Archives pour la catégorie Décembre 2015 : Laos

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Au fil du Mékong : De Luang Prabang aux 4000 îles.

Nous descendons toujours plus au sud du Laos, pour faire escale à Vang Vieng. On ne sait pas trop quoi attendre de cette ville. Il y a quelques années VV était la Mecque de la défonce low-cost pour jeunes anglo-saxons…c’était à l’époque un lieu de débauche ou venaient s’échouer des zombies pré pubères sur des canapés à regarder des séries en boucle et faire du tubing avec stop dans des bars, pour achat d’happy cakes, d’happy smoothies, ou même directement de pochons d’opium.. Normal. Les autorités qui devaient en tirer un sacré profit en pot de vin ne disaient trop rien, jusqu’à ce que le nombre de morts/an prenne une telle ampleur que l’ensemble des bars furent fermés.

Charlotte, adulée par des touristes Chinois..
Charlotte, adulée par des touristes Chinois..

Bon, ça c’est pour vous mettre dans le contexte, nous on y venait pour les alentours qui sont paraît il très beaux. Il faut dire que lorsqu’on arrive en fin de journée le soleil brille et l’on se dégote un petit bungalow face aux falaises avec une jolie terrasse, on est au top. Lorsque l’on décide d’aller dîner on se rend bien compte que la ville a connu des heures sûrement plus agitées. L’ambiance est assez étrange on peut observer le fameux phénomène « jeune échoué sur un canapé » à regarder l’intégrale de Friends ou How I met your mother avec des yeux de bovins, mais en même temps la ville semble assez vide et du coup tout ça est un peu glauque.

La pluie du lendemain nous bloque un peu et on en profite nous pour aussi regarder des séries mais dans notre lit :) ! L’accalmie de l’après midi nous permettra de nous promener à pied dans la campagne environnante et il faut bien le dire Vang Vieng mérite vraiment le détour, les points de vue depuis les rizières sur les massifs karstiques comme posés là par magie, sont impressionnants. On avait prévu de se balader en scooter le lendemain mais la pluie n’ayant pas cessé on part pour Vientiane, capitale du Laos à 4h de bus vers le Sud ! En sortant, je tombe sur un petit marché à même le sol.. la femme devant mois dépèce une trentaine de rats morts qui sont dans son panier…..Brrrr, autant vous dire que je n’ai pas petit déjeuner local.

Nous voici à Vientiane, la capitale du Laos, ville d’expatriés, où il y a finalement peu de choses à faire. On se perd dans le Night Market et les cours de gym collectifs à même les bords du Mekong !! Les basses sont à fond, et les participantes  je vous le garantis. C’est vraiment drôle. On décide d’aller se faire un bowling, on est bien évidemment les seuls non-locaux, mais c’est le fun comme diraient nos amis québécois. Après deux parties, quelques bières, une sympathique rencontre avec des japonais bourrés sur la piste d’à côté, et une fissure de malléole pour Octave dû à un léger impact d’une boule de 15 kilos lancée à 30km/h sur le pied gauche, on reprend des forces dans un restaurant turc, entre houmous et kebab.. Très local :-)

On se prépare pour Noel comme on peut, Vientiane.
On se prépare pour Noel comme on peut, Vientiane.

La question maintenant est de savoir où passer Noël ! Soit nous prenons l’avion direction Hanoï, soit on prolonge notre séjour au Laos pour profiter de la chaleur au sud et fêter Noël aux 4000 îles dont tout le monde nous parle. Vous l’aurez compris on a plutôt envie de passer les fêtes au soleil !

On réserve donc un VIP SLEEPING BUS pour Pakse le lendemain soir. On passe la journée en ville, et allons visiter le Buddha Park, l’oeuvre d’un laotien un peu barré qui a voulu mixer culture/sculptures bouddhistes et hindous.. le mix est finalement assez chouette même si bien kitch, et vaut le détour. La principale représentant l’Enfer, la Terre puis le Paradis en haut, à vous de voir.

Buddha Park, Vientiane.
Buddha Park, Vientiane.

Et la c’est la douche froide, le VIP bus n’a rien de VIP on est parqués dans un bloc d1m50 de long sur 1m10 de large et ça pour 2 ! Pour reprendre un terme de Yannick et Coline, c’est Very Inconfortable et Pourri.

