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Bagan, Lac Inle et Hpa-An : fin d’escale en Birmanie.

Après une nuit difficile dans ce fameux train, et un trajet un peu interminable, nous arrivons vers 6:30 à Bagan, comme d’habitude nous nous faisons assaillir par les chauffeurs en tout genre mais déclinons les offres pour rejoindre la route principale afin de négocier plus facilement les tarifs.

Train Mandalay-Bagan
Train Mandalay-Bagan

Nous retrouvons notre compagnon allemand en pleine négociation, et lui proposons de partager avec lui son taxi. Ce qui nous semble étrange c’est que nous ne prenons pas la route principale mais arrivons directement en ville sans passer par le check point « 20$ », qui correspond au droit d’entrée sur le site de Bagan, dont on s’apercevra au cours de notre visite qu’il doit être siphonné quelque part quand on voit la médiocrité des restaurations, cela dit personne ne nous demandera le ticket pendant les 3 jours.

Sur ce coup nous pouvons remercier notre ami allemand qui avait négocié avec le chauffeur que l’on esquive l’endroit (oui on sait c’est mal nous n’avons pas payé mais bon …)

Après un petit déjeuner frugal et une fois nos bagages déposés nous louons un scooter électrique pour la moitié de la journée.

On est assez surpris du scooter électrique puisque clairement depuis le début la Birmanie en terme d’écologie ça n’est pas ça ! Comme tout pays en développement, la priorité n’est pas encore au tri des déchets, ici c’est plutôt papiers par terre, dans les rivières, tout ce dont vous n’avez pas besoin ou qui vous encombre fini quelque part mais sûrement pas dans une poubelle ! En même temps on n’en voit pas bcp non plus ! Question de priorités on vous dit, et de cercle vicieux.

Nous filons donc silencieusement sur les pistes ensablées à la découverte du site de Bagan qui se repartit sur 3 villages : New Bagan et Old Bagan où se trouvent la plupart des temples et Nyaung U où nous logeons.

Le site archéologique de Bagan contrairement à celui d’Angkor n’est pas classé au patrimoine mondial de l’UNESCO et ne le sera sans doute pas tout de suite. Les rénovations malheureusement ne sont pas terribles, les briques neuves venant gâcher l’uniformité de la plupart des vieux temples, les habitations proches laissent de nombreux déchets. Ce qui est extrêmement impressionnant par contre c’est l’ensemble de ces temples à perte de vue..

La chaleur durant notre passage ici est accablante, il ne fait pas loin de 40 degrés et les bouteilles d’eau sont une part importante de notre budget quotidien 😉 !

On commence notre visite par de petits temples en pierre rouge. L’architecture est souvent la même : une galerie centrale fermée à la visite, et de gros bouddhas aux 4 points cardinaux de l’édifice. Pas grand chose d’autre à voir à l’intérieur cela dit, les temples sont pour reprendre une expression toute faite beaux de loin mais loin d’être beaux.

On ne se décourage pas, nous sommes ici pour 2 jours et demi et il y a plus de 3000 temples sur le site alors on trouvera notre bonheur ailleurs c’est sur :) !

Bagan.
Bagan.

On tombe sur un magnifique temple en teck qui attire notre attention car nous entendons des chants/prières d’enfants, c’est en fait un cours d’éducation bouddhiste pour des bambins de 8 ans tout au plus.

Jeunes mais vraiment très motivés et curieux, notre visite ne fait qu’en rajouter, ça hurle dans tous les sens, c’est très drôle !

Nous partons nous trouver un petit temple caché loin de tous pour prendre un peu de hauteur et observer le coucher de soleil. Nous sommes en plein pendant la saison sèche, il y a un voile nuageux de pollution en permanence, ajoutez à cela la poussière des pistes, en réalité en pleine journée difficile de voir bien loin.

Bagan
Bagan

Lorsque le soleil décline, les couleurs rouges, ocres s’intensifient et le spectacle est magique ! Les temples refont surface petit à petit pour notre plus grand plaisir !

Le Longyi.
Le Longyi.

Nuit américaine chez Weatherspoon’s où les burgers sont déments !!

Le lendemain le réveil est mis à 5:00, mais les trajets en bus aux horaires de départ/arrivées improbables nous décalent et nous décalquent. Après notre mémorable mais néanmoins très inconfortable trajet en train de la veille, on décide d’un commun accord tacite mais non verbal de prolonger la nuit !

En début de matinée nous partons à la visite de temples plus importants et plus gros mais il est effectivement déjà trop tard. A 8:00 le soleil crame tout sur son passage et les lumières sont vraiment trop fortes. On retient la leçon pour le lendemain !

On s’enfonce un peu plus sur les pistes poussiéreuses où nous sommes le plus souvent seuls, mis à part quelques zébus broutant le peu d’herbe verte qu’il reste.

Rencontres improbables, Bagan.
Rencontres improbables, Bagan.

Pause de midi au marché où on se confronte une fois de plus à ce qui peut parfois nous agacer en Birmanie. Rien n’est négociable alors que bien évidemment les prix demandés sont 10 fois ceux pratiqués pour les locaux, le touriste est vraiment vu comme un dollar ambulant, le tourisme est tout récent ici, et on peut comprendre même si on refuse catégoriquement de rentrer dans le jeu, qu’ils essayent d’en tirer le plus grand profit, rapidement…

Beaucoup préfèrent perdre des ventes en ayant les yeux plus gros que le ventre .  Au Cambodge et au Vietnam notre technique était très simple si le prix ne nous allait pas nous partions, rappelés 99% du temps quelques secondes plus tard par les vendeurs, ici rien du tout !

On part déjeuner dans le Old Bagan dans un resto hyper populaire, nous sommes dimanche et c’est blindé ! Ni une ni deux on s’assoit et commandons du poulet avec du riz et une tea leaf salade, nos voisins des étudiants ont commandé la même chose et règlent leur addition 1000 Kyats chacun ! On est contents de se dire que l’on va déjeuner pour moins de 1€ chacun :) ! Ici lorsqu’on commande ils apportent en plus de petits accompagnements (faut aimer cela dit) : pickles de mangue, œufs de poissons séchés, pâte de piment, … au moment de payer on « déchante » l’addition pour nous est de 3000 kyats chacun, 3 fois le prix local ! J’explique donc au gérant que nos voisins n’ont payé que 1000K et que nous ne comprenons pas pourquoi nous devons payer 3 fois le prix, un peu gêné il prend à parti les autres clients en birman et leur demande de nous confirmer qu’ils payent la même chose que nous.. Vraiment cocasse, les clients n’osent rien dire.

Les "robes Spaghetti" sont interdites dans les temples..
Les « robes Spaghetti » sont interdites dans les temples..

Après 15 min d’échanges musclés en vain je laisse tomber et pars furieuse en laissant Octave continuer les négociations !

En fin de journée sur les conseils de Fanny, une française rencontrée à Hsipaw, nous nous dirigeons vers la Pya Tha Da Pagoda, immense pagode assez excentrée, dans laquelle nous pensons être tranquilles, nous arrivons aux alentours de 17:30 et plus les minutes passent plus on hallucine sur le nombre de bus et de tuktuks !

L'envers du décor, Bagan.
L’envers du décor, Bagan.

Tous sont remplis de locaux, qui semblent surpris de voir autant d’étrangers et qui veulent tous une « Photoshop please » comprenez par là une photo. Ils sont très drôles car ils ne choisissent pas leurs « cibles » par hasard, Octave en fait les frais !

Bagan.
Bagan.

Ce matin le réveil sonne à 5:00, nous allons récupérer notre engin électrique et direction la Shwe San Daw Pagoda, une des plus célèbres, qui avec ses escaliers très raides permet de prendre suffisamment de hauteur pour observer les alentours. Nous ne sommes pas tout seuls mais trouvons un petit coin pour observer un beau lever de soleil mais toujours parasité par ce voile nuageux présent depuis notre arrivée au Myanmar ! Les plus grandes pagodes sont vraiment très jolies, notamment celle d’Ananda, avec son toit terrasse somptueux, et son blanc immaculé.

Ce soir nous filons avec notre premier bus VIP direction Shwe Nyaung au bord du lac Inle, dont les alentours seront on imagine plus verts et moins arides ! Grâce au réveil matinal nous tombons comme des masses une fois le bus parti et ne nous réveillons qu’à destination avant bien sur d’avoir payé une taxe de 10000 kyats (8€) pour la préservation du lac,  qu’on attend de voir.

Il est malgré tout 4;00 du matin, et nous avons encore envie de dormir, nous échappons aux rabatteurs et marchons à peine 500 mètres pour rejoindre le Remember Inn (bonne adresse conseillée par Mathilde et Philippe) ! Les chambres les moins chères sont pleines mais nous avons le droit pour 20$ à une super chambre tout confort avec lit king site. Le veilleur de nuit qu’on vient de réveiller ne nous facture même pas ce early-checkin et nous laisse terminer notre nuit tranquillement ! Sympa :-)

A notre réveil nous essayons désespérément de trouver des vélos convenables et pour Octave c’est mission impossible question hauteur de selle ! On laisse tomber et réservons un tour en bateau sur le lac  pour le lendemain. Super adresse resto chez Lin Htett Restaurant, avec salade d’avocats, shan noodle soup et curry de poulet.

Nous avons envie de voir le lever du soleil et demandons à ce que l’on débute le tour a 5:30, pour nous permettre aussi d’échapper au gros des touristes.. . Ça c’était en théorie et comme toute théorie a une pratique.. le lendemain a 5:30 personne,  5:45 toujours rien.. on finit enfin par trouver quelqu’un qui nous aide à rejoindre l’embarcadère et notre barque vers 6:15, le soleil pointe déjà le bout de son nez mais le lac est magnifique de bonne heure et il n’y a personne !

Après notre déception de la veille quant à la visite avortée des alentours, on se dit que cette journée sera différente ! Les couleurs sont superbes et les pêcheurs qui viennent ici aux aurores ne font que renforcer le côté magique de naviguer sur ce lac immense ! Certains faux pêcheurs attendent les touristes et prennent la pose avec leurs paniers et cette posture si caractéristique de la technique de pêche du coin: notre boatmen comprend très vite que ce n’est pas tellement notre came ce côté Disneyland.. D’autres par contre, de vrais pêcheurs ont une technique assez incroyable, et rament directement avec le pied qu’ils enroulent on ne sait comment autour de leur pagaies.

Pêcheur, Lac Inle
Pêcheur, Lac Inle

Tout est paisible et on se dirige vers notre première escale la boutique d’or et d’argent, bon clairement on ne sait pas s’ils font vraiment tout ce qu’ils disent mais certains bracelets sont très jolis et je me fait offrir un extra anniversaire par Octave 😉 !

Nous continuons la balade en remontant par les canaux, il faut savoir que les eaux sont très peu profondes et afin d’éviter de s’enliser, les locaux ont réalisé des mini-barrages avec un étroit passage en leur centre pour que les embarcations s’y engouffrent.

Pêcheurs du Lac Inle.
Pêcheurs du Lac Inle.

A la vitesse à laquelle va la notre le premier passage fait un peu peur, d’autant qu’on remonte la rivière à contre-courant, ça passe, juste, mais ça passe :) !IMG_5611

Nous arrivons à la pagode Phaung Daw où encore une fois nous sommes seuls avec 2 moines, il n’y a même pas encore les marchands ambulants mais juste leurs stands délaissés pendant la nuit. La pagode est très belle, entourée de centaines de stupas plus ou moins récentes et de différentes couleurs, et nous prenons plaisir à nous perdre dans ce dédale coloré ! On passe par d’incroyables jardins flottants, sur lesquels les habitants débordent d’imagination et d’ingéniosité pour cultiver de manière quasi extensive, des tomates, concombres, épinards..

Village sur Pilottis, Lac Inle.
Village sur Pilottis, Lac Inle.

Les villages sont quasiment tous sur pilotis, avec certains bâtiments vraiment immenses, comme les écoles, où le temple des chats sauteurs, qui ont tellement été nourris (comme les moines d’ailleurs), qu’ils sont dorénavant bien trop lourds pour arriver à sauter… Modernité, modernité..

Monastères des chats sautants (obèses), Lac Inle.
Monastères des chats sautants (obèses), Lac Inle.

On nous avait annoncé cette escale comme très touristique, et elle l’est finalement beaucoup moins que prévu. On passe vraiment une chouette journée, un peu à contre courant du flot touristique en étant partis tôt, et seuls. Le Lac Inle est vraiment un de nos coups de coeur birmans.

On prend le lendemain le train pour la ville de Kalaw, d’où beaucoup commencent des treks à pieds à destination du lac Inle. On décide de ne visiter que les environs pendant un trek de 2 jours, bien décidés à voir autre chose que les environs de Hsipaw qui nous avaient un peu déçu. Le seul trajet en train vaut le détour, on voyage dans le temps et en 4ème dimension tant les wagons sont vétustes et brinquebalants..

Train Inle-Kalaw.
Train Inle-Kalaw.

Vitesse de croisière 10km/h, avec de nombreux arrêts en cours de route pour que les voyageurs puissent faire leur courses à même les gares. Ingéniosité du train, les sièges se tournent à 360°, et sont indépendants les uns des autres.

Train Inle-Kalaw.
Train Inle-Kalaw.
Train Inle-Kalaw
Train Inle-Kalaw

Il est donc possible en fonction de créer toute sortes de configurations (duo/carré..)

Train Inle-Kalaw.
Vendeuse, Train Inle-Kalaw.

On loge au Honey Pine Hotel (meilleur hôtel du séjour 20$ ac pdj) et partons avec Sam’s Trekking, et notre guide, d’à peine 20 ans. Première bonne surprise, les environs sont beaucoup moins arides que dans le Nord, et les paysages plus variés.

Hôte Shan, Environ de Kalaw.
Hôte Shan, Environ de Kalaw.

Cela dit, le trek plutôt sympa la première journée.

Trek autour de Kalaw.
Trek autour de Kalaw.

L’arrêt déjeuner dure plus de 3h chez un couple d’octogénaires attachants,  mais la journée perd un peu de sa superbe le soir venu quand on doit dormir tous les deux dans une maison en dur alors que toute la famille du homestay est dans le homestay juste à coté : niveau partage et échanges on repassera, d’autant que notre guide n’est ni vraiment bavarde ni vraiment intéressée par les questions qu’on lui pose.. Dommage.

On manque de se faire charger par deux buffles peu avant le coucher de soleil, alors que les paysans remontent au village, il semble bien que les blancs ne fassent pas légion dans le coin, du coup même les bêtes semblent intriguées voire apeurées lorsque elles passent non loin de nous..

Trek autour de Kalaw.
Trek autour de Kalaw.

La deuxième journée du trek n’est franchement pas terrible et nous prenons un bus de nuit pour la ville de Bago (17000 kyats/15 euros) que nous rejoignons le lendemain matin. Nous attend de là un nouveau bus de jour de 7h jusqu’à Hpa-An.

Cette ville, vraiment très calme, est un peu en dehors du circuit touristique classique, bien qu’elle commence depuis peu à être peuplée de jeunes faux-hippies américains venus dépenser en bières pas chères les dollars de papa-maman. Elle est réputée pour les nombreuses grottes qu’elles compte dans les environs. On prend la chambre la plus cheap du séjour (12$) au Golden Sky GH c’est vraiment limite insalubre, on vous épargne les détails, mais bon il faut ce qu’il faut..

On loue de nouveau un scooter le lendemain matin pour deux jours afin d’explorer le coin et nous dirigeons vers la grotte de Saddang, à 15km de piste de là. Elle est immense et y logent a l’intérieur une grande stupa et un bouddha allongé, on peut la traverser de part en part. Etant habitée par des milliers de chauve-souris et des tonnes de déchets jetés par les locaux, l’intérieur est vraiment craspouille et on hésite fortement à se déchausser..

Après 10mn de marche dans une semi-décharge on débouche sur un lac assez mignon, et où l’air est plus respirable.

On rentre déjeuner en ville en passant par le Jardin Lumbini, un ensemble encore très birman de milliers de bouddhas identiques disposés en plein air, écartés de 5 m chacun, et où se tient un festival bouddhiste pour changer, qui rejette donc les poubelles à même les pieds des bouddhas.. Ce n’est pas faute de faire des efforts mais on a du mal à accrocher..

La balade est en fait sympa de part les paysages qu’elle traverse, plantations, pics rocheux improbables sur lesquels sont nichés les temples.

Environs de Hpa-An.
Environs de Hpa-An.

On ne ressort de notre cage à poule qu’en fin d’après midi pour aller a la Bat Cave d’où des milliers de chauves souris sortent généralement à la tombée de la nuit. Les vues sont grandioses depuis la haut, mais pas de chauve-souris en vue.

On rentre reprendre une bière pression bien rafraichissante chez Lucky 1, un des seuls bars sympa du coin.

La nuit est rude, sûrement des puces ou on ne sait trop quel bébêtes mais on décide de changer de chambre le matin venu , pour 5000 kyats (4euros) de plus on est un peu dégoûtés d’avoir voulu la jouer cheap, la chambre fait 3 fois la taille de la précédente, est tout aussi moche et vieillotte mais fait quand même un peu plus salubre.

On traine à l’auberge pour réserver nos billets de train depuis Bangkok pour le sud de la Thaïlande dans 2 jours; après quelques péripéties et sueurs froides on se rattrape en allant déjeuner au Véranda Youth Community Center. C’est un centre monté par une ONG qui permet aux jeunes d’apprendre l’anglais et les métiers de l’hôtellerie, le tout dans un cadre très agréable. On y mange excellemment bien et les shakes sont top :-)

Dumbo fait son shopping, Hpa-An.
Dumbo fait son shopping, Hpa-An.

On décide d’aller en visiter une pas du tout connue, la Yathaypyan Cave. C’est au final celle qu’on préférera de toutes : la pagode est vraiment jolie, il n’y a pas trop de monde, tout est propre et pourtant elle ne doit pas être beaucoup moins grande que celle de la veille.

De l’autre côté, une belle vue sur les rizières et encore une fois des locaux qui nous demandent des photos :-) De vrais stars les chocs.

On redescend en esquivant les singes agressifs qui piquent tout sur leur passage et filons direction la dernière cave de notre journée/vie.. La Kawgun Cave : seule Charlotte pourra en parler, puisque je fais vraiment une overdose et décide de dépenser les 3000k par personne plutôt pour ramener du café local que pour engraisser les moines de l’entrée qui se pavanent sur des chaises longues en se faisant masser les pieds comme des pachas et semblent dépenser les sous que les dévots leur donnent pour s’acheter les derniers smartphones. On est loin des voeux de pauvreté.. :-)

Grotte de Kawgun, Hpa-An.
Grotte de Kawgun, Hpa-An.

