes agences  s’attendent souvent, et s’entraident sur les pannes mécaniques rendant les « arrêts aux stand » plus rapides. On ne croise vraiment personne là haut. On doit passer par endroit des guets avec des cours d’eaux gelés qui justifient l’intérêt de venir en cuatro cuatro.. :-). De paysages en paysages, la journée s’achève tranquillement par un coucher de soleil digne de la jaquette d’Apocalypse Now, alors que l’on vient de traverser une bonne partie de la région du Sud-Lipez. On fait étape dans une auberge qu’on nous avait annoncé ultra rustique mais qui ne l’est pas tant que ça au vu de sa localisation dans un trou perdu à 4300m..Bonne literie/Banos propres/eau. Repas gargantuesque, comme le seront à peu près tous ceux préparés par la géniale Modesta, qui rythmera ces 4 jours de sa bonne humeur et de son punch.

Deuxième jour : on part vers 8h, et -10/-12°C.. Les couches thermiques ne sont pas superflues. C’est incontestablement pour nous le jour le plus impressionnant.On entre dans la réserve Eduardo Avaroa, 7147 km2, entre 4000 et 6000m d’altitude, qui constitue la partie sud est de la Bolivie. On passe d’abord par quelques lagunes gelées avant de se retrouver dans le Desert de Dali, un immense désert de dunes de sable, ponctué d’amas rocheux naturels qui semble effectivement tout droit sortis d’un tableau du marquis Catalan..  On continue ensuite vers la superbe Laguna Verde, qui est dominée par le Volcan Licancabur à 5920m ( dont le cratère au sommet est un poste- frontière entre Chili et Bolivie). L’éclat de cette dernière -dont la couleur est due aux algues- dépend énormément du vent et du soleil et fluctue beaucoup tout au long de la journée..

Laguna Verde et Volcan Licancabur ( 5920m).
Laguna Verde et Volcan Licancabur ( 5920m).

Notre timing n’est pas parfait mais rien que ce décor semi lunaire est majestueux, on en reste sans voix, et peu de mots (ou de photos) peuvent retranscrire nos impressions. On déjeune sur place, en croisant au passage un « Zorro » le renard local, avant de se diriger vers les bains thermaux naturels (thermes de Polques). Sur la route, une des voitures de l’agence tombe en panne, et nous sommes « obligés » de rester plus longtemps que prévu aux thermes… on ne va pas se plaindre quand même avec ces paysages en toile de fond, et les 35°C de l’eau naturelle alors que dehors il fait plutôt 3/5°C.. la sortie est par contre plus délicate.

Ca va la vie, Aux thermes de Polques.
Ca va la vie, Aux thermes de Polques.

On finit cette belle journée qui s’est un peu éternisée aux thermes ( 3H30 au lieu de 20mn), par un passage près de geysers (sol de manana) à 5100m d’altitude alors que le soleil se couche, la lumière tombante donne à ce paysage de carte postale une atmosphère particulière. Avec le «retard» accumulé, on arrive bon dernier dans le hameau où nous devions dormir, les auberges sont complètes, et on se retrouve dans un logement rustique-rustique cette fois ci.. Un toilette cassé pour 40 personnes, moins de couvertures, des gens pas très aimables.. Mais heureusement Modesta est là pour redonner un coup de boost, et on s’endort comme des masses des belles images plein la tête.

Troisième jour : départ plus à l’heure que la veille en direction de la Laguna Colorada à quelques encablures et qu’on n’a pu visiter la veille. Dès le début, Modesta nous met sa playlist dans la voiture, dont le fameux Llorando Se Fue, dont les boliviens revendiquent fièrement la paternité,  les plus mélomanes d’entre vous reconnaitront les accords vintage de cette belle mélodie.

Les bords sont gelés, mais la couleur de l’eau même si elle n’est pas d’un rouge clinquant comme imaginé, reflète les montagnes alentours et se marie bien au rose des milliers de flamants qui la peuplent. On se dirige ensuite vers l’Arbol de Piedra, une formation géologique un peu dans le même esprit que celles qu’on a vu la veille dans le désert de Dali mais qu’on peut observer de plus près.. On se demande vraiment comment elle peut tenir debout avec une base aussi fine.. A noter, qu’il n’ont toujours pas appelé le deuxième rocher « Téléphone maison » mais que selon mon observation c’est quand même assez proche d’E.T.

