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D’Ho-Chi-Minh Ville à Phu Quoc en passant par le Delta du Mékong.

On arrive à Saigon, appelée aussi Ho Chi Minh Ville. C’est la locomotive du Vietnam, une ville où deux mondes cohabitent: des grattes ciels aux pagodes, des expatriés en costard aux vendeuses de rue, des restaurants et boutiques ultra-chics aux marchés et bouiboui populaires.

Gratte-ciel, Ho Chi Minh.
Gratte-ciel, Ho Chi Minh.

On arrive sur les coups de minuit et filons directement à l’hôtel que nous avons réservé, ce n’est qu’une fois sur place qu’on se rend compte que c’est en plein milieu de la rue la plus animée du District 1, le quartier des auberges et hôtels « backpackers ». Les basses sont à leur maximum (enfin on le croit quand on arrive, mais plus ça va plus ça augmente.. ). Le gardien de nuit de l’hôtel essaye de nous la faire à l’envers en nous demandant de régler les 3 nuits à un taux désavantageux (rendant le dollar plus cher que l’euro), on refuse et après une discussion un peu houleuse que l’on aurait aimé éviter à cette heure si tardive prenons place dans notre chambre au 7 étage (sans ascenseur, mais un câble un peu ballotant descendant du toit nous monte les sacs sur le palier).

On a beau s’être pris une chambre « deluxe », y’a du boucan. Boules Quies et climatisation aidant on tombe rapidement dans les bras de Morphée, même si c’est une des premières fois qu’on est confronté au côté arnaqueur des locaux bossant dans le tourisme dont les gens nous avaient parlé.

On fait une première escale au marché Dan Sinh, un marché de surplus militaire débordant de tout l’attirail guerrier : gilets par balle , plaques militaires, masques à gaz.. Authentiques ou pas mais avec une ambiance de marché aux puces assez intense. Disons le clairement, Ho Chi Minh peine à nous séduire, le trafic est infernal et la moiteur ambiante asphyxiante. Elle paraît parfois trop grande pour nous petits piétons, à l’image de Brasilia ou de Johannesbourg, où les moteurs sont rois. Autant dire que pour nous deux qui adorons nous balader à pied, on fait un peu chou blanc et sommes moyennement emballés par la ville.

Cela dit, j’imagine, et Thomas pourra le confirmer, que la vie d’expat à Saigon ne doit pas être désagréable. On fait une deuxième escale au marché Ben Thanh, sorte de BHV couleur locale ou l’on trouve effectivement de tout, mais surtout beaucoup de touristes et des prix fixes non négociables. Un petit tour et puis s’en va pour nous vous l’aurez compris.

Escale gourmande chez Quan Ngon 138, où la cuisine de rue est servie dans une vieille maison coloniale, et à petits prix : super Bun Bo. En sortant on tombe sur le Palais de la Réunification, qu’on décide de visiter. Il paraît s’être figé le 30 avril 1975, jour où les premiers chars nord-vietnamiens entrèrent dans Saigon, écrasant les grilles du palais , et allant planter un drapeau Viêt-cong sur le balcon pour prendre le pouvoir et renommer la ville du nom de leur leader. L’architecture est moderne et plus plaisante que celle du mausolée d’Ho Chi Minh à Hanoï , mais une ambiance étrange se dégage quand même des vastes salles désertes que l’on peut visiter.

Salon des Ministres, Palais de la Réunification, Ho Chi Minh.
Salon des Ministres, Palais de la Réunification, Ho Chi Minh.  
Palais de la Réunification, Ho Chi Minh.
Palais de la Réunification, Ho Chi Minh.

Un peu plus loin le Musée des Souvenirs de Guerre, jusqu’à récemment appelé Musée des Crimes de Guerre Chinois et Américains, mais rebaptisé on l’imagine pour raisons diplomatiques, eût égard au nombre imposant de touristes de ces deux contrées ici.

Le propos est certes un peu partial (comment ne pas l’être..), mais il met en lumière la brutalité de la guerre de façon vraiment marquante, au travers de photos noir et blanc dérangeantes (désastre des millions de litres d’agent orange déversés par l’aviation américaine, civils brûlés au napalm ou déchiquetés par les bombes) et d’explications extrêmement précises et documentées. Difficile d’échapper à ce musée pour comprendre un peu mieux l’histoire de ce pays, c’était hier il faut s’en rappeler.