Pour la fin de la journée on décide d’aller voir le monastère de Kyauk Kalap, qui tient en équilibre on ne sait comment sur un rocher karstique vertigineux,  et qu’on peut observer depuis les berges du lac qui l’entoure.

On ne change pas les bonnes habitudes et nous faisons une petite pression Myanmar (700k) de fin de séjour chez Lucky 1.

Lendemain bus à 6h du matin, le conducteur s’arrête en permanence, 30 km en 1h45 alors que nous en avons 280 à faire (7h théorique). Le bougre s’arrête une première fois pour laver le bus (chose courante ici) puis 10mn plus tard pour refroidir les plaquettes avec un tuyau d’arrosage. 20km plus loin c’est un pneu sous gonflé qui éclate dans un vacarme assourdissant et nous oblige à descendre 45mn sur le bas côté pour que les réparations soient faites. Le trou dans le pneu est impressionnant.

Dans le bus, nos voisins, un couple alcoolo-tabagique soixantenaire passe le trajet à se racler la gorge avec des bruits qu’on ne vous décrira pas pour cracher leur fine récolte dans le sac à vomi qui prend de plus en plus de poids, c’est vraiment immonde : si vous ajoutez à cela les odeurs de rots qu’ils font très discrètement vous aurez une petite idée de l’appréciation de notre trajet.

On arrive à Rangoon complètement saucés,  et avons juste le temps de descendre dans un hôtel correct, de faire quelques dernières emplettes, et de retourner dans le restaurant de nouilles qu’on avait adoré en début de séjour. Journée transfert le lendemain. Rangoon-Bangkok où un train de nuit nous attend pour le Sud et les îles paradisiaques.

Au final, une impression un peu mitigée de notre découverte de la Birmanie. Les Birmans on le sourire aux lèvres et sont franchement plutôt accueillants, après tout est un peu trop tourné autour du bouddhisme pour nous, le timing ne joue pas forcément en notre faveur après 4 mois de vadrouille, on compare surement un peu à ce qu’on a vu. Cela dit c’est vraiment le pays le plus authentique que l’on ait visité, un peu à l’image de la Bolivie en Amérique du Sud.

Bisous Parisiens, sous la grisaille, au mois de juin..

Village Shan.

Minglabar Myanmar.

A l’extrême modernité de l’aéroport de Singapour répond le capharnaüm général qui règne dans celui de Rangoon. On est tout de suite immergés, chose surprenante ici les hommes portent le pagne appelé longyi très coloré assorti avec de jolies chemises à col mao, ce qui donne un côté traditionnel étonnant.

20km nous séparent du centre ville , les taxis n’ont pas de compteurs mais sont parmi les meilleurs marchés d’Asie : 5 euros (8000 kyats) pour une course d’1h.

Deuxième surprise : la junte a décrété qu’il fallait dorénavant rouler à droite , or depuis la colonisation britannique les gens conduisaient à gauche et avaient leur volant à droite : avec l’interdiction d’importer d’autres véhicules jusqu’à tout récemment le volant est à droite et la conduite aussi… Très pratique !! On se rendra compte que dans les bus les chauffeurs ont besoin d’un assistant pour leur dire quand doubler ou pas, n’ayant aucune visibilité, on ne vous parle même pas du concept d’angle mort. Vous me direz peu de deux roues dans les rétroviseurs, ils sont interdits dans la capitale birmane. Un astrologue à predit une mort certaine en deux roues au chef de la junte il y a quelques années, qui vivant à Rangoon, à donc décrété manu-militari que les scooters seraient interdits ici..

On descend à l’hôtel Beauty Land 2, pour 21$ nous avons une chambre double correcte au dernier étage avec salle de bain partagée, on est fixés, les standards birmans ne sont pas les mêmes et les prix des hébergements sont parfois exorbitants (les gérants voulant rentabiliser les hôtels en moins d’un an et la junte militaire toujours bien cramponnée prélevant de fortes taxes).

La chaleur ici est étouffante et on se repose jusqu’en fin d’après midi avant d’aller se balader en ville près du fleuve. Nous arrivons à l’heure de la sortie du travail quand les habitants rentrent chez eux sur l’autre rive, dans des barques à la sécurité inquiétante, c’est un sacré boucan et les vieux bateaux crachent une fumée noire épaisse, l’air devient quasiment irrespirable, mais vu dans son ensemble cela est assez chouette à observer.

Bords de fleuve, Rangoon.
Bords de fleuve, Rangoon.

C’est la saison sèche, et tout nous semble très très pollué, et on croit ne pas tellement se tromper.

Certains tentent quand même la pêche..
Certains tentent quand même la pêche..

On a rien mangé de la journée et on tente notre première expérience gastronomique birmane, tout le monde nous parle de la Street food au coin de la 19th St. On teste la Shan Noodle Soup qui sera un de nos coups cœur birmans, et la bière locale la Myanmar, un peu moins pipi de chat que ses copines asiatiques. A vrai dire on avait entendu pas mal de choses négatives sur la nourriture birmane – grasse, peu raffinée, rébarbative et peu variée- mais pour nous les grands gourmands vraiment, ça commence bien !

Réveil matinal pour aller visiter la Pagode Shwedagon, symbole de la Birmanie et un des lieux les plus importants du bouddhisme. C’est simple du haut de ses 100m, on voit le zedi (sommet) doré de presque tout Rangoon. Elle est couverte de 27 tonnes d’or. Même en arrivant pour le lever de soleil vers 6h, il y a du monde.

Shedagon Pagoda, Rangoon.
Shedagon Pagoda, Rangoon.

C’est splendide, les lumières encore douces viennent se refléter dans les innombrables dorures.

Ah oui quand même..
Ah oui quand même..

On se rend très vite compte que la Birmanie est aux pagodes ce que la Bretagne est aux petites chapelles : un eldorado pour païen en quête de spiritualité ou d’images de bouddha à n’en plus finir.

On reste une bonne heure à visiter, rythmée par les chants bouddhistes et les appels à la prière. Pour une première approche, on est déjà dans les profondeurs du bouddhisme birman. Les moines ici ne portent pas de kesa orange, mais plutôt couleur bordeaux/ocre, on a cherché l’explication mais absolument pas trouvé.

Baptèmes es escalators, Shedagon Pagoda, Rangoon.
Baptèmes es escalators, Shedagon Pagoda, Rangoon.

Toujours est il que contrairement à d’autres pays voisins, beaucoup ont des visages tristes ou des têtes de truands avec tatouages partout : l’habit ne fait pas le monk ( facile celle là hein ?! :-)) mais quand on connaît le poids des milices bouddhistes ici et le sort qui est réservé aux minorités musulmanes dans le nord par ces dernières on se questionne..

A Mandalay, le moine Wirathu prône la haine des musulmans, l’interdiction des mariages interreligieux, et à un poids de plus en plus important. surnommé au choix l’ « Hitler » ou le « Ben Ladden » birman, il a été condamné à 25 ans de prison mais amnistié quelques années plus tard. Preuve de sa puissance ici la une du time en 2013 qui lui était consacrée sur le visage de la terreur bouddhiste, a été interdit de publication en Birmanie..

Le fameux..
Le fameux..

Direction deux autres pagodes limitrophes, révélatrices du côté ostentatoire de beaucoup de constructions religieuses du pays. C’est un peu à qui construira le plus grand bouddha assis ou couché. La Birmanie a beau être un des pays les plus pauvres, quand un moine décide de monter un projet fou les habitants du district se saignent littéralement pour récolter des fonds. Vous l’aurez compris les moines sont un peu les rois/pachas ici et on ne peut pas vraiment dire qu’ils nous soient franchement sympathiques.

Revenons en a nos pagodes : la première la Nga Htat Gyi Pagoda, contient un magnifique bouddha blanc de 14m de haut, tandis que la seconde, la Chauk Htat Gyi Pagoda abrite un bouddha couché de 65m de long sous un immense abri métallique.

Nga Htat Gyi Pagoda, Rangoon.
Nga Htat Gyi Pagoda, Rangoon.

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Encore une fois le nombre de dévots est impressionnant, et les « Donations Box » plus que fournies.

Nous rentrons profiter du petit déjeuner de l’hôtel, et échapper au 35 degrés qu’il fait déjà à 9h du matin. Check out tardif puis direction le marché central mais on a vite trop chaud et partons nous rassasier dans un super resto de nouilles et dumplings,  chez Aung Mingalar Shan Noodle House où une fois n’est pas coutume on se régale !

Balade digestive dans le parc Kandawgyi, autour du lac central une promenade en bois a été aménagée mais est effrayante d’insécurité les planches bouffées par l’humidité se cassent parfois sous nos pieds et on manque de tomber à l’eau à plusieurs reprises comme de s’empaler sur un clou mal placé.

Il est temps de prendre notre Bus de nuit le soir pour Mandalay, avec la compagnie Elite (11000 kyats/8€/600km/8h) le pick up se fait depuis le centre-ville  jusqu’à là gare de bus à 20km au nord qu’on rejoint en 1h30 : le trafic ici étant infernal, certains feux rouges durent 4 minutes..

La gare est un des plus gros bordel que nous n’ayons jamais vu, nous avons l’impression que toutes les compagnies du pays sont ici mais aucune indication, les bus se comptent par centaines, en plus ou moins bon état, mais sans beaucoup d’indications difficile de s’y repérer. 8h de bus plutôt confortable plus tard, nous voilà à Mandalay. Il est 4h30 du matin, la ville est endormie mais n’en est pas moins poussiéreuse.  A noter que l’on s’est gentiment fait réveiller et dégager du bus sur les coups de 1h du matin, comme c’est d’usage ici, interdiction de rester dans le bus ( et accessoirement de continuer sa nuit tranquille) pendant les arrêts.. Sympa

On se fait alpaguer par les nombreux chauffeurs de taxi mais rejoignons grâce à Maps Me notre hôtel : le Garden Hôtel, 18$ avec breakfast clim et pdj. Ils sont très cool et bien que nous les ayons réveillés, ne nous font pas payer la fin de nuit.  On se recouche tranquillement en se demandant pourquoi tous ces bus birmans partent trop tôt et arrivent donc trop tôt dans les villes : on dort mal et ça n’économise pas de nuit (enfin cela dépend de l’hôtel dans lequel on arrive, nous serons chanceux tout au long de notre séjour et même en arrivant à 4/5:00h ne paierons jamais).

Les compagnies, qui sont d’une ponctualité implacable en matière de départ , ne sont d’ailleurs pas capables de donner la moindre horaire d’arrivée. Nous galérons un peu pour trouver un scooter en état de marche, la plupart sont déglingués et loués des fortunes pour ici, comme pour les hôtels les plans d’investissements doivent être rentables en 1 an..  On sent ici plus qu’ailleurs le décalage de culture, la vision à long terme comme à Singapour est une utopie. Tout est très nouveau en matière de tourisme, et tout le monde ou presque saute à pied joint dans le bain en sachant qu’il n’y aura pas de place pour tout le monde. Résultat : le « service » proposé est souvent brouillon et pas vraiment bon marché, et même si on ne ressent pas tellement le fait d’être un dollar ambulant, c’est un peu rageant de payer 15$ la journée de location d’un scooter qui n’en vaut pas plus de 500 neuf.  On y échappe pas et en louons un neuf pour deux jours.

Direction la pagode Mahumani, hyper colorée ou de nombreux croyants viennent couvrir le bouddha central de feuilles d’or (enfin seulement les hommes, les femmes ayant apparemment décidé elles mêmes de s’en interdire l’accès pour être plus tranquilles… Mais oui mais oui…).

Mahumani Pagoda, Mandalay.
Mahumani Pagoda, Mandalay.

La pagode est superbe et le nombre de moines impressionnant encore une fois, beaucoup sont très jeunes, comme pris au berceau. Certains luttent contre leur timidité et écoutent leur curiosité pour venir se prendre en photo avec nous et nous poser quelques questions basiques.. Marrant.

Toujours est il qu’il est difficile de savoir si avoir un jeune moine dans la famille est une fierté, une obligation, ou une délivrance. Le faible niveau d’anglais des locaux limite parfois le niveau d’informations qu’on peut obtenir d’une discussion. 

Direction ensuite le Shwe In Bin Kyaung, un monastère en teck construit par de riches négociants chinois au 19eme siècle, qui est vraiment au calme et loin de la ferveur qui peut régner dans les pagodes habituelles.

Monastère de Shwe In Bin Kyaung, Mandalay.
Monastère de Shwe In Bin Kyaung, Mandalay.

On profite de s’y être bien relaxé pour ne pas trop s’énerver alors que la sécurité de notre scooter est bloquée et que l’on doit attendre 1h30 avant qu’un mécano réussisse à résoudre notre problème devant le dit monastère.

Mandalay est réputée pour être la capitale culturelle du Myanmar, c’est surtout la capitale des pagodes, il y en a partout. C’est donc très originalement que nous nous dirigeons vers la Paya Kuthodaw et la Paya Sandamuni qui possèdent respectivement 729 et 1774 stupas, chacune de ces stupas correspondant à des versets du Tripitaka, le livre fondateur du bouddhisme.

Kuthodaw Pagoda, Mandalay.
Kuthodaw Pagoda, Mandalay.
Kuthodaw Pagoda, Mandalay.
Kuthodaw Pagoda, Mandalay.

Fidèle à la surenchère permanente qui caractérise on le découvre peu à peu la Birmanie, cet ensemble est souvent présenté comme le « plus grand livre au monde ».

Direction enfin la colline aux pagodes, après un arrêt gourmand dans une maison de thé locale, dont on rejoint la plateforme au sommet par des escalators suspendus (amusés de voir tous les locaux en panique et pas à l’aise du tout du tout) après s’être acquitté du droit d’entrée réservé uniquement aux touristes alors que le site est occupé à 90% par des Birmans.. La vache à lait a quelques cousines birmanes.

A force de se déchausser...
A force de se déchausser…

On se rend compte que la région est un véritable plateau et qu’encore une fois la pollution y est impressionnante. Des jeunes moines, et des étudiants en tourisme viennent nous parler pour pratiquer leur anglais. Le pays s’ouvre doucement depuis 2008 , et a fait un véritable bon depuis 2013. Pour beaucoup de jeunes, qui dit anglais courant, dit boulot bien payé assuré..

Charlotte leur dit être venue ici pour voir le coucher de soleil, ce à quoi l’un d’eux répond : le coucher de soleil, ça n’existe pas ici, on ne voit jamais de ciel bleu. Aie :s Ils n’ont pas tord ce soir en tous les cas.

On a pour le moment un peu de mal à saisir l’enthousiasme universel pour ce pays qui semble pour beaucoup être une révélation, un coup de coeur, the place to visit ou to be.. On se laisse le temps de se laisser séduire mais sentons venir l’overdose de pagodes..

Super street-food indienne (chapati/mutton curry) dans la rue au coin de la 28th St/82nd St.

Le lendemain le programme est d’aller visiter les anciennes capitales royales à 40km de Mandalay. La route pour y aller est sympa, sans trop de trafic. Arrivés là bas, on ne peut visiter qu’un ou deux temples principaux sans le ticket au prix prohibitif qu’on a refusé d’acheter..

Ancienne capitale d'Inwa, Environs de Mandalay.
Ancienne capitale d’Inwa, Environs de Mandalay.
Dessins pendant la 2de Guerre Mondiale, Ancienne capitale d'Inwa, Environs de Mandalay.
Dessins pendant la 2de Guerre Mondiale, Ancienne capitale d’Inwa, Environs de Mandalay.

Autant payer pour aider à la restauration ne nous pose aucun problème, autant quand on voit l’état de délabrement de certains temples on comprend que l’argent de la billetterie doit surement être siphonné quelque part… Tiens c’est marrant les militaires roulent en 4×4 dernier cri, et descendent dans les meilleurs restos…

Direction la ville de Sagaing, et ses centaines de pagodes disséminées dans les reliefs alentours. Ca grimpe sec, et le scooter nous fait quelques frayeurs. Certaines sont vraiment très jolies et il y a relativement peu de monde sinon quelques locaux etonnés de voir des blancs par ici, et désireux d’immortaliser tout ça. Une fois que le premier demande la permission c’est fini, on est parti pour 25 photos, avec la maman, le frère, le cousin ou le nouveau né..  Le mot « Photoshop » vaut ici demande de cliché et une réponse positive de notre part les met dans un état d’hystérie impressionnant, surtout lorsqu’ils sont en groupe.

Eh non, ça ne tient pas.. Pagodes de Sagaing, Environs de Mandalay.
Eh non, ça ne tient pas.. Pagodes de Sagaing, Environs de Mandalay.

En fin d’après midi direction la ville d’Amarapura, et le pont d’U-Bein : le plus grand (encore !! ) pont en teck du monde. C’est un spot assez prisé pour le coucher de soleil, mais on avoue préférer la vie bourdonnante aux alentours que le pont en lui même qui bien que plutôt joli est assez quelconque ( saison sèche = très peu d’eau = piliers presque tous émergés..)

Pont en teck d'U-Bein.
Pont en teck d’U-Bein.

Beaucoup de moines se baladent sur le pont, la plupart se prenant en selfies, il faut vivre avec son époque faut il croire..  Des pêcheurs, des éleveurs de canard, et pour nous une bière fraîche en bord de fleuve pour finir la journée de visite.

Pont d'U-bein, Coucher de soleil.
Pont d’U-bein, Coucher de soleil.

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Lendemain matin, bus très matinal pour Hsipaw, à 6 h de route au Nord-Est, en direction de la frontière chinoise.

On arrive un peu en retard, la conception des routes de montagne est étrange par ici, il n’y a qu’une seule voie et beaucoup de camions transitent par là. Toutes les 30 mn, ceux qui descendent doivent se garer en bord de précipice en attendant que les autres montent et alternativement la demi-heure suivante.

Hsipaw, est une petite bourgade de campagne sans charme particulier, en plein milieu de l’état Shan, et qui fidèle à ses voisines est elle aussi poussiéreuse.

Nous dormons chez Mr Charles Guesthouse,  tenue par l’homme tentacule du coin qui possède à peu près tout : 4 guesthouses, l’unique agence de trekking et de guides, 2 restaurants. Mais bon ce n’est pas cher (15/20$ avec ou sans sdb),  ils ont de la place, et le petit déjeuner buffet inclus y est gargantuesque.

Journée un peu off, on rencontre Kevin avec qui on fera notre trek le lendemain. En attendant on passe la journée à boire de bons shakes, et faire une cure de salade d’avocats du tonnerre après 4 semaines de diète de légumes aux Philippines, chez Mr Shake, en plein milieu de la rue principale.

Départ le lendemain pour un trek de 2 jours avec notre guide ( tout inclus pour 8 €/j chacun). On est un groupe de 5 avec deux hollandais. Le guide est vraiment en carton, même si assez sympa, il faut dire que cette partie de la Birmanie est formellement déconseillée depuis 10 jours (chose que l’on ne savait pas).