E.T l'extraterrestre
E.T l’extraterrestre

On se dirige ensuite vers une succession de lagunes altiplaniques (Siloli, Canapa, Honda entre 4000 et 4600m d’altitude) qui ont pour particularité d’être très peu profondes (entre 8 et 45 cm au maximum) avec un pouvoir de réflexion des paysages d’autant plus grand, comme un effet miroir en somme. On y croise notamment des vigognes, la plus petite espèce de camélidés, qui sont d’une élégance incroyable. Elle possèdent une fourrure parmi les plus chères du monde, qui selon les experts fait passer le cachemire pour un tissu « rêche »…Rien que ça.

Vigognes, Laguna Canapa.
Vigognes, Laguna Canapa.

Elles sont très sauvages et déguerpissent rapidement à la vue du moindre humain.
On se dirige ensuite vers la Laguna San Juan, où les flamants roses se laissent approcher de plus près, peut être est ce parce qu’ils n’ont pas le droit de voler… d’après les panneaux.

Interdiction aux flamants roses ( qui savent lire) de voler !
Interdiction aux flamants roses ( qui savent lire) de voler !

On y croise aussi une ribambelle de 4×4 qui viennent d’Uyuni.. agences meilleures marchés mais prestations souvent décriées, on avait choisi de partir plus au Sud par Tupiza mais on ne regrette VRAIMENT pas. On dort le soir dans un hôtel de Sel, assez sympa, de la table de nuit aux sommiers tout (sol, table mur…) est construit avec l’or blanc des environs.

Le wifi.. en serio ? :s
Le wifi.. en serio ? :s
flamants rose
Perspectives bicéphales.

Dernier jour : on part aux aurores pour aller voir le lever de soleil depuis la Isla Incahuasi dans le Salar d’Uyuni. Elle est connue pour être l’île des Cactus géants. On y arrive pile poil à temps, puis redescendons petit déjeuner à même le Salar à 3800m d’altitude. Bizarrement, avec toutes les photos qu’on voit ça et là on a comme l’impression d’avoir déjà été ici, rien de très inattendu mais on se sent vraiment tout petits et c’est impressionant… Du sel à perte de vue.. 11000 km², avec une épaisseur de 2 à 120m de sel sous les pieds, 5,5 millions de tonnes de sel selon les estimations. Depuis une tempête de sable il y a quelques semaines, le Salar est de couleur plutôt blanc cassé.

IMG_4127
Ya veras, pobre de ti !!

Ce qui est le plus frappant est la régularité quasi parfaite des formes , résultats de l’évaporation de l’eau qui tome des croutes hexagonales. On n’échappe pas aux photos perspectives même si ça parait beaucoup plus simple que ça ne l’est réellement..

On finit cette demi-journée par la visite du cimetière des trains, vestige du temps où Uyuni était une ville clé de la circulation des trains, non loin des mines de Potosi et des frontières Argentine et Chilienne. Puis 5h de piste nous ramènent à Tupiza, où nous attend un bus de nuit pour Tarija, la plus grande ville bolivienne du Sud, à 7h de route ( «la plus dangereuse de Bolivie actuellement » selon beaucoup) qu’on fera de nuit en imaginant les précipices tous proches.

Arrivés à Tarija à 4H du matin, on n’y a pas échappé cette fois ci, on réussi à négocier une « demi-nuit » dans un alojamiento plutôt sympa. Le matin, le SOLEIL est là, et il réchauffe, ça faisait longtemps qu’on attendait ça et tout de suite la ville nous apparait très sympathique. Les gens sont calmes, les ruelles colorées et vivantes. Tarija est réputée pour être la vallée des vins en Bolivie, et si vous nous avez suivi, vous aurez compris qu’on est pas franchement conquis jusqu’à présent.. trop sucrés, trop jeunes, bref.. On part en excursion «  La route des vins » visiter 3 vignobles dont un artisanal. Le premier Campos de Solana est plutôt intéressant, où l’on nous explique les différentes étapes et où l’on visite la bodega, avant de faire une dégustation… on n’a le droit de ne gouter qu’un vin… Etrange

Le deuxième, Casa Réal, connue pour distiller le Singani -une aguardiente de raisin muscatel- qui est à la Bolivie ce que le Pastis est à notre chère patrie, un emblème consommé sans modération.La dégustation se fait… avec du Canada Dry.. Ils appellent ça le chufflai. Imaginez vous déguster un Talisker avec du coca, ça casse un peu le charme.