VIP Sleeping Bus
VIP Sleeping Bus

Autant vous dire que pour Octave la nuit va être rude, et pour moi aussi parce que le chauffeur est un fou furieux qui roule à plus de 100km/h sur des routes de campagne. Je ne suis pas sereine du tout voire même un peu crispée d’autant plus que dans notre tuktuk des expats français racontent que 3 jours auparavant un bus s’est scratché sur la route en tuant les passagers dont un touriste français mais que les autorités essayent de ne pas trop parler pour ne pas effrayer les touristes … Trop tard je ne fermerai pas l’œil de la nuit …

La nuit est rude pour Charlotte aussi..
La nuit est rude pour Charlotte aussi..

L’arrivée à 6:30 du matin à Pakse est un soulagement même si on est épuisés ! La ville n’a en soi que peu d’intérêt et on décide de louer directement un scooter pour visiter en 2 jours le plateau des Bolovens. Nous sommes chanceux ce matin il reste au loueur belge 1 seul scooter ! A nous les plantations de café et les cascades ! Juste ce qu’il nous faut pour nous remettre d’aplomb après cette dure nuit.

Le premier stop que nous voulions faire est un village traditionnel mais à notre grand étonnement pour rentrer dans le village il faut s’acquitter d’un droit d’entrée … Ça sent le vrai/faux village traditionnel dans lequel les habitants sont déguisés pour faire plaisir aux toutous ! Tant pis on fait demi tour pour continuer le long des superbes plantations de café qui s’alignent à perte de vue le long des routes. On en profite donc pour aller tester le café local; on s’arrête chez « Katu » qui fait visiter ses plantations et déguster son café. La visite ayant déjà commencé on en profite pour se reposer dans les hamacs, boire un super arabica et manger des cacahuètes et des bananes fressinettes offertes par la maison, certes ce n’est pas le mélange auquel on s’attendait mais c’est parfait.

Plateau des Bolovens, Paksé.
Plateau des Bolovens, Paksé.

En début d’après midi nous nous arrêtons à Tak Lo, dans lequel nous allons passer la nuit et filons à travers rizières jusqu’au sommet d’une cascade pour avoir un point de vue sur le plateau. On peut maintenant dire que le mot plateau prend tout son sens lorsque l’on atteint le sommet de la cascade devant une étendue plane sur des kms c’est même assez étrange de ne pas voir une once de relief !

Le Plateau des Bolovens.
Le Plateau des Bolovens.

En revanche c’est la saison sèche donc la cascade se résume à un filet d’eau et la vasque de baignade à une marre d’eau croupie. Du coup on file assister au bain des éléphants d’un resort de luxe un peu plus bas le long de la rivière.

Bain des Elephants, Tak Lo, Plateau des Bolovens.
Bain des Elephants, Tak Lo, Plateau des Bolovens.

Ca a beau être un peu mis en scène, le cadre est sympa, on n’a pas besoin de débourser 30 euros pour monter sur les pachydermes comme on nous propose régulièrement depuis 2 mois, et puis l’agilité dont il sont capables avec une apparence d’animal si patauds est impressionnante.. La cascade est clairement pour eux de la rigolade.. Même pas peur, ils s’enfoncent sans broncher.

                                 

Petit clin d’oeil aux parents et futurs parents, Laotian style !!

On prend notre temps le lendemain, n’étant pas spécialement pressés par les petits 70km qui nous attendent. Aujourd’hui c’est la route des cascades au programme la plus haute du Laos, la plus belle et la plus agréable, ça promet ! On commence par la plus belle qui s’avère en plutôt sympa mais qui où il est difficile de se trouver un coin tranquille, Dimanche oblige les familles lao viennent pique-niquer, et leur glacières sont plutôt des frigos.. !

On s’échappe direction la cascade suivante histoire de se baigner en toute tranquillité … Il fait pas loin de 35 degrés et cette pause rafraîchissante est la bienvenue, d’autant que nous sommes seuls.

La 3ème cascade, la plus haute, est immense et le débit est impressionnant mais impossible de trouver un chemin qui s’en approche un peu plus coup on se contente donc de la vue qui n’est pas si mal depuis le belvédère d’un hôtel chic.  Il est 15:00 et notre journée découverte touche à sa fin, on change nos plans et rentrons sur Pakse afin de découvrir la ville, et notamment le Golden Bouddha immense qui domine la ville. Les escaliers en bois installés à même la roche valent à eux seuls le détour tant ils sont raides, vertigineux… et délabrés.

