Archives pour la catégorie Argentine Aout-Octobre 2014

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De Bariloche à Buenos Aires : derniers jours aux Amériques.

Samedi 19/10 : nous arrivons en fin de matinée à Bariloche ville située au pied des Andes, bordée par le lac Nahuel Huapi. La région de Bariloche est surnomée la Suisse Argentine car elle est réputée pour ses lacs, montagnes, pistes de skis et aussi pour ses fabriques de chocolats !! Bon sur le papier ça sonne bien, mais bien qu’elle soit très touristique la ville n’a rien d’extraodinaire et les chocolats sont assez moyens. On passe du temps à essayer de faire du change, mais dimanche oblige c’est plus compliqué que prévu. Bariloche est aussi connue pour héberger une forte population aux origines allemandes, beaucoup de Nazis ont trouvé refuge ici et n’ont été débusqués que très tardivement par les services secrets et le Mossad notamment (un très bon conseil ciné : Le Médecin de famille adapté de  Wakolda de Lucia Puenzo..)

Nous nous sommes dégôté un petit B&B très sympa où la charmante Clara ( qui aura tapé dans l’oeil de mes compagnons de voyage !) a décoré avec très bon gout sa demeure ! Parfait pour nous reposer un peu et organiser la suite de notre périple dans la région.

Nous louons pour 2 jours une voiture afin de découvrir les alentours de Bariloche.

Dimanche 20/10 : nous empruntons la route des 7 lacs pour nous rendre à San Martin de los Andes. La route est très belle et offre de superbes panoramas sur les lacs !

Lac Nahuel Huapi, Bariloche.
Lac Nahuel Huapi, Bariloche.

Après les paysages désertiques patagons les forets de pins sont assez spectaculaires !

Marche sur l'eau : tentative  n°1, Bariloche.
Marche sur l’eau : tentative n°1, Bariloche.

Nous arrivons en fin de journée à San Martin où nous prenons nos quartiers à La Raclette, un hôtel-châlet très montagnard . Le soir nous partageons un immense plateau de charcuterie et de fromages locaux le tout arrosé par de bonnes bières artisanales, dans le resto le plus réputé de la ville, c’est gargantuesque..

Lundi 21/10 : On décide de passer par la piste alternative du Paseo Cordoba pour le retour sur Bariloche. Les paysages sont beaucoup plus arides que la veille, longeant au début quelques lacs, mais la piste se déroulant en lacets dans des vallées rocheuses aux reliefs érodés par la pluie, où chaque rocher semble avoir une forme humaine, animale ou imaginaire :-).

Arrivant relativement tôt, on décide d’aller au Cerro Campanario, à 17km au Nord de Bariloche, du haut duquel on jouit selon le National Geographic (attention !!) d’une des dix plus belles vues au monde.. Pas le temps de nous questionner sur l’objectivité des juges qui font le classement, que nous sommes déjà sur ce mini télésiège qui à la vitesse d’une tortue nous dépose au sommet avant que le temps ne se gâte.. Effectivement la vue panoramique à 360° est assez grandiose, les lacs et les bras de l’immense Nahuel Huapi s’étendent à perte de vue, contrastant avec le vert des collines, et le blanc des sommets enneigés.

Ce soir on prend l’avion pour notre dernier séjour à Buenos Aires ! On ne se lasse pas de se balader dans cette ville que l’on aime particulièrement. Nous allons profiter des 3 jours pour arpenter de nouveau cette immense cité dont nous ne connaissons pas encore tous les secrets ! Mais ils passent à vive allure, nous retournons dans notre hôtel central La Fresque, point stratégique si vous allez à Buenos Aires !

Hotel La Fresque, Buenos Aires.
Hotel La Fresque, Buenos Aires.

Le premier jour nous traversons la ville en large et en travers et faisons pas loin d’une vingtaine de kilomètres à pied.

Un petit café/jus frais au Florida Garden, notre QG depuis le début, pour bien démarrer la journée. On passe pas mal de temps chez Arandu, une superbe Talabarteria (sellerie de gauchos), où beaucoup de riches argentins viennent s’équiper, la saison du polo ayant déjà débuté depuis quelques semaines. On se dirige ensuite vers le quartier de Palermo Hollywood qui nous apparait comme beaucoup plus tranquille, que le bouillonant centre ville et où nous atablons au Club de la Milanese, autour d’un des nombreux plats nationaux :)

Nous partons flâner au Nord de la ville, vers le superbe Jardin Botanique, qui renforce encore l’attrait que j’ai pour cette ville immense mais tellement verte. Quelques encablures plus loin, le MALBA, déjà visité il y a deux mois, à l’architecture interessante.

Il fait déja nuit alors que nous nous dirigeons vers Puerto Madero, l’ancien port réaménagé en quartiers très à la mode, les éclairages sont superbes, et les grues navales désafféctées renforcent le charme du coin.

Puerto Madero de noche, Buenos Aires.
Puerto Madero de noche, Buenos Aires.

On décide de faire une cure de viande, et optons pour Naturaleza Sabia, un des rares (mais succulent) restaurants végétariens du pays, et c’est une petite pépite.. Vous voyez quand on vous dit qu’on est des gros gourmands et qu’on rattrappe nos kilos perdus :)

Jeudi 23/10/14 : Ce matin on décide de retourner à La Boca, le quartier carte postale de Buenos Aires, qu’on avait trouvé vraiment un peu cliché et surfait avec Margot. Là, bizarrement il y a beaucoup moins de touristes, et c’est tout de suite plus agréable même si moins animé.. Il faut dire qu’on était venu un samedi la dernière fois.. Ma passion footbalistique réussit à entrainer mes compagnons de voyage dans une visite plutôt marrante de la Bombonera, le stade mythique de Boca Juniors, le club le plus célèbre du continent sud-américain.. où nous sommes les seuls européens. Et quand on me demande quel est mon club de coeur, personne ne semble connaitre le PSG :).

La Bombonera, Buenos Aires.
La Bombonera, Buenos Aires.

Le stade construit en plusieurs étapes au cours du siècle dernier, comprend tribunes VIP ( dont la loge officielle de Diego Maradona) mais aussi des tribunes pesage (debout) où il ne vaut mieux pas trop trainer les soirs de matchs, et sous lesquelles les vestiaires des adversaires ont été spécialement construits pour qu’ils soient intimidés par l’ambiance et les sauts à pieds joints des supporters adverses au dessus d’eux. Les couleurs de la Boca (bleu et jaune), qui à la base était un club formé par des ouvriers italiens du port, ont, pour l’anectode été choisies suite à la décision de prendre celle du premier bateau qui accosterait dans le port un matin.. et il venait de Suède..

Nous qui avons connu Buenos Aires sous la grêle en Aout, et sous les pluies diluviennes début Octobre, sommes surpris des chaleurs presque étouffantes des derniers jours. On part se rafraichir, en visitant la Fondation Proa, dont l’architecture est vraiment chouette, avec de belles vues sur le port au dernier étage, avachis sur des transats et un jus de tomate à la main, et quelques collections pas inintéressantes..

Restaurant El Refuerzo, Buenos Aires.
Restaurant El Refuerzo, Buenos Aires.

Après avoir déjeuné une nouvelle fois dans notre QG culinaire de San Telmo (El Refuerzo) autour de salades gargantuesques et délicieuses, on se ballade une nouvelle fois dans ce chouette quartier, et ses stands de brocante, à la recherche d’un syphon Porteno, que je ne trouverai finalement que le dernier jour..

On continue une belle promenade dans le quartier du Congresso et des grandes avenues, notamment la Corrientes, celle des théatres, qui commence doucement à s’animer alors que la nuit tombe.

Le soir venu, on se retouve dans un des nombreux restaurants  de l’Avenida de Mayo, Plaza Asturias où l’on se croirait plus en Espagne qu’en Argentine, tant dans l’assiette que dans les tenues vestimentaires des centaines de clients locaux qui viennent déguster poissons frais et spécialités espagnoles.

Vendredi 24/10/14 : C’est aujourd’hui notre vrai dernier jour en Amérique du Sud, après 7 mois et demi de périple, mais aussi le dernier jour avec mon père avant un long moment, puisque nous nous envolons pour l’Afrique du Sud demain.

Le trottoir du Tango, : les bases, Buenos Aires.
Le trottoir du Tango, : les bases, Buenos Aires.

Pour mieux connaitre et comprendre l’histoire de l’Argentine, nous allons visiter le musée du Bicentenaire, construit en 2010 pour célébrer les 200 ans de la Répulique Argentine, sous la Casa Rosada, le palais de la présidente. Malgré la foule d’écoliers et étudiants, la visite est très interessante, retracant par périodes les 2 siècles derniers, au travers de documentaires et de pièces de collection.. Revenant notamment sur la crise majeure de 2001, durant laquelle pas moins de 5 présidents se succèdèrent, en l’espace de… 15 jours.

Après une pause déjeuner chez Oui Oui, dans le quartier de Palermo Viejo, nous nous dirigeons vers le Marché Aux Puces de Buenos Aires, semblable à celui de Saint Ouen pour les connaisseurs, avec un mix particulier d’objets vintages/anciens/remis à neuf..

Une des nombreuses statues de BD de la Capitale, Buenos Aires.
Une des nombreuses statues de BD de la Capitale, Buenos Aires.

Je n’y trouve pas mon bonheur, mais le quartier est vraiment chouette.. Quelques blocs plus loin, le Cimetière de la Chacarita où repose Carlos Gardel, le « dieu » du Tango, une cigarette constamment à la main ou au bec grace aux nombreux visiteurs qui perpétuent la tradition.. Sa tombe, devrais je dire, son mausolée est impressionant, d’autant qu’il est mort il y a presque 80 ans mais qu’il fait ici figure d’emblème national.

Le mausolée de Gardel et du Tango, Cimetière de la Chacarita, Buenos Aires.
Le mausolée de Gardel et du Tango, Cimetière de la Chacarita, Buenos Aires.

On s’oriente ensuite vers les espaces verts du Nord-Est de Buenos Aires, pas loin de l’hippodrome, et des nombreux clubs huppés de polo, tennis ou gymnastique.. On nous oblige à faire un énorme détour puisque la pop-star sud américaine Luis Miguel, donne un concert ce soir, on se rappelle avoir déjà eu à supporter un DVD de ses concerts en live dans un bus il y a quelques jours, et on se demande encore aujourd’hui ce que les jeunes filles lui trouve.. Du play back caricatural.. On vous laisse apprécier, pour ceux qui connaissent les sketches de Gad Elmaleh, la ressemblance est frappante.. Dire que c’est le chanteur sud americain le plus célèbre..

C’est tellement grand qu’on se perd, et mettons une bonne heure à retrouver le musée Tivoli vers lequel nous nous dirigions.

Il est plus interessant pour son café, niché dans un joli jardin fleuri, que pour sa collection assez hasardeuse..

Une fois n’est pas coutume, nous finissons notre voyage par une Parilla à La Cabrera, autour d’une très bonne bouteille de vin, et de pièces de boeuf mémorables, se félicitant de ces très chouettes trois semaines de route ensemble, et ressassants ces beaux souvenirs patagons avec beaucoup de plaisir.

A peine à t’on le temps le lendemain de se ballader dans San Telmo, dégotter notamment un superbe syphon d’époque, que nous devons rallier l’aéroport où nos avions respectifs nous attendent, décollant à une heure d’intervalle. Arnaud rentrant directement pour Paris..

Pour nous c’est une autre histoire, nous avons cherché cherché et recherché, les vols directs pour l’Afrique du Sud étaient hors de prix, d’autant que beaucoup de compagnies ajoutent les 35% de taxes au prix des vols quittant l’Argentine.. Après de nombreuses heures de recherches, nous avons allié l’utile à l’agréable, en faisant une escale de 30h à Bilbao.. Allez savoir pourquoi, ce trajet était de loin le plus économique, à défaut d’être écologique.. Il nous permettait aussi de ne pas rentrer en France en ayant le sentiment de « tricher », et de voir la famille basque Fred et Marie Hèlène les parents de Charlotte, ainsi que Suzanne la grand-mère de Cha pour 2 jours très sympas, et sous le soleil.. fin octobre, excusez du peu.. vous voyez d’où nous viennent nos envies chroniques d’expatriation au sud ouest.