Le dernier pour finir en beauté, une Bodega Artisanale.. où c’est un peu une grosse blague, nous sommes 7 à faire la dégustation, et en 3 minutes le patron sert du blanc, du rouge, du rosé , du muscat, du Singani et une eau de vie, dans un seul et unique verre à se faire passer… Autant vous dire que le vin est immonde, et que question hygiène c’est un peu dégueu ( on taira le fait qu’on était les premiers donc avions minimisés les risques.. :)).

La fameuse " dégustation"
La fameuse  » dégustation »

Avant de partir rejoindre ma mère à Salta en Argentine, on fait le tour de tous les distributeurs en ville, pour pouvoir trouver des dollars. On dévalise la seule banque qui en fournit, en plafonnant toutes nos cartes… On vous explique pourquoi au prochain épisode !!! :-)

Toutes les photos sont en début d’article.

Des grosses bises.

IMG_3833

De l’Altiplano aux Vallées Centrales : Cochabamba, Santa Cruz, Sucre, Potosi.

Arrivés de nuit à Cochabamba nous nous rendons vite compte que notre guide 2013/14 n’est plus à jour ou que les hôteliers se font de biens grosses marges pendant les vacances des européens. Les prix affichés ne sont plus du tout les mêmes mais pas grave pour la première nuit on prend ce qu’on a !

Le lendemain matin recherche d’un autre hôtel, Cochabamba étant une petite ville nous sommes persuadés de pouvoir trouver une chambre double à moins de 8 euros … peine perdue les prix sont fixes et impossible de négocier ! Passons, nous filons regarder la finale Argentine/Allemagne et à mon grand étonnement une majorité de Boliviens soutiennent l’Allemagne, n’appréciant pas trop le voisin albiceleste! Les bars/restaurants sont pleins à craquer et nous arrivons difficilement à nous trouver une terrasse pour regarder l’ultime match de la coupe du monde :) !

La coupe du monde étant (enfin) finie, place aux excursions car Cochabamba est située à quelques heures de route du parc Torotoro où nous comptions passer quelques jours sur la trace des dinosaures (oui, oui) : les traces de dinosaures et de fossiles marins datant de près de 68 millions d’années ont été conservés par la sédimentation ! Mais le seul bus y allant quitte la ville à 18h.. pour arriver aux alentours d’1h du mat et nous sommes fatigués des bus de nuit qui arrivent à des heures improbables pour ensuite galérer à trouver une chambre. Et puis des canyons on a en a vu plein … :p ( ça y est on commence à faire les blasés..).On décide de laisser tomber et de vite partir car les habitants de Cochabamba nous tapent un peu sur les nerfs. Ils sont peu cordiaux, pas souriants, pas aimables et on ne s’y sent pas bien !!

Petit Topo Transport : les bus boliviens, et c’est la première fois pour nous depuis 4 mois – ont la fâcheuse tendance de partir en début de soirée, mais cela aussi pour les destinations courtes.. Résultat, les arrivées à minuit ou une heure du matin sont courantes. Improbable !!

Go, go, go ! Villa Tunari nous voilà, petite bourgade au bord de la Panaméricaine, en bordure de foret amazonienne, en plein dans la région des cocaleros qui cultivent … la coca… Une route centrale où défilent des camions, mais en allant un peu plus loin (2 rues) une jolie place et de la verdure  ! Il y fait beau et chaud et à notre sortie du bus une petite dame nous propose l’hôtel de son fils avec piscine pour 10 euros la nuit ! Ni une ni deux on la suit les yeux fermés et nous ne sommes pas déçus :) Notre chambre donne sur la terrasse bordée d’une grand piscine entourée d’arbres qui nous font suffisamment d’ombre pour dormir un peu sur les transats ! Parfait après le froid de la Paz et l’accueil glacial de Cochabamba !

Après un petit bain pour Octave et une petite sieste pour moi nous allons nous balader dans le « Parque Ecotouristico Machia », un centre de réhabilitation pour animaux. Ils rééduquent à la liberté certains anciens animaux en captivité, nous aurons l’occasion de croiser un ours en laisse et d’avoir une très belle vue sur la région depuis le mirador !

Toutes les bonnes choses ont une fin et nous reprenons la route le lendemain pour Santa Cruz, capitale économique du pays et ville la plus peuplée de Bolivie. Ici les gens sont complètement différents autant physiquement que mentalement. Ils sont plus zens, plutôt plus sympas et beaucoup plus métissés, certains étant franchement typés espagnols.