Les fameux escaliers..
Les fameux escaliers..

La vue de là haut est grandiose et même si comme souvent les lieux sont assez mal entretenus et assez crâdes, ce beau bébé surveille fièrement le cours tranquille du Mekong quelques centaines de mètres plus bas.

Golden Buddha, Paksé.
Golden Buddha, Paksé.

Nous partons le lendemain matin, en direction des 4000 îles, et plus précisément de celle de Don Khong, la plus grande.. où l’on fait hâte pour une nuit d’hôtel avec piscine, face au Mékong. On observe les techniques des pêcheurs du coin depuis le bord, depuis des barques au raz de l’eau, ils lancent des filets pour capturer les poissons, malheureusement pas un seul d’entre eux ne semble avoir une pêche fructueuse.

Pêcheurs, Don Khong.
Pêcheurs, Don Khong.

Il n’y a finalement pas grand chose à faire ici, et nous prenons le lendemain matin un bateau pour Don Kone, plus au sud, réputée pour être l’île la plus relaxe, alors que Don Det qui lui fait face est une sorte de nouveau Vang Vieng, pour faire la fête.

On se dégote une petite cabane sur pilotis à même le Mekong pour 80000 kbps (8 euros). C’est exigu et on est un peu collés les uns contre les autres mais on prend quand même, c’est bien mieux que ce qu’on a vu jusqu’alors et on a notre hamac privatif. On nous a tellement parlé des 4000 iles, qu’on est un peu déçus à notre arrivée. Effectivement, le cadre en bord de rivière est chouette, mais à part ça l’ile semble minuscule, avec une concentration de touristes, boutiques de souvenirs et restaurants, qui invite moins au calme que ce que l’on pensait.. Vous savez je vous ai déjà dit qu’on était un peu des vieux avant l’âge, faire la fête c’était y’a dix ans, maintenant on aspire au luxe (basique)/calme et volupté( propreté). En parlant de propreté, après la première nuit quelle surprise de trouver mon sac photo grignoté par une souris en mal de graine de tournesol.. Grrrr, elle n’y est pas allée de main morte mais n’a pas réussi à manger grand chose, si ce n’est deux gros cafards qui nous attendent morts sur le dos dans la salle de bain.. Ambiance :-) Ca grouille de partout ces maisons sur pilotis.

On part se faire une journée de kayak sur le Mekong, pour accéder à différentes chutes, dont les plus grandes d’Asie du Sud Est, les chutes de Phapheng, juste avant que le Mekong ne rejoignent le Cambodge, hautes de 21m mais surtout avec un débit de 11000m3/s en saison sèche.

Kayak sur le Mekong, Don Kone.
Kayak sur le Mekong, Don Kone.

C’est aussi une occasion pour nous de se baigner dans le Mekong, qui est plus propre qu’on ne l’imaginait, depuis une des petites plages qu’on atteint, juste avant de se faire un déjeuner barbecue délicieusement préparé par les guides pour reprendre des forces.

Je vous rassure nous n'avons fait que photographier ces brochettes de grenouilles séchées..
Je vous rassure nous n’avons fait que photographier ces brochettes de grenouilles séchées..

On part à la recherche des dauphins de l’Irrawady, endémiques à cette partie du Mekong et au Myanmar (Birmanie). On en voit un de loin qui ressemble plus à un lamantin ou un dugong comme celui qu’on avait vu au Mozambique l’an dernier.. Flipper est bien plus mignon, je vous l’assure.

Pour le jour de Noël, Fred et Marie-Hélène, les parents de Charlotte, nous offrent une nuit dans le plus bel hôtel de l’île, le Sala Don Khone Bin DInh, où une véritable suite nous attend, tout ici n’est que raffinement et la piscine à débordement avec vue sur le Mekong n’est pas pour nous déplaire. On passe la journée à louer un vélo et se balader autour de l’île à la recherche de spots tranquilles, en faisant une escale bien méritée à la Fleur du Mekong, où la nourriture est délicieuse. Elle nous réconcilie un peu avec la gastronomie laotienne qu’on trouve assez rébarbative et moins fine que ses voisines thaïlandaise, cambodgienne, et on le découvrira plus tard vietnamienne. Le soir, après avoir bien profité de la piscine, on décide de se faire un repas de Noël au restaurant de l’hôtel. On commande tous les deux du canard, avides de mettre 1 petite touche française à ce premier Noël loin de nos familles.IMG_0354