Buenos-Aires => Amsterdam => Paris => Bilbao puis Bilbao => Paris => Le Cap le lendemain

Au programe visite de Bilbao, que l’on connaissait déjà un petit peu, soirée tapas, mais aussi super resto sur la plage d’Algorta. On se fait offir un superbe hotel en plein centre ville, non loin du Guggenheim, avec un buffet petit déjeuner de folie et des vrais pains au chocolat !!! yalla :)

Bilbao, Espagne.
Bilbao, Espagne.

Autant vous dire une superbe escale, pour passer tranquillement de la culture Sud-Americaine, à notre Saga Africa. :)

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Fin de roman en Patagonie.

En arrivant à Buenos Aires, pour la 4ème fois en quelque mois, on à la douce impression de rentrer à la maison, sachant qu’on a déjà passé une bonne dizaine de jours cumulés dans la capitale portena. On a vraiment apprécié les paysages chiliens. A peine le temps de poser nos affaires dans un hôtel du quartier de San Telmo, qu’on rejoint Kevin et Elo, des amis kinés de l’école, qui sont de retour en Amerique du Sud depuis une semaine, après nous avoir donné plein de bons conseils sur leur séjour en Colombie il y a quelques mois. On tente de faire du change dans la fameuse Calle Florida, mais le gouverneur de la banque centrale argentine a démissionné la veille, et les contrôles policiers se sont accrus, rendant les agents de change blue plus frileux, et faisant couler le taux du dollar. On ne s’en sort pas trop mal (1 euro = 19 pesos, contre 11 à l’officiel), et en profitons pour aller nous refaire une parilla !! Quel plaisir de se croiser sur la route !!

Samedi 04/10/14 : Arnaud (mon père) débarque de Paris pour 3 semaines après un vol de nuit quelque peu retardé. On part se balader en direction de la Recoleta, en ne manquant pas de s’arrêter petit-déjeuner au Florida Garden, un café littéraire aux airs d’antan, où la moyenne d’âge frôle les 80 ans mais où l’ambiance n’en est pas moins agréable ! Le soleil est de la partie aujourd’hui, et les grandes avenues bourgeoises de La Recoleta sont assez propices à la déambulation.. On ne manque pas de refaire un tour au Cimetière de la Recoleta, ainsi qu’aux Musée des Beaux Arts, dont la collection est toujours assez étonnante de diversité, pour un pays qui ne compte finalement que peu de peintres célèbres : Gauguin, Renoir, Rembrandt, Manet, Van Gogh.. et une expo temporaire sur Julio Cortazar, le plus français des écrivains argentins, le musée célébrant les 100 ans de sa naissance. En sortant on se retrouve face à un des monuments carte postale de Buenos Aires : Floralis, une énorme structure métallique en forme de fleur, qui gît dans le parc non loin, comme tombée du ciel..

Floralis
Floralis

On doit aussi se débrouiller aujourd’hui pour acheter les billets d’avion pour Ushuaia le surlendemain, et c’est là que les ennuis et les pourparlers commencent..

Aerolineas Argentinas, la compagnie nationale, et quasi choix unique pour les vols nationaux ici, est subventionnée depuis des années à coups de millions de dollars par l’Etat; mais avec très peu de transparence et des résultats loin de ceux recherchés : abus de toutes parts/endettement record/corruption/détournements de fonds/vétusté des avions/service déplorable.. Bref, l’idée c’est que les prix affichés sur le site internet ne sont valables que pour les résidents argentins ( résidents argentins = résidents imposables = vos impôts servent à financer les dettes de la compagnie aérienne irresponsable = pour vous faire passer la pilule vous avez le droit à des prix spéciaux), mais ces conditions ne sont écrites qu’à l’alinéa 28 des conditions générales écrites en police 6 en bas de page…

On doit finalement se résoudre à payer presque 35% de plus nos billets que les Argentins, et il faut dire qu’ils sont loin d’être économiques – mais les 48h de bus ne nous enchantent pas des masses non plus -.

A peine nous voilà sortis de l’aéroport, nos billets en poche, que s’abat sur nous un déluge qui ne cessera pas durant les 24 prochaines heures. On s’oriente vers la parilla Don Julio, à Palermo, qui nous a été recommandée comme un des grands classiques.. On avait fait notre réservation il y a 10 jours, pour éviter de faire la queue 2h pour notre première soirée à 3 en Argentine. Au final, on en ressort un peu déçus (peut être qu’on a mis la barre trop haut avec la Cabrera il y a quelques semaines, il faut dire qu’on devient exigeants avec la bidoche ! ), les portions ne sont pas hyper généreuses, et les prix un peu excessifs pour une viande pas mauvaise mais loin d’être exceptionnelle.. On se rattrapera une autre fois.

Dimanche 5/10/14 :

Aujourd’hui dimanche c’est le jour du Marché aux Puces de San Telmo, et on se demande bien comment ça va se passer sous cette pluie incessante depuis la veille. Après que le gérant de l’hôtel ait tenté de nous arnaquer sur le prix des chambres, et qu’on se soit gentiment accroché, on décide de changer pour un hôtel un peu plus central à quelques blocs de là : La Fresque, avec ses dix mètres sous plafond, et ses chambres triples en duplex ! A l’intersection de 9 de Julio, l’avenue la plus large du monde, et 25 de Mayo, celle qui rejoint le Palais de la Présidence au Congresso Nacional, sa situation centrale est vraiment agréable.
Presque tous les stands sont fermés avec la pluie, on se rabat donc sur le Marché Couvert, qui même si il est assez touristique, propose des antiquités assez variées.. dont certains magnifiques siphons d’époque.
Pour se réchauffer, on s’oriente une nouvelle fois vers El Refuerzo, non loin, qu’on avait déjà testé avec Margot, et qui accroche très facilement une place sur le podium de nos restaurants préférés des 6 derniers mois.                                                                                               Cazuela de Cunejo con Berenjinas – Cassolette de lapin aux aubergines– pour deux (les portions sont gargantuesques, on nous amène une cocotte entière qui aurait facilement pu combler deux voire trois appétits de plus), vino de la casa top, que demander de plus !!

On tente quand même en sortant, l’estomac bien chargé, d’aller se balader à Puerto Madero, mais la pluie trop forte et les avenues inondées nous font rebrousser chemin. On rentre à l’hôtel voir la parodie de football qu’est le Super Classico opposant les chics River Plate aux Boca Juniors, plus populaire. Une sorte de PSG-OM latino-américain qui se joue sous des trombes et des trombes d’eau.. Peut être encore une histoire de normes, mais en Europe le match n’aurait pas pu avoir lieu, le ballon ne faisant pas plus de 2 mètres sans s’arrêter.. Résultat final 1-1 et une partie pas vraiment passionnante.boca-river-lluvia-suspendid2o

Lundi 6/10/14 : 3h30 d’avion nous attendent ce matin, en direction de la mythique Ushuaia !! L’avion est beaucoup plus gros que ce que l’on imaginait, pas loin de 300 passagers dans le 747 qui nous y emmène. L’arrivée en Patagonie est magnifique, mais (très) mouvementée quelques minutes avant l’atterrissage avec les vents d’altitude et les manoeuvres nauséogènes du pilote. Notre seul avion suffit à encombrer le minuscule aéroport d’Ushuaia, construit dans un style alpin, tout en bois brut.
On commence à se rendre compte que tout va être très cher ici, quand on ne trouve aucune chambre triple à moins de 900 pesos ( 85 euros officiel/ 48 euros au blue). Pour ce prix on préfère s’excentrer un peu et loger à La Posta pour 3 jours, où l’on dispose d’un bungalow de deux étages tout équipé, avec cuisine, grande salle de bain, séjour..

Ushuaia, que beaucoup de touristes qu’on a rencontré n’ont pas spécialement apprécié, n’est pas comme on le pense un no man’s land, ou une ville purement touristique. La majorité de ses habitants vivent en effet de l’industrie informatique et des usines de fabrication, plutôt que du tourisme. Son surnom de ville la plus australe du monde fait également polémique, le village de Puerto Williams, côté Chili, de l’autre côté du Canal de Beagle qui sépare les deux pays, étant géographiquement encore plus austral, mais pas encore suffisamment peuplé pour prétendre à l’appellation de « ville ».. Toute une histoire !!
La ville est plutôt banale, mais sous le grand soleil qui nous accueille, ce qu’il convient de regarder c’est la baie, et les vues majestueuses qu’on a depuis le port.. C’est vraiment grandiose, cet entremêlement unique au monde de montagnes enneigées, qui viennent se jeter dans le Canal de Beagle qui est en fait le point de jonction du Pacifique et de l’Atlantique. Après avoir fait les frais à midi d’un resto pas donné et plutôt mauvais, on s’oriente vers une soirée pizza et vin rouge patagon du bout du monde, bien au chaud dans notre bungalow, le froid piquant sérieusement à l’extérieur, une fois la nuit tombée.

Mardi 7/10/14 : On a réservé aujourd’hui une balade en bateau de 4h, sur le Canal de Beagle, avec une randonnée sur l’Isla H, une île préservée des hordes de touristes qui débarquent quotidiennement depuis des catamarans 150 places sur les îles Bridges voisines. En effet, l’agence Tres Marias que nous choisissons, limite le nombre de passagers à 12 sur son petit bateau 18 places bien confortable. Les présentations faites avec les membres de l’équipages et les autres passagers (exclusivement sud-américains), on quitte le port d’Ushuaia, pour se diriger vers le Canal de Beagle.
Ici se rejoignent l’océan Pacifique et l’Océan Atlantique, avec des courants bien supérieurs pour le premier. On prend la direction de la Isla de Los Lobos, où loge une grande colonie de lions de mer (phoques/loups de mer). Leur démarche un peu pataude est plutôt rigolote, mais mieux vaut ne pas les embêter, d’autant plus que les mâles s’entourent d’un véritable harem de femelles (entre 15 et 20 par « macho ») et sont très jaloux, à l’approche d’un potentiel concurrent. IMG_5930On reste sur le pont, où ça caille sérieusement, d’autant que le vent se lève progressivement, avant d’aller se réchauffer non pas autour d’un cocktail mais d’un maté et d’un alfajor, le biscuit argentin classique, au dulce de lèche, vous vous en doutez, dont vous aurez la recette dans quelques jours.IMG_5976
On met le cap à l’ouest, en direction du Phare des Eclaireurs, qui contrairement à ce que l’on pensait n’est pas le phare du bout du monde (ce dernier est au Cap Horn, 60 km plus au Sud, côté Chili). Les couleurs sont absolument incroyables, le rouge et blanc du phare, le bleu profond de l’eau, le vert et le jaune des végétaux et le gris des rochers sur lesquels nichent d’énormes colonies de cormorans à col blanc et à col noir, ainsi que des « lobos a dos pieles », qui sont en fait des otaries.IMG_6061
A l’heure où j’écris ce papier, c’est pour moi l’une des plus belles images que j’ai de Patagonie que l’arrivée sur ce phare majestueux, comme tombé du ciel au milieu du Canal, avec en trame de fond, les monts enneigés s’écartant pour laisser place à l’Atlantique. Le temps se gâte un peu, et notre capitaine qui semble bien au fait de la météo, nous propose de rebrousser chemin vers l’Isla H, plus à l’est, où il pense que le microclimat est plus favorable. L’île H est en fait une réserve privée, appartenant au patron de l’agence, qui en a donc l’exclusivité.