La chaleur ne nous a pas quitté et nous flânons dans les marchés et sur la belle place principale pour trouver un peu d’ombre. Nous rencontrons de drôles de gens appelés « mennonites »’ une secte anabaptiste d’origine suisse dont les fidèles refusent toute autre autorité que celle de la Bible ! Ils sont tous blonds au yeux bleus (consanguins vus certains, c’est très probable !) les hommes sont habillés en salopette en jean, casquette de routard, et les femmes robes longues ou mi-mollet à fleurs (c’est mieux) avec des fichus dans les cheveux et un très beau chapeau de paille ! Ils sont hallucinants et à vrai dire carrément flippants ! La famille Ingalls à du style à côté d’eux..

Les mennonites !
Les mennonites !
Les mennonites 2 !
Les mennonites 2 !

Après notre nuit dans un petit alojamiento un peu miteux (limite hôtel de passe… on y croisera un français battant une prostituée bolivienne, sous héroïne ) nos vamos en Samaipata à environ 3 heures de route pour profiter de la beauté des paysages du parc national Amboro. C’est un super petit village niché entre des pitons rocheux colorés.

Nous partons en excursion au cœur même du parc pour y découvrir les fougères géantes et autres arbres typiques de la région. Les paysages sont à couper le souffle, des falaises rouges, abruptes en passant par des montagnes plus vertes les unes que les autres !!

Vu la chaleur nous partons nous baigner dans les cascades alentours afin de parfaire notre bronzage parti depuis maintenant un petit moment !! Un vrai bon moment qui sera altéré par l’oubli d’un des appareils photos d’Octave dans le taxi …! Quelques photos ont été perdues du coup !

Après ces 3 jours très agréables un avion nous attend : un 48 places autant vous dire que je n’étais pas sereine à l’idée de monter dans un si petit appareil ! Je ne tenais même pas debout à l’intérieur – je vous laisse imaginer Octave :-) – mais au final après 30min de vol et un atterrissage à fond la caisse (une histoire de portance parait il, à 3000m..)  tout s’est très bien passé ! Et puis il nous aura évité 17H de voyage de nuit, parfois il faut savoir faire des choix drastiques, à défaut d’être économiques.

Sucre, ville coloniale bourgeoise, un des bijoux architecturaux de la Bolivie pour beaucoup, loin de l’agitation Pacena. Toujours du soleil et par dessus le marché un super B&B refait à neuf, sur le point d’ouvrir mais pas encore tout à fait.

Tom & jerry local, Sucre
Tom & jerry local, Sucre

Les 2 premières nuits nous avons cette grande maison coloniale de 500 mètres carrés pour nous tous seuls …  un jardin avec tables au soleil parfait pour prendre le petit-déjeuner, chambres avec sofa et décorée avec goût, tout ça pour 100 boliviens (10 euros)! Le pied, cadre parfait pour pouvoir profiter de la ville.

La haute société Sucrena du 19ème siècle, ayant fait fortune avec l’argent des fameuses mines de Potosi, à 3h de route d’ici.. avait coutume de jeter son argent par les fenêtres.. Reste de cette époque une réplique miniature – plus ou moins réussie à vous de jugez…. :-) – de notre emblème national : la Tour Eiffel, construite dans le Parque…. Bolivar ( pour changer !).

On se ballade au cimetière qui selon les guides est « l’endroit le plus animé de la ville où se retrouvent les jeunes en fin de semaine »…. On y est en semaine, là aussi le contraste est saisissant entre les caveaux bourgeois familiaux assez grandiloquents, fleuris et les tombes des citoyens ordinaires qui tiennent plus du HLM funéraire.. Une « section » enfants est un peu perturbante avec souvent leurs jouets, biberons, tétines dans les vitrines caveaux.

En parfait touristes nous décidons de faire la visite d’un musée « 3 petits routards » du guide… Le musée ethno-musico-folko-colonial de Sucre.. Bien évidemment on ne nous prévient qu’après avoir acheté nos billets (non remboursables) que la moitié du musée ( la plus intéressante, faisons les choses bien) est fermée pour cause de réfection.. Bien évidemment les tarifs ne bougent pas pour autant, on n’en revient encore à la conception qu’on a trouvé très étrange du tourisme pour les boliviens.. Il faut payer payer et encore payer.. mais le « service » semble être une donnée pas toujours prise en compte.. On visite le musée en 20 minutes top-chrono, la plus grande salle comportant 10.000 poteries incas identiques, mais aucune explication..