Ici pas de champagne mais la tournée de bières lao du patron, et ne voila pas notre surprise quand notre canard en sauce arrive, sous l’appellation chicken-duck.. Vous l’aurez compris c’est bien une cuisse de poulet: il n’y a qu’ici qu’ils peuvent faire ça .. :-) :-). On vous passera l’accompagnement musical de chansons de Noel remixées sauce lao, à 90 Db..

On profite quand même de la piscine le lendemain, pour votre plus grand plaisir, vous pourrez nous la ressortir dans quelques années :-)

Les lutins laotiens.
Les lutins laotiens.

Les 24h suivantes sont essentiellement consacrées au trajet retour vers Vientiane, ou un avion pour Hanoï nous attend, 2h de bateau, 3h de bus de jours avec une escale de 5h à Pakse, puis 12h de bus de nuit ( moins terrible que la première fois, ayant demandé et obtenu les couchettes du bas (pas plus grandes pour autant), pour moins ressentir le balancement infernal du bus lancé à pleine vitesse) jusqu’à Vientiane, où l’on passe notre dernière journée au Laos, assez tranquille, bien loin de l’agitation infernale qui nous attendait à Hanoi.. La suite au prochain épisode.

Cope, Centre de rééducation des Bléssés par mines, Vientiane.
Cope, Centre de rééducation des Bléssés par mines, Vientiane.

Les chocs vous embrassent.IMG_5676

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Sabaidee Laos : De Huyai Xai à Luang Prabang.

On quitte la Thaïlande, mais nous y reviendrons plusieurs fois les prochains mois. On est assez surpris car de ce qu’on a pu lire sur les blogs, le passage de frontière ne se passe pas tout à fait comme on le pensait ! Le bus nous dépose sur le bas coté de la nationale où un tuk tuk nous attend pour arriver au poste frontière Thai d’où l’on doit traverser le pont dans un bus payant et obligatoire, avant d’avoir le droit de pouvoir reprendre un énième tuktuk…

Huai Xay n’est en fait qu’une ville étape pour entrer/sortir du Laos mais c’est aussi le point de départ de The Gibbon Expérience, une occasion unique de dormir dans la plus haute cabane du monde, la majorité des gens s’arrêtant ici uniquement pour ça. Étant particulièrement chanceux on réserve les deux dernières places pour le lendemain en grinçant un peu des dents vu le prix.. ( qu’on vous taira).

On a hâte, même si on sait que l’on risque d’être un peu déçus en terme de ziplines après notre séjour au Costa Rica (souvenez vous du cri d’Octave :)!). En attendant le départ nous flânons dans la ville et allons dîner avec 2 français rencontrés au poste frontière quelques heures plus tôt.

Un chat et des bouddhas, Huay Xai.
Un chat et des bouddhas, Huay Xai.

Ce matin direction le bureau de la Gibbon où l’on a le droit à un tout petit briefing sécurité avant de partir pour une grosse heure de voiture ! Nous faisons la connaissance de Claire et Thibaud, 2 acolytes français, avec lesquels nous avons une amie kiné (Betty) en commun (mais ça on l’apprendra plus tard)! Après la distribution par nos guides de notre bière de la journée nous partons pour 1h30 d’ascension en direction des ziplines.   La vue est très belle, et les tyroliennes ont l’air plutôt chouette, même si on arrive pas vraiment à être transcendés – en même temps on ne venait pas forcément pour ça-.            

                 

A l’heure du déjeuner nous apprenons que nos guides jusqu’alors quasi mutiques  ont oubliés les sandwichs…. Nous sommes 22 ils en ont pris 7 ! On les découpe en 3 ( les sandwichs hein , pas les guides..) histoire de nourrir un peu les troupes. On a du mal à se faire à ce caractère flégmatique/je-m’en-foutiste assez représentatif des laotiens qu’on rencontrera pendant 3 semaines (même si souvent de façade), attribut qui est d’autant plus irritant dans ce genre de situation, que pas un seuls des guides ne semble préoccupé ni décidé à arranger les choses ( ou même s’excuser..)