Un ancien rebelle a monté une armée révolutionnaire avec de gros moyens en Chine et se trouve être dans le coin, décidé à reprendre le pouvoir par la force.. Preuve en sont les 50 soldats tués la veille non loin de là dans un attentat revendiqué par ce fameux rebelle..

Le guide nous l’apprend au fur et à mesure et on apprécie moyennement son sérieux tout comme celui de l’agence qui pour ne pas avoir trop de répercussion sur son business fait quand même partir des groupes. On nous explique à la pause déjeuner que l’on doit rester dans le village, parce que c’est « safe but maybe not » , le village étant encerclé par l’armée sur un versant et par les rebelles sur l’autre.. Ambiance.

Pour tout vous dire l’ensemble du groupe nous y compris n’était déjà franchement pas emballé par ce trek que tout le monde recommandait : saison des brûlis, végétation hyper sèche, déforestation massive.. Plus un paysage de désolation que de carte postale.  

Heureusement on passe la journée et la nuit chez une famille chan, deux sœurs septuagénaires tiennent la baraque et sont vraiment marrantes : habillées en costume traditionnel elles s’occupent de tout et sont d’une gentillesse qui contraste avec le côté noeud-noeud de notre guide qui n’arrive toujours pas à être sérieux 2 minutes quand il s’agit de sécurité..

Salade de feuilles de thé.
Salade de feuilles de thé.

On se balade dans le village et en effet les soldats sont bel et bien présents… Les locaux sont ravis de venir nous parler et se prêtent à quelques séquences photos amusantes.

Village Shan.
Village Shan.
Trek de Hsipaw, Village Shan.
Trek de Hsipaw, Village Shan.
Trek de Hsipaw, Village Shan.
Trek de Hsipaw, Village Shan.

On mange très bien même si il faut passer la barrière psychologique des épinards /feuilles vertes au petit déjeuner.

Petit déjeuner, Trek de Hsipaw, Village Shan.
Petit déjeuner, Trek de Hsipaw, Village Shan.
Trek de Hsipaw.
Trek de Hsipaw.

Le lendemain toujours aussi peu rassurés par le guide qui nous dit que les rebelles sont tout prêt mais en même temps un peu loin, en cessez le feu mais en fait peut être pas (si l’idée d’agir par surprise leur montait soudainement à la tête..).IMG_5078

 C’est un conflit interne donc on ne se sent pas non plus en danger extrême mais le guide par son flegme et sa nonchalance fait flipper l’ensemble du groupe.

On reprend la même route qu’à l’aller en passant toujours plus près des flammes, autant vous dire que les paysages n’ont pas changé depuis la veille..  IMG_5098

Retour au bercail, on reprend nos habitudes chez Mr Shake avant de finir l’après midi dans des sources chaudes à 1h de marche. Je me réveille aux aurores le lendemain matin pour aller voir le morning market, qui a lieu tous les jours entre 2h et 5h du matin.. L’ambiance est très marrante même si la pénombre et les chiens errants pour y accéder un peu moins. Les stands sont éclairés à la flamme, et le marché est blindé il est 4h20.. Normal..

Marché de Nuit, Hsipaw.
Marché de Nuit, Hsipaw.

On enchaine sur un bus de jour qu’on paye 2 fois plus cher qu’à l’aller mais qui n’a ni climatisation, ni chauffeur compétent mais plutôt un poivrot qui crache sa noix de bétel toutes les 5 minutes. Pour tout vous dire, question vitesse il n’y a pas trop de soucis, mais on ne peut pas dire qu’on soit en confiance absolue. Le type à ma droite, la cinquantaine bien tapée, sirote sa troisième fiole de whisky de la matinée.. Est il utile de préciser qu’il est 11h du matin.

Topo noix de bétel : la noix de bétel, plus exactement noix d’arec, est un peu à la Birmanie ce que la baguette est à notre cher patrimoine gastronomique : une institution. On tempère tout de suite : c’est franchement vraiment moins classe, elle est cachée dans une feuille d’arbre verte, couverte de chaux, et utilisée avec un peu de citron et beaucoup de salive. Résultat du compte : elle donne les dents rouge de chez rouge, esquinte les gencives au point que beaucoup de dentition sont à deux doigts d’être déchaussées, et pour couronner le tout, tout le monde crache par terre, c’est rouge vif et cela colore de manière indélébile la chaussée. On ne vous parle pas du sourire de tombeur qu’elle engendre, où l’on se demande si l’utilisateur ne vient pas de se prendre un uppercut du droit..

Apres une toute petite heure de conduite nous avons le droit à un arrêt de 45 min pour manger … Suivi  quelques heures plus tard d’un arrêt lavage du bus et refroidissement des plaquettes de frein.. à la locale.., d’un arrêt pipi chauffeur et je vous en passe !

Refroidissement des plaquettes de frein..
Refroidissement des plaquettes de frein avec un tuyau d’arrosage..

Au lieu des 5h prévues nous en avons mis presque 9:00, nous qui pensions devoir attendre à Mandalay ! Evitez la compagnie AA Express..

On doit vite se dépêcher pour aller acheter nos billets de train, car nous voulons tenter l’expérience train de nuit en Birmanie, au moment de payer on comprend qu’il n’y a qu’une seule classe : la First, cool ! Mais le prix est dérisoire 1800 K (1,5€) alors que le bus est 10 fois plus cher … J’ai peur de ce qui nous attend ! En descendant sur le quai Octave n’est pas forcément plus rassuré sur la qualité de la nuit qu’on risque de passer, des familles entières avec leur maison en baluchon sont la dormant par terre et attendant le train, nous sommes les seuls touristes et clairement les locaux nous dévisagent :-)

Le temps pour nous de se prendre un curry et de découvrir une nouvelle tradition : alors qu’à Paris le déclenchement de baffe serait quasi automatique, ici pour appeler les serveuses il faut faire un bruit de bisous. Un peu comme Tarkan dans kiss-kiss pour ceux qui n’ont pas honte de leur (culture) bibliothèque musicale.. Le décalage est pour nous assez marrant.

On ne va pas vous mentir on a failli partir prendre un bus de nuit plus confort en voyant le vétuste wagon de métro japonais des années 70 qui allait nous servir d’auberge arriver à quai. Les sièges ne sont pas inclinables, les banquettes font 60cm de large pour deux personnes, et l’espace pour les jambes rivalise avec les carrés du métro parisien.. On est bien..

Ambiance collés-sérrés..
Ambiance collés-sérrés..

On se colle un coup de pied aux fesses pour tenter quand même l’aventure, et même si la nuit ne fut pas des meilleures, nous avons réussi à fermer l’oeil et à ne pas nous réveiller pendant les 2H30 d’arrêt réparation de la locomotive à 3h du matin, ni à se faire intoxiquer par les émanations de décharges et les cendres des brulis nous parvenant par les fenêtres grandes ouvertes. C’était folko, on ne le conseille et ne le referons surement pas, mais c’était vraiment local.. Les heures de retard accumulés nous permettent d’atteindre Bagan à 6h30 du matin, ce qui est relativement raisonnable. Le voyage est lui dépaysant, en 4ème dimension tant les wagons sont brinquebalants, et avec l’impossibilité de circuler dans le train, les familles dormant sur leur paillasse étalées à même le sol..

 On vous embrasse, c’est pas qu’on est Paris maintenant, et qu’avec le retard accumulé, demain on bosse tous les 2, ça pique..

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Avatar ? Le Cinquième Element ? : Non.. Singapour !!

Après le petit changement de programme nous arrivons à 9:00 à Singapour et en sommes ravis !

L’aéroport est beau, propre,moderne, critères qu’on a un peu laissé de côté ces derniers mois, et ce retour à la civilisation même de courte durée n’est pas pour nous déplaire ! Les toilettes sentent bon, et on peut même noter l’appréciation de tous les services sur des écrans tactiles : votre passage aux douanes s’est bien passé ?, votre passage aux toilettes ? C’est un peu too much mais ça nous met dans le bain, dans cette ville réputée pour être parfois aseptisée.

On prend le temps après une nuit très courte de se prendre un petit déjeuner : autant être prévenus on change clairement de gamme de prix, mais la soupe locale aux crevettes séchées à 9h passe toute seule.

On a le temps et décidons d’aller en métro chez Émilie (la cousine d’Octave) qui nous héberge très gentiment pour nos 3 jours ici : cela prend une bonne heure mais le métro est ultra bien pensé avec un étalage des stations inspiré de celui de Paris, mais avec des rames modernes, des écrans de télévision partout, beaucoup de consignes ( interdiction des durians, de manger, de boire, de ne pas faire la queue), des obligations au sol pour laisser sortir les gens.. Le genre de truc qui ne fonctionnerait jamais dans notre chère capitale où chacun n’en fait qu’à sa tête. Les Singapouriens semblent très respectueux, c’est aussi que les amendes encourues sont vraiment lourdes.    

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Après 3 mois et demi de vadrouille l’appartement maxi confort avec grande terrasse au 26ème étage, avec piscine, salle de sport, climatisation est pour nous un énorme kif ! Une bonne douche puis à la découverte de la ville, ayant un peu plus de temps que prévu.

On part à pied direction l’animée Little India, où les effluves de bonnes épices nous titillent le nez, c’est un joyeux bordel mais organisé car ici on marche dans les clous, les papiers contrairement à ailleurs sont dans les poubelles !

Direction le Tekka Center, un food hawker center, où l’on choisit son plat parmi les innombrables stands avant de s’installer autour de tables communes.. C’est local et très bon marché pour le coin : (Stand 01-248) on déjeune chez Al-Rahman Prata d’une énorme murtabak au mouton pour Octave (qui tente toujours les plats que personne n’oserait prendre, ici une galette fourrée de mouton haché, oeufs et menthe !), et d’un curry de poulet/naan pour moi !

Murtabak.
Murtabak.
Tekka Center.
Tekka Center.

On se régale et l’ambiance est très chouette, c’est incroyablement éclectique : indiens, chinois, malais et occidentaux vivent en parfaite harmonie – tout du moins en apparence – en respectant les coutumes et religions de tous ! A méditer …

On part faire un tour sur Orchad St , paradis des fashionistas le long de laquelle s’enchaînent des malls plus grands les uns que les autres,… Les prix sont les mêmes qu’à Paris donc difficile de trouver un t-shirt a moins de 15/20$ mais H&M sera mon sauveur 😉 !

Nous retournons dans le quartier Indien pour visiter un peu plus les temples et mosquées du quartier et pour faire un tour au Mustafa Center, le plus gros supermarché de la ville sur 5 étages qui mérité à lui seul une petite visite. On y trouve absolument de tout, du saumon fumé chilien aux sachets de 3kg de noix de cajou importées du Mozambique. Nous retrouvons Émilie le soir pour un chouette resto indien en ville !

Le lendemain c’est un peu un marathon mais c’est une de nos journées préférées du voyage ! Après avoir chacun pris une carte de transport qui pour 20$ Singapouriens (13€) nous donne accès illimité au réseau de transport, on se dirige vers le superbe Jardin Botanique. Très aéré et immense, en plein coeur de la ville, c’est après Kirstenbosch au Cap et celui de Rio de Janeiro un de nos préférés ! A l’inverse de ce que l’on pourrait croire Singapour est une ville très verte, malgré les nouvelles constructions et gratte ciel qui poussent comme des champignons depuis 50 ans, le plan d’urbanisme est hyper recherché comme on le découvrira le lendemain, et très avant-gardiste dans sa façon d’imaginer la vie urbaine. On a vraiment l’impression d’être dans une ville du futur, on verrait des gens voyager en drôles que ça ne nous étonnerait même pas..

Nous nous régalons en visitant le Jardin des Orchidées, la seule section payante du Jardin Botanique, où ma vieille carte d’étudiant nous permet de ne pas trop se faire allumer (il n’y a pas de petites économies).

Orchids Garden, Singapore.
Orchids Garden, Singapore.

Il doit y avoir plus d’une centaine de différentes : tailles, couleurs dont certaines, spécialement mises au point pour des célébrités de passages (Mandela, Merkel, Ban Ki-Moon..) et qui sont plantées dans le jardin VIP.. Ca ne rigole pas :-).

Orchids Garden 2, Singapore.
Orchids Garden 2, Singapore.

C’est vraiment somptueux, dans une autre sphère c’est une jungle tropicale avec torrent artificiel qu’ils ont carrément créé.

Orchids Garden 3, Singapore.
Orchids Garden 3, Singapore.

On ne se lasse pas d’observer les asiatiques prendre des photos, je crois que la perche à selfie est la pire invention au monde et qu’ici ça a empiré le phénomène de « je m’aime, je me prends en photo » !!

Autant le métro est vraiment très bien pensé, autant pas un seul plan de bus n’est disponible, impossible de se repérer.. On le fait à l’improvisation et ça marche ma foi pas trop mal, il faut dire qu’ici il y a 4 langues officielles dont l’anglais, ce qui aide fortement en cas de doute.

Direction Chinatown quartier très animé avec boutiques cheap vendant camelote et babioles à n’en plus finir, mais qui me donnent envie d’acheter tout et n’importe quoi quand même ;).

Chinatown, Singapore.
Chinatown, Singapore.

Nous allons manger local dans un food court, le Maxwell Center, orienté cuisine chinoise plus que la veille. Après s’être régalé de nouilles, direction la Pagode de la réplique de la dent de Bouddha, oui oui c’est long comme nom mais c’est un des temples les plus grands que nous n’ayons jamais vu, très moderne, réparti sur 6 étage avec ascenceur, salle de prière immense, dorures partout, 12000 bouddhas sur le roof top.. Vraiment improbable, mais ça nous donne un avant-goût de la folie du Bouddhisme en Birmanie..

Pagode de la réplique de la dent de Bouddha, Chinatown, Singapore.
Pagode de la réplique de la dent de Bouddha, Chinatown, Singapore.

Nous poursuivons la balade dans ce qui semble être le renouveau du quartier chinois, bobo hipster avec plein de bars et de restos sympas où la pinte en Happy Hours n’est qu’à 12$.., le tout à 2 pas du Central Business District.

Chinatown, CBD, SIngapore.
Chinatown, CBD, SIngapore.

Ce dernier semble être l’amphithéâtre d’un concours d’architecture, avec des tours plus hautes les unes que les autres et qui rivalisent toutes d’originalité pour créer terrasses suspendues, murs végétaux, assemblage de matériaux délirants

Central Buisiness District, Singapore.
Central Buisiness District, Singapore.

C’est pimpant mais vraiment harmonieux, La Défense à côté c’est peanuts !!

On bifurque ensuite sur le Colonial District et ses quais, ponts d’aciers et monuments municipaux ; héritage de l’époque coloniale britannique. Découverte de l’ancien parlement, de la cathédrale St Andrew, du théâtre Victoria, puis de vues grandioses  sur la baie et le fameux Marina Bay Sands de l’autre côté, un des hôtels les plus connus et photogénique.

Singapore's Bay.
Singapore’s Bay.

On se rend compte que Singapour est une vraie terre de contrastes, où l’association subtile d’anciens bâtiments et de gratte ciels modernes et futuristes est très réussie.

Nous passons bien évidement devant le Merlion, symbole de la ville qui n’est autre qu’un gros lion crachant de l’eau dans la baie. C’est le spot de toutes les tentatives de photos improbables, à vous de juger 😉IMG_4264

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Nous longeons la baie avant de tomber sur le mall The Shoppes, terrain des superlatifs, où loge une patinoire, et des canaux artificiels pour se balader en barque, rien que ça entre les multiples boutiques de luxe..The Shoppes Mall, Singapore.

On longe le tout récent ArtScience Muséum en forme de fleur de lotus, visible de toute part, juste en dessous du fameux Marina Bay Sands, que nous traversons. 2560 chambres réparties dans les 3 pilliers du « bateau » ( prix d’entrée 500$ la nuit), plus grande piscine à débordement au monde avec 146m de long au dernier étage, un cout de 8 milliards de dollars, et une renommée internationnale.. On est un peu trop petit budget ( et trop mal habillés) pour oser aller y boire un verre :-) 

Marina Bay Sands, SIngapore.
Marina Bay Sands, SIngapore.

On continue notre marathon par le Garden By the Bay, d’immenses structures métalliques en forme d’arbres, hautes de plusieurs dizaines de mètres, recouvertes par des murs végétaux et qui sont sacrément impressionnantes.

Nous décidons de voir cela un peu plus tard lorsque la nuit sera tombée et allons visiter la Cloud Forest. Une forêt tropicale et une cascade ont été reconstituées dans une dôme de verre !

Cloud Forest,Singapore.
Cloud Forest,Singapore.

C’est HALLUCINANT et sacrément beau, la visite se fait sur des passerelles suspendues, on a l’impression d’être dans une navette spatiale, d’autant que le soleil se couche et que les bâtiments à l’extérieur s’illuminent peu à peu.

Cloud Forest, Singapour.
Cloud Forest, Singapour.

On est estomaqués devant tant de futurisme et sommes vraiment comme des gamins dans un magasin de jouets, attirés par à peu près tout.

Gardens By The Bay, Singapore.
Gardens By The Bay, Singapore.

Lorsque nous sortons le spectacle est extraordinaire la ville est illuminée de mille feux, Emilie nous rejoint et nous offre un verre sur le plus haut des arbres face au Marina Bay Sands…. La vue est indescriptible et on vous invite chaudement à venir faire un tour ici pour la décrire de vous même.. En attendant quelques photos pour vous donner une idée. On ne pouvait pas trouver meilleur spot!!

Gardens By The Bay, Singapore.
Gardens By The Bay, Singapore.

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Pour notre dernière journée nous n’avons que l’embarras du choix, puisque 3 jours c’est un peu court pour tout voir, question timing comme question budget, du coup il faut choisir.

On se décide pour Arab St et le quartier malais, c’est petit, plutôt mignon et coloré, et très éclectique en matière de boutiques les vendeurs de jillbaab ou niqab côtoient les boutiques supra bobos/hipster avec les derniers articles à la mode ! Étonnant pour nous mais pas pour eux 😉

Nous retournons manger notre super murtabak à Little India et filons à la Singapour City Gallery qui propose une très intéressante exposition sur l’urbanisme et le développement de Singapour.

Singapore City Gallery
Singapore City Gallery

En parcourant le musée on se rend compte a quel point l’organisation de la ville est pensée : espace vert, lieux de loisirs, entreprises, universités, logements, commerces, transports en commun … Tout est anticipé pour faciliter l’accès aux habitants (et aux touristes) !

Et il faut l’avouer surtout, ils ont une vision à long terme dans la plupart de leurs projets, qui contraste malheureusement beaucoup avec tous les pays qu’on a visité jusqu’alors où tout est fait sur le tas, réparé un peu à la va-vite et pas vraiment avec les mêmes moyens.

Enfin même si on trouve ça très chouette et que l’on apprécie réellement cette ville, comme tout système il a des failles et nous sommes sacrément surpris par le nombre de personnes âgées qui travaillent ! Ici aucune retraite, et difficile de vivre sans le sous dans cette ville où l’on ne croise pas un sans abri. Dans le métro, dans les restaurants pour débarrasser les tables, certains ont parfois l’âge de nos grands-parents mais semblent au moins en apparence s’accomoder de la situation.

Nous voulons profiter des espaces verts qu’offre Singapour et allons nous balader près des Southern Ridges, un ensemble de ponts et de parcs étalés sur plus de 12km de long. Passage par le Mont Faber Park, point culminant de la ville-état du haut de ses 105 m au dessus du niveau de la mer, puis par Henderson Waves, un pont en bois et en acier futuriste qui surplombe la forêt et offre des vues incroyables sur les environs, tout ça à 5mn du centre-ville.. Un paradis des joggeurs, la coulée verte fait pâle figure à côté.

Henderson Waves, Singapore
Henderson Waves, Singapore

On conclut notre petite escale autour de bonnes pâtisseries françaises, et de pastas maisons sur la terrasse du 26ème étage, enchantés par cette ville que nous venons de découvrir et qui est un véritable coup de coeur, une vraie bouffée d’oxygène, de propreté et d’organisation en cette fin de voyage, et avec la joie d’avoir pu voir Emilie, qui nous a si gentiment accueilli dans ce qui tient lieu d’un palace !!12782373_10153562401382517_857099147_n

On prend notre avion le lendemain pour 3 semaines en Birmanie, où le contraste sera étonnant. On vous embrasse.

Bilan Philippines

Les Philippines en Brefphilippines_2

Itinéraire : 29n/31j  sur 3 îles principales.                                                              

Visayas : Dumaguete (2n)/Siquijor (2n)/Bohol (5n)                                                 Palawan : Pto Princessa (1n)/Port Barton (3n)/El Nido (5n)/Coron (4n)     Nord Luzon : Bus de nuit(2n A/R)/Sagada(1n)/Banaue (2n)/Trek (2n)

  • Monnaie : 1€–>52 pesos (02/2016
  • Budget : 33€/j/personne  (incluant 6 plongées à 20€ et 3 vols à 80€ chacun), sans compter la nuit pour les 30 ans de Cha.
  • Transport : 520 pesos (11€) Manille/Banaue : 10h bus de nuit très local avec sièges non inclinables.                                                                                                       500 pesos (10€) Puerto Princessa / El Nido : 9h en bus, 5h en minibus ( 800 PP, 16€)                                                                                                                     1200 pesos (25€) pour 7h de navigation,  bateau El Nido-Coron , confort très sommaire.
  • Nourriture :  entre 60 et 150 PHP (1,2/3€) pour un plat mais vraiment en faisant attention, bière 50 PHP (1€). Ca fluctue pas mal en fonction des endroits. Bouteille d’eau 30PHP (0,6€)                                    
  • Les +++ —-> Les paysages qui font partie pour nous (avec le Vietnam) des plus beaux d’Asie du Sud Est.                                                                                                           Le sourire des gens et leur gentillesse.                                                                    La superbe île de Siquijor encore préservée du tourisme de masse.                                                                                                                                                           Les rizières de Batad qui sont un must de notre voyage               
  • Les —- — —> La nourriture, franchement la pire de notre séjour !                                          Le trop plein de monde à El Nido.                                                                              Les prix parfois exhorbitants et peu justifiés.                                                        Le vol de 600€ à Sagada

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D’El Nido à Banaue : fin d’exploration de Palawan, et rizières en folies.

On utilise pour la première fois du séjour une Jeepney, le moyen de transport local : d’anciennes jeeps américaines rallongées et colorées où le but est semblable à celui d’une partie de Tetris, faire tenir le maximum de passagers dans un minimum d’espace le long des deux bancs installés dans le coffre.. Ah qu’on est serrés au fond de cette boîte, chantent les sardines, chantent les sardines :-) C’est folklo, loin d’être confortable avec notre chargement de 15 barils de pétrole vides sur le toit, mais vraiment plus sécure que les minivans de la dernière fois vue la vitesse de pointe assez limitée de l’engin.

Après 1h de trajet, arrivée à Roxas, changement pour un bus bien plus gros mais où l’on est tout aussi compactés, à 5 par rangée, direction El Nido a 4h de route de là. Autant on sent que la taille du bus limite un peu sa vitesse, autant le super connard qui le conduit ne semble pas avoir été doté de la case « maîtrise de la célérité de son véhicule ». Après deux premières heures très tranquilles suffisamment rares pour les signaler,  Fangio se met à appuyer sur le champignon de manière incompréhensible sortant presque la tête de sa fenêtre lors des virages à gauche (véridique), en pleine session de simulation de course automobile, on est les seuls à mettre les ceintures..  Bref, arrivés à El Nido, ville que tant de voyageurs nous ont déconseillé, on a la confirmation de ce à quoi l’on s’attendait.. Assez incontournable en tant qu’unique porte d’accès à l’archipel des Bacuits, elle n’en est pas moins une ville clairement repoussante. Construite au bord d’une plage dont la propreté rappelle étonnement les berges de seine un lendemain de 14 juillet, tout semble avoir grossi ici beaucoup trop vite.

Les constructions sont complètement anarchiques, les moto-taxis trop nombreux, les touristes (nous inclus) en bancs, le nombre de Bangka (les bateaux locaux) stationnés à même la plage rappelle le parking d’un hypermarché un dimanche matinPour ajouter à cela, les prix des hébergements sont surévalués et nous peinons difficilement à trouver une cage à poules où pour 15 euros la nuit , le ventilateur efficace est en option et la (deuxième) douche froide de la journée se fait au seau.. Le nid n’a rien de douillet et donne une seule envie : s’en extirper. Qu’êtes vous donc venus faire ici nous direz vous.. ?? Et bien visiter les environs d’El Nido. On loue un scooter (le prix est double par rapport à la semaine dernière, quand on vous dit que tout est surévalué) pour aller sur la superbe plage de Nacpan à 20km au nord le long d’une piste vraiment cabossée où nous finissons par crever 100 m avant d’arriver.

Plage de Nacpan Beach, El Nido.
Plage de Nacpan Beach, El Nido.

On fait réparer tout ça par un gars du coin qui n’hésite pas à coller la rustine avec une canette de coca remplie d’alcool qu’il fait brûler et arrose mécaniquement d’eau pour en tirer de la vapeur. On a serré les dents pendant toute la réparation, mais plus de peur que de mal : on file  prendre un bain rafraîchissant dans l’eau de mer étonnement fraîche pour la saison ( entre 22 et 27 selon les coins). On doit aussi passer par la case badigeonnage d’huile de coco pour éloigner les mouches de sable très nombreuses sur Palawan, et dont les piqûres sont urticantes. Décidés à louer un kayak le lendemain pour partir trouver quelques spots isolés sur l’île de Miniloc, en face d’EL Nido, on la rejoint en 45mn de coups de pagaies. C’est d’ailleurs un bon marqueur d’entente et de synchronisation du couple que de mettre 2 têtes de mules, 2 rames et un kayak à l’eau : on ne se débrouille pas si mal au final.

L’île est couverte d’un manteau de jungle verdoyant descendant de manière vertigineuse jusqu’à la plage peuplée de flamboyants. On n’est pas loin du paradis. On s’est acheté un sac étanche, rudement négocié la veille, et en voyant les quelques kayakistes non équipés venir s’échouer tout mouillés on se dit que c’était un bon investissement. On continue notre petite balade de criques en criques, et attendons même un peu trop longtemps avant de repartir de la dernière, si bien que nous ne sommes pas loin de nous prendre un violent orage sur la tronche. La houle s’intensifie, le ciel se charge, alors que le vent retombe soudainement, laissant imaginer le pire. On passe finalement entre les gouttes en réalisant un sprint digne d’un équipage de 4 sans barreur.

Le prix de la bouffe étant franchement indécent ici on finit pour le deuxième soir de suite dans une rôtisserie de rue d’où l’on ressort avec un parfum sauce barbecue, mais l’estomac bien rempli de poulet et ribs rôtis. C’est le lendemain que l’on s’éloigne vraiment d’El Nido. Ici tout est tellement touristique, qu’à moins d’avoir un porte-monnaie sacrément garni, il est difficile d’échapper aux 4 itinéraires (Tour A-B-C-D) empruntés par toutes les agences pour visiter l’archipel. N’étant pas Crésus on choisit comme alternative de faire un tour de 2 jours avec nuit sur une île déserte. Pour 60 euros chacun (nourriture/entrées/camping inclus), nous faisons le tour A et le tour C le lendemain.

Nous sommes 9 sur notre embarcation aux balanciers de bambou. 4 américains, 3 irlandaises, et nous deux les frenchies. On ne voyage clairement pas au même rythme (ces derniers étant venus du Texas pour 6 jours..) ni avec le même budget mais l’ambiance est bon enfant. Premier stop sur une plage paradisiaque qui ne garde ce qualificatif qu’une petite dizaine de minutes avant que ne viennent s’y échouer une centaine de chinois et australiens  bruyants.

Small Lagoon.
Small Lagoon.

On part ensuite direction le Small et le Big Lagoons d’une beauté à peine imaginable. La couleur de l’eau est dingue, et nous fait oublier un peu l’affluence des bangkas.

Big Lagoon, El Nido
Big Lagoon, El Nido


On mouille dans un coin tranquille pour le déjeuner : poisson frais, ribs, salades et légumes (ça fait du bien). On continue notre petit périple pour atteindre la plage où nous passerons la nuit et où il n’y a absolument personne. La journée se termine tranquillement, on installe les tentes, profitons du coucher de soleil, mettons en route le feu de camp et dînons copieusement avant que les choses sérieuses ne commencent…

Notre plage pour la nuit, El Nido.
Notre plage pour la nuit, El Nido.

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Ici le rhum coule à flot et 12 bouteilles nous attendent, offertes par l’agence. On boit tous modérément nos rhums-coca, à l’exception des 3 irlandaises, qui en plus de ne pas être très fute-fute font tout pour confirmer leur réputation de grosses buveuses. Les guides alléchés par la désinhibition engendrée sortent la totale avec la boule à facette qu’il branchent sur le chargeur solaire. C’est marrant une petite heure, mais alors que tout le monde part se coucher, les irlandaises montent la sono, finissent les bouteilles, et ne s’arrêtent que vers 5h du matin pour aller régurgiter le trop plein de boisson en réveillant tout le camp.. On a pas tous la même conception du paradis… Passons :-).

Le tour C que nous faisons aujourd’hui passe par de superbes paysages complètement différents de la veille, agrémentés de quelques jolis spots de snorkelling ( mais où beaucoup de coraux ont été détruits par la pêche à la dynamite). On échappe un peu plus que la veille à la foule, à l’exception de la dernière plage où 19 bateaux déversent leur cargaison de touristes. La plupart des touristes philippins ne savent pas nager, on croise donc régulièrement des bancs de 5 ou 6 d’entre eux emmitouflés dans leur gilets de sauvetage et nonchalamment traînés en troupeaux par le guide dans l’eau. C’est quand même ballot pour un pays qui compte plus de 7100 îles. Cet archipel est il faut le dire sublime, le contraste entre la couleur de l’eau, la végétation luxuriante, les pics karstiques est quelque chose d’assez HALLUCINANT, on parle beaucoup sur le blog des petites anecdotes moins sympa, mais c’est quand même un des plus beaux paysages que nous ayons vu de notre vie..

On rejoint la cage à poule qu’on avait réservé avant de partir ( 700 php, 4 mètres carrés, douche au baquet, signal wifi au max mais pas de connexion, comme un peu partout ici).

On est vraiment contents d’être passés par El Nido, vue la beauté des environs, le timing nous a fait arriver en pleine peak-season donc pas dans les meilleures dispositions pour voyager petit budget, mais vous aurez compris que le meilleur moyen d’en profiter est clairement de s’en éloigner.

On prend le lendemain une bangka de 80 places pour Coron, à 7h de navigation au nord. Les philippins n’ayant clairement pas la même vision ni les mêmes normes de sécurité que nous, et si vous ajoutez à cela le nombre impressionnant de posts sur différents forums déconseillant formellement ce trajet, autant vous dire qu’on y allait un peu à reculons. Les locaux ont plus le « pied débrouillard ou multitâches » que marin, comme on a pu le constater lors des manoeuvres les 3 derniers jours où les bateaux n’hésitent pas à se foncer littéralement dedans pour sortir des différents spots. Niveau statistiques, un bateau coule tous les ans, notamment au niveau d’un passage en pleine mer ou les courants sont sacrements dangereux. Heureusement pour nous, la mer est calme ce matin et même si on met 1h30 de plus que prévu et que l’embarcation est assez sommaire, le trajet se passe très bien et assez vite puisque nous rencontrons Philippe et Mathilde (leur blog : voyagesadeuxsacs) avec qui nous papotons, et avec qui nous passerons pas mal de temps les 10 prochains jours. Arrivés à Coron, la ville n’a comme toutes les villes philippines rien de très joli mais est beaucoup plus aérée que sa voisine d’El Nido et en est forcément plus agréable.

Tricycle, Coron.
Tricycle, Coron.

Nous avons réservé 4 nuits chez Patrick&Tezz Gh (650 PHP/13€ la nuit, avec petite piscine) puisque tous les hôtels conseillés par le Lonely ont triplé leur prix depuis 2011. Tripadvisor est donc ici notre référence. On décide avec nos nouveaux compagnons de route de louer des deux roues le lendemain pour aller se trouver quelques plages dans les environs.

Direction le nord à bord d’une semi automatique (grande première pour moi) un peu plus confort pour Charlotte que les petits scooters habituels. Ici aux Philippines et particulièrement à Palawan, l’entrée sur les plages publiques se paye et elles sont bien rarement nettoyées.. C’est juste un gros buisiness mais que nous esquivons d’un coup d’accélération bien placé à la sortie de la première plage.

La route est bonne mais après 50km il n’y a franchement pas grand chose à voir, si ce n’est contempler la vie locale depuis la terrasse du bouiboui en bord de route où nous nous arrêtons pour satisfaire nos appétits. Un peu plus loin, n’ayant toujours pas trouvé d’autre plage on finit par boire une bière à la piscine d’un hôtel de luxe en décrépitude mais qui jouit d’un accès direct à la mer. On oublie presque l’heure et devons faire les 20 derniers km de nuit et avec de mauvais phares.. Pas totalement rassurant mais on arrive finalement à bon port, et nous réconfortons dans une pizzeria succulente : l’Altrove. On réserve avec Charlotte une sortie plongée le lendemain pour aller sur 3 épaves de navires de guerre japonais, entre 12 et 33 m. Le club est tenu par des Chinois mais ça ne nous pose pas trop de problèmes, le gérant ayant l’air réglo. On déchante un peu le lendemain nous sommes les seuls occidentaux, une fille passant son premier niveau plonge avec nous, elle n’écoute rien aux consignes , préférant passer son temps à faire des selfies sous l’eau mettant l’ensemble de la palanquée en difficulté, le divemaster local, âgé de 21 ans est un peu trop à la cool pour nous, et on est contents d’avoir quelques plongées derrière nous pour que notre sécurité sous l’eau ne dépende pas que de lui.. La première  plongée très profonde est impressionnante sur le Akitutshima , long de 118m et qui repose entre 20 et 35m de fonds. La deuxième est sans conteste une des plus belles qu’on ait fait , la visibilité est très bonne, le Taie Maeru, coulé par l’armée américaine en 1944 a été colonisé par de superbes coraux et la faune sous marine est hyper variée, on aurait loupé ça pour rien au monde.La troisième plongée est beaucoup plus facile, sur le Lusong Gunboat, et moins profonde mais clôture en couleur une belle journée.. On retrouve P&M pour le dîner et bookons ensemble un tour d’Island Hopping, comme à El Nido, mais presque 50% moins cher, confirmation qu’El Nido est vraiment surcôté. Le tour est vraiment top , les spots de snorkelling sont incroyables ( tortues, barracudas, macrofaune, visibilité extra). Le repas est vraiment très correct ( poisson grillé , porc, fruits exotiques , petites algues locales, et des kilos de riz comme toujours ;)).

Island Hopping, Ile de Coron.
Island Hopping, Ile de Coron.

Dernier arrêt de la journée sur l’Ile de Coron qui fait face à la ville de Coron (ou non logeons) elle même située sur l’île de Busuanga.. Oui je sais un peu difficile à comprendre :-). Le lac Kanyangan (70% eau douce, 30% eau salée) loge en son cœur, et l’eau y est cristalline. Entouré de reliefs volcaniques qui se prolongent sous l’eau, le snorkelling ici est extrêmement impressionnant, on se sent tout petits et avons presque le vertige des profondeurs.

Lac Kayangan, Ile de Coron.
Lac Kayangan, Ile de Coron.

Peu de faune ici à part quelques mollusques et des poissons de surface mais beaucoup de beaux souvenirs. En terme de mollusques, on a aussi nos copains « poisson mérou » et « poisson lune » aka 2 philippins aux physiques improbables, l’un au visage complètement gonflé et prêt à exploser, l’autre prognathe jusqu’à s’en luxer la mâchoire, qui les 7h du temps durant n’auront pas bougé leur fesses du bateau…

On quitte Coron le lendemain matin heureux de ne pas avoir loupé cette partie de Palawan qui nous a enchanté et un peu déçus de ne pas y rester quelques jours de plus. On déchante juste un peu en voyant le tableau de bord de la navette qui nous conduit à l’aéroport, surchargé de miniatures Ferrari et qui laisse présager un énième super connard.. On ne s’est pas trompé, et serrons les fesses pendant une bonne demi heure, avant de remettre ça à bord du coucou à hélices soviétique qui nous conduit à Manille et qui il faut le dire a une sacrée prise au vent !

Le fameux coucou.
Le fameux coucou.

Une fois arrivés à Manille la question est de savoir ce que l’on va faire pendant cette longue journée avant notre bus du soir à 22:00 ! On prend notre temps pour nous rendre en ville via les transports en commun et déposons nos sacs à la Chillout Guesthouse.

Manille n’a pas la réputation d’être une ville intéressante et agréable pour le touriste, on opte pour la facilité et nous rendons au Robinsons Mall d’à côté. Au programme Burger King, lèche-vitrine et ciné. On se rend compte que ça nous manquait ! Fidèle à eux même ce n’est pas avec des pop corns que les locaux vont voir des blockbusters, mais avec des brochettes, barbecues, paquet de chips énormes, burgers et autres hot dogs…

Notre bus de nuit nous emmène dans le nord de l’Ile de Luzon à Banaue connue pour ses rizières en terrasses classées par l’UNESCO.

En arrivant vers 6:30 on est assaillis par les rabatteurs pour déjà organiser nos treks et choisir nos guesthouses. On prend le temps de réfléchir à tout ça autour d’un petit déjeuner revigorant après une nuit difficile et un changement de température radical, ici c’est plutôt 15/20° de moins que dans le reste du pays.

La météo n’est pas extra, il pleut beaucoup et les prévisions ne sont pas rassurantes mais après avoir raté les rizières du Nord-Vietnam on ne veut pas réitérer la chose. Nous partons donc à 2:30 de là pour rejoindre le village de Sagada.

La pluie tombe sans discontinuer mais tant qu’à être là autant se balader et découvrir les curiosités du coin que sont les grottes et les cercueils suspendus … Ça pourrait faire peur ! Ici comme chaque endroit touristique aux Philippines tout se monnaye… Il faut s’acquitter d’une taxe touristique, prendre un guide, une lampe… Nous n’étions pas au courant et arrivés aux grottes après 3/4km on nous refuse l’entrée !

Les fameux cercueils, Grotte de Sagada.
Les fameux cercueils, Grotte de Sagada.

Tant pis les rizières aperçues en cours de route nous satisferont pour la journée, le camaïeu de vert est très beau et nous donne envie de partir marcher du côté de Batad où parait il ce sont les plus belles !

Parking Présidentiel, Sagada.
Parking Présidentiel, Sagada.

Le lendemain matin après vérification de nos comptes (ici il n’y a pas d’ATM ou souvent en panne, il faut donc être prudents), nous allons voir ces cercueils suspendus. La promenade est glissante à cause de la pluie de la veille mais la forêt de pin et la tranquillité ambiante est très agréable. Les cercueils sont suspendus pour être plus proche du paradis, mais également pour que les morts continuent à entendre le souffle du vent, ils ne concernent que certaines ethnies, et sont aujourd’hui interdits. On prend notre temps et on manque de rater notre bus de retour ! Octave part à fond la caisse chercher les sacs laissés à l’hôtel tandis que je renfloue les caisses et nous réserve des sièges. 

En arrivant à Banaue, on se rend compte qu’ici c’est business business, pour 14€ on a le droit à une chambre sans fenêtre avec 2 lits rustiques, SDB commune et eau froide (il pleut et la température est de 12 °C…). Pour plus de confort l’hôtel propose une douche chaude avec minuteur a 2€, serviette de toilette a 1€, ah et bien sur il n’y a pas de prises pour charger … Il faut donc payer … Bref au moment de payer justement je me rends compte que les dollars pris au Cambodge ont disparu de ma pochette ainsi que des pesos Philippins, Octave vérifie au fond de son sac, le constat est le même : 680$ d’envolés ! Le matin même ils étaient dans nos sacs que l’on a laissé le temps de notre balade à la guesthouse… On va la faire rapide, direction la police qui malheureusement ne peut rien faire car l’argent a été volé à Sagada, dans un autre district. Le lendemain matin réveil 3:30 pour retourner là bas par la premiere jeepney ! On passera 5:00 chez les flics avant de comprendre que les flics de Sagada et les nanas de l’hôtel qui ont « gardés  » nos sacs savaient depuis la veille que nous venions, autant vous dire que l’argent n’a pas refait surface et que les policiers ont tout fait pour nous décourager d’aller au tribunal, prétextant que cela coûterait cher, et que ce serait long.. affirmant qu’il fallait de toute façon les payer des centaines de pesos pour obtenir un certificat de dépôt de plainte ! De bons gros escrocs.. Corruption quand tu nous tiens !!.

« Au Japon, les dessous de tables se donnent sous la table, en Chine ils se donnent sur la table, aux Philippines, on prend directement la table » Proverbe local.

Après une journée de perdue, notre budget birman envolé on rentre écœurés sur Banaue mais il faut passer à autre chose pour ne pas ruminer tout ça ! On planifie notre trek dans les rizières avec Mathilde et Philippe qui arrivent le lendemain matin par le bus de nuit ! 

3 jours de marche nous attendent à travers les rizières en compagnie de Kenneth notre guide, très sympa, parfois un peu difficile à comprendre, à force de machouiller des noix de betel en permanence (comme les feuilles de coca en Amérique du Sud). Personne n’y échappe ici, mais cette noix colore les dents en rouge, amoche sacrément les gencives, et déforme les lèvres de ceux qui en usent trop souvent ! Ils recrachent tout par terre, repeignant la plupart des trottoirs .. Glamour quand tu nous tiens :) 

En attendant on a de la chance le soleil est revenu après 3 jours de pluie ! Pour notre première journée les prévisions sont de 6 à 7 h de marche, on monte doucement dans la gadoue jusqu’à atteindre un magnifique point de vue sur les montagnes et les forêts alentours ! C’est vert vert vert, et on espère qu’il en sera de même pour les rizières, même si on sait que nous sommes un peu dans l’entre deux-saisons (plantation et récolte).

Pour le déjeuner nous atteignons le petit village de Pula accroché à flanc de montagne en bord de rivière.

Rizières de Pula.
Rizières de Pula.

C’est magnifique, et la vue d’ensemble sur les enceintes en pierre qui délimitent les rizières nous rappelle étonnamment le Machu Picchu. Plus l’on descend vers le village et plus on aperçoit les plants de riz, couleur vert tendre. IMG_3911

Nous continuons notre marche à travers les rizières cette fois ci, il ne faut pas avoir le vertige car l’on marche sur de petits passages bien étroits, avec des apics de 3/4m de haut entre les parcelles : mieux vaut regarder ses pieds ! C’est très impressionnant de voir les terrasses s’étendant à perte de vue. Nous atteignons en fin de journée le village de Cambulo où nous passerons la nuit. Notre guide nous annonce que nous allons avoir le droit à un spectacle d’enfants et qu’il faudra leur faire des cadeaux … Nous n’avons rien à offrir et ne sommes pas très enthousiastes à l’idée d’aller danser autour du feu en tenues traditionnelles… Le dîner s’éternisant on échappe au spectacle mais pas à la téquila locale, à laquelle se sabordent violemment les proprios du gîte et notre guide 😉 

Après une bonne nuit nous partons pour notre 2ème journée direction Batad, et ses rizières classées au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Batad.
Batad.

Après 2h de marche on atteint le point de vue sur Batad. C’est à couper le souffle : le cirque devant nous est inondé de rizières a différents stades, il y en des vertes foncées pleine de riz, des très claires plus parsemées, des jeunes pousses pointant tout juste le bout des tiges….

Rizières de Batad.
Rizières de Batad.

On oublie les ampoules, la chaleur, l’humidité et nous enfonçons un peu plus près des rizières ! Nous allons nous reposer quelques heures au pied d’une immense cascade rafraîchissante, un peu trop aménagée à notre goût. La remontée, le long de marches d’escaliers en devers, est interminable, mais la bière à l’arrivée à la guesthouse est bien méritée.

L'équipée.
L’équipée.

Notre dernière journée qui ne sera au finale qu’une petite demi journée nous permet d’atteindre le village de Bangaan encerclé par les rizières au fond d’une vallée verdoyante !

Sérieusement... ??!!
Sérieusement… ??!!

A peine a t’on fini notre randonnée, que la pluie se met à tomber et ne s’arrêtera plus jusqu’au surlendemain : notre fenêtre météo était parfaite.

Etirements avec vue, Batad.
Etirements avec vue, Batad.

Nous rentrons sur Banaue avant de partir sous des trombes d’eau en bus de nuit direction Manille. Nous pensions avoir réservé les sièges de devant pour les jambes, au final un expat francais à réussi à faire changer nos places et lorsque le ton monte un peu, ce dernier essaye de me toiser du haut de son 1M70 en me disant que lui aussi est grand.. je vous jure, les claques se perdent…

Arrivés à 4;00 du matin à la station de bus nous partageons un taxi avec un couple de français direction l’aéroport où le programme est de patienter une dizaine d’heure avant notre vol pour Singapour prévu à 13h30. Lorsque l’on enregistre les bagages l’hôtesse nous demande si l’on veut gratuitement changer notre vol pour celui de 5:30 dans une heure ! On s’exécute et filons en vitesse !

Après 4 super semaines aux Philippines, on est pas mécontents de faire une escale sympa à Singapour, chez Emilie, la cousine d’Octave avant d’enchaîner sur 3 semaines en Birmanie et moins de confort ! 

On vous embrasse. Les choc

Les photos de la gallerie sont en haut de l’article. :-)

Tarsier Sanctuary, Bohol.

Des Visayas à Palawan : découverte des Philippines.

Arrivée à 2:30 du matin à Manille on a pas d’autres choix que d’attendre à l’aéroport jusqu’à 7:00 notre second vol.

On est étonnés par le désordre ambiant qui règne si tôt ici ! Ça s’agite dans tous les sens, on trouve un petit coin où l’on essaye de finir notre courte nuit. L’idée de dormir a même le sol ne m’enchante guère et la propreté de certains coins est un peu rebutante, mais tant pis, on se la joue locale ! Comme quoi même à presque 30 ans on peut encore voyager à la roots… Notre vol de 7:00 a déjà 1:30 de retard, et encore nous avons de la « chance » c’est un vol matinal, les retards de la journée ne se sont pas encore accumulés.

Pour info, l’aéroport de Manille est considéré comme le pire du monde, avec 86% des vols partant en retard, des contrôles de sécurité vraiment super light (quand on sait que Mindanao, 3ème île du pays, est sur liste rouge, connue pour abriter une base sud-asiatique de Daech responsable des attentats de Jakarta le mois dernier..). Pour couronner le tout, la CEBU, la compagnie que nous prenons est sur liste noire, non pas question sécurité (les avions sont tout neufs) mais pour le retard hallucinant de l’ensemble des lignes qui n’en fait pas une compagnie fiable pour les business(wo)men ou les vols en correspondance.

Nous arrivons enfin à destination et prenons nos quartiers à Dumaguete dans l’archipel des Visayas sur l’île de Negros. Plus de 7100 îles composent les Philippines, les gros trajets seront donc pour nous maritimes ou aériens au cours du prochain mois !

Tout voyage commence par une belle arnaque , et on n’y échappe pas malgré notre vigilance, le tricycle qui nous emmène chez Harold’s Mansion, l’auberge de jeunesse du coin, nous over-chargeant la course de manière outrageuse. On est prévenus dès le début, Philippines ne riment pas avec bon marché, encore qu’avec un peu de recul cette première adresse sera parmi les meilleures du séjour (chambre avec fan sur le toit, sdb partagée, copieux pdj pour 10$). Cela a beau être la saison sèche, il pleut des cordes, et le ciel ne laisse pas présager d’accalmie, on se réfugie dans notre chambre, et en profitons pour rattraper notre retard en matière de séries TV.IMG_0514

Les connexions internet nous donnent un aperçu du néant en la matière nous attendant à notre surprise les deux prochains mois (Philippines + Birmanie) d’où la difficile actualisation du blog dans les temps.

La cuisine locale est souvent décriée et on comprend vite pourquoi le soir venu :c‘est très gras, ou très mal cuisiné, au choix, exception faite de l’adobo ( viande marinée dans du vinaigre et  de la sauce soja) il ne semble pas y avoir de spécialité culinaire ici..

Les fast-food font légion ici et cela se ressent en observant les morphotypes vraiment moins fins  qu’au Vietnam ou au Cambodge, beaucoup de Philippins ont des têtes de latinos-américains, et souvent pas mal de bide, du coup difficile de s’imaginer en Asie..

On réserve une sortie plongée avec Harold’s sur l’île d’Apo  pour le lendemain, un des spots les plus réputés du pays en matière de fonds sous marins,  et l’un des motifs de notre venue aux Philippines entres autres.plongée apo 2

Le microclimat sur l’île est plus favorable , et nous permet de profiter entièrement des 3 plongées qui sont parmi les plus belles de notre expérience sous marine avec une quantité de coraux (mous/durs), une macrofaune et une visibilité fantastiques !! Poissons-globe, poisson-pierre, nudibranche, poisson anémone, poisson lion..plongée apo

Un groupe de chinois sur le bateau fait du snorkelling, les filles sont tout sauf à l’aise dans l’eau, et se font tracter par le guide, avachies dans leurs bouées et leurs gilets de sauvetage. Plutôt fun à observer, d’autant plus qu’elles se remaquillent toutes en remontant sur le bateau : un autre monde..

Charlotte après quelques brasses de snorkelling, tombe sur une tortue géante d’1m50 de long qui broute tranquillement pour son plus grand bonheur !

Au retour, la mer est agitée et certaines chinoises un peu têtues refusant d’aller à l’arrière du bateau, trouvent des solutions ingénieuses pour respirer sans avaler de l’eau de mer…

La fameuse technique
La fameuse technique

Ferry le lendemain direction l’île de Siquijor à 1h30 de navigation, on est un peu à l’ouest, et prévoyant les choses au dernier moment, on ne s’est pas rendu compte que le Nouvel An chinois était le 8 février. En d’autres termes : énormément de touristes chinois, d’expatriés, du coup peu de disponibilité dans les hôtels, et prix majorés pour la haute saison. On arrive après pas mal de péripéties à dégoter un bungalow un peu excentré au nord de l’île au Kiwi Dive Resort, qu’on rejoint chargé comme des mules avec nos 4 sacs sur le scooter qu’on vient de louer pour deux jours à la sortie du port ( 300PHP(6€))

Siquijor en scooter.
Siquijor en scooter.

Notre petit bungalow est un vrai coin de paradis (enfin à l’extérieur, parce qu’à l’intérieur, on vous garantit que c’est sommaire-sommaire), petite plage de sable blanc aux eaux turquoises, grands jardins fleuris et hamacs sous les cocotiers !

L’île est vraiment belle nous nous enfonçons dans l’intérieur des terres pour rejoindre les chutes de Cambugahay où le spectacle est magnifique. Aux paysages de jungle, succèdent de grandes étendues de rizières, et puis arrivés au sommet de l’île des vues étendues sur la mer tout autour. Les habitations sont toutes fleuries, ce qui ne manque pas de rajouter encore un peu plus de charme à cette île où l’on se sent merveilleusement bien. Baignade rafraîchissante et agréable, avec en toile de fond le sketch d’un couple chinois ( toujours eux, on vous a dit ils sont partout.. :-)) qui, en manque de condition physique, essaye à maintes reprises de sauter d’une liane, mais se laisse tomber beaucoup trop tôt dans l’eau, pour le plus grand fou rire de l’assemblée.

Les habitants sont d’une étonnante amabilité, faisant des signes de la main ou criant «Selamat » à notre passage toutes les 5 secondes, on essaye d’y répondre au maximum tout en gardant les deux mains sur le guidon,  la sécurité avant tout :-)

Le lendemain on réserve notre billet de bateau pour l’île de Bohol, et sa capitale Tagbilaran ; OceanJet, une compagnie à touristes a le monopole et ne se prive pas pour proposer des tarifs prohibitifs (20 euros la traversée, serrés comme des sardines, dans un bateau pas plus confort qu’il y a deux jours, mais pour 5 fois le prix, et omettant de préciser que la franchise bagage n’est pas inclue.. Arghhhhhh!! )

On part découvrir le sud de l’île et faisons un stop pour une séance de Fish-Spa, où des centaines de poissons ont élu domicile dans un grand bassin naturel à l’ombre d’un ficus tricentenaire ! Ca chatouille mais on finit par s’y habituer et à trouver cela agréable (seulement Charlotte) !!

Fish Spa, Siquijor.
Fish Spa, Siquijor.

On s’arrête visiter une église et un beau couvent dans le petit village de Lazi, avant d’aller finir la journée sur une crique isolée, la plage de Kasuanga au Nord-Est de l’île, où nous sommes seuls au monde. Retour à la civilisation en dînant chez MolMol, resto qui ne paye pas de mine, tenu par un français, mais où les pizzas sont divines et pas trop chères.

Le temps de rendre les scooters le lendemain, on embarque pour Bohol les mains dans les poches, sans aucune réservation, les nombreux appels/mails ayant été infructueux pour trouver une chambre décente à prix « normal ». La difficulté est aussi de trouver un endroit pour fêter mes 30 ans et par la même occasion le nouvel an chinois.  Sur la petite île réputée de Panglao tout est réservé ou alors hors budget ! 

Un rabatteur nous propose un hôtel à 800 PHP ( 16€) et l’obtention d’un scooter pour 2 jours le lendemain. On n’a pas trop de choix et le suivons. L’hôtel est lambda mais on a un toît, ouf !!

Même en insistant, impossible de trouver une chambre pour le lendemain dans les environs des Chocolate Hills, destination prévue, où alors à 100$ la nuit.. Cela devient un peu fatigant, d’autant que les chambres les moins chères à 15/20 euros sont souvent des taudis, l’eau chaude n’existe pas ici, et les réseaux WIFI ne marchent jamais (mais sont mis en avant pour alourdir le prix des chambre).

On retrouve le lendemain matin notre fameux rabatteur à qui on explique nos difficultés à trouver un logement sur la route ce soir, et que nous allons louer le scooter juste une journée. Le loueur refuse si ce n’est que pour 24h ! Le temps de réflechir, le téléphone sonne pour nous dire qu’une chambre est dispo le soir même là où nous souhaitions passer la nuit, ni une ni deux on fait demi-tour pour récupérer le scooter qui en l’espace de 5mn… a déjà été reloué.. C’est vraiment la guerre/galère ici. On est un peu dépités, ne voulant pas rester dans cette ville peu charmante plus longtemps. En la faisant courte après une petite heure de galère à tourner en ville à la recherche d’un 2 roues on en trouve un tout neuf ( surement celui d’une gamine vu le rose de la carrosserie et le porte clé nounours..)

Après 15 min le pneu arrière crève alors que nous passons devant le garagiste du coin :) Chanceux dans notre malchance.. 50 pesos (1euros) et 20 mn plus tard, après avoir assisté à une réparation à la locale -rustine collée au fer à repasser, cric improbable- direction le sanctuaire des Tarsiers, une des attractions phares de l’île où l’on comprend mieux pourquoi tous les hébergements sont pleins . Ici le mandarin est roi (en grand comité et bruyant ça va sans dire), mais on arrive à se glisser entre deux gros groupes pour être plus tranquilles.

Les tarsiers sont de minuscules primates nocturnes, capables de faire des bonds de 5 m, de tourner la tête à 360° pour pallier l’absence de muscles oculaires qui leur donnent ce regard fixe et implorant un peu perturbant, et d’orienter leurs oreilles dans la direction du son. Ils sont en voie d’extinction et ce sanctuaire vise à les protéger.

Tarsier Sanctuary, Bohol.
Tarsier Sanctuary, Bohol.

Leur lenteur est impressionnante mais ils sont sacrément mignons, la ressemblance de profil est frappante avec Maitre Yoda.

On ne s’attendait pas à les voir d’aussi près même si nos « amis mandarins » ne comprennent pas qu’il faut être discrets : ne pas les toucher (ces derniers se suicidant lorsqu’ils sont en captivité) ni les apeurer avec les perches à selfies où les bruits stridents des déclencheurs d’appareil photo..

On continue notre route direction le village de Loboc, en bord de rivière, en passant par des rizières magnifiques. Le tremblement de terre de 2013 à détruit la plupart des églises de la région qui sont donc toutes en reconstruction et inaccessibles, dont la plus importante ici à Loboc. On fait escale chez Nuts Huts pour le déjeuner, resto-auberge niché en plein milieu de la jungle où la nourriture comme la vue valent franchement le détour.

Direction Bilar, sanctuaire de papillons très touristique en journée mais où l’on a dégoté ce matin une hutte sommaire avec eau froide bon marché pour la nuit (500PHP/10 €)

Après y avoir déposé nos affaires on part pour les Chocolate Hills, ensemble de 1268 collines ondulantes pratiquement identiques couvertes d’une végétation qui prend des teintes brunes « chocolat » en saison sèche. On fait un petit détour pour aller se rafraîchir  dans une pseudo-source qui n’est en fait qu’une piscine artificielle bondée de monde avec un enclos à singes sinistre et pour laquelle nous devons payer 10 fois le prix des locaux..  Contrariés par le gap immense entre ce que nous a vendu la nana de l’entrée et la réalité, on négocie férocement pour récupérer notre argent mais n’arrivons qu’a couper la poire en 2 en récupérant la moitié de notre mise. On comprend pourquoi la version 2015 ne mentionne plus cette arnaque, c’est le risque de voyager avec des guides de 2011, achetés photocopiés au Cambodge. On arrive aux Chocolate Hills où il faut -une fois de plus- payer pour la vue. Une d’entre elles est  un peu plus haute que les autres et permet d’avoir une vue d’ensemble assez impressionnante moyennant 1 euro chacun..

Chocolate Hills, Bohol.
Chocolate Hills, Bohol.

Ça vaut clairement le déplacement même si les « Hills » sont plutôt couleur After Eight que chocolat noir. On essaye de sortir un peu des sentiers battus sans succès en allant se perdre et s’embourber dans les collines environnantes à la recherche des 8 Sisters, ensemble de 8 collines identiques qu’on ne trouvera jamais. :-)

Ile de Bohol.
Ile de Bohol.

Retour au bercail ou tout est très calme et où l’on est tranquilles, abstraction faite du nombre impressionnant de bestioles bruyantes qui nous entourent, mais c’est aussi le charme de l’endroit..

Réveil matinal pour faire un détour dans le centre de l’île, la dernière portion de 25km de descente jusqu’à la côte est absolument magnifique, les panoramas jungle/mer/rizières/collines sont dingues et les pentes vertigineuses. Retour dans l’après midi sur la presque île de Panglao, le temps de dégoter un chouette hôtel pour les 30 ans de Cha le lendemain.

En attendant de dormir dans un des hôtels les plus luxueux de l’île on dort dans la pension la moins chère de la ville, sommaire mais ok. On pousse le contraste jusqu’à demander le pick up offert par l’hôtel en voiture de luxe le lendemain matin, depuis notre guesthouse. 

Coucher de soleil sur Panglao, Ile de Bohol.
Coucher de soleil sur Panglao, Ile de Bohol.

L’Amarela Resort, nous accueille pour 30h de farniente dans un cadre magnifique ; piscine à débordement, plage privée, restaurant et chambre avec vue sur mer !

On ne pouvait pas mieux tomber pour un anniversaire loin de la famille et des amis. Après la plage vient le temps de la détente et un super massage d’une heure attend Chacha.

Vu que l’on a pas tous les jours 30 ans, on en profite pour se lâcher sur les cocktails pour trinquer à la nouvelle décennie !

La néo-trentenaire, Amarela Resort.
La néo-trentenaire, Amarela Resort.

Au menu : fruits de mers, poisson en sauce, brochettes satay et bbq, salades de dingues bienvenus après 10 jours de malbouffe philippine!!!

Nous sommes tellement bien ici que  nous faisons le check-out au dernier moment et restons à la piscine jusqu’en fin de journée avant de rejoindre Tagbilaran.

Avion le lendemain matin pour Puerto Princessa sur l’île de Palawan après avoir passé la dernière nuit au Staylite B&B de Tagbilaran, à deux pas de l’aéroport qu’on rejoint à pied.

Nous avons une escale de 4h à Manille et les impressions de notre premier passage à l’aéroport international d’El Nino sont confirmées : 1h30 de retard pour le premier vol, 2H pour le deuxième.. On est dans la moyenne philippine, et nous trouvons une place in extremis dans l’aérogare bondée conçue pour 6 millions de passagers annuels et qui en accueille entre 9 et 10, sans air climatisé..

On approche de la Saint Valentin, et les équipages des deux avions CEBU qu’on prend proposent de venir chanter au micro du premier rang une chanson d’amour pour «spread the love in the air » comme ils disent.. Seuls les passagers philippins -adeptes inconditionnels des karaokés- répondent à l’appel alors que les touristes sont plus timorés (ou intrigués). C’est dans l’ensemble sacrément faux, mais très amusant et décalé par rapport aux standards de sécurité auxquels nous sommes habitués.. Chacun des volontaires remporte une besace un peu kitsch de la compagnie et en semble très heureux..

Arrivés à Puerto Princessa, on rejoint une fois de plus notre auberge à pied, l’aéroport étant dans la ville, et on s’étonne des moto taxis futuristes, conçus à base de pare-chocs de voitures.. Bien différents de ceux de Bohol ou Negros qui étaient fait pour ainsi dire… avec Dieu.

A l'arrière des moto-taxi.
A l’arrière des moto-taxi.

Apres les 97% de Vietnamiens agnostiques, ici aux Phillippines 98% de la population est catholique, et très très ( trop ? ) fervente.

On a pris les devants pour notre arrivée de nuit en réservant chez Casa Linda Inn, belle chambre avec clim pour 1000 PHP ( 20€).

On se fait un resto extra, Kalui, qui nous réconcilie un petit peu avec la cuisine phillipine, l’ambiance est tamisée, les Pina Colada bien chargées et fraîches. On s’y régale de soufflés de poisson à la coco, de tempuras de courgettes épicées, et de salade de fruit exotiques.

On réserve un van pour le lendemain pour port Barton à 3h30 de route de là , même si la légende dit que la plupart des chauffeurs font des compétitions -chronomètres en main- pour être le premier à destination et gagner la cagnotte.. On comprend vite que ce n’est pas vraiment une légende au bout de 5mn avec notre chauffeur, du genre grand malade décérébré, 140km/h sur des routes nationales assez étroites, avec deux pneus sous gonflés. On se promet de ne pas reprendre de mini van pour le reste de notre séjour et de se contenter des bus locaux un poil plus lents mais plus sécures.

Port Barton, conseillée par beaucoup comme une alternative paisible à la ville d’El Nido plus au nord où l’on doit passer 5 nuits peu après, est un petit village tranquille en bord de plage, composé de deux rues principales ensablées, parsemées d’échoppes et de bouibouis. Tous les hôtels conseillés par les guides sont effectivement complets depuis des lustres, après pas mal de porte à porte comme au bon vieux temps, Charlotte finit par nous dégoter un super plan dans la rue parallèle au front de mer, bungalow en dur un peu sommaire pour 500PHP (10€) la nuit mais niché au fond d’un joli jardin, le Villa Evergreen.

Villa Evergreen, Port Barton.
Villa Evergreen, Port Barton.

Topo Nourriture : La spécialité du restaurant ici est l’omelette aux aubergines et il faut avouer que c’est une sacrée tuerie.  :-)                           Les mangues Philippines qu’on s’achète en dessert dans une échoppe locale sont délicieuses, réputées pour être les meilleures du monde et les plus sucrées, il faut dire qu’elles ne sont pas fibreuses, mais juteuses et sucrées comme il faut.

La plage de port Barton offre un joli cadre pour lézarder quelques jours entre bouquinade, baignade et siestes ensoleillées mais attention aux sandflies, les mouches de sable qui viennent vous piquer et auxquelles on essaye de répondre tant bien que mal grâce à l’huile de coco apparemment répulsive !

Port Barton, ile de Palawan.
Port Barton, ile de Palawan.

On passe 3 jours sympas, ponctués d’une escale rafraîchissante aux cascades à 4km de là. Prochaine destination El Nido, à 5h au nord de là d’où l’on compte visiter l’archipel des Bacuits.

On vous embrasse.

Bilan Cambodge

11 jours/10 nuits du 21/01/2016 au 31/01/2016 cambodge_2

Itinéraire : Kep (2 n)- Kampot (2n) – Phnom Penh (2n) – Siem Reap(4n)

Monnaie : 1 euro –> 4400 Riels Cambodgiens, mais le dollar est presque plus utilisé que le Riel (1$-> 4000 Riels)                                        

Budget : 25 euros/j ( incluant entrée de 3 jours à Angkor, transport en bus VIP, hôtel avec piscine à Siem Reap pour 4 nuits) Assez variable.

6$ à Kep (double avec fan et sdb privée) : Visal Sak

12$ à Kampot mais hôtel pas vraiment à conseiller

20 $ à PP (top !!, hôtel neuf, clim, wifi ++, super pdj) : Richly Hotel

21$ à Siem Reap (piscine p, pdj très light, clim) : Angkor Pal 

Transport : 7$ en minivan ( 3h30, Kampot-PP) / 15 $ en bus de luxe avec Giant Ibis pour PP-Siem Reap (6h)                   

Nourriture :  dans la rue ou bouibouis entre 2 et 3 $ par personne pour un plat. Restaurant : entre 4 et 6 $.

Les +++ —-> La gentillesse et les sourires cambodgiens, beaucoup de bons souvenirs, une cuisine toujours aussi exquise ( Fish Amok, Lok Lak, Crabe au Poivre vert), la magie inégalée d’Angkor et la joie de le faire à vélo, les faubourgs tranquilles de Phnom Penh, le calme de la côte près de Kampot.

Les —- — —>  Un peu plus cher que ce que l’on pensait ( surtout la bouffe et les transports)

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Escale au Cambodge : de Kampot à la cité d’Angkor.

Le passage de frontière s’est bien passé même si on reste persuadés de s’être fait avoir sur le prix du visa, bref nous sommes heureux d’arriver au Cambodge.

Première escale à Kep, où nous avons réservé une guesthouse un peu à l’écart de la ville, exposée plein sud, sous le toit en tôle et avec un ventilateur qui n’a de ventilateur que le nom, autant vous dire qu’il fait sacrément chaud.

On ne se décide à sortir qu’en fin d’après-midi, oublié le bruit strident des klaxons vietnamiens et la circulation anarchique, on profite en toute tranquillité du calme inattendu et du beau coucher de soleil depuis le marché aux crabes.!

Marché aux Crabes.
Marché aux Crabes.

Le marché étant terminé depuis un moment, les poissons cuits, recuits et re-recuits sur les stands ne nous inspirent pas trop, l’odeur est assez forte, on tourne dans le marché mais rien n’y fait on ne trouve pas notre compte. On se dirige vers un resto pour goûter à la spécialité locale : le crabe au poivre vert de Kampot ! On est dans le resto à toutous de la ville, on doit être les seuls voyageurs indépendants mais on se rassure en se disant que si les groupes descendent ici, la cuisine doit être bonne et c’est confirmé par notre plat qui est une petite tuerie !

Welcome to Kep.
Welcome to Kep.

Le lendemain direction chez Sothy’s, jeune plantation de poivre de 9 ans qui a été reprise il y a 4 ans par un allemand amoureux du Cambodge. Pour visiter la plantation une jeune française qui fait ici du woofing nous en apprend plus sur la culture du poivre. Le poivre de Kampot bénéficie d’une appellation contrôlée et est soumis à une charte environnementale, étant eco-certifié depuis 2010 par un logo qui empêche de se faire rouler en en achetant au marché à des prix bien plus bas, mais importé la plupart du temps du Vietnam voisin. Les prix de vente sont fixés et sont les mêmes pour tous les producteurs pour ne pas pousser à l’excès de rentabilité.

Sothy's Pepper Plantation, Kep-Kampot.
Sothy’s Pepper Plantation, Kep-Kampot.

Petit rappel pour les amateurs (et les curieux), le « poivre vert » est le poivre frais qui n’a pas d’odeur mais qui est très goutû, le noir est le résultat du vert que l’on a fait sécher, le rouge est celui du poivre vert que l’on a laissé mûrir sur les plants puis fait sécher. Quant au blanc, c’est le résultat du poivre rouge que l’on a fait bouillir et frotté pour en retirer sa coque extérieure rouge (ou que l’on a récupéré dans les fientes des oiseaux du coin qui ne digèrent que la première couche et défèquent du poivre blanc, véridique, méthode locale) .

On en prend plein les narines, les poivres sentent le tabac, les tomates séchées,… On se laissera tenter par deux spécialités locales que sont le Fish Amok ( curry de poisson au lait de coco) et le Fried Pork avec une sauce citron vert sel/poivre du feu de dieu ! Le restaurant de la dite plantation est une petite pépite.

Casque au top, designe, taille.. grande réussite.
Casque au top, designe, taille.. grande réussite.

Dans l’après-midi nous profitons du petit bout de plage de Kep, l’eau est sale donc pas de baignade mais l’ambiance sur la plage est assez agréable, locaux et touristes se mélangant, pique-nique pour les uns et baignade pour les autres le tout sur un coucher de soleil encore une fois magnifique !

Plus le temps passe et plus le différentiel entre le Vietnam et le paisible Cambodge nous frappe, le sourire et l’amabilité des Cambodgiens est très agréable surtout après cette fin de séjour au Vietnam où l’on s’est senti un peu comme des vaches à lait.

Curiosités khmères.
Curiosités khmères.

Nous remontons ensuite vers Kampot à quelques kms au Nord, qui à l’image de Kep est une ville paisible bien qu’animée de quelques restos et bars le long du fleuve. Nous en profitons le soir venu pour nous offrir des cocktails en Happy Hours depuis la terrasse du Rikitikitavi

Nous voulons visiter l’ancienne station « thermale » de Bokor que les côlons français avaient construit à l’époque du protectorat pour échapper aux chaleurs écrasantes de Phnom Penh. Aujourd’hui c’est surtout le royaume du kitsch et du mauvais goût pour attirer les touristes chinois en masse. Les vestiges du colonialisme français ont quasiment disparus et à la place on retrouve un hôtel jaune moutarde hors de prix de 600 chambres sans fenêtres ou presque, un casino et d’autres hôtels tous aussi vilains en construction ! L’église désaffectée rappelle des scènes de films d’épouvante.

Station de Bokor, Kampot.
Station de Bokor, Kampot.

La vue d’en haut est par contre incroyable, et vaut à elle seule le déplacement, perchés à 1080m d’altitude au-dessus de la jungle et avec la mer si proche, avec un petit côté Table Moutain du Cap..

Station de Bokor, Kampot.
Station de Bokor, Kampot.

En redescendant nous faisons une halte dans les marais salants, en passant par une communauté gitano-musulmane où le sourire est roi, et l’accueil chaleureux. Les marais en fin de journée sont comme des miroirs, l’ensemble des montagnes alentours et du ciel un peu chargé s’y reflétant.

Marais Salants, Kampot.
Marais Salants, Kampot.

On ne change pas une équipe qui gagne et on retourne dans notre bar pour profiter ce soir encore des cocktails, on vous rassure, on a arrêté depuis :)

On booke depuis la GH, un bus pour Phnom Penh le lendemain matin avec une compagnie fiable d’après nos hôtes.

C’est en fait tout l’inverse, et on déchante vite ce matin quand on nous dépose dans une toute autre compagnie sûrement beaucoup moins chère. On est un peu saoulés d’autant plus que le chauffeur fait partie de la catégorie des « super connards »… Les locaux ont tous attachés leur ceintures et sont accrochés à leurs sièges, encore un trajet qui risque d’être beaucoup trop long …

Topo Chauffeurs de Bus : On est un peu fatigués d’avoir en permanence à mettre nos destins entre les mains de chauffeurs de bus complètement inconscients, et de prendre chaque trajet comme une partie de roulette russe.. Sur la trentaine de trajets qu’on a fait en bus depuis fin novembre, les conducteurs pas trop imprudents se comptent sur les doigts de la main..  Beaucoup sont payés au trajet donc mettent les gaz très facilement, mais la question de la sécurité est somme toute aléatoire. Les compagnies « express » ne prennent pas leur qualificatifs à la légère, et il n’est pas difficile pour nous de qualifier ces kamikazes de super connards, inconscients du nombre de personnes qu’ils transportent , et pour qui un coup de klaxon suffit à s’abroger de toutes les règles les plus élémentaires de conduite.. On a beau savoir que la plupart d’entre eux sont -sans faire de schématisation basique – des jeunes des rues qui n’ont pas eu beaucoup d’autres choix, et qui n’ont pas eu d’éducation ni de formation, on a du mal à ne pas tomber dans un scepticisme quasi automatique. Automatique, ou stéréotypé, comme l’est leur comportement « bipolaire », accélérant soudainement avant de rouler au pas 2mn plus tard on ne sait pourquoi.. On vous passe la panoplie classique du chauffeur : polo flashy, lunettes aviator, casquette vissée sur la tête chiquant on ne sait trop quoi, regard de tueur en mode taxi driver , le style en moins, main droite sur le volant main gauche sur le levier de vitesse téléphone portable…

On aimerait se dire que les accidents n’arrivent qu’aux autres comme beaucoup d’autres touristes le pensent en s’amusant des conduites aléatoires, mais on est la preuve vivante que c’est faux. Cela commence à vraiment nous peser, on aurait envie de creuser des nids de poule dans les routes (qui se sont vraiment bien améliorées depuis mon dernier passage en Asie, il y a 8 ans) pour les forcer à ralentir , mais ils trouveraient encore moyen de s’en accommoder à 100km/h.

J’ai en permanence le sentiment que les pneus sont dégonflés ( à mettre sur le dos des séquelles post traumatiques j’imagine), et il faut dire que sur ça on est pas très doués pour se rassurer l’un l’autre..

On se dit que la loi des séries n’existe pas, qu’un accident ça suffit et qu’on est immunisés maintenant mais peu d’éléments concordent dans ce sens. Douce France cher pays de mon enfance bercée de tant d’insouciance, ça nous donnerait presque parfois des envies de retour anticipés, mais on se persuade finalement qu’il nous reste de belles choses à découvrir.

N’imaginez même pas pouvoir faire une réflexion aux chauffeurs, qui prennent ça pour des encouragements à aller plus vite et montrer ce qu’ils ont dans le slip. Et c’est là qu’on se rend compte qu’ils ont des co***** à la place du cerveau.

Dieu à vraiment bon dos ici, puisqu’ils remettent bien trop facilement leur sort entre ses mains, comme en attestent les nombreux autocollants que l’on trouve dans les bus, entre psaumes et « God is with us » ou « God is my copilot » un peu trop auto-persuasifs pour nous..

Arrivés à Phnom Penh, on descend dans un super hôtel central, tout neuf, et pas trop cher , le Richly Hotel ( 22$ double éco avec pdj) Octave ne peut s’empêcher de se la jouer guide après y avoir passé quelques jours avec Laura il y a 8 ans, on file à notre hôtel et partons nous balader au marché Orussey, c’est immense et nous nous « perdons » dans le dédale de stands entre les fringues, les cosmétiques, le bricolage, les fruits et autre …. Mieux que le BHV en un peu moins chic !

Une chose n’a pas changé ici depuis la dernière décade, c’est le nombre assez hallucinant de 4×4 derniers cris (Audi, Lexus, Range Rover, Porsche Cayenne.. tout y passe) qui côtoient la misère la plus criarde, conduites par des locaux qui après renseignements travaillent pour la plupart au…. gouvernement. On vous laisse faire le raccourci.. Monde de m**** !!!

On est surpris aussi du nombre de portable derniers cris dont sont équipés beaucoup d’asiatiques, quelque soit les classes sociales.. Quand on sait ce que représente un Iphone 6 par rapport à un salaire annuel moyen, on ne peut que se dire que les choix d’investissements sont vraiment différents d’un coin à l’autre du globe..

Après une virée infructueuse et légèrement chronophage à l’ambassade de Birmanie où l’on comptait faire des visas pour le mois prochain pour bien moins cher que par internet, mais qui nécéssite 3 jours de délai que nous n’avons pas., nous prenons les devants pour le prochain trajet en bus. On achète nos billets de bus pour Siem Reap chez Giant Ibis, une compagnie qui mise sur la sécurité et le confort moyennant un tarif 20% supérieur que ses concurrents, supplément qu’on est ravis de payer pour notre santé psychique vous l’aurez compris. :-) :-)

Sieste à Phnom Penh .
Sieste à Phnom Penh .

Balade au stade national, à l’heure du début des cours de gym collectifs en musique..

On prend le temps de flâner dans la ville qui je dois l’avouer je trouve très agréable, à taille humaine, verte, aérée et franchement assez tranquille comparé aux grosses villes Asiatiques que l’on a pu visiter précédemment.

Nous partons au musée de Tuol Sleng (« l’endroit où l’on rentre mais d’où l’on ne sort jamais »), ancien lycée transformé par les Khmers Rouges (KR) en 1975 en une prison secrète où étaient torturés les opposants au régime de Pol Pot.

Ce dernier est l’exemple parfait des dérives sectaires de certaines idéologies poussées à l’extrême, qui après avoir étudié à Paris, prit le pouvoir au Cambodge, en opposant « peuple de base » et « peuple nouveau ou peuple du 17 avril » ( les intellectuels, artistes, hommes politiques et instruits), recrutant de force ses partisans dans les populations «  ignorantes » des campagnes.

Remettant l’agriculture au centre de tout, il vida Phnom Penh en 3 jours, cherchant à rééduquer les urbains aux valeurs rurales khmères ancestrales. Une fois PP vidée de sa population, la machine génocidaire d’exécution se mit en place rapidement.

Deux « principes » dictés par Pol Pot gouvernaient ces atrocités : « mieux vaut tuer un innocent qu’épargner un ennemi », et le concept d’arrestation par filiation ( « couper une mauvaise herbe ne suffit pas, il faut la déraciner ») visant à tuer les enfants, et petits enfants pour éviter qu’ils ne se vengent plus tard..

La sombre histoire des Khmers Rouges (KR) est un sujet très délicat à aborder ici, chaque Cambodgien ayant un membre de sa famille impliqué d’un côté ou de l’autre.

La prison a été découverte une semaine après l’arrivée des américains dans PP, il y avait 7 survivants, et plusieurs corps mais la plupart des archives, photos ou documents avaient été brûlés par les KR. C’est en cela aussi un des paradoxes des régimes totalitaires que de vouloir répertorier méthodiquement tous les prisonniers pour induire une différence entre eux alors qu’ils étaient tous traités de la même manière. Des pseudos infirmiers prolongeaient la vie des prisonniers malades en leur injectant de l’eau salée et de fausses vitamines, tandis que d’autres était disséqués encore vivants pour les cours d’anatomie, ou servir de « banque de sang » aux KR.

Ancien géolier Khmer Rouge, Tuol Sleng, Phnom Penh.
Ancien géolier Khmer Rouge, Tuol Sleng, Phnom Penh.

Autant vous dire que la visite, qui se déroule dans les anciennes salles de classes transformées en cellules, ou en pièce de torture, relève plus d’un devoir de mémoire que d’une partie de plaisir.. Les milliers de photos type organigramme des prisonniers, hommes, adolescents, femmes, fillettes,, tous confondus, font froid dans le dos, d’autant qu’on sait qu’elles ne représentent qu’une infime partie, la plupart ayant été détruites. D’autres montrent les prisonniers ferrés en position allongée les uns à côté des autres, à côté même des appareils de tortures qu’on ne décrira pas..

Les régles de Tuol Sleng, Phnom Penh.
Les régles de Tuol Sleng, Phnom Penh.

Afin de compléter cette visite nous continuons les « réjouissances » en allant aux « Killing Fields » , les camps d’extermination où finissaient la plupart des prisonniers de Tuol Sleng pensant en avoir terminé avec les tortures. Ils étaient envoyés de nuit à la sortie de Phnom Penh pour être exécutés et jetés dans des fosses communes. Afin d’éviter trop de suspicions les KR déversaient sur les cadavres du DTD, un pesticide, utilisé pour masquer les odeurs, et des chants de prières étaient diffusés par le haut parleur au volume maximum pour masquer les gémissements et le bruit des balles.

Un monument sur 7 étages avec les ossements retrouvés sur place a été érigé en mémoire aux 3 millions de morts et de disparus ( soit plus d’un tiers de la population totale du Cambodge de l’époque ( 8 millions))

Après leur chute, les KR furent considérés comme les chefs d’état par les Nations Unies (France/Angleterre et bien d’autres) jusqu’en 1997, année de l’arrestation de Pol Pot, et ce à la place du nouveau pouvoir officiel mis en place depuis 1978 par l’ennemi ultime Vietnamien. Etrange avec du recul de voir comment la communauté internationale a pu ne donner que si peu d’importance à cette situation pendant 20 ans..

Difficile pour nous après ça de comprendre d’où peut venir l’extreme gentillesse et l’amabilité des cambodgiens qu’on rencontre depuis une semaine, toujours souriants et curieux.

Pour nous changer les idées, on prend la direction  du marché russe et du marché central remarquable par son architecture atypique en forme de dôme. 

Aujourd’hui nous prenons notre méga-bus sûrement le plus stylé et le moins dangereux du voyage – où l’on a même le droit à un pain au chocolat- direction Siem Reap qu’on atteint en 6h de route. C’est le point de départ vers Angkor, que l’on décide de visiter en vélo les 2 prochains jours de manière à prendre le temps de s’arrêter où bon nous semble . On a choisi un hôtel avec piscine, qui sera la bienvenue après les 80 kms de vélo au programme des prochaines 48h.

Nous décidons d’y aller crescendo en commencant par ‘la petite boucle’ de 35km. Cette dernière passe par Angkor Thom, la cité royale construite par Jayavarman VII à la fin du 12ème siècle pour restaurer la puissance du royaume khmer après l’invasion des Chams. Les 3 temples les plus connus (Angkor Wat que nous réservons pour le lendemain, Ta Phrom, et le Bayon) font partie de cette petite boucle.

Le Bayon, est le premier que nous visitons, est le temple central de l’ancienne ville d’Angkor Thom, et le dernier des « temples-montagnes » du site d’Angkor. Sa décoration est d’une exceptionnelle richesse avec ses tours à visages dédiées au Bouddha et à la diffusion de sa doctrine, et les bas-reliefs pour la plupart très bien conservés. On s’est acheté un petit guide en ville la veille, qui nous aide bien à avoir quelques pistes de compréhension. En arrivant sur le temple de Bayon, les chinois sont en masse et fidèles à leur habitude bruyants, peu discrets et concernés par ce(ux) qui les entoure.  On arrive quand même à se trouver des petits endroits calmes afin d’apprécier la beauté des lieux. Comme au Machu Picchu, il est difficilement imaginable, quand on voit la précision et le gigantisme du travail accompli, qu’il a été fait à mains d’hommes il y a presque 1000 ans..

On passe de terrasses en palais, plus ou moins abimés, sous une chaleur étouffante qui nous oblige à faire de nombreuses pauses hydratation et avec comme perspective agréable la piscine en fin de journée.

Le Ta Phrom est notre deuxieme grosse visite de la journée, il est de même style que le Bayon mais à la différence de la plupart des autres monuments d’Angkor, a été laissé dans un état proche de sa re-découverte au début du 20ème siècle. Beaucoup de

Terrasse du roi lépreux, Angkor Thom.
Terrasse du roi lépreux, Angkor Thom.

travail a été nécessaire pour stabiliser les ruines et en permettre l’accès, afin de maintenir « cet état de négligence apparente« , avec un entrelacement des racines et des murs,  et  l’alternance d’arbres et des pierres qui en fait un de mes chouchous :-) .

2008-2016
2008-2016

On finit la journée par un coucher de soleil depuis le Srah Srang, un lac moins bondé que les alentours d’Angkor Wat, où les tuks-tuks se précipitent à la tombée de la nuit.

La piscine est salvatrice alors que nous venons de faire la dernière heure pour rentrer de nuit, sur une nationale au trafic assez peu rassurant. On se dégote un petit resto où manger un délicieux Lok-Lak, la spécialité de boeuf cambodgienne, à base de lamelle de boeuf sautées dans une sauce huitres !! Exquis :)

Le lendemain c’est plus de 45km qui nous attendent sur la grande boucle et on se lève a 5:00 pour aller observer le lever de soleil sur le temple d’Angkor Wat. La ligne droite de 8km semble interminable, d’autant que l’on se fait doubler par un nombre incalculable de tuk-tuk.

On est pas seuls et les places sont chères, le lever du soleil étant gaché par la couverture nuageuse, on part à la visite du temple en laissant le gros de la foule attendre une éclaircie qui ne viendra pas et profitons des lieux en toute quiétude.envers decor angkor

On tombe par hasard sur une procession religieuse bouddhiste à même le temple, qui ajoute à la magie de la visite.

Procession bouddhiste, Angkor Wat.
Procession bouddhiste, Angkor Wat.

Angkor Wat est le temple le plus connu d’Angkor, qu’il vaut mieux éviter en heures de pointes. Je me rappelais ne pas l’avoir tellement apprécié il y a 8 ans, faisant surement une petite saturation, là je le rédecouvre à ma grande surprise, et on en profite pleinement sans trop de foule. Le travail est dantesque, les villes étaient immenses à l’époque, et l’on se sent vraiment transportés, et tout petits.

Angkor Wat.
Angkor Wat.

Il fait de plus en plus chaud et pédaler pour ma part devient un calvaire sous les 40 degrés sans une once d’ombre, il en devient même difficile d’apprécier les temples à leur juste mesure et ils deviennent tous un peu les mêmes !

Temple de Ta Keo, Angkor.
Temple de Ta Keo, Angkor.

On apprécie pas forcément autant que cela celui que beaucoup nous avaient recommandé, le Preah Khan, qui est super endommagé à notre gôut et qui pour schématiser rapidement notre ressenti ressemble à un tas de ruines.

Heureusement que ce n’est pas trop le cas pour Octave qui me redonne un coup de boost bienvenu en fin de journée ! Enfin on rentrera en début d’après midi !

Angkor.
Angkor.

Le lendemain journée off/piscine/préparation,  on ne veut pas d’overdose de temples alors on fignole notre parcours aux Philippines et achetons nos billets d’avion avant qu’ils soient trop chers.

Notre dernière journée au Cambodge ! On part louer un scooter car une partie des temples est loin et l’on peut y accéder en scooter sans passer devant les gardes qui gèrent le plus gros des sites touristiques. On part donc direction le temple de Banteay Srei, le temple des femmes, à 40km. Ce n’est pas le temple le plus impressionnant par sa taille mais il est plus ancien qu’Angkor Wat et construit en grès rose et en latérite au 10è siècle.  Ses ornements sacrément bien conservés, et le détail hallucinant des fresques murales en font notre coup de coeur de la visite à Angkor, pour finir en beauté.

Banteay Srei, Angkor.
Banteay Srei, Angkor.

On s’envole pour les Phillipines et Manille où nous ne ferons escale que quelques heures à l’aéeroport, avant d’aller dans les Visayas, les îles du Sud. On vous embrasse affectueusement.

N’oubliez pas que l’essentiel des photos est en haut  de l’article (cliquez sur les miniatures puis faites défiler) :-)

Marché aux Crabes, Kep.
Marché aux Crabes, Kep.

 

 

Vietnam en Bref.

vietnam_2Le Vietnam EN BREF

Itinéraire :  Hanoi (4n)- Baie Along (2n)-Ninh Binh (1n)- Train nuit (1n) Hué (2n)- Hoi An (4n)- Danang (1n) – Nha Trang ( 1n) – Dalat (1n) – Ho Chi Minh (3n) – Vinh Long Homestay (1n)- Ragia (1n)- Phu Quoc ( 3n).

Monnaie : 1 euro –> 24500 Dongs Vietnamiens.

Budget : 26 euros/jr/pers environ ( en comptant les vols intérieurs mais pas la croisière en baie d’Along, ni la nuit d’anniversaire offerte par Charlotte)

Logement : En moyenne 20 dollars (avec climatisation et petit déjeuner). Dalat (11$ avec petit dejeuner)/Phu Quoc (35$ avec pdj)

Prix d’un trajet :

  • Avion : 30 euros le trajet d’une heure avec bagages sur compagnie low cost en reservant pas tellement à l’avance ( VietjetAir, Vietnam Airlines).
  • Train : en couchettes autour de 30 euros les 12h de train (800km), 15 euros en sièges inclinables.
  • Bus couchettes : 25000 dongs (1euros) l’heure de trajet. Exemple : Hué-Hoi An (100000 dongs, 4h30)

Nourriture :  dans la rue ou bouibouis entre 15.000 (0,6€) et 50.000 dongs (2€) par personne pour un plat et une grande bière à deux, Dans les restaurants, plutôt autour de 75000 (3€)/150000 (6€) dongs chacun, et on y mange pas forcément mieux ( on paye le cadre quoi..)

Les +++ —-> On a été vraiment enchantés par le Vietnam et globalement les Vietnamiens, mentions spéciales pour Hanoi et sa vie effervescente et sa street food à tomber, les baies d’Along et de Lan Ha, Hué pour sa belle citadelle, Villa Louise pour son luxe raffiné, Hoi An pour son animation nocturne et ses tailleurs, Dalat pour la fraicheur bienvenue, sa pagode de Linh Phuoc, et ses confitures de fraise, le stop-plage cuisine grècque de Nha Trang.            La cuisine vietnamienne en général, qui dépasse peut être légerement sa voisine thailandaise dans nos petits coeurs.

Les —- — —> Clairement pas grand chose mis à part notre déception du Sud Vietnam ( le delta du mekong, et l’île de Phu Quoc clairement surcotée.), et les prix exhorbitants de la baie d’Along terrestre.

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D’Ho-Chi-Minh Ville à Phu Quoc en passant par le Delta du Mékong.

On arrive à Saigon, appelée aussi Ho Chi Minh Ville. C’est la locomotive du Vietnam, une ville où deux mondes cohabitent: des grattes ciels aux pagodes, des expatriés en costard aux vendeuses de rue, des restaurants et boutiques ultra-chics aux marchés et bouiboui populaires.

Gratte-ciel, Ho Chi Minh.
Gratte-ciel, Ho Chi Minh.

On arrive sur les coups de minuit et filons directement à l’hôtel que nous avons réservé, ce n’est qu’une fois sur place qu’on se rend compte que c’est en plein milieu de la rue la plus animée du District 1, le quartier des auberges et hôtels « backpackers ». Les basses sont à leur maximum (enfin on le croit quand on arrive, mais plus ça va plus ça augmente.. ). Le gardien de nuit de l’hôtel essaye de nous la faire à l’envers en nous demandant de régler les 3 nuits à un taux désavantageux (rendant le dollar plus cher que l’euro), on refuse et après une discussion un peu houleuse que l’on aurait aimé éviter à cette heure si tardive prenons place dans notre chambre au 7 étage (sans ascenseur, mais un câble un peu ballotant descendant du toit nous monte les sacs sur le palier).

On a beau s’être pris une chambre « deluxe », y’a du boucan. Boules Quies et climatisation aidant on tombe rapidement dans les bras de Morphée, même si c’est une des premières fois qu’on est confronté au côté arnaqueur des locaux bossant dans le tourisme dont les gens nous avaient parlé.

On fait une première escale au marché Dan Sinh, un marché de surplus militaire débordant de tout l’attirail guerrier : gilets par balle , plaques militaires, masques à gaz.. Authentiques ou pas mais avec une ambiance de marché aux puces assez intense. Disons le clairement, Ho Chi Minh peine à nous séduire, le trafic est infernal et la moiteur ambiante asphyxiante. Elle paraît parfois trop grande pour nous petits piétons, à l’image de Brasilia ou de Johannesbourg, où les moteurs sont rois. Autant dire que pour nous deux qui adorons nous balader à pied, on fait un peu chou blanc et sommes moyennement emballés par la ville.

Cela dit, j’imagine, et Thomas pourra le confirmer, que la vie d’expat à Saigon ne doit pas être désagréable. On fait une deuxième escale au marché Ben Thanh, sorte de BHV couleur locale ou l’on trouve effectivement de tout, mais surtout beaucoup de touristes et des prix fixes non négociables. Un petit tour et puis s’en va pour nous vous l’aurez compris.

Escale gourmande chez Quan Ngon 138, où la cuisine de rue est servie dans une vieille maison coloniale, et à petits prix : super Bun Bo. En sortant on tombe sur le Palais de la Réunification, qu’on décide de visiter. Il paraît s’être figé le 30 avril 1975, jour où les premiers chars nord-vietnamiens entrèrent dans Saigon, écrasant les grilles du palais , et allant planter un drapeau Viêt-cong sur le balcon pour prendre le pouvoir et renommer la ville du nom de leur leader. L’architecture est moderne et plus plaisante que celle du mausolée d’Ho Chi Minh à Hanoï , mais une ambiance étrange se dégage quand même des vastes salles désertes que l’on peut visiter.

Salon des Ministres, Palais de la Réunification, Ho Chi Minh.
Salon des Ministres, Palais de la Réunification, Ho Chi Minh.  
Palais de la Réunification, Ho Chi Minh.
Palais de la Réunification, Ho Chi Minh.

Un peu plus loin le Musée des Souvenirs de Guerre, jusqu’à récemment appelé Musée des Crimes de Guerre Chinois et Américains, mais rebaptisé on l’imagine pour raisons diplomatiques, eût égard au nombre imposant de touristes de ces deux contrées ici.

Le propos est certes un peu partial (comment ne pas l’être..), mais il met en lumière la brutalité de la guerre de façon vraiment marquante, au travers de photos noir et blanc dérangeantes (désastre des millions de litres d’agent orange déversés par l’aviation américaine, civils brûlés au napalm ou déchiquetés par les bombes) et d’explications extrêmement précises et documentées. Difficile d’échapper à ce musée pour comprendre un peu mieux l’histoire de ce pays, c’était hier il faut s’en rappeler.

Après quelques emplettes nous envoyons un colis depuis la superbe poste centrale à l’infrastructure métallique dessinée par notre Gustave Eiffel national et au fond de laquelle trône vous l’aurez deviné un grand portrait…d’Ho Chi Minh.

Poste Centrale, Ho Chi Minh.
Poste Centrale, Ho Chi Minh.

Moyennant 3 mois de délai par voie maritime et seulement 30 euros d’affranchissement pour 4 kilos,on se déleste de quelques surplus (la doudoune de Charlotte qui risque de ne pas lui être utile vues les températures qui nous attendent au Cambodge, Philippines, Singapour et en Birmanie nos prochaines destinations, quelques petits souvenirs, et nos vêtements sur mesure).

C’est assez déroutant et amusant à la fois, de voir le nombre de faucilles, d’affiches de propagandes et de drapeaux communistes, et l’impressionnant don d’ubiquité de l’ami Ho Chi Minh, dont les portraits sont affichés tous les 30m, jusqu’à défiler même sur écran géant type Times Square à New York.. A côté même de tous les signes les plus flagrants du capitalisme et de la société de consommation..  On se demande si certains y croient vraiment.. Le Vietnam n’étant plus communiste mais officiellement socialiste.

Et oui :-)
Et oui :-)
Et encore oui, Ho Chi Minh.
Et encore oui, Ho Chi Minh.

On décide le lendemain d’aller se balader dans le quartier de Cholon, ancien quartier chinois, déserté après les mouvements anti-chinois de 1978-79, et qui se repeuple depuis quelques années de son ancienne communauté de l’Empire du Milieu, ces derniers revenant explorer les possibilités d’investissement.

Quartier de Cholon, Ho Chi Minh.
Quartier de Cholon, Ho Chi Minh.

Ici , peu de choses à visiter si ce n’est de s’imprégner d’une atmosphère bouillonnante de marché, puis de se retrouver ensuite plus au calme en allant visiter de belles pagodes (et pas forcément les coups de cœur du Lonely vers lesquels on a tendance à aller plus facilement et qui sont souvent des déceptions comparés à d’autres portes que l’on pousse volontiers dont les guides parlent à demi mot), une église, une mosquée et quelques herboristeries traditionnelles qui subsistent encore, on ne sait pour combien de temps.

On décide de s’offrir un cocktail depuis un rooftop au coucher du soleil, c’est un must ici, et on s’oriente vers la Bitexco Financial Tower, construite par Carlos Zapata, haute de 262m et qui domine fièrement la ville avec sa plate forme d’observation suspendue, qui sert aussi d’héliport au 51eme étage.

Le prix des cocktails est plus germanopratins que vietnamien , mais qu’importe, l’ascenseur est compris dans le prix et la vue est comment vous dire… Exceptionnelle, à 360 degrés sur les buildings, le Mékong en contrebas, et l’immensité de la mégalopole plus loin.

AltiBar 52, Ho Chi Minh.
HéliiBar 52, Ho Chi Minh.

Les cocktails sont divins et ce n’est pas uniquement parce qu’on les sirote à hauteur de nuages, perchés à l’Eon Heli Bar du 52eme étage.

Eon HeliBAr 52, Ho Chi Minh.
Eon Heli Bar 52, Ho Chi Minh.

On rejoint une dernière fois notre petite « tribu » québécoise pour savourer un festin au 5Ku Station, un barbecue en plein air fait de brique et de broc, bruyant, enfumé mais où l’on se régale de calamars, crevettes, autruche, bœuf grillés sur table accompagnés de frites maisons, légumes à l’asiatique et de très nombreuses bières.. Pour couronner le tout l’addition est mini et on se rend compte une fois sortis et étonnés de la facture, qu’on nous a oublié 18 bières sur 24… L’affaire semble tourner sans problèmes et nous ne culpabilisons finalement pas tellement d’avoir eu ce cadeau d’adieu  « involontaire » :-)5qu Station BBQ

On prend un bus le lendemain matin pour Vinh Long, à 2h de route au sud, en plein delta du Mékong, où nous avons trouvé un homestay pour la nuit.

Arrivés là bas on nous dépose à l’ancienne gare routière en dehors du centre ville ( et de la nouvelle gare routière bien plus centrale..) d’où nous rejoignons les bords du fleuve en xe-om, le moto taxi local.. Le transfert vers l’île fluviale d’An Binh est compris dans le tarif de la nuit chez l’habitant (16 dollars chacun en demi pension et chambre double). Arrivés sur place la belle bâtisse ancienne en bois est charmante, même si l’accueil on le vérifiera les prochaines 24 h est froid voire inexistant.. La femme qui gère le gîte est franchement désagréable, cela commence à faire beaucoup pour le Sud Vietnam. Nous sommes presque seuls avec un couple d’allemands, nous décidons de profiter des environs en empruntant des vélos et les pistes caillouteuses de l’île, passant dans de minuscules villages bien poussiéreux mais accueillants.

Homestay, Vinh Long, Delta du Mékong.
Homestay, Vinh Long, Delta du Mékong.

Le soir venu on aide comme on peut les cuisinières un peu autoritaires et non anglophones à préparer le dîner (qui s’avérera délicieux) et allons tranquillement nous coucher : il est 20h15.

Réveil aux aurores le lendemain matin , après avoir englouti un copieux petit déjeuner , on embarque tous les 4 sur un beau bateau en bois à la découverte de la vie marchande du Mékong loin des groupes de 30 touristes qui viennent à la journée d’Ho Chi Minh.. Les marchés flottants qu’on nous avait vendu sont un peu décevants (les routes s’améliorant, ils deviennent un peu obsolètes).

Marchés Flottants, Delta du Mékong.
Marchés Flottants, Delta du Mékong.
Marchés Flottants, Delta du Mékong.
Marchés Flottants, Delta du Mékong.

On a ensuite droit à la visite de la  Coconut’s Candies Factory, pas inintéressante, mais on se trouve un point commun avec nos compagnons d’outre Rhin : nous ne sommes pas très bons clients, et nous n’achetons donc rien. Une fois de retour sur le bateau on croise un groupe d’une trentaine de personnes et on se dit qu’au final la fabrique n’avait pas vraiment besoin de nous pour rentabiliser son affaire.

Oui oui vous avez bien vu., Delta du Mékong.
Oui oui vous avez bien vu., Delta du Mékong.

Nous visitons un peu plus tard une cimenterie qui fabrique soit disant les célèbres répliques commerciales des statues de l’île de Pâques, qui l’eut cru à 10000km de là, on est un peu dubitatifs sur la véracité des faits (et le coût exorbitant des frais logistiques) !

Les fameuses répliques.
Les fameuses répliques.

Notre visite du delta du Mékong s’achève, avec cette sensation que même en faisant les choses par soi même, tout ce côté du Vietnam est vraiment bien trop touristique pour nous. La balade, seuls sur ce beau bateau en bois et quand même vraiment agréable même si plus intéressante pour l’observation de la vie maritime du delta que pour les marchés flottants en eux même.

Delta du Mékong.
Delta du Mékong.

Une fois à quai, nous souhaitons rejoindre Chau Doc à une centaine de kilomètres de là, notre guide nous dit d’aller à l’ancienne gare routière à 3 kms du centre d’où un bus rejoint notre destination. On s’exécute mais à notre arrivée on comprend qu’il n’y a pas de bus … On repaye des motos taxis pour aller à l’autre gare routière et là c’est du grand n’importe quoi personne ne comprend rien, on finit par se rendre compte que notre bus n’existe pas ! Un peu énervés après avoir payé 2 motos taxis chacun pour rien, on va se prendre un verre en réfléchissant à un éventuel changement de planning.

Le tableau des consommations est affiché en Vietnamien, au moment de passer commande le serveur nous ramène une carte spéciale touristes « pigeons », où les prix sont majorés de 70%. On ne va pas dire qu’on parle vietnamien mais café ou eau sont des mots que l’on a assimilé. C’est vraiment too-much cette façon de prendre le moindre étranger pour un dollar, et de manière si grossière. On ne se gêne pas pour les envoyer sévèrement balader.

On décide d’aller à Con To à 1h30 de là, direction la gare routière du centre ville pour la énième fois de la journée ! Comme on s’y attendait on a encore une fois le droit au tarif touriste mais on ne se laisse toujours pas faire pour autant. Le chauffeur de bus pas très cortiqué pour faire honneur à ses congénères se mettant tout sauf discrètement devant les tarifs officiels affichés sur le bus, ce qu’on ne manque pas de lui faire remarquer.

On fini par payer le prix normal mais avec une petite taxe bagage, passons. On enchaîne à Con To sur un bus de 4h00 pour Ragia, où l’on compte passer la nuit.

La journée est très longue surtout qu’il fait pas loin de 40 degrés et que les bus locaux ont un confort sommaire. Quelques kms avant l’arrivée, et alors que la nuit est tombée depuis une bonne heure, on se retrouve tous seuls dans le bus alors que les derniers passagers viennent de descendre à une intersection. Sans indication du chauffeur, qui a quand même bien vu où nous allions, pas d’inquiétudes..

Enfin ça c’était avant qu’il ne tourne délibérément à l’opposé du centre ville pour nous déposer dans une ville de banlieue absolument pas prévue au programme, et à 15km de notre destination supposée ( et payée) ! Autant vous dire que nous nous sommes un peu (aphorisme) énervés et avons même tenté une sortie du bus en pleine marche, avec la nette impression qu’on voulait nous séquestrer.

Topo Bus : c’était déjà le cas au Laos, mais ici on se fait la remarque à chaque trajet, les nanas sont de vraies princesses, leurs copains-larbins doivent tout leur porter et en toutes circonstances. Cela n’a pas l’air d’être une question de galanterie mais plutôt une tradition. Leur téléphones ont une place prépondérante, et elles n’ont pas l’air très réceptives à l’idée de les lâcher pour partager ce genre de tâches ( on ne vous précisera pas évidemment que les valises sont souvent à roulettes). On ne sais trop quelle est la condition de la femme ici, mais c’est vraiment particulier à voir d’un oeil extérieur. Pour le départ des bus, c’est au bon vouloir du chauffeur, lorsqu’il ne fume pas avec son copilote, transformant le minivan en aquarium. Les 3 repas et 4 siestes réglementaires par jour ne sont pas négociables, pour le respect des horaires de bus c’est autre chose. :-)

Après s’être levé à 5:00 du matin et avoir passé une journée des plus galères on est très remonté, cette journée est à oublier, et confirme malheureusement nos impressions sur le Sud-Vietnam. !

Le lendemain nous partons sur l’île de Phu Quoc à 2:30 de bateau. On a réservé un hôtel un peu dans les terres à l’écart de la fameuse Long Beach, connue pour la multitude de resorts tous plus moches les uns que les autres qui l’occupent !

Notre chambre n’étant pas encore prête à notre arrivée on en profite pour aller faire un tour sur la plage. C’est effectivement une enfilade de constructions peu harmonieuses qui privatisent chacune un petit bout de plage. Impossible de poser le moindre bout de serviette sans devoir consommer, et ce sur des kilomètres, c’est un peu pénible.

On se dégote un super petit resto en retrait, chez Hieu Family Restaurant, au menu calamars grillés, et cuisine goûtue et bon marché ! On a tellement aimé que ça sera notre cantine pour les 3 soirs suivants :), Nous monomaniaques ???

On loue un scooter pour une demi journée et prenons la direction de la plage d’Ang La à 25 kms de Long Beach. Incroyable mais vrais nous sommes seuls sur une magnifique plage de sable blanc avec une eau  tellement chaude qu’elle n’en est pas vraiment rafraîchissante, la vie est dure.. :-) 

Le gros des touristes semble s’agglutiner sur une seule plage et ne pas vouloir sortir des sentiers battus ; tant mieux pour nous.

Le lendemain on reprend les scooters pour aller découvrir encore un peu plus l’île et s’éloigner de la masse touristique. On commence la journée par une ferme d’abeilles puis la chaleur étant écrasante direction plus au nord sur la plage de Vung Bau.

Phu Quoc est décrite par les guides comme une île paradisiaque aux plages de sable blanc et aux eaux turquoises !

C’est en fait plutôt, une fois sur place et en s’enfoncant plus loin que la charmante plage de la veille, une machine de déforestation à grande échelle. L’île entière semble en travaux, les routes bitumées sont encombrées du sable qui tombe des camions des entreprises de terrassement, rendant la chaussée très glissante. La moindre hectare de terrain est exploitée pour en faire des hôtels à chinois à plusieurs dizaines d’étages. Ca sent bon les pots de vins pour les permis d’exploitation.. Ici aucun plan d’urbanisation c’est anarchique, il faut juste être le plus rentable possible.campagne deforestation massive

Alors qu’on veut suivre l’itinéraire conseillé par le plan de l’office du tourisme le long de la Scenic Road qui fait le tour de l’île, on se retrouve coincés sur une plage.. Les routes ont été détruites par les pelleteuses, et les dizaines d’ouvriers qui travaillent sur les chantiers nous demandent de faire rouler le scooter sur la plage puis dans un ruisseau pour contourner leurs conn****. C’est vraiment du grand n’importe quoi on se retrouve enlisés dans 40 cm de sable brûlant avant de devoir passer dans 20cm d’eau avec le 2 roues.. Alors qu’on vient de passer une heure à travers des paysages de désolation, avec des arbres par centaines déracinés et jetés à l’eau, on retombe enfin sur une route principale.. et le Vinepearl, une sorte de Disneyland soviétique absolument affreux, construit par un entrepreneur mégalomane ( le fond d’investissement qui détient l’exploitation des temples d’Angkor au Cambodge). Les chambres sont à plus de 400$ la nuit, et il semble désespérément vide.. C’est d’un triste, le bonhomme a aussi construit un zoo à côté où il a fait venir éléphants, tigres et girafes., ainsi qu’un golf dont les pelouses d’un vert vraiment flashy contrastent sévèrement avec l’aridité des environs.. On vous laisse imaginer ce qu’il en est de l’exploitation des nappes d’eau souterraines.

Vinepearl, Phu Quoc.
Vinepearl, Phu Quoc.

Alors oui, on a séjourné dans un hôtel vraiment chouette, le MyPlace Siena Garden Resort, un peu en retrait de toute cette agitation, oui on a trouvé quelques belles plages de sables blanc ou se la jouer Robinson ou Vendredi, mais non non et encore non on ne pourra vous conseiller cette île qui avec la folie immobilière dérégulée, risque de finir très rapidement en une énième île béton-poubelle.

On passera quand même notre dernière journée à buller au soleil sur une jolie plage isolée loin de tous, avec le petit regret d’être venus 5 ans trop tard !

Les arnaques continuent..Phu Quoc est tout près de la frontière du Cambodge, il est quasiment impossible de traverser la frontière sans agence (ou en tous les cas ce n’est vraiment pas économique). L’hôtel nous suggère une compagnie fiable faisant la traversée jusqu’à Ha Tien puis Kep, notre première étape au Cambodge.

Au moment de payer le tarif n’est pas celui attendu, on nous répond que l’agence applique un taux de change plus important et qu’ils sont désolés ! Fidèles à Saint Thomas, on se rend ni une ni deux dans la fameuse agence où les prix sont -surprise- tout à fait normaux. L’hôtel, d’un standing qui ne justifie pas vraiment ce genre de pratiques, essaye de nous avoir, mais sans l’assumer, ce qui vous l’aurez deviné ne le fait pas vraiment avec nous. Il tentent des choses tellement grossières que cela doit sûrement passer avec un client sur deux, mais niveau éthique touristique on repassera. Ils sont bien mal à l’aise -et l’ont bien cherché- et n’essayent pas même de rattraper leur boulette. Comme dirait un moniteur de plongée : double check !!

« Mieux vaut passer pour un raccroc que de finir comme un pigeon »

Bateau de retour sur la côte vietnamienne le lendemain matin, où l’on vérifie encore cette singulière particularité, ici les locaux gardent leur casque de moto (casque de chantier type playmobil si on veut être tout à fait honnêtes), en toutes circonstances, dans les bus, bateaux, au restaurant.. comme pour se protéger d’un mauvais sort où du haut d’un cadre de porte mal placé sur lequel Octave pensait être le seul à pouvoir se cogner :-)

On fera rapide -notamment pour ne pas faire rejaillir les expériences douloureuses de ceux d’entre vous qui auraient déjà passé une frontière au Cambodge- mais l’agence est une vaste fumisterie. Le mafioso qui est chargé de nous faire passer la frontière nous demande des bakchichs pour tout ( 2$ la feuille de renseignements, 2$ pour pouvoir passer même sans photo d’identité, 2$ pour qu’un médecin que personne n’a vu nous prenne la température, tout est bon pour se faire de l’oseille). On est un peu têtus nous aussi, et l’envoyons méchamment bouler, même si c’est ici très mal vu de sortir de ces gonds.

Sur les 40 personnes qui passent la frontière ce matin, nous sommes les seuls à ne pas vouloir céder, le type a du se faire une commission de 200 $.. Fermez les boutiques, y’a un business ici. Le « Royaume du Bakchich Cambodge » se mérite, le prix du visa n’est affiché nulle part , et les policiers véreux qui gèrent le poste frontière ne semblent pas vouloir jouer la transparence.. Tant pis, on se dit qu’on a lutté dignement avec nos armes pour moins se faire arnaquer que les autres, et que c’est déjà une petite victoire.

6h plus tard, et après un énième Fangio au volant, qui a bien failli nous tuer une demi-douzaine de fois, dans ce bus surchargé nous rappelant de mauvais souvenirs, nous voici à Kep, où c’est un soulagement d’arriver, ici,  en bord de mer et au calme !!!