Pour nous rattraper, le musée (gratuit youpi) du folklore bolivien est vraiment terrible, beaucoup de masques de carnavals.. Dont l’un fameux : un masque de 9 kilos , que le danseur devait porter, après avoir passé la nuit avec une femme vierge, pendant 3 jours d’affilée jusqu’à en mourir d’épuisement..

On part trekker dans le cratère de Maragua, une des curiosités géologiques de la région qu’on a survolé en avion , avec l’impression d’avoir des montagnes plissées sous les ailes.

Nous reprenons donc nos chaussures de marche pour 3 jours de ballade avec l’asso de Condors Trekkers, asso à but non lucratif qui redistribue tous les bénéfices aux écoles et aux villages alentours (les villages jaalq’a ) ! 5 h de marche le premier jour, en compagnie de Yannick et Coline, qui finissent leur long voyage de 11 mois.. et d’un russe mi troll, mi mafio, mi cocaïnomane… très très très étrange..

On passe à travers des paysages de canyons, de roches colorées, de cactus, le long d’un chemin Inca.. Avant de pic-niquer face à une cascade, qui sort tout droit de nulle part..

Pic nic royal : salades maison, guacamole..
Pic nic royal : salades maison, guacamole..

On imagine un peu l’histoire géologique de la région, tant les strates sont visibles et les contrastes saisissants. Le pique nique est de première classe. On sympathise beaucoup avec nos 2 acolytes français, et passons une soirée très sympathique dans un hébergement un peu rustique.. tandis que le russe continue de jouer les asociables ( on se demande quand même comment il fait pour voyager depuis 3 ans en ne comprenant rien à l’espagnol, et en baragouinant un anglais incompréhensible…) malgré nos multiples tentatives de dialogue.

Ils sont pas mignons ces petits cochons, trek de Maragua :-)
Ils sont pas mignons ces petits cochons, trek de Maragua :-)

Le lendemain, on se retrouve seulement à 4 avec le russe et le guide, l’ambiance est nettement moins sympa même si les paysages sont grandioses, avec des pans de montagne qui semblent découpés parfaitement. On se retrouve dans un lieu unique, où des villageois ont retrouvé il y a quelques années des traces de T-REX en chasse ( 65millions d’années) et de Diplodocus !!! Impressionnant, conservées grâce à la sédimentation locale..

Traces de T-Rex en chasse, Villages J'qala.
Traces de T-Rex en chasse, Villages J’qala.
Testicule de mouton " porte chance" à l'entrée de toutes les maisons, Village J'qala.
Testicule de mouton  » porte chance » à l’entrée de toutes les maisons, Village J’qala.

Le moscovite continue de faire l’autiste, même si notre niveau de marche est bon, il se retrouve 300m derrière toutes les 10 minutes, grillant cigarette sur cigarette.. Raison de plus pour papoter avec notre guide qui est très curieux et veux tout connaitre sur notre mode de vie européen, sans aucun côté envieux.. Il nous parle de Morales, du côté autoritaire et oligarchique de son gouvernement que bon nombre de Boliviens s’évertuent à ne pas voir, renouvelant leur confiance mandat après mandat avec quelques oeillères. Bien qu’il ait permis à la Bolivie de remonter progressivement du retard énorme qu’elle avait accumulé depuis 1883 et la perte de son accès à la mer au profit du Chili après la guerre, bien qu’il ait supprimé une partie de la « misère », qu’il ait amélioré les routes, les télécoms… il concentre tous les pouvoirs, et s’est mis à dos récemment une grande partie des indiens aymara ( dont il se revendique ouvertement, mais dont il ne parle pas la langue…) en projetant de construire une « autoroute de la coca » au travers de la foret amazonienne pour acheminer plus rapidement la poudre blanche au Brésil et au Venezuela/Colombie….

On passe une dernière soirée dans un deuxième hébergement rustique, avant de rentrer pour Sucre où l’on passe une dernière journée. On se dirige ensuite à 1h30 de là en direction du marché de Tarabuco, le plus grand marché de la région , qui se tient tous les dimanches et où se réunissent les différentes communautés indiennes des alentours. Il est certes très touristique mais les couleurs des tuniques et les différents chapeaux sont grandioses, et valent le détour.