Nous arrivons sur les coups de 15:30 dans notre fameuse Tree House, affamés, mais émerveillés par la beauté et l’étendue des vues qu’on a de là haut, perchés à plus de 40m dans un arbre tricentenaire, avec une vue à 360 degrés sur la jungle environnante!

Tree House, The Gibbon Experience.
Tree House, The Gibbon Experience.

Il est a peine 16:30 quand le guide débarque avec un plat de riz et quelques légumes pour nourrir les 14 personnes que nous sommes sur cette cabane! Autant vous dire que la bonne humeur générale s’estompe un peu, on commence a l’avoir un peu mauvaise et surtout on a faim ! On a quand même payé quasiment 200€…

La vue fait quand même mieux passer la pilule..
La vue fait quand même mieux passer la pilule..

La douche ouverte à 40m de haut avec pour seuls vis à vis les cimes des arbres, est quand même mémorable, et on en profite pour réaliser quelques petits selfies olé olé ! C’est la spécialité ici 😉 ! Eh oui ils ont réussi à amener l’eau courante à 40m de haut, et l’éléctricité est solaire.

Salle de bain extérieure, Tree House, The Gibbon Experience.
Salle de bain extérieure, Tree House, The Gibbon Experience.

Le lendemain c’est avec le même entrain et la même sympathie débordante des guides que nous achevons cette expérience. Bon clairement c’est sympa, et rien que pour la vue et la nuit dans la cabane nous sommes très contents , mais le prix ne vaut absolument pas la prestation ! On oublie vite et continuons la suite de nos aventures au Laos.

Nous voulons rejoindre Luang Prabang mais la ville est à près de 16:00 de bus de nuit ou 2 jours de bateau …. On est pas chauds chauds, ni très pressés, et décidons  de couper le trajet en 4 étapes ! 

Nous filons direction Luang Namtha, ville réputée pour ses treks dans la jungle ! Le temps se gâte et  nous arrivons sous les premières trombes d’eau de notre séjour asiatique. La météo annonce 3 jours de pluie non stop … on ne peut même pas louer de vélos pour aller visiter les villages ethniques aux alentours qui paraît-il valent le détour, et décidons d’écourter notre étape; en profitant pour peaufiner le blog dans une super GH, la Zuela GH.

Dès le lendemain matin direction le petit village de Nong Khiaw qu’on atteint après 4h de trajet mouvementées avec Fangio Lao, le pilote kamikaze, qui nous sert de chauffeur de bus ..  Entre la famille locale a coté d’Octave qui n’en finissait plus de vomir ses tripes, et là musique saturant les hauts parleurs, il était temps que le bus s’arrête et on s’estime heureux d’avoir coupé le voyage en plusieurs étapes afin de ne pas subir ça trop longtemps ! Bizarrement le Laos nous rappelle par moments ce que nous n’avions pas apprécié en Bolivie, le côté assez rude et un peu hermétique des gens.

Topo Sécurité :-) : peut être est ce le côté psychologique de notre accident, mais je ne pense pas tellement finalement, les chauffeurs de bus laotiens sont assez flippants puisqu’ils n’anticipent absolument rien du tout.. freinant au dernier moment, se collant les uns les autres, déboitant dans les virages pour doubler sans vision.  Ils ne maîtrisent absolument pas leur véhicules, rétrogradant dans les descentes et montant les cols en 4ème à 30km/h bien poussifs. Sur les chantiers, il faut le voir pour y croire mais nous sommes restés plusieurs fois bloqués à observer des conducteurs de tractopelle positionnés en plein milieu de nationales, et n’arrivant pas à attraper la moindre mètre cube de gravats dans les imposants tas leur faisant face, s’y prenant à 15 reprises, comme des enfants dépités devant une machine à pince de fête foraine sans peluches. Formation, formation.. Le tourisme est tout nouveau ici.

Arrivés au village, le soleil est de retour et la vue est magique ! La ville se repartie sur les 2 rives de la Nam Ou, un affluent du Mékong, et l’ensemble est entouré d’immenses falaises karstiques recouvertes de jungle !

Nong Khiaw.
Nong Khiaw.