Après quelques emplettes nous envoyons un colis depuis la superbe poste centrale à l’infrastructure métallique dessinée par notre Gustave Eiffel national et au fond de laquelle trône vous l’aurez deviné un grand portrait…d’Ho Chi Minh.

Poste Centrale, Ho Chi Minh.
Poste Centrale, Ho Chi Minh.

Moyennant 3 mois de délai par voie maritime et seulement 30 euros d’affranchissement pour 4 kilos,on se déleste de quelques surplus (la doudoune de Charlotte qui risque de ne pas lui être utile vues les températures qui nous attendent au Cambodge, Philippines, Singapour et en Birmanie nos prochaines destinations, quelques petits souvenirs, et nos vêtements sur mesure).

C’est assez déroutant et amusant à la fois, de voir le nombre de faucilles, d’affiches de propagandes et de drapeaux communistes, et l’impressionnant don d’ubiquité de l’ami Ho Chi Minh, dont les portraits sont affichés tous les 30m, jusqu’à défiler même sur écran géant type Times Square à New York.. A côté même de tous les signes les plus flagrants du capitalisme et de la société de consommation..  On se demande si certains y croient vraiment.. Le Vietnam n’étant plus communiste mais officiellement socialiste.

Et oui :-)
Et oui :-)
Et encore oui, Ho Chi Minh.
Et encore oui, Ho Chi Minh.

On décide le lendemain d’aller se balader dans le quartier de Cholon, ancien quartier chinois, déserté après les mouvements anti-chinois de 1978-79, et qui se repeuple depuis quelques années de son ancienne communauté de l’Empire du Milieu, ces derniers revenant explorer les possibilités d’investissement.

Quartier de Cholon, Ho Chi Minh.
Quartier de Cholon, Ho Chi Minh.

Ici , peu de choses à visiter si ce n’est de s’imprégner d’une atmosphère bouillonnante de marché, puis de se retrouver ensuite plus au calme en allant visiter de belles pagodes (et pas forcément les coups de cœur du Lonely vers lesquels on a tendance à aller plus facilement et qui sont souvent des déceptions comparés à d’autres portes que l’on pousse volontiers dont les guides parlent à demi mot), une église, une mosquée et quelques herboristeries traditionnelles qui subsistent encore, on ne sait pour combien de temps.

On décide de s’offrir un cocktail depuis un rooftop au coucher du soleil, c’est un must ici, et on s’oriente vers la Bitexco Financial Tower, construite par Carlos Zapata, haute de 262m et qui domine fièrement la ville avec sa plate forme d’observation suspendue, qui sert aussi d’héliport au 51eme étage.

Le prix des cocktails est plus germanopratins que vietnamien , mais qu’importe, l’ascenseur est compris dans le prix et la vue est comment vous dire… Exceptionnelle, à 360 degrés sur les buildings, le Mékong en contrebas, et l’immensité de la mégalopole plus loin.

AltiBar 52, Ho Chi Minh.
HéliiBar 52, Ho Chi Minh.

Les cocktails sont divins et ce n’est pas uniquement parce qu’on les sirote à hauteur de nuages, perchés à l’Eon Heli Bar du 52eme étage.

Eon HeliBAr 52, Ho Chi Minh.
Eon Heli Bar 52, Ho Chi Minh.

On rejoint une dernière fois notre petite « tribu » québécoise pour savourer un festin au 5Ku Station, un barbecue en plein air fait de brique et de broc, bruyant, enfumé mais où l’on se régale de calamars, crevettes, autruche, bœuf grillés sur table accompagnés de frites maisons, légumes à l’asiatique et de très nombreuses bières.. Pour couronner le tout l’addition est mini et on se rend compte une fois sortis et étonnés de la facture, qu’on nous a oublié 18 bières sur 24… L’affaire semble tourner sans problèmes et nous ne culpabilisons finalement pas tellement d’avoir eu ce cadeau d’adieu  « involontaire » :-)5qu Station BBQ

On prend un bus le lendemain matin pour Vinh Long, à 2h de route au sud, en plein delta du Mékong, où nous avons trouvé un homestay pour la nuit.

Arrivés là bas on nous dépose à l’ancienne gare routière en dehors du centre ville ( et de la nouvelle gare routière bien plus centrale..) d’où nous rejoignons les bords du fleuve en xe-om, le moto taxi local.. Le transfert vers l’île fluviale d’An Binh est compris dans le tarif de la nuit chez l’habitant (16 dollars chacun en demi pension et chambre double). Arrivés sur place la belle bâtisse ancienne en bois est charmante, même si l’accueil on le vérifiera les prochaines 24 h est froid voire inexistant.. La femme qui gère le gîte est franchement désagréable, cela commence à faire beaucoup pour le Sud Vietnam. Nous sommes presque seuls avec un couple d’allemands, nous décidons de profiter des environs en empruntant des vélos et les pistes caillouteuses de l’île, passant dans de minuscules villages bien poussiéreux mais accueillants.

Homestay, Vinh Long, Delta du Mékong.
Homestay, Vinh Long, Delta du Mékong.

Le soir venu on aide comme on peut les cuisinières un peu autoritaires et non anglophones à préparer le dîner (qui s’avérera délicieux) et allons tranquillement nous coucher : il est 20h15.

Réveil aux aurores le lendemain matin , après avoir englouti un copieux petit déjeuner , on embarque tous les 4 sur un beau bateau en bois à la découverte de la vie marchande du Mékong loin des groupes de 30 touristes qui viennent à la journée d’Ho Chi Minh.. Les marchés flottants qu’on nous avait vendu sont un peu décevants (les routes s’améliorant, ils deviennent un peu obsolètes).

Marchés Flottants, Delta du Mékong.
Marchés Flottants, Delta du Mékong.
Marchés Flottants, Delta du Mékong.
Marchés Flottants, Delta du Mékong.

On a ensuite droit à la visite de la  Coconut’s Candies Factory, pas inintéressante, mais on se trouve un point commun avec nos compagnons d’outre Rhin : nous ne sommes pas très bons clients, et nous n’achetons donc rien. Une fois de retour sur le bateau on croise un groupe d’une trentaine de personnes et on se dit qu’au final la fabrique n’avait pas vraiment besoin de nous pour rentabiliser son affaire.

Oui oui vous avez bien vu., Delta du Mékong.
Oui oui vous avez bien vu., Delta du Mékong.

Nous visitons un peu plus tard une cimenterie qui fabrique soit disant les célèbres répliques commerciales des statues de l’île de Pâques, qui l’eut cru à 10000km de là, on est un peu dubitatifs sur la véracité des faits (et le coût exorbitant des frais logistiques) !

Les fameuses répliques.
Les fameuses répliques.

Notre visite du delta du Mékong s’achève, avec cette sensation que même en faisant les choses par soi même, tout ce côté du Vietnam est vraiment bien trop touristique pour nous. La balade, seuls sur ce beau bateau en bois et quand même vraiment agréable même si plus intéressante pour l’observation de la vie maritime du delta que pour les marchés flottants en eux même.

Delta du Mékong.
Delta du Mékong.

Une fois à quai, nous souhaitons rejoindre Chau Doc à une centaine de kilomètres de là, notre guide nous dit d’aller à l’ancienne gare routière à 3 kms du centre d’où un bus rejoint notre destination. On s’exécute mais à notre arrivée on comprend qu’il n’y a pas de bus … On repaye des motos taxis pour aller à l’autre gare routière et là c’est du grand n’importe quoi personne ne comprend rien, on finit par se rendre compte que notre bus n’existe pas ! Un peu énervés après avoir payé 2 motos taxis chacun pour rien, on va se prendre un verre en réfléchissant à un éventuel changement de planning.

Le tableau des consommations est affiché en Vietnamien, au moment de passer commande le serveur nous ramène une carte spéciale touristes « pigeons », où les prix sont majorés de 70%. On ne va pas dire qu’on parle vietnamien mais café ou eau sont des mots que l’on a assimilé. C’est vraiment too-much cette façon de prendre le moindre étranger pour un dollar, et de manière si grossière. On ne se gêne pas pour les envoyer sévèrement balader.

On décide d’aller à Con To à 1h30 de là, direction la gare