Femme Tarabuco.
Femme Tarabuco.
Femme Tarabuco II.
Femme Tarabuco II.
Marché de Tarabuco.
Marché de Tarabuco.

L’artisanat ne change guère de celui qu’on voit depuis 1 mois, mais on se laisse quand même tenter par un superbe tapis en laine de lama qui trônera fièrement dans notre salon l’année prochaine.IMG_3894

Direction ensuite Potosi, la ville minière de Bolivie à 4000m d’altitude, où on ne visitera que le magnifique couvent. De nombreux tours vont dans les mines, mais je trouve ça un peu voyeur et surtout je n’ai pas spécialement envie de me contorsionner dans des passages étroits et très bas sous plafond par 35° pendant 3h. c’est dit ! :-)

On part le lendemain pour la ville plus au Sud de Tupiza, port d’entrée pour notre tour dans le Sud Lipez et le Salar d’Uyuni, les paysages les plus célèbres de Bolivie.

On vous embrasse !!

CHOCment votres :-)

DSCF1627

De Copacabana à La Paz : Bolivie

On finit notre séjour au Pérou en direction de la Bolivie via la frontière qu’ils partagent le long du lac Titicaca ! Rien que le nom m’a toujours fait rêver (ou rire plus jeune…), ce lac qui est le plus grand d’Amérique du Sud (8300 km carrés), et surtout le plus haut lac navigable du monde (3812m).

Nous séjournons à Copacabana (Bolivie) sur les bords du lac dans un « Alojamiento » familial ( 60 bolivianos la nuit, avec bano privado, 6 euros), notre chambre donne sur une grande cour ensoleillée où il fait bon lézarder au soleil pour se réchauffer car à 4000m le moindre carré d’ombre ou la moindre petite brise rafraichit vite. Nous rencontrons à notre arrivée Guillaume, Servane et leurs 2 enfants Gaspard (6 ans) et Anatole (3 ans) qui font un tour du monde de 15 mois également mais à vélos !!!    Voila leur site : Fortiche la famille ! 

DSCF1531
Miam miam 6, Marché de Copacabana.

Le lendemain Copa del Mundo oblige, nous passerons notre journée à tenter d’aller sur internet et à regarder les matchs de foot… Découverte de la ville limitée mais nous avons des priorités :) !         Au programme : Ballade au petit marché, achat de chaussettes en laine d’alpaga car le soir il fait froid, ascension au mirador pour assister au coucher de soleil sur le lac, soirée crêpe avec nos acolytes français, et bien sur match de foot :)

Direction ce matin l’Isla del sol, en plein milieu du lac Titicaca, qui est le centre de la mythologie Inca, anciennement Isla Titikaka, qui a donné son nom au lac. Nous partons de bonne heure afin d’acheter nos billets mais nous nous rendons vite compte que les prix en l’espace d’un an on augmenté et sont passés du simple au double … Nous essayons donc de négocier les tarifs mais rien à faire les marins de l’asso ne veulent rien entendre, nous non plus d’ailleurs et on commence à les trouver franchement désagréables. On part donc à la recherche d’une agence pour voir les tarifs proposés qui s’avéreront plus économiques.

La traversée s’avère un peu incroyablement lente avec des moteurs de 35 chevaux pour un bateau de 10 mètres et 25 personnes à son bord.. 12km en 3h.. Record !!! Ca nous laisse le temps d’admirer les alentours.

Nous traversons l’ile par le chemin des crêtes autrement appelée « ruta sagrada de la eternidad del sol » rien que ça ! Nous avons une vue superbe sur la Cordillère Royale à quelques 100km en face et ses sommets de 6000m, ainsi que sur le lac et toutes les criques de l’ile. C’est magnifique, mis à part la température nous pourrions nous croire sur une ile grecque ou croate ! Les Boliviens ont un « certain »  ENORME sens du business car il faut à l’arrivée s’acquitter d’une taxe partie nord et une fois arrivés côté sud une autre taxe…. pas le choix il faut payer ! En route nous achetons des snacks, mais pas un bonjour pas un merci, tout juste arrive t’il à nous donner le prix en baragouinant… On ne sait si c’est l’altitude mais le tempérament bolivien n’est pas si éloigné de la caricature du Savoyard..  Passons.