Nous voulons rejoindre à 3km de là la grotte de Phathok qui servait de cachette et même de plus grosse banque de la région aux Laotiens pendant la « guerre secrète ». Nous empruntons le joli pont orné de nombreux drapeaux du Parti Communiste, République Populaire du Laos oblige, ici on ne rigole pas avec ça, toutes les maisons ont leur drapeau !Untitled

Le soir on se détend chez Deen’s, un succulent resto Indien ( où les classiques Lassi, Tikka Massala, Cheese Nans feront notre bonheur..), on ne se lasse pas du tout de la nourriture asiatique à vrai dire mais quand on peut changer un peu on n’hésite pas ! 

Lavabo taille dinette..
Lavabo taille dinette.. On a pas tous le même gabarît :-)

On s’enfonce un peu plus dans la campagne le lendemain pour aller jusqu’au village de Muang Ngoi perdu au fond de la vallée et qui n’est accessible qu’après une petite heure de bateau. Les paysages sont toujours aussi beaux et la brume du matin ne fait que rajouter un charme quasi-mystique aux environs ! Clairement à part se prélasser dans un hamac, il n’y a pas grand chose à faire de plus ici, et Octave a du mal a ne rien faire, vous le connaissez…. On en profite toute la journée avant de repartir pour de bon direction Luang Prabang.

Il y a des villes comme celle ci qui nous font un peu fantasmer et depuis le début du voyage on a hâte de découvrir LP, deuxième ville du pays, qui a d’après tant de monde un charme fou. Visiblement nous ne sommes pas les seuls,  les 3 premières guesthouses dans lesquelles nous allons affichent complet- grande première pour nous qui ne réservons quasi jamais d’hébergements- mais trouvons chaussure à notre pied un peu à l’écart de l’agitation et avec une belle vue sur les alentours. 

LP est une ancienne ville coloniale française avec de jolies demeures,  mais surtout des temples colorés magnifiques et des cafés dans lesquels on boit du vrai café et ou l’on mange de vraies viennoiseries/pâtisseries françaises (moyennant un bon prix parisien rive gauche quand même, mais c’est anecdotique à l’autre bout du monde) ! D’ailleurs on ne perd aucune occasion pour se faire plaisir on va se prendre un café/pain au chocolat chez « Le Banetton« , une référence en la matière, avant d’aller se promener dans l’immense Night Market qui s’installe sur un bon kilomètre à même l’artère la plus passante de LP. 

Il subsiste ici un sorte d’«héritage protectoral » pas forcément déplaisant en terme d’ambiance, la fusion entre l’architecture traditionnelle lao et les anciennes structures urbaines coloniales européennes est exceptionnelle.

Le lendemain on part se balader sur les bords du Mekong, en traversant des petits villages de tisserands. Il faut au préalable s’acquitter du péage au passage du pont de bambou, qui n’est construit qu’en saison sèche, et que l’on traverse à pas hésitants. Charlotte maîtrise ses pulsions d’acheteuse, ne voulant pas s’encombrer maintenant. Nous allons ensuite partager une petite table avec des thaïes et japonais pour manger la meilleure soupe de nouille du séjour au Xieng Thong Noodles (10000kip/ 1,2 euros)!!.

Best Noodle Soup.
Best Noodle Soup.

La visite du temple principal de Xieng Thong, avec ses somptueuses dorures et ses fresques murales qui en mettent plein la vue, clôturera cette belle journée de visite.

Topo Gastronomique – le barbecue LAO :  Toujours en matière de gastronomie, nous tombons sur u ne offre de barbecue par hasard dans la rue, après avoir hésité voyant le resto presque vide, on se décide à tenter l’expérience et on ne sera pas déçus, pour une de nos meilleures expériences culinaires jusqu’alors!.BBQ

Une trappe au centre de la table est ouverte pour que l’on y place un énorme seau de braise chaudes. Sur le dessus ils placent un plateau bombé avec des rigoles pour y verser un bouillon. La partie bombée accueille la viande à griller tandis que les sucs de cuissons tombent dans les rigoles où le bouillon divin, cuit tranquillement les légumes frais et l’oeuf poché qui viennent agrémenter tout ça ! On se régale !!!!! Le tout pour 49000 kips à 2 avec une bière (5 euros). Extra !!

On rencontre Rivka et Daniel un couple de sexagénaire helvètes avec qui on passera toute notre soirée et qu’on recroisera plusieurs fois la semaine suivante.