Isla H
Isla H

C’est un petit sanctuaire bien préservé, où les paysages sont une fois de plus grandioses, avec deux petites plages qui se rejoignent pour former un isthme en plein milieu de l’île. Le vent souffle bien fort, mais parait il que ce n’est rien par rapport à l’été, entre décembre et mars, où le soleil est plus présents mais les vents terribles.
Nous rentrons plein de belles images dans la tête après 4 h de navigation, dont quelques minutes sous la neige. Le soir, on décide de louer une voiture pour aller au Parque National de La Tierra del Fuego le lendemain, et de se faire un repas maison autour d’une bonne bière : La Patagonia !DSC00944

Mercredi 8/10/14 : C’est sous un vent assez fort que nous partons ce matin en direction du Parc National, avec pour objectif de randonner à la recherche de beaux miradors et de volatiles. Le chemin côtier le plus fréquenté, vient tout juste de réouvrir après 6 mois d’hibernation, mais nous préférons randonner le long d’un grand et beau lac que nous longerons en lisière de forêt pendant une bonne heure de marche, avant de picniquer face aux sommets chiliens un peu plus loin.

Parc de la Terre de Feu.
Parc de la Terre de Feu.

On croise quelques volatiles, notamment deux cauquens (des oies sauvages) qui semblent un peu imprudents face à l’approche d’un renard.. Plus de peur que de mal, ils battent de l’aile suffisamment tôt. Ces inséparables se baladent en permanence en couple, le mâle est blanc, la femelle est grise.
Attirés par des bruits de marteau, on se dirige à l’oreille avant d’apercevoir un couple de pics de Magellan, tapant avec force sur l’arbre sur lequel ils se tiennent. Avec pas mal de patience, on arrive à les approcher d’assez près et à s’étonner devant leur plumage d’une rare beauté.
On continue notre bout de chemin jusqu’au bout du sentier côtier, d’où l’on jouit d’une vue imprenable.IMG_6204
On rebrousse chemin en fin de journée, prenant la direction du Glacier Martial, qui domine la ville d’Ushuaia. A notre arrivée, le téléphérique est déjà fermé. On en profite quand même pour avoir une vue panoramique et plongeante sur la région, alors que le ciel se teinte de rose.

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Musée Maritime, Ushuaia.

Mercredi 9/10/14 : Un vol pour Calafate nous attend cet après midi, financé en grande partie par le padré, pour nous éviter 18h de bus, dans cette Patagonie où tout est grosso modo 30 à 40% plus cher qu’ailleurs. On en profite pour se balader non loin de l’aéroclub d’Ushuaia -d’où décollent quelques coucous aux passagers fortunés, allant survoler le mythique Cap Horn, ou l’Antarctique- et découvrir de nouveaux points de vues  sur la ville. Question culture on ne va pas se mentir il n’y a pas grand chose à voir..

On arrive à Calafate 1h plus tard, et rejoignons Las Cabanitas, gérées par le sympathique Gerardo, où nous avons une chambre triple en duplex, dans une toute petite maison au vert pimpant, dont la largeur du deuxième niveau ne doit pas excéder 1m50 et où notre lit double tient tout juste.. Mais c’est cosy.1zoom
On se fait inviter le soir venu, chez Mi Rancho, un superbe restaurant où nous nous régalons de côtes d’agneau patagon délicieusement confites et braisées, la viande la plus consommée ici, le tout arrosé d’un bon Malbec local, avant de finir par des douceurs internationales revisitées à la sauce argentine.

Jeudi 10/10/14 : Une des raisons de notre venue à Calafate, est sa proximité directe avec le Parc National des Glaciers, dont les fameux Perito Moreno, Viedma ou Upsalla. Pour en savoir un peu plus, on décide d’aller visiter le Glaciarium, un musée consacré exclusivement aux glaciers, qui ne manque pas de nous sensibiliser davantage encore au réchauffement climatique mais de manière très didactique et intéressante.

Sacrée leçon de météo.
Sacrée leçon de météo.

Dans cette région de Patagonie, deux « campo de hielo », littéralement des continents de glace, le Sur et le Norte se chevauchent le long de la frontière chilo-argentine donnant naissance à tous les glaciers.
La plupart de ces derniers perdent du terrain depuis le siècle dernier, à l’exception du Périto Moreno, qui continue tant bien que mal d’avancer de 2m par jour dans le Lago Argentino. Ce dernier, d’un bleu turquoise magistral, est un des plus grands d’Amérique du Sud, bordant aussi bien Calafate que le Perito Moreno distant de 70km.

En début d’après midi, nous prenons un « remis » ( un taxi au tarif fixe suivant la destination, très courant en Amérique du Sud) pour aller voir la bête. Nous parcourons les 70km en une bonne heure, et partons immédiatement à la découverte du glacier. C’est très impressionnant de l’entendre gronder, craquer, siffler avant même de le voir. Il fait plus de 14 km de long, et des blocs de glace s’en détachent régulièrement (desprendimientos) de ses hautes parois ( 80 à 100m de hauteur), provoquant des mini-tsunamis.. Le vent est encore plus puissant que les jours précédents, et on manque parfois de se faire emporter, le long des 5km de passerelles qui lui font face. On pourrait rester des heures à l’observer «vivre». On s’en sent si proches, alors qu’on est quand même à 300m de ce dernier, certains ferrys de croisière (qui ne s’approchent pas plus vu les risques encourus en cas de chute de glace – 38 personnes tuées ces dernières 25 années par les projections !!!) paraissent minuscules face à ce géant de glace.

Oui oui, en bas c'est bien un Ferry de 200 places., Perito Moreno.
Oui oui, en bas c’est bien un Ferry de 200 places., Perito Moreno.

On reprend tranquillement le chemin de Calafate, avant d’aller acheter nos billets de bus pour El Chalten, à 200km de là, capitale argentine du trekking.

Vendredi 11/10/14 : Ce qui frappe sur la belle route qui longe le lac argentino, d’abord par le sud puis par le nord pour en faire le tour et se diriger vers le Lago Viedma, plus proche d’El Chalten; c’est l’inquantifiable nombre de clôtures le long des routes, qui servent probablement à délimiter les estancias. On observe un nombre impressionnant de carcasses de guanaco dont certaines à même les barbelés, trace tragique de leur tentative avortée de sauter les clôtures.

On atteint El Chalten, perdu au milieu de nulle part, après 2H30 de bus dans des steppes désertiques, alors que le soleil est de la partie, et que la vue sur les cimes acérées du Mont Fitz Roy est bien dégagée. Le facteur météo lors de notre séjour ici s’est révélé en fait bien défavorable à part ce premier jour, où après être allé déposé nos affaires au Patagonia Hostel, nous sommes partis en direction de la Laguna Capri et du mirador du Fitz Roy, qu’on a atteint en 2 petites heures de marche, la vue s ‘étant bien couverte sur ce dernier.

Les paysages boisés et fleuris de début de printemps sont superbes avec notamment des massifs rouges assez incroyables, et la vue se dégage sur la vallée au retour.
On booke une marche sur le glacier Viedma pour le lendemain, qui nous a été recommandée comme beaucoup moins touristique que celle du Perito Moreno, même si peut être un peu moins impressionnante mais plus technique.. A 8h pétantes, on part sous un beau ciel bleu, même si on sait que du vent est potentiellement annoncé sur le lac. Au bout d’une heure de navigation, la houle et les rafales glacées qui givrent les vitres du bateau obligent le capitaine à faire demi tour et annuler l’excursion , d’autant que les conditions sont amenées à s’empirer dans la journée..

Décus mais pas abattus, on rentre en ville, où il neige désormais à gros flocons, et l’où se retrouve malheureusement bloqués une bonne partie de la journée à l’hôtel. Les rares fois où nous essayons de sortir sont écourtées par les vents glaciaux et qui nous font littéralement décoller..

Les conditions météo ne vont pas changer le lendemain et on décide plutôt que prévu de revenir à Calafate le lendemain pour remonter vers la Péninsule Valdez, à 25h de bus plus au Nord, en se promettant de revenir ici dans quelques années, à une saison plus optimale pour profiter pleinement des randonnées dans le coin.
Mardi 14/10/14 : Le premier bus nous emmène à Rio Gallegos en 4h où nous faisons le plein de calories (qui seront -on ne le savait pas encore à ce moment là- nécessaires vous verrez plus loin) autour de pizzas, le temps de prendre notre connexion 5h plus tard.

DSC00989Le trajet sera rendu difficile par l’absence totale de chauffage … Autant vous dire que la nuit et les 21h de bus (au final 23h) ont été très longues ! Mais qu’on a donc du brûler les pizzas de l’après midi pour nous réchauffer..
La qualité des bus du Nord Est est loin, d’autant qu’aucun dédommagement ou autre n’est prévu, l’ayudante se contentant seulement de nous dire que lui aussi a passé une mauvaise nuit!! Ambiance, ambiance..
Nous voici à Puerto Madryn petite cité balnéaire réputée pour sa faune extraordinaire et meilleure porte d’accès à la péninsule Valdez voisine : au programme baleines franches australes, éléphants de mer, phoques, manchots, oiseaux en tout genre …
Nous nous installons dans un petit B&B, La Casa Patagonica avant d’aller nous promener et de chercher notre belle Ford Fiesta ( suffisamment rare de ne pas avoir de Chevrolet Corsa qu’il est utile de le préciser) qui nous sera bien utile pour aller explorer les merveilles de la région.

Jeudi 16/10 : nous partons en direction de Punta Tumbo, à 180km au sud, une presqu’île connue pour abriter la plus grande colonie de manchots de Magellan (pingouins) au monde. On compte jusqu’à 500 000 couples en période de pointe (soit pile en ce moment), dont beaucoup migrent depuis les côtes brésiliennes pour se reproduire ici.
La réserve est constituée de passerelles en bois qui permettent aux touristes de se balader sans déranger les manchots sur leur trajet de retour de pêche, et préservent aussi les nids dont la côte est parsemée.

Punta Tumbo.
Punta Tumbo.

Nous ne sommes pas seuls à venir admirer ce spectacle incroyable, et il y aurait clairement des risques d’affaissement.

Les mâles arrivent en août afin de réorganiser le nid qu’ils gardent années après années (allez savoir comment ils arrivent à se retrouver) pour que la femelle qui arrive vers le début du mois d’octobre puisse couver tranquillement les oeufs (2 au max).
Personne ne sait vraiment pourquoi ils reviennent systématiquement à cet endroit, et rien n’est d’ailleurs fait pour les attirer par ici..
On se plait à observer leur habitudes de vie : certains font la sieste à plat ventre, les femelles couvent et protègent leurs oeufs des mouettes et autres prédateurs , d’autres font la danse des « tape-tape » : le mâle s’approche de la femelle et vient avec ses 2 ailes lui taper un peut partout en lui tournant autour … il y a la version allongée aussi, sorte de zouké zouké ! Ce qui est assez fou c’est qu’à perte de vue on observe ces drôles d’oiseaux déambuler tranquillement sans que la présence humaine ne semble les déranger, exception faite des badauds qui s’approchent de trop près et se font souvent pincer les mollets (tant mieux pour eux..)

Frecnh-kiss en règle, Punta Tumbo.
Frecnh-kiss en règle, Punta Tumbo.
Cuis chicos, Punta Tumbo.
Cuis chicos, Punta Tumbo.

Après un rapide picnic nous partons en direction de la Playa Escondida ( la plage cachée) peu connue et où l’on peut observer les éléphants de mer de très près.
Lorsque l’on amorce la descente sur la plage la vue est grandiose, des falaises à pertes vue avec une eau bleu pétrole, des rochers noirs ! Mais pour le moment pas d’éléphants de mer en vue; nous sommes un peu perplexes et surtout déçus. Plus on se rapproche et plus on se dit que les gros rochers marrons sont en fait de éléphants de mer totalement avachis au bord de l’eau.
Ils sont énormes, visiblement c’est l’heure de la sieste (qui doit bien durer une bonne partie de la journée vu la molesse qui transpire de ces corps). Les gros mâles ronflent bien fort (au choix la tondeuse à gazon, où le moteur de bateau vieillissant).. On les reconnait grâce à leur appendice nasal plus développé que chez les femelles et qui comme vous l’imaginez bien ressemble à une petite trompe. En moyenne les mâles pèsent 2 tonnes et font environ 4 à 5 mètres. Ils s’entourent d’un harem de 10 à 15 femelles qui ne pèsent que 500 kg pour 2m70.

Euh, attends tu permets que je réflchisse un peu ?, Playa Escondida.
Euh, attends tu permets que je réflechisse un peu ?, Playa Escondida.

Enfin ils sont sacrement imposants, à défaut d’être élégants..
Nous venons malgré tout les déranger ils ouvrent peu à peu les yeux mais nous jettent un bref coup d’oeil, se grattent un coup, éternuent, baillent et repartent de plus belle pour la sieste.

Jeudi 17/10 : départ pour la très attendue Péninsule Valdès, pour nous y rendre nous prenons la piste qui longe la côte pour aller observer les baleines franches australes. Nous sommes à la parfaite saison pour assister à leur ballet merveilleux. Nous nous rendons sur le premier spot  » Playa El Doradillo » là le spectacle qui s’offre à nous est juste indescriptible. On peut voir les baleines situées à une vingtaine de mètres du bord, sur une plage splendide de sable blanc ! Ici, c’est très peu profond et beaucoup sont accompagnées de leurs baleineaux qu’elles semblent entrainer en douceur.

Elles soufflent, tournent, se mettent sur le dos, sortant de temps à autre une nageoire caudale ou la queue, on passe plus d’une heure à les observer pour se diriger ensuite sur un mirador situé quelques mètres plus loin d’où on les observe de plus haut.
On se rend compte qu’elles ont migré sur la plage de l’autre côté de la baie et qu’elles sont très très près du bord; on fonce dans la voiture ! C’est encore mieux que la première fois cette fois on a la sensation de les toucher elles sont à 10 mètres à peine du bord. Se sentant surement observées, elles font le show faisant la course, et même quelques sauts !! On en prend plein la vue !!

Baleine Franche Australe, Playa El Doradillo, Peninsule Valdez.
Baleine Franche Australe, Playa El Doradillo, Peninsule Valdez.
Baleine Franche Australe, Playa El Doradillo, Peninsule Valdez.
Baleine Franche Australe, Playa El Doradillo, Peninsule Valdez.

Il nous faut partir pour nous rendre sur la péninsule où nous allons passer la nuit à Puerto Piramidès. C’est en arrivant à l’hôtel que nous nous rendons compte que l’on nous a volé de l’argent … Octave avait laissé sa pochette avec son argent dans la voiture et en sortant voir les baleines, une porte a probablement du être mal fermée (vivement le verrouillage centralisé des portes..), on nous a piqué pas loin de 150 euros, mais rien de matériel, alors que le coffre était plein..
On essaye de relativiser en allant manger un super plat de crevettes fraiches sautées offert par Arnaud.

Vendredi 18/10 : départ au coeur de la Péninsule, premier arrêt Punta Norte afin d’observer les éléphants de mer qui sont en nombre ! La péninsule étant une réserve naturelle il est impossible d’accéder à la plage en contrebas et l’observation des animaux ne se fait que depuis les falaises qui sont vraiment assez loin du bord ! Nous espérons aussi apercevoir des orques, aperçus 2 jours auparavant sur la péninsule, la marée est basse une bonne partie de la journée ce qui ne joue pas en notre faveur mais qui sait ! En tout cas nous profitons des superbes paysages : plages de sables blancs, eaux limpides, avec une très belle végétation alentour on aimerait vraiment descendre !
Nous sommes obligés pour accéder à l’autre partie de la péninsule de rebrousser chemin, la piste côtière étant inondée. Après une heure de piste caillouteuse nous voilà à Caleta Valdès. Nous sommes toujours au dessus de la plage et nous en profitons pour faire une balade le long des falaises pour mieux observer la faune et la flore ! Nous échappons au gros des touristes qui arrivent quasiment lorsque l’on s’en va, ouf ! Pas d’orques à l’horizon, mais une parade amoureuse de lézards multicolores et un peu masochistes, qui nous captive un bon moment.IMG_7147
Au final, on est un petit peu mitigés sur cette Peninsule Valdez que tout le monde nous avait vendu comme incroyable au niveau de la faune, au final les plateformes d’observations sont vraiment loin, et même avec nos bonnes jumelles on se sent encore loin, d’autant plus qu’on avait approché baleines, manchots et éléphants de mer de bien plus près ( sans les déranger pour autant) les deux jours précédents.. Les paysages sont extraordinaires sur les côtes, mais un peu redondants le long des heures de pistes qui séparent les postes d’observation.. L’île au oiseaux, qu’on observe depuis un mirador 700 m en face avec des longues vues qui ne marchent presque plus en est l’exemple parfait, cela fait un détour pour au final ne voir qu’un bout de terre sur lequel on imagine une diversité de volatile incroyable mais qu’on ne peut pas voir..

Notre dernier bus de nuit Sud Américain nous attend, départ 21h30 pour Bariloche,  capitale de la Suisse argentine et du chocolat !

On vous embrasse !!

Octave & Cha

 

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Buenos Aires et les provinces du Nord Est Argentin : Iguazu, Misiones.

24/08/14 : on arrive à Buenos Aires, de jour, mais un dimanche cette fois ci.. Et sous une averse de grêle assez impressionnante qui nous oblige à patienter un bon quart d’heure dans le taxi qu’il puisse rouler sans risque. On est tout de suite mis dans le bain question accent porteno (les habitants de BA). Pour faire simple, tous les sons en « éyé », sont prononcés « ch ».. Le yo me llamo Octavio devient chomé chamo, le vamos a la playa devient vamos a la placha.. Ca semble un peu caricatural mais c’est vraiment comme cela et il faut s’y faire :-)

Buenos Aires est la plus européenne des villes sud-américaines, avec certains quartiers comme la Recoleta qui rappellent les quartiers populaires de Paris, d’autres comme la Boca qui font penser à Naples, alors que l’architecture des grandes avenues ducentre rappelle beaucoup Madrid. La ville est immense (près de 200km de long) et arriver de l’aéroport peut parfois mettre plus de trois heures, heureusement on arrive en bus, non loin du port.

Egouts radiocatifs
Egouts radiocatifs

On a réservé un B&B dans le quartier de Palermo, celui qui bouge un peu plus que les autres, une sorte de Brooklyn argentin où l’hypsterisation se concentre dans une trentaine de blocs. Boutiques branchées, looks de rue improbables, restaurants bio à tous les coins de rue, shopping « équitable », bref aujourd’hui c’est dimanche, tout est fermé. La proprio du B&B est mielleuse à souhaits, on attend 4h que la chambre soit lavée alors qu’elle était déjà libérée à notre arrivée… L’après midi, on va au Malba non loin , le musée des arts latino-américains, situé dans un bâtiment contemporain magnifiquement éclairé, et qui est loin d’être inintéressant. On passe également par le jardin japonais, un des nombreux espaces verts de Buenos Aires, qui lui donne un je ne sais quoi qui me plaît beaucoup malgré l’immensité de ses avenues qui font parfois 15 à 20 km. Cela me rappelle fortement le quartier du Jardim Botanico à Rio, quartiers -ghettos de riches diront certains- très aisés mais aussi très agréables et charmants.

25/08/14 : On part ce matin rechanger nos dollars chez Gustavo, le « copain » que Maman s’est fait à son arrivée après moultes galères d’hôtels et qui en plus d’être sympathique nous change à un taux défiant toute concurrence, avec en plus ce petit côté romanesque du marché noir (bleu) dans un local d’une galerie commerçante aux vitres couvertes de papiers kraft, et avec un guetteur à l’entrée.. On a décidé de partir le lendemain visiter la ville de Colonia de Sacramento, à une heure de ferry de là, de l’autre coté de l’estuaire du Rio de la Plata qui sépare l’Argentine de l’Uruguay. Comme beaucoup d’Argentins y vont seulement pour retirer des dollars et les rechanger ensuite en Argentine, les compagnies se sont entendues pour mettre en place des taris prohibitifs ( genre 170 dollars l’A/R sur un ferry..) et payables uniquement en dollars bien sur.. A l’exception d’une, Colonia Express qui ne nous extirpe que 50 dollars chacun.., avec un départ prévu le surlendemain. On continue notre découverte de la ville par le quartier du Microcentro, une sorte de mini-city Londonienne, où siègent les sièges des plus grandes institutions du pays, et pas mal de bons restaurants à midi. La plaza de Mayo est le centre nerveux de la ville, avec les administrations principales, la Cathédrale mi-cathédrale, mi temple grec, et le palais de la Présidence illuminé de… rose, devant lequel ont lieu les manifestations des « Mères de la place de Mai », mère des disparus sous la junte militaire, qui marchent en cercles tous les jeudi après-midi. On change d’hôtel pour aller quelques blocs plus loin chez Boho Rooms, un petit B&B assez mignon où notre chambre est  nettement plus sympa et moins chère qu’hier, et où l’ambiance est plus agréable. Ils nous recommandent un restaurant soit disant bon marché, l’Efimero Festin dont les prix sont en fait assez similaires à nos bons copains parisiens, ça sera un brie poêlé aux poires amandes et jeunes pousses pour me rappeler aux bons souvenirs de ma douce France, et c’est excellent à défaut d’être économique.

26/08/14 : Aujourd’hui après un superbe petit déj, qui nous a donné le plein de forces, on décide de s’orienter vers le Centro (dont fait partie le Microcentro visité hier) et de le visiter à pied. On passe tout d’abord par El Ateneo, un ancien théâtre à l’italienne des années 20, réaménagé en librairie qui a conservé la scène d’antan pour des séances de lectures et les corbeilles pour pouvoir lire tranquille. Tout est magnifique et on comprend pourquoi elle figure parmi les 5 plus belles librairies du monde. Direction l’ancien palais des eaux, la place Lavalle sur laquelle trône fièrement le Teatro Colon avec sa salle de concert de 4000 places. On enchaîne par la fameuse obélisque, construite en 1936 pour célébrer les 400 ans de Buenos Aires qui à défaut d’être jolie est imposante est visible de presque tout BA. Elle est au croisement de l’Avenida 9 de Julio (140m de large, en faisant l’avenue la plus large au monde, pour l’anecdote on s’est chronométré, c’est 1mn10 pour la traverser, les grandes avenues de Brasilia n’ont qu’à se rhabiller) et de l’Avenida Corrientes, le Broadway argentin, bordée de théâtres, de salles de spectacles et de tango ( la danse emblématique de la ville, et du pays). Les pizzerias traditionnelles où l’on s’attable debout sur les comptoirs avec tous les travailleurs du coin font légion par ici : ambiance authentique garantie. On en profite ensuite pour acheter les billets d’avion de maman pour Iguazu.

L’après midi on part vers le quartier de la Recoleta, très connu pour son cimetière qui abrite la tombe d’Eva Peron, Evita pour les intimes (immortalisée au cinéma de manière un peu caricaturale par Madonna), figure majeure du XXè siècle argentin, adulée et controversée à la foi , mais qui a clairement fait avancer la condition des femmes. On se dirige ensuite pour une escapade éclair au Musée des Beaux Arts, qui compte une impressionnante collection d’oeuvres impressionnistes françaises ( Renoir, Gauguin, Manet..), et d’autres un peu plus particulières en extérieur.. :-)

El pibe de oro !!
El pibe de oro !!
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La Golpa !
On vous laisse deviner l'expression imagée..
On vous laisse deviner l’expression imagée..

27/08/14 : ce matin on part aux aurores pour l’embarcadère de Colonia Express, la seule compagnie qui ait bien voulu nous vendre des billets en pesos et non en dollars. D’abord parce que Colonia del Sacremento, classée au Parimoine mondial de l’Unesco a été fondée en 1680 par les Portugais, puis récupérée par les espagnols quelques temps plus tard; et qu’elle conserve encore les deux influences. Et aussi parce que si près de Buenos Aires, ce serait dommage de la louper. Après être passé par les douanes des deux pays et avoir réduit encore davantage le nombre de pages disponibles sur nos passeports, la traversée est toute tranquille. On se balade dans le Barrio Historico, qui semble ne pas avoir changé depuis 200 ans, rappellant certains coins du Vieux-Lisbonne ou des villes coloniales d’Amérique Centrale qu’on a visité il y a quelques mois. Le dépaysement temporel est accentué par les vieux tacots des années 30 qui semblent finir leurs carrières aux coins des rues et sur la belle et pavée Plaza Mayor, de laquelle on profite d’une belle vue sur le Rio de la Plata. Seul hic ici, tout est cher, très cher, très très cher… Le salaire moyen en Uruguay est de 1100 $/mois, quand il est de 450 en Argentine.. Un resto basique à midi nous coûte pas moins de 55 euros à 3 et au final on est content de ne pas y rester plus longtemps ( on pense parfois à notre budget :-)).

Les bars ont de l'imagination en Uruguay
Les bars ont de l’imagination en Uruguay

Le bateau de 16h nous ramène en terre argentine, avant d’entamer une course contre la montre pour prendre notre bus de nuit à l’autre bout de la ville en direction.. d’Iguazu à la frontière avec le Brésil..DSC00555

On négocie bien les tarifs et nous retrouvons avec 3 sièges en Suite Cama :-). L’idée c’est un siège qu’on peut allonger complètement, les repas sont pas loin d’être gastronomiques, écrans tactiles privatifs, c’est vraiment grand luxe (50 euros pour 18h de bus).

Quand on vous dit que c'est confort !
Quand on vous dit que c’est confort !

28/08/14 : On arrive à Puerto Iguazu, côté argentin, en début d’après midi après une nuit on ne peut plus confortable. Pour ceux qui s’en souviennent on y était déjà allés en 2011, quand on était venu rendre visite à Joséphine ma soeur qui habitait Sao Paulo à l’époque. On trouvait ça plus sympa de le revoir une seconde fois avec la madré. On pose rapidement nos affaires chez la famille Gorgues, une pension sommaire mais très sympa où on l’est très gentillement accueillis, avant de se diriger vers les chutes côtés brésiliens, qui se parcourent en moins de deux heures. Elles sont toujours sacrément puissantes. Maman semble un peu déçue au début tant ses amies et nous même lui avons « vendu » les chutes, mais plus on se rapproche plus elle est impressionnée. Des hectolitres d’eau se déversent à la seconde devant nous, tandis que l’on parcourt le petit sentier en bois, qui jouit des plus belles vues sur les chutes argentines au loin. L’ascenceur panoramique avec vue sur le Salto Union ( 82 m la plus haute des chutes) clôt la visite. On dîne dans le très chouette restaurant d’Aqva avant d’aller prendre un peu de repos avec les visites du lendemain.

29/08/14 : ce matin, on part pour le côté argentin des chutes. Le débit moyen de ces dernières est habituellement de 1400m3/secondes, hors début juin il est subitement monté à 46000m3/s suite aux crues exceptionnelles dans la région, et a détruit 90% des passerelles qui menaient à la gorge du Diable, l’endroit le plus impressionnant des chutes, dont on avait gardé un souvenir mémorable en 2011. Le côté argentin n’a pas tellement changé avec ses groupes organisés de touristes par centaines, de badauds, et de boutiques attrape-nigaud qui font vraiment Dysneyland.. Ca nous amuse plus qu’autre chose, et on profite vraiment de cette belle journée, rythmée par un nombre incroyables d’arcs en ciel et des rencontres hasardeuses avec quelques beaux volatiles.DSC00605

Les papillons sont nos amis !
Les papillons sont nos amis !

On avait peur d’être moins impressionnés l’ayant déjà vu, mais on est finalement très contents d’y être retournés, Margot est conquise. Mission accomplie. On est aujourd’hui le 29 septembre, et le 29 de chaque mois en Argentine c’est le jour des noquis (gnocchis), où étant à sec en fin de mois, on se nourrit exclusivement de ça, héritage italien oblige. On ne déroge pas à la règle et nous régalons de noquis maison au pesto dans une fabrica de pastas.

30/08/14 :  un avion de retour à Buenos Aires, nous est offert par ma mère pour, à défaut d’être économique encore une fois,  nous éviter les 20h de voyage de l’aller (pas désagréables en cama-suite ma foi) où un avion de retour pour Paris l’attend le lendemain. Seul hic, nous avons fait deux réservations différentes, pour le vol de 7H50 sur Aerolineas Argentinas, et arrivés à l’aéroport on nous annonce qu’il y a deux vols de la même compagnie qui improbablement partent à la même heure.. vous l’aurez compris on n’est pas dans le même…. et le second part avec une heure de retard. Le seul bagage en main que nous ayons emporté pour 3 ayant en plus été enregistré sur le mauvais vol par le premier argentin qu’on trouvera réellement désagréable en 3 semaines à savoir le stewart au sol.. Le précieux objet de toutes nos paniques à l’aéroport de BA,  nous attendait en fait tranquillement sur le carrousel à bagage depuis 1h, son propriétaire semblant l’avoir lâchement abandonné. On part tout poser chez Boho Rooms avant d’aller se balader tranquillement dans le quartier de San Telmo, dans les quartiers centraux. Pas de gros immeubles modernes ici mais plutôt des maisons de style colonial, témoins de l’âge d’or de Buenos Aires et qui confèrent au quartier une atmosphère particulière. La boboisation est en route mais pas encore au niveau de Palermo (heureusement). On se fait une petite stop gastronomique chez El Refuerzo, un bistrot local hyper chouette, où l’on mange nos meilleures salades depuis 6 mois, et au pays de la viande, il est utile de le préciser.

Le quartier de Puerto Madero tout proche, vers lequel on se dirige était encore bien malfamé il y a quelques années. A sa construction, en 1887,  il devait être un port plus moderne, mais les architectes ayant vu trop petit, il se retrouva vite dépassé par la taille et le volume des bateaux et tomba en désuétude  jusqu’aux années 1990, lorsque la municipalité entreprit de transformer intégralement cette zone abandonnée. À coup de millions de dollars les anciens docks furent rénovés. C’est aujourd’hui le quartier le plus sûr, le moins peuplé, mais aussi… le plus cher de la ville, avec ses grands lofts et ses docks réaménagés en hôtels 5 étoiles signés Starck, comme le Faena.  Il inspire aussi beaucoup les architectes dont Santiago Calatrava, qui a construit le Puente de la Mujer, à l’architecture étonnante divisé en trois parties dont une mobile qui permet le passage de bateaux en moins de 2mn.

Pour finir notre petite escapade, on s’oriente vers le célèbre quartier de La Boca qui se situe à  l’emplacement même de la première cité de Buenos Aires. L’activité portuaire de la ville a attiré plusieurs vagues d’immigration ( Grecs, Turcs, Yougoslaves) au début du XXe siècle. Aujourd’hui le port et les usines sont désaffectés, le quartier n’est vraiment pas le plus sûr de la ville, et les touristes viennent essentiellement pour voir le Caminito. C’est une ancienne voie de garage devenue la rue carte postale de Buenos Aires,  avec son côté petit Montmarte, entre les maisons colorées, les artistes et peintres dans la rue, et les danseurs de tango (un peu commerciaux bien sur). C’est sympa 15mn , mais vraiment too much pour nous, on essaye de se perdre un peu en arrière-ville même si ce n’est franchement pas recommandé, et ça renforce encore le côté « ghetto à touristes » du seul coin recommandable du quartier, dommage. Pas loin, la Bombonera, le stade de Boca Juniors, une des équipes de football les plus connues d’Amérique du Sud, dont River Plate ( de l’autre côté de la ville) est l’ennemi ultime, le superclassico ayant lieu quand on sera encore à Buenos Aires, on verra si il est possible de dégoter un billet.DSC00706

Après cette journée bien chargée, et comme c’est notre dernière soirée à 3 en Argentine, on décide de se faire une très bonne parilla. La Cabrera, au coeur de Palermo, fait partie de ces institutions, et est considérée par beaucoup comme la meilleure de Buenos Aires. Petit hic, il faut réserver souvent plus d’une semaine à l’avance ( notamment le samedi soir). On est samedi 30 aout, il est 18h30, on n’a pas réservé et en appelant on nous dit que c’est complet.. Tout commence bien. Après s’être vus inscrit en position n°53 d’une autre parilla voisine fameuse elle aussi, Maman avec son bagou habituel y va à l’improviste et nous dégote une table en terrasse, là maintenant, tout de suite.. Début d’une soirée franchement assez rocambolesque.

On se laisse d’abord tenter par un « ojo de bife » une pièce maîtresse  de 400g pour les dames, 800g pour Monsieur ( qui voit les choses en grand). Arrivent alors avec un service réactif et hyper sympa, des accompagnement en-veux-tu-en-voila : pommes de terres gratinées à toutes les sauces, cassolette d’épinards frais, crèmes de butternuts aux raisins secs,  salades de tomates séchées,taboulé maison.. Une bonne bouteille de Cabernet-Malbec nous accompagne, comme souvent. Ma viande est ultra-tendre mais un peu graisseuse, vu la qualité du restaurant, le serveur s’en rend compte et me ramène quelques minutes plus tard une nouvelle pièce de 800g parfaitement cuite… sachant que j’avais déjà bien entamé la première… On se régale en trinquant aux 3 belles semaines qu’on vient de passer ensemble.

Le fameux festin !!!
Le fameux festin !!!

20 minutes plus tard, la pluie fait son apparition, et l’averse devient rapidement déluge… Le serveur nous installe alors sur une des tables intérieures (au nez et à la barbe de la bonne vingtaine de clients attendant leur tour sous la pluie dans la file d’attente). Pas aux bout de nos surprises, ma viande qui a été légèrement humidifiée par l’averse m’est réchauffée et rapportée avec une nouvelle tournée d’accompagnements les plus diverses…A croire qu’ils veulent nous faire exploser !! Charlotte a encore la force ( ou la gourmandise) pour un dessert tout chocolat superbement présenté. Alors qu’on essaye de digérer tranquillement, le serveur nous offre à chacun une coupe de champagne pour s’excuser de la pluie… ( oui oui absolument c’est de votre faute :-)). L’addition toute raisonnable pour ce festin que l’on vient de s’engouffrer (65 euros à 3) nous est amenée en compagnie d’un autre cadeau : une bouteille de vin ( la même que celle qu’on a dégusté !! ).

31/08/14 : c’est le grand départ de Margot ce matin, qui on l’espère gardera plein de bons souvenirs de ce voyage en trio qu’on a réellement apprécié. On se permet un taxi pour l’aller qui ne met que 30 mn pour rallier Ezeiza, l’aéroport international, situé à 35km du centre. Au retour on revient comme on se l’est dit sur des bases plus routardes après 3 semaines d’interlude. On prend le bus n°8, qui ne coûte que 4 pesos chacun, mais met quand même 2H45 à nous redéposer dans le centre.. :-). On décide d’aller refaire un tour dans le quartier de San Telmo où tout s’anime le dimanche matin pour le fameux marché aux puces, on croise de tout, du hypster venu de Palermo aux vieux locaux qui trinquent aux cafés du coin dans une ambiance fort sympathique. Le soleil qui ne nous avait pas vraiment gâté à Buenos Aires jusque là refait son apparition pour notre plus grand plaisir, alors que nous filons récupérer nos affaires pour loger dans une auberge de jeunesse plus à notre budget. On se fait la cuisine pour une des premières fois depuis 3 semaines, en se donnant comme objectif de perdre les quelques kilos qu’on a du reprendre avec cette succession infernale de restaurants, de bonnes viandes… et de bons vins.

Les jours suivant, le changement de rythme est assez brutal, on prend maintenant presque trop notre temps et visitons quelques coins de Buenos Aires, mais en mode vraiment relax..Dont une visite au Café Tortoni, le plus vieux de Buenos Aires, construit par un français en 1858.

Le Congresso argentin : le sénat dans l'aile gauche, l'assemblée dans l'aile droite.
Le Congresso argentin : le sénat dans l’aile gauche, l’assemblée dans l’aile droite.

On décide finalement d’aller passer quelques jours dans la province de Misiones, qu’on a traversé en allant à Iguazu, connue surtout pour la présence de nombreuses missions jésuites et son climat plus tropical. La raison de notre venue est toute autre, on a trouvé un volontariat de 10 jours dans une ferme, El Monte de los Abuelos, tout près de Santa Ana. Cette région, surnommée la Mésopotamie ( « pays entre deux fleuves »), est délimitée par le Rio Parana au sud-ouest et le Rio Uruguay à l’est.

En échange de 3h de travail par jour, on est logés et nourris et on passe ces 10 jours, en compagnie d’Hugo, Liz et leur fils Mariano, ainsi que 4 autres volontaires : Pil la Danoise, Marcel l’Australien, et Frédéric et Ambre un couple de français en voyage prolongé en Argentine.

Marianito !!
Marianito !!

La propriété est vraiment perdue mais superbe, et les tâches quotidiennes que l’on nous attribue vont de la rénovation d’une ancienne carriole à chevaux, à l’entretien des plans de tomates, en passant par des travaux plus physiques comme la création d’un chemin d’accès à un deck-mirrador au dessus de la ferme, d’où l’on jouit d’une vue assez sensationnelle sur le Paraguay voisin.

El Monte de los Abuelos & Tauro !
El Monte de los Abuelos & Tauro !
La vue à " perte de vue" depuis le deck.
La vue à  » perte de vue » depuis le deck.
Notre annexe au Monte
Notre annexe au Monte

A coups de machettes, de pelles et de barres à mines, on arrive finalement à notre but après 3 jours de boulot, avec en plus la construction de l’indispensable parilla. Mis à part cela , on ne peut pas dire qu’on nous ait épuisé à la tâche, pendant cette semaine et demi, despacio despacio.. :-)

Au boulot !!
Au boulot !!

Le temps est au déluge les 3 premiers jours, et nous alternons notre temps libre entre parties de Playstation en noir et blanc, cuisine bretonne et jeu de cartes. Quand le soleil se remet à chauffer, c’est plutôt parties de tennis-volley sur le fronton à l’arrière des chambres, et balade jusqu’au mini-cataratas de Iguazu, voisines et secrètes. Un tout autre rythme mais l’ambiance est vraiment très chouette, le dernier jour c’est carrément le journal local qui vient faire un reportage sur la ferme.. Et forcément, on me prend en photo au moment de l’instant balayage… ça me suivra. Le lien vers l’article du Territorio Digital s’il vous plait :-) 

Le fameux cliché !
Le fameux cliché !

Le lendemain après avoir loupé un bus pour Cordoba, d’où l’on voulait rejoindre le Chili, on se voit obligés de repasser par Buenos Aires pour quelques heures, pour acheter un vol pour Santiago le jour même, nous délestant de 30 euros de plus que le bus, mais nous permettant d’avoir un aller retour, et d’éviter 22h de bus.

La suite vous l’aurez compris, c’est le Chili d’où l’on vous embrasse bien fort.

Et comme dirait ce cher Francis à La Boca, n'oubliez pas..
Mais ceux qui peuvent prendre l’avion et nous rejoindre sont les bienvenus :-)
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Entre San Juan et Mendoza, les merveilleux parcs naturels.

Aujourd’hui 18 septembre 2014, on est à Valparaiso au Chili, cela fait tout juste 6 mois que l’on est partis sur les routes, et sans faire de jeux de mots, on a pris de sacrés chocs.  Chocs visuels tant les paysages ont été variés, chocs culturels parfois, chocs culinaires rarement… malgré quelques bons points pour l’Argentine. Bref, on est aux anges et on continue tranquillement la route, en essayant de vous la faire partager avec notre vision du voyage qui je l’espère vous plaît. On vous embrasse bien fort !! Et pour les plus aventuriers, on vous attend…. sur les routes de choc.  :-) 

18/08/2014 : on arrive avec pas mal de retard mais pour le coup pas trop tôt à 8h du matin. La Rioja c’est un peu une ville fantôme, on pensait pouvoir louer une voiture ici mais les agences traditionnelles ont toutes fermé depuis bien longtemps (merci pour la réactualisation des infos encore une fois le guide du Routard..) et pas de chances pour nous c’est un lendemain de jour férié, et ici les lendemains de jours fériés sont… aussi fériés pour la plupart… Qu’imaginer des surlendemains dès lors :-). On se démène coûte que coûte et arrivons à louer une voiture pour le lendemain dans une toute petite agence après pas mal de rebondissements, et ce pour 2 jours, le temps d’aller visiter les parcs à 250km de là, et qui sont inaccessibles en transports en commun, où à moins de payer grassement une agence. Tout est fermé ici, on arrive quand même à dégoter un bon resto italien et un café en terrasse sur la place centrale où nous passerons l’essentiel de notre journée.

19/08/2014 : on part très tôt ce matin, la route est plus que rectiligne, 3 virages sur les 120 premiers kilomètres, limitée à 40km/h bien évidemment. La seule voiture qu’on nous ai donné est bridée à 4000 tours minutes, les rares dépassements sont donc délicats à 100 en 4ème et 120 max en 5ème sous peine de sentir la voiture au point de rupture. N’ayant pas spécialement envie de devoir changer la courroie en plein no man’s land on y va mollo et arrivons vers 11h dans la Vallée de laLuna. ce parc national ne se visite qu’avec son propre véhicule le long d’un circuit de 40km dans le parc, mais ce en « caravane » d’une vingtaine de voiture qui enlève un peu du charme au côté « on est tout seuls dans une vallée lunaire ».

Le sphinx, Vallée de la Lune.
Le sphinx, Vallée de la Lune.

Avec toutes les mesures prises par le gouvernement pour rendre difficile et très coûteux pour les Argentins tout voyage à l’étranger ( taxe de 35% sur tous les billets internationaux au départ d’Argentine), où tout accès aux devises étrangères ( taxe de 35% sur le change officiel, d’où l’énorme propension des gens à changer au marché bleu) on croise énormément de touristes nationaux.. Bien évidemment vous ne douterez pas un instant que ces mesures s’appliquent à tous les Argentins, exception faite des familles de fonctionnaires des différents ministères.. qui en sont « exonérées ».. Deux poids deux mesures quand tu nous tient.

Le Parc Ischigualasto («terre sans vie » en quechua), ou Vallée de la Lune est le seul endroit au monde ou toutes les couches géologiques du trias ont été conservées.

A cette époque, cette région grouillait de dinosaures en tout genre et on y a retrouvé un des plus anciens connus, datant de 250 millions d’années : l’Eoraptor Lunensis. La visite du parc passe essentiellement par de nombreuses formations géologiques, la vallée du peintre (ocre et gris), le terrain de pétanque, le sous marin, le champignon, toutes dues au phénomène d’érosion. Certaines sont clairements plus impressionnantes que d’autres après tout ce qu’on a vu. Il fait pas loin de 40°, et comme on n’est jamais vraiment tranquille pour visiter c’est un peu long.. On reprend la route vers Villa Union où on arrive en plein milieu de la sieste nationale argentine (c’est à dire entre 13h et 18h.. !!) où tout tout tout est fermé, les magasins réopérant de 18 à 22… le rythme espagnol, en pire..

On organise une excursion à pied pour le lendemain dans le Parc National de Talampaya, pour éviter aussi les 99% de touristes qui font l’excursion dans les minibus du parc.

20/08/14 : ce matin nous partons très tôt en direction du Parc deTalampaya, où nous rejoignons notre guideFernando, et un couple espano-argentin. Ce parc est essentiellement connu pour son canyon majestueux que la plupart parcourent dans des minibus toutes les 30mn, ou des camions 4×4 à ciel ouvert toutes les deux heures.. Une sorte deDisneyland en somme qui ne nous tente vraiment mais vraiment pas.. Après quelques réticences de ma mère -bien vite effacées- sur les 7h de marche qui nousattendent sous un bon cagnard,nous nous dirigeons vers la Quebrada de DonEduardo, où nous sommes entourés de superbes paysages.. Ici de nombreux arbres sans feuilles ont la particularité de capter la chlorophylle uniquement dans le tronc et arborent une couleur vertpétante assez incroyable.

Les fameux arbres verts, PArc de Talampaya.
Les fameux arbres verts, Parc de Talampaya.

Le chemin n’est pas aussi exigeant qu’on le pensait mais on est pour le coup vraiment seuls au monde, et alors qu’on doit passer un petit mur vertical que Margot négocie parfaitement, on tombe sur 3 condors (les plus grands (pas les plus beaux) rapaces aux mondes, 3 m d’envergure, le corps allant jusqu’à 1m50) qui nous regardent depuis la formation du «joueur de flûte».

Escalade voie 6 b au moins :-), Quebrada de Don Eduardo.
Escalade voie 6 b au moins :-), Quebrada de Don Eduardo.

On s’approche alors d’eux jusqu’à très près sans qu’ils ne semblent particulièrement dérangés, on a eu beau en cherché au Pérou, en Bolivie, c’est la première fois qu’on en voit posés tranquillement sur leur rochers, et ils sont sacrément impressionnants.

El Condor !!, Parc de Talampaya.
El Condor !!, Parc de Talampaya.

Heureusement pour nous, il y a suffisamment de rongeurs ( « maras » (lapins géants), cochons d’inde) dans le parc pour que les condors ne s’attaquent pas à l’homme.

On continue sains et saufs, jusqu’à apercevoir, après deux bonnes heures un panorama exceptionnel sur les environs. On en profite pour y pic-niquer avant de redescendre tranquillement vers le Canyon, qui aussi impressionnant soit il avec ce fond sablonneux et ses parois rougeâtres vertigineuses ne nous émeut pas autant que la Quebrada de ce matin. Beaucoup de minibus passent en plein milieu de ce dernier en ne s’arrêtant que 5 mn à trois endroits prédéfinis : on ne regrette pas notre choix de le parcourir à pied. On finit notre randonnée par les cheminées -formées par l’érosion le long des parois du canyon- au pied desquelles se prennent les photos cartes postales des amoureux. 220km plus tard, un bus de nuit nous attend pour Mendoza.

21/08/14 :Mendoza, qu’on atteint après 9h de bus depuis laRioja, est la quatrième ville du pays, aux carrefours entre la mythiqueruta 40 qu’on a descendu pour rejoindreSalta àCafayate, et laruta 7 qui relieBuenos Aires la capitale, à Santiago du Chili en une bonne vingtaine d’heures. Elle est entourée de terres viticoles que nous visiterons un peu plus tard, et 90% de la production nationale de vin provient de la région. On passe notre première journée à se balader entre la place de l’Indépendance aux nombreux jets d’eaux et les avenues plus animées des bords de la ville où l’on part faire un peu de change.

J'ai même ma tienda, Mendoza.
J’ai même ma tienda, Mendoza.

On rentre dans une banque-maison de change très institutionnalisée où tout le monde est en costume, et où le taux de change officiel est affiché en énorme. Alors que nous allions partir pour trouver un taux de change plus intéressant, le banquier nous dit : «  revenez revenez ce n’est pas à ce taux que l’on change » assez incroyable, on change finalement avec près de 55 % d’écart (8,41 contre 13). On loue (encore !) une voiture pour le lendemain pour parcourir la ruta 7 en direction du Chili, avant de nous attabler à un excellent bistrot Français (Anna Bistrot), où la bonne cuisine est à l’honneur.

22/08/14 : on part aux aurores ce matin,récupérons la voiture dès l’ouverture de l’agence, et partons en direction de l’Aconguagua (6962m), le point culminant desAmériques (Sud etNord confondues) par la Route des Andes. La ruta 7 pourrait clairement faire de l’ombre à la ruta 40 tant les paysages sont variés. Le temps est très couvert à notre départ mais plus on se rapproche plus il se découvre. On passe par plusieurs ponts coloniaux le long de la route, avant d’apercevoir le fameux sommet, il est extrêmement impressionnant à 100km de là et 6000 m au dessus du pare-brise, puisque nous sommes relativement bas (1000/1200m) une bonne partie de la route. On passe ensuite par le Pont de l’Inca à 2300m où souffle une tempête de vent

Sous le vent, Puente del Inca.
Sous le vent, Puente del Inca.

, une curiosité, c’était apparemment jadis un pont naturel de neige très solide qui s’était constitué ici, qui fut recouvert par les débris d’un éboulis qui se retrouvèrent eux même cimentés par le calcaire provenant des eaux thermales – qui furent aménagées en hôtel entre 1920 et 1940-.

Même les chiens ont du mal à rester sur leur pattes,  il est pas trop chou ? :-) Puente del Inca.
Même les chiens ont du mal à rester sur leur pattes, il est pas trop chou ? :-) Puente del Inca.

Laruta 7 est parcourue par des milliers de camions reliant Chili et Argentine, et il est difficile de trouver la moindre aire pourpicniquer en dehors du flux incessant de 36 tonnes et de bus touristiques qui la parcourent.

Même en pleine nature, il faut marcher en file indienne.... Mais bien sur !!!. Parc National de l'Aconguagua.
Même en pleine nature, il faut marcher en file indienne…. Mais bien sur !!!. Parc National de l’Aconguagua.

On se trouve un petit coin pas trop mal malgré les vibrations permanentes, avant d’aller se balader au pied de l’Aconguagua et d’y admirer quelques jolies lagunes gelées. Au retour on passe devant le cimetière des Andinistes, émouvant – glauque diront certains- lieu de repos des grimpeurs victimes de l’Aconguagua où les tombes sont surplombées par les chaussures de marches de certains de ces derniers.

Pour le retour vers Mendoza, on choisit de bifurquer vers la ruta 52, une piste grandiose, rocheuse, aux panoramas fantastiques et au gré de lacets vertigineux. on y croise de nombreux guanacos, une espèce de lama de moyenne altitude au pelage plus fin. Dans le rétroviseur, l’Aconguagua duquel on s’éloigne et qui est progressivement illuminée d’une lumière rosâtre.. Grandiose !!! On a tellement aimé le petit resto d’hier qu’on y retrouve une nouvelle fois, et qu’on classe l’adresse dans notre carnet adresses coup de coeur.

23/08/14 : il a plu violemment toute la nuit et c’est encore le déluge ici. Pas grand chose à faire, quand le temps n’est pas clément. On finit par se faire un ténédor libre chez Las Tinajas : le concept, un restaurant à volonté pour 5 euros chacun, recommandé par tous les guides. Au programme : une centaine d’entrée différentes, des pâtes fraîches avec sauces maison-minutes, des pizzas, desparilladas à volonté où comme dirait l’ami routard «un troupeau de boeufs est sur le grill», des accompagnements en veux tu en voilà. Un vrai restaurant à l’américaine (la qualité en plus) où le poids moyen des clients doit bienfleurter avec le quintal.

La parilla du ténedor libre Las Tinajas, Mendoza
La parilla du ténedor libre Las Tinajas, Mendoza

On arrive quand même à se modérer dans cette opulence gastronomique et partons ensuite digérer en visitant les bodegas des environs, alors que le soleil refait son apparition.

Les visites peuvent se faire en vélo, mais on arrive un peu juste et n’avons le temps que d’en visiter une seule, sans grand intérêt après celles que nous avions visité versCafayate. Beaucoup de visiteurs viennent ici afin d’«estar entreMendoza ySanJuan » une jolie métaphore : être bourré.

La messe est dite , Mendoza.
La messe est dite , Mendoza.

Le soir nous voila partis en direction de la grande Buenos Aires à 15h de bus de là.

Hasta muy pronto !!!

Cha&Octave

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Un trio de choc sur les routes du Nord Ouest Argentin.

On décolle en tout début de journée pour notre dernier jour en Bolivie, avec en bouquet final un papy-driver inconscient, qui roule à 90km/h avec son bus « pourri », en ne manquant pas de regarder en arrière toutes les 2 minutes, détournant son attention de la route. On passe la frontière à pied en traversant un pont où l’on est vraiment seuls. La démarcation est vraiment nette entre les deux pays surtout au niveau des infrastructures, routes, état des véhicules..

Passage de frontière.
Passage de frontière.

On a la veille, comme on vous le laissait entendre au dernier épisode écumé tous les distributeurs de Tarija pour obtenir des dollars. Avec la fermeture sur lui même du pays, il existe deux cours du dollar, l’officiel où un dollar s’échange contre 8,41 pesos, et le cours parallèle appelé aussi le Dollar Blue (les argentins aiment beaucoup les couleurs) où un dollar s’échange contre 13,2 pesos.. soit 57% de plus. Les argentins n’ont pas le droit d’avoir accès aux devises étrangères, or le peso est extrêmement instable, tout le monde cherche à récolter par tous les moyens des devises stables comme l’euro ou le dollar, en prédisant une augmentation perpétuelle de leur taux.. Passées les questions de morale sur ce qu’il faut ou ne faut pas faire, on décide de plafonner nos cartes en retrait en dollars pour augmenter notre pouvoir d’achat une fois sur place, puisque tout le monde nous dit que le pays est un des plus chers d’Amérique du Sud..

On arrive en fin de journée à Salta surnommée « la Linda », les gens sont tout de suite beaucoup plus aimables, avenants, peut être un peu plus occidentalisés aussi quoiqu’on sente encore une forte influence andine. Ici plus qu’ailleurs les prix du routard n’ont aucune valeur, avec l’inflation, les prix annoncés tiennent compte d’un euro à 6,5 pesos alors qu’il est actuellement à 11 officiellement.. On ne sait pas trop du coup si les hôtels ont augmenté ou pas leur prix. On trouve une super guesthouse La Posta, tenue par deux frères, ou on peut avoir une chambre triple pour 390 pesos ( 38 euros officiellement/ 22 euros avec le change parallèle.. vous voyez l’économie) avec super petit déjeuner.

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Saltenas.
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Le troisième maillon du trio alias Margot.

On part diner dans un resto de comida tipica, vous ne le savez sans doute pas mais Salta est « mondialement » connue pour ses Saltenas, mainte et maintes fois copiées mais jamais égalées pourrait dire le slogan : ce sont des empanadas de viande/oignons ou de fromage, que l’on mange avec une sauce très piquante à base de tomate –la recette est sur le blog ICI – et une bière bien fraiche. Pour mon premier plat argentin, je m’oriente vers un Locro, une sorte de cassoulet national, à base de soupe de mais, d’haricots blancs, de courge, et des morceaux de porc. Succulent. Et puis n’oublions pas qu’on reprend (enfin) du vin : vraiment bon marché 2/3 euros la bouteille au resto. Après une journée un peu off et pluvieuse, on part le lendemain chercher ma mère qui débarque directement de Paris via Buenos Aires.

Le téléphérique est une des attractions de Salta avec une jolie vue sur la ville, malgré une lenteur irritante..

Dommage pour nous la plaza 9 de Julio est en pleine réfection, mais mes 20,5 décimètres permettent d’en apercevoir une partie au dessus des barrières de sécurité : c’est très verdoyant, et les arbres centenaires sont superbes. On en profite pour aller visiter le MAAM, le musée archéologique de haute montagne, où reposent trois momies d’enfants (de 5, 6 et 15 ans) vielles de 600 ans, et retrouvées au sommet d’un Volcan alentour, à plus de 6700m d’altitude, il y a une quinzaine d’années.. C’est impressionnant de voir la façon dont elles ont été conservées par le froid, on pourrait les prendre pour des poupées géantes tant la peau est semblable à de la cire, et les téguments bien conservés. On s’occupe de louer une voiture pour 10 jours de manière à aller sillonner le Nord du Pays en prévoyant de faire une boucle nord puis une boucle sud depuis Salta, avec notre taux du dollars on s’en sort plutôt très bien. 300 euros pour 10 jours de loc. Le soir, on se fait une parillada populaire dans le Nord de Salta, la viande -bovine surtout- est à l’Argentine ce que le fromage ou la pâtisserie sont à notre chère France : LA référence .. Ici, les portions sont gargantuesques : 500g de viande chacun, pas de légumes, juste des frites maison et du bon vin : c’est le PLAT national argentin en quelques sortes, de quoi nous donner des forces pour le lendemain.

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La fameuse voiture..

09/08/14 : nous voilà partis tous les 3 à bord de notre Chevrolet Corsa full-manuelle ( vitres, portières..) en direction de la Quebrada de Humahuaca, par la route 9, une route de corniches, qui passe par d’épaisses fôrets tropicales. Par endroit la route asphaltée fait moins de 3,5 m de large pour deux voies, on prie pour ne pas croiser de camion.. Les paysages s’arridifient au fur et à mesure qu’on remonte vers le Nord. On arrive tranquillement dans la ville de Tilcara où nous faisons étape ce soir.. Avec la madré , on monte un peu en gamme question hôtels : un bel hôtel boutique tout neuf en bois exotique, avec chambre triple de 60m2, petit déjeuner servi dans les chambres.. Royal !!

10/08/14 : on part visiter la Pulcara de Tilcara, une forteresse précolombienne qui domine la ville, et qui a bien été restaurée (parfois un peu trop), rendant lisible pour tout novice l’histoire de ses constructions, et on voit nos premiers cactus géants ( les premiers d’une longue série).

Des lama très olé olé..
Des lama très olé olé..

Humahuaca, 45 km plus au Nord est notre point de départ  pour le Cerro Hornocal. Cette montagne, qu’aucun de nos guides ne mentionnaient mais que Yannick et Coline nous avaient chaudement recommandé d’aller voir, est aussi appelée la « palette du peintre ». Son accès se mérite mais vaut VRAIMENT VRAIMENT VRAIMENT le détour, on se trompe une première fois de piste, puis alors que nous roulons depuis 1h30 sur de la caillasse c’est la voiture qui fait des siennes, c’est un petit moteur et il a bien surchauffé avec la poussière, les 40kgs de bagages dans le coffre et ma conduite un peu trop orientée rallye j’imagine.. :-). Même la première ne passe plus.. Finalement après une demi-heure de repos, elle nous remet dans le coup et on atteint cette petite merveille de paysage, au meilleur moment lorsque la lumière est plus tombante et ne brûle plus autant les couleurs.. Elle est surnommée par les locaux la « montagne aux 21 couleurs », et sans être trop optimiste on pourrait en doubler le nombre, tant les nuances sont nombreuses.

Cerro Hornocal, Montagne aux 21 couleurs.
Cerro Hornocal, Montagne aux 21 couleurs.

La descente sur piste est beaucoup plus aisée en restant au point mort ( pas de petites économies :-)), et on dort au village d’Humahuaca.

11/08/14 : ce matin on part pour Iruya, un village accroché à flanc de montagne à 60km de piste d’Humahuaca. Annoncé en 3h, Sebastien Loeb alias Octave nous fait arriver en 1h45 sur place.. Et il faut dire que pour être perdu, le village est vraiment perdu mais vaut absolument le détour.

Comedor Margarita, Iruya.
Comedor Margarita, Iruya.

Les habitations me font imaginer ce que pouvaient être les villages des vallées afghanes ou pakistanaises, je ne sais trop pourquoi. La vue du mirador se mérite, mais est impressionnante. Il règne ici une atmosphère assez paisible et tranquille et il fait bon prendre un petit kawa en terrasse. On rentre après ces quelques heures de détente, pour Pumamarca, village le plus touristique de la région connu pour sa montagne aux 7 couleurs, en passant par quelques beaux cimetières colorés.. C’est pas qu’on soit morbides à visiter des cimetières aussi fréquemment mais ils ont un charme particulier.

12/08/14 : la montagne des 7 couleurs est clairement moins impressionnante que le Cerro Hornocal d’il y a deux jours, mais un sentier a le mérite de la traverser et de permettre de se rapprocher vraiment davantage pour distinguer les différentes tonalités. On se dirige ensuite vers les Salinas Grandes, par une route de montagne aux panoramas encore une fois grandioses.

Pour paraphraser un certain Noir Desir « Les étendues salines à perte de vue s’alignent, on s’imagine en Chine.. Argentine ». C’est pour nous moins impressionnant que le Salar d’Uyuni voisin, car exploité davantage industriellement,  mais en novice des salars Margot (ma mère) est conquise et se prend au jeu des photos-perspectives

Le contorsionniste, Salinas Grandes.
Le contorsionniste, Salinas Grandes.

. On reprend la route de retour vers Salta, où nous arrivons non sans avoir traversé une véritable tempête de sable et avoir pensé aux nombreux cyclistes qu’on croisait. Après avoir refait du change -il ne faut rien retirer aux guichets (change officiel sinon)- nos cartes bancaires vont pouvoir souffler pendant un petit moment..

Végétariens ne pas lire les prochaines lignes : On part diner à «El Charrua», une parillada non loin de l’hôtel.. Et là il faut dire que c’est une orgie carnivore qui nous attend : on commande chacun un médaillon de boeuf, autour d’une excellente bouteille de la Finca las Nubes, en Cabernet-Malbec. La viande ( 500g chacun, au bas mot) est cuite à la perfection, tendrement saignante et juteuse, on la mangerait presque à la petite cuillère.. Les accompagnements sont délicieux.. Et comme vous l’imaginez on commence doucement à reprendre une partie du poids qu’on avait perdu.. Mais il faut faire honneur à notre statut de bons vivants.

Parillada de Folie, Salta.
Parillada de Folie, Salta.

13/08/14 : Après une douce nuit à Salta, dans un B&B qui nous rappelle à tous les 3 les agréables ambiances des maisons de campagne, on commence notre boucle Sud qui nous emmène en 3 jours jusqu’à Cafayate, et pendant laquelle le maitre mot sera «prenons notre temps ». On s’oriente vers la mythique route 40, qui est à l’Argentine ce que la 66 est aux Etats-Unis : une raison de voyager à elle toute seule. C’est en fait sur la plupart de son trajet une piste, qui traverse de superbes paysages. Alors que nous avons quitté ce matin les 25° de Salta et que nous roulons depuis une petite heure entre les monts pelés de la Cuesta del Obispo, s’abat sur nous une averse de neige (la première depuis 5 mois youhou !).

Puesto sanitario, oui oui.
Puesto sanitario, oui oui.

Le brouillard s’y met aussi et l’ambiance est vraiment aux vacances d’hiver dans le Jura, arbres gelés, route de montagne verglacée.. On pique nique en passant le Col de la Piedra de Molino à 3348m, avec une visibilité de…. 2m50. On arrive par la suite sur le Plateau de Cachi Pampa, où en quelques secondes le microclimat neigeux laisse place à une vue dégagée et un grand soleil, qui font de suite remonter le mercure du thermomètre. On s’arrête dans le Parc National de Los Cardones (les cactus) où l’on croise quelques vigognes et des milliards de cactus.

Attention aux lamas.
Attention aux lamas.

La dernière portion de route avant notre étape du soir, est la « Recta Tintin », une ligne droite de 14 km parfaitement asphaltée où la vitesse est limitée à 40 km/h.

Petit Topo Sécurité Routière : ici même en journée il est obligatoire d’avoir ses phares allumés (ça nous a presque couté une amende à un contrôle policier). Par ailleurs, les limitations de vitesse sont quelque peu fantaisistes.. Les autorités mettent 30 ou 40 km/h sur les nationales en espérant que les conducteurs ne dépasseront pas le double… Dans les faits, vu la qualité du revêtement et la rectitude assez fréquente des routes, on est plutôt plus proche des 140km/h..

On s’arrête faire étape dans la magnifique Sala de Payagosta, une ferme néo rustique où nous sommes presque seuls, dans une chambre de 60m2 à la décoration raffinée, et où l’on peut même prendre l’apéro face à la cheminée.. Notre lit de 2m20 de large ( soit un mètre de plus que celui de la Rue du Dragon) ferait pâlir d’envie Benoit et Clarisse. Le cadre est vraiment superbe et le petit déjeuner buffet du lendemain à base de produits frais de la ferme ( pain frais aux figues, pâtisseries maisons, jus de fruits frais, madeleines aux carottes, pain perdu maison, yaourts aux lait de brebis) nous donne envie de prolonger le séjour.

14/08/2014 : Nous partons pour la bourgade de Cachi à quelques kilomètres de là, avec sa superbe église XVIIIè et ses maisons basses d’un blanc immaculé, qui lui donneraient presque un air d’Andalousie. Elle est dominée par le Nevado de Cachi, qui dépasse allègrement les 6000m. Petite escale shopping dans un atelier qui travaille superbement du bois de cactus. On prend ensuite la direction de Molinos, toujours sur la ruta 40, à 50 km de là, où l’on a réservé une nuit dans un hôtel de luxe (le premier depuis 5 mois) en profitant du taux favorable de notre euro et du partage des frais à 3 (25 euros/pers en demi pension, on est raisonnables quand même). L’Hacienda de Molinos fait face à l’Iglésia San Pedro de Nolasco l’une des plus belles du pays, datant du XVIIè et dont la charpente est en bois de cactus, l’autel doré et le chemin de croix en laine d’Alpaga, rien que ça !. Notre hacienda est en fait la splendide demeure coloniale d’Isamendi, le dernier gouverneur de Salta, qui a été superbement restaurée. Notre chambre donne sur un poivrier tricentenaire et la cuisine que nous goûterons ici est délicieuse. En fin d’après midi, nous partons faire la visite de la Bodega Colomé, le plus haut vignoble du monde, à 2600m d’altitude et quelques kilomètres de pistes de Molinos. La vue est absolument splendide, comme le sont les installations.. La visite est assez courte, et il faut le dire un peu bizarre : le domaine à été racheté il y a 7 ans par un milliardaire suisse qui possède d’autres vignobles en Australie, Afrique du Sud, Etats-Unis; mais qui se la joue vraiment colon-cow-boy, en se présentant dans un film de 20mn, projeté dans une salle de ciné dernier cri.. La visite est gratuite mais la dégustation est payante,étonnant, mais cela semble être la norme en Argentine. Les bouteilles sont parmi les plus chères du pays mais on en goûte deux.

Degustation à Colomé, Près de Molinos.
Degustation à Colomé, Près de Molinos.

            1°) Un Torrontès, un cépage très caractéristique de la région «  blanc sec et fruité » qui se boit dans l’année et est vraiment surprenant au bon sens du terme.

            2°) Un Malbec cuvée prestige, qui est le cépage typique de l’Argentine ( importée de Cahors au 19ème siècle, il ne plaisait pas du tout d’où le nom de MALBEC (mauvais bec).. Celui là pour le coup ne nous plait pas tellement, les vins ont l’air vraiment trop travaillés..

15/08/2014 : On part aujourd’hui pour un tout petit trajet d’une quarantaine de kilomètres pour rallier La Vaca Tranquila, une ferme située à San Carlos, non loin de Cafayate. Deux belges ont ouvert cette dernière il y a de cela 8 ans, après voir tenu une exploitation de crevettes en Nouvelle Calédonie !! Sacré changement. En fiers représentant du plat pays et de ses breuvages à base de malt, ils ont ouvert une micro-brasserie qui commence à avoir un certain succès et dont les bières sont ma foi plus goûteuses que les très légères argentines.. La San Lunes titre quand même à 11°. A boire avant d’aller se coucher ! On part avec ma mère faire une balade à cheval avec selles et rênes western dans la campagne environnante, en mode gauchos :-), on croise des troupeaux de 200 bovins, traversons un rio asséché au grand galop, et quelques cactus un peu piquants ( pour les souvenirs, et les éraflures :-)).

Mama gaucho, LA Vaca Tranquila.
Mama gaucho, LA Vaca Tranquila.

La piscine qu’on nous avait tant vendu ressemble en fait plus à une mare aux grenouilles, étant en hiver, ils ne l’entretiennent pas vraiment, dommage vu les chaleurs de la journée qui ne demandaient qu’à être rafraichies !

16/08/2014 : Cafayate, à 15 km de la Vaca Tranquila, est nationalement connue pour être le terroir de production des meilleurs vins du pays ( bien qu’ici contrairement à la France, les vins ne soient pas classés par domaine mais par cépages, tout le monde faisant du Pinot, du Cabernet, Syrah…). On dort dans un hôtel hyper sympa Lo de Penaba, partons nous balader dans cette jolie ville, avant de monter sur les hauteurs, et d’aller visiter une bodega biologique, la Bodega Nanni ( ça ne court pas les rues ici), dont les explications sont plus intéressantes et beaucoup moins autocentrées qu’il y a deux jours à Colomé. Leurs vins quant à eux, ne se défendent plutôt pas trop mal.

Le soir venu, on se prend deux douzaines d’empanadas autour d’une bonne bouteille pour l’apéritif avant de finir par une glace au dulce de lèche et au torrontes ( le fameux vin blanc fruité) qui est bien rafraichissante.

17/08/2014 : Le retour vers Salta se fait par la Quebrada de las Conchas, que l’autopista traverse sur les 50 premiers km. La ruta 40 qui relie Salta à Cafayate se parcourt en 8 à 9 h, l’autopista qui revient de Cafayate à Salta et qui pour le coup est asphaltée se parcourt elle en 3h. Elle passe par des paysages absolument magnifiques et très variés. On passe par une fôret de pins plantée sur des dunes de sables blanc, vestige de l’époque où la mer recouvrait encore cette région. Les roches sont rouges, jaunes, brunes, roses, noires et le paysage se mue en une sorte de vallée de la Mort, digne des westerns. Viennent les Castillos, des grandes citadelles rocheuses près du rio, puis El Fraile, une formation géologique en forme de… moine.

El Fraile: le moine, Quebrada de las Conchas.
El Fraile: le moine, Quebrada de las Conchas.

Avant d’arriver au Très Cruces d’où on a une vue panoramique des plus plaisantes sur la vallée qu’on vient de traverser. C’est alors qu’on croise Guillaume, Servane et la petite famille qui en sont à leur 54ème kilomètre de la journée en vélo, et qui hésitent à pousser jusqu’à Cafayate aujourd’hui, l’appel de la glace sera au final plus fort que tout et il feront pas moins de 100km dans la journée ! Costauds !!DSC00184

Le plus impressionnant est pour nous El Anfiteatro, où on pénètre vraiment dans la roche, qui continue à être érodée par le vent, et où l’on se sent vraiment au centre du monde. On rentre ensuite pour Salta, où un bus de nuit nous attend pour La Rioja, à 10h de route de là, qui doit nous servir de «base» pour aller visiter deux parcs nationaux : la Vallée de la Lune et le Parc de Talampaya.

Hasta muy pronto amigos ! Y que le vayan muy bien.