Après 3h d’une superbe ballade nous nous payons une truite du lac Titicaca ! Top, mais bon ne rêvons pas, même ici ce sont des truites d’élevage car il faut bien l’avouer durant nos 3 heures de bateau il est vrai qu’on ne croise pas un seul pêcheur … Bien dommage ! On manque de louper Baptiste, le cousin d’Octave, féru de Bolivie, plein de bon conseils que l’on croise heureusement un peu par hasard au port Sud de l’Isla del Sol. Il vient passer la nuit sur l’ile avec un ami. Sur le bateau du retour nous rencontrons un couple de français et des amis suisses qui eux finissent leur tour du monde et avec qui nous en profitons pour faire la fête autour d’une bonne bouteille de Don Abuelo, un rhum ambré du Panama !

Départ pour la Paz capitale la plus haute du monde étagée de 3200m à 4000m, il faut monter pour aller dans les quartiers les plus populaires (El Alto notamment) et descendre pour aller dans les quartiers les plus riches, altitude oblige les riches sont fainéants, d’autant que le gain de température est de 8°C en moyenne ! D’ailleurs ici il vaut mieux avoir de bonnes baskets car ça monte, ça descend, gym quotidienne assurée ! Cette ville est un joyeux bazar entre vieilles bâtisses coloniales défraichies, maisons en parpaing accrochées à flanc de colline, et une circulation d’enfer … Baptiste nous montre le côté sympa de la Paz, tournée de quelques troquets locaux traditionnels, entre machage de feuille de coca, musique locale.

L'omniprésence d'Evo MORALES ! Chantiers,publicités..
L’omniprésence d’Evo MORALES !  Chantiers, publicités,.. il est partout.. Licencié d’un club de foot professionnel, président de tous les syndicats boliviens ( dont les cocaleros), et accessoirement président.

Le lendemain, concert de Charango, avec l’icône mondiale : Ernesto Cavour ! On oublie les petits péruviens/boliviens de Châtelet, là c’est de la vraie musique bolivienne ! « Guitare » charango, flûte de pan et guitare à double caisson… à vous en donner des frissons ! Soirée magique ! https://vimeo.com/102594489

 On rejoint notre famille de vélocyclistes dans un hôtel meilleur marché (tenu par une famille « à claquer » de bêtise et de malhonnêteté mais c’est le prix de l ‘économie) !

Spiderman n'est pas en confiance du haut des buildings pacenos.
Spiderman n’est pas en confiance du haut des buildings pacenos.

Nous allons avec eux dans la Vallée de la Luna en périphérie de la Paz, canyon composé de cheminées et pitons formés par une roche très friable … Assez surprenant ! Cette vallée abrite aussi tout le gratin des politiques corrompus et autres narcotrafiquants qui font leur bizbiz tranquille. Mais le gros plus de la Paz ce sont ces marchés : artisanaux, de fruits, légumes, fringues, chaussures, lampes, ampoules, cadenas, vous voulez n’importe quel objet vous le trouverez dans un des nombreux marches de la Paz, le « marché aux sorcières » où l’on vent toutes sortes de remèdes, de poudres d’incantation..

Nouvelle mesure d'El PRESIDENTE Morales, les policiers de la circulation sont desormais déguisés en... zèbres.
Nouvelle mesure d’El PRESIDENTE Morales, les policiers de la circulation sont desormais déguisés en… zèbres.
Heureusement qu'il n'était pas francais..
Heureusement qu’il n’était pas francais..

Et le dimanche c’est catch à El Alto, le quartier populaire des hauteurs, construit sauvagement et où logeraient entre 800.000 et 1.000.000 d’habitants ( difficile de recenser) , où se tient un énorme marché le dimanche….  Il faut le voir pour le croire ! C’est hyper populaire nous devons y aller une bonne demi-heure avant car la queue est conséquente et on ne voudrait pas rater ce spectacle. En revanche et comme partout en même temps il y a le prix local et le prix touriste qui est 5 fois plus cher mais qui nous donne le droit à un paquet de pop-corn chacun, une boisson et une entrée gratuite aux toilettes :)

Une fois installés le show peut commencer  ! d’abord  les hommes; masques, combinaisons moulantes sont de rigueurs. Le public est en transe les femmes jettent des peaux de clémentines sur l’arbitre et le « méchant » de la partie, ça siffle, ça crie, insulte. .

Le clou du spectacle : c’est l’entrée des « cholitas » catcheuses habillées en tenues traditionnelles : jupons, tresses, tabliers ballerines, et chapeaux melons (qui sera vite jeté) ! Elles sont formidables, elles se sautent dessus, se tirent les tresses, se donnent des coups, le public les acclame plus que les hommes ! C’est assez fou et surtout très marrant.

Après cet après-midi de folie nous décidons de prendre le nouveau téléphérique inauguré il y a peine 1 mois, et qui nous ramène quasiment dans le centre mais à peine arrivés on se rend compte que les locaux veulent eux aussi rentrer du marché avec cette nouvelle attraction de la ville.  Il y a plus d’1h30 de queue… après avoir triché un peu nous voilà au bout de 30 min dans le téléphérique :) C’est assez drôle car personne ici n’est jamais monté dans ce genre d’engin et certains sont visiblement assez apeurés à l’idée de monter dans une cabine suspendue dans le vide !

On se demande parfois comment le resto peut encore tourner...
On se demande parfois comment le resto peut encore tourner…
Encore une mesure "loufoque" de Morales, cherchez l'erreur.. Pour l'explication, le sens des aiguilles des montres serait occidental, ainsi le sens des horloges à été changé, en pretextant aussi les croyances incas...
Encore une mesure « loufoque » de Morales, cherchez l’erreur.. Pour l’explication, le sens des aiguilles des montres serait occidental, ainsi «L’horloge inversée (…) signifie changer nos mentalités afin de penser depuis le Sud, sans les impositions du Nord»…. Oui oui

Après ces quelques jours citadins nous aspirons à grimper rien de moins que le Huyana Potosi à 6088m !

Jour 1 : on récupère notre matériel d’alpinisme pour l’ascension : crampon, botte d’alpinisme, piolet, casque.En route, on monte progressivement sur l’altiplano en passant par des lacs aux couleurs incroyables, jusqu’à arriver au premier refuge à 4750m. On part assez vite s’entrainer sur un glacier Pas évident à première vue car les chaussures sont rigides comme des chaussures de ski et il faut bien écarter les crampons sous peine de chute assurée. Avec le piolet dans les mains il faut faire attention à ne pas se blesser (j’en ai fait les frais…). Impressionnant mais pas insurmontable. La nuit sera très longue pour moi, difficulté à respirer et les brésiliens font la fête.

Jour 2 : Nous voila partis avec 12/15kg de matériel sur le dos, direction le refuge n°2 à 5300m. La dernière partie se fait dans les roches, et ressemble plus à une via ferrata enneigée. On atteint le refuge, la vue est magnifique sur les environs !! Il est 16h30 et nous avalons une soupe et un peu de riz avant d’aller se coucher une heure plus tard … le réveil/départ étant prévu pour 1h30 du matin, pour arriver au sommet pour le lever du soleil, et quand la neige n’est pas encore trop ramollie. Grosses nausées de mon côté, je n’avale presque rien, le guide ronfle et la nuit est courte pour moi, tandis qu’Octave pris de maux de têtes en début de soirée dort tranquillement. Nous nous équipons: 3 paires de chaussettes,collant/pantalon1/pantalon2/tshirt1/shirt2/polaire/doudoune/veste gore-tex/gant en laine/gant impermeable/bonnet/casque.

En haut les températures peuvent atteindre -25° avec le vent. On est prêts à accomplir des miracles ! Car il faut dire que notre guide s’appelle JESUS ! :)

Et bien il ne fallait pas trop compter sur ça, car je n’avance pas du tout avec ces nausées, mes jambes semblent peser une tonne, et je décide d’arrêter et de redescendre. Cela ne sert à rien de continuer, et on s’arrête à 5612m. Je ne suis vraiment pas bien en altitude.

Dur, très dur car Octave est en pleine forme et n’est pas gêné par l’altitude mais étant la seule cordée de l’agence, Octave ne peut se greffer sur la cordée d’une autre agence (question d’assurances entre agences parait-il) pour finir l’ascension avec un autre groupe. La lune est pleine et le paysage magnifique, nous voyons les lumières de la Paz au loin, même a 5600m nous pouvons deviner ce que cela doit être en haut. Octave le retentera seul une prochaine fois, en tachant d’oublier la déception de ces quelques jours.

On part pour 7 h de bus , direction Cochabamba, 2000m de dénivelé plus bas que La Paz. Paysages arrides, routes jonchées de déchets… LA Bolivie et la pollution, une grande histoire d’amour, les gens balancent tout par les fenêtre des bus ( bouteilles de coca, sac plastiques, emballages).. y’a encore du chemin..

Sur ces paroles  » colonialistes » on vous dit à bientôt ! :-)