Je me lève aux aurores le lendemain matin pour aller voir le Tak Bat, la quête matinale des moines, en essayant de rester le plus discret et respectueux possible envers cette tradition qui s’est vite transformée en business.. Au détour d’une ruelle je trouve un coin tranquille où observer discrètement la cérémonie, à l’écart des hordes de minibus remplis de touristes chinois qui se garent au bout de la rue, déversant un flot incessant d’appareils photo et de sticks à selfies.. pour tenez vous bien prendre la pose avec des monks alors en pleine quête. Ces derniers acceptent puisqu’ils sont « payés » en offrandes.. Assez hallucinant cette « confrontation » tradition/décadence moderniste.

Des femmes vendent aux badauds des « packs offrandes ready2give » de sticky rice, barre de céréales et autres offrandes à offrir aux moines de tout âge, qui défilent lentement en file indienne avec leur gamelle, remplies tour à tour par les habitants ( et les touristes chinois en mal de selfies..), tandis que le jour se lève doucement et que les tambours des temples résonnent. L’ambiance est assez mystique, si l’on fait abstraction du fond sonore mandarin.

Bizarrement tous les 20 m, une corbeille en plastique dans laquelle les moines jettent le surplus de riz qu’ils ne veulent pas (après investigation ce surplus serait destiné apparemment aux orphelinats et aux plus démunis). La quantité d’offrandes avec laquelle chaque moine repart est un peu indécente, les anses des sacs plastiques qu’ils tiennent sont à deux doigts de craquer sous le poids des barres de céréales… Comment avaler tout ça, considérant que la quête à lieu tous les jours.. Je suis un peu perplexe.. 

Charlotte, qui n’avait pas l’âme matinale me rejoint en ville et on continue notre séjour gastronomique par un brunch dominical gargantuesque  ! Au programme: croissants, jus d’orange frais, tartines de saumon fumé, muffin aux olives, baguette bien fraîche, salade de fruit et café serré. Le budget en prend un petit coup mais l’hédonisme reprend le dessus ( 7 euros chacun).

Pour digérer nous partons à une trentaine de km en tuk-tuk ( pas le plus confortable des moyens de transport) faire trempette dans les cascades de Kuang Si ! L’eau y est turquoise, et l’on peut jouir, après une ascension assez boueuse dans la jungle environnante, d’un beau point de vue sur les alentours. Après l’effort, le réconfort, l’eau est rafraîchissante mais loin d’être froide.. cela dit Charlotte- tête en l’air- ayant oublié son maillot, n’en profitera pas tellement :s

Cascades de Kuang Si, Luang Prabang
Cascades de Kuang Si, Luang Prabang

Nous passerons notre ultime journée à LP. à nous promener en vélo. Nous visitons le UXO Center, où une petite exposition à été mise en place pour sensibiliser aux dommages collatéraux des quelques 80 millions d’engins explosifs et mines antipersonelles encore enfouis dans le sol laotien, et qui tuent chaque année de nombreux jeunes villageois en quête de métal à recycler, où bien passant au mauvais endroit. Le Laos, alors qu’il était un pays « neutre » pendant la guerre du Vietnam, a été le pays et est toujours le pays le plus bombardé au monde, beaucoup d’anciens engins désamorcés servant dorénavant de décoration, pot de fleurs, dans pas mal de villes du pays.. rappelant en permanence les dommages causés par les Amerlocs.

Uxo Center? Engins désamorcés, Luang Prabang.
Uxo Center? Engins désamorcés, Luang Prabang.

Sur les conseils et explications de Daniel et Rivka nous trouvons à 3 km de la ville, un lieu de célébration du nouvel an Hmông. Les femmes sont habillées en costumes traditionnels, ça ressemble à une grosse fête de village (les détritus en plus), bien alcoolisée. Il y a des stands de nourriture partout, des jeux, des manèges, mais la fête semble être dans un entre 2, il ne se passe plus grand chose, si ce n’est le fameux jeux de balles que se lancent demoiselles et damoiseaux pour discrètement se séduire.. Qui fait tomber la balle n’est pas insensible aux charmes de celui ou celle qui vient de la lui lancer.. Un coeur est ouvert :-)

On continue notre route plus au sud vers Vang Vieng.

Bonne année 2016 à tous.. On vous embrasse.

Cocorico !!!!
Cocorico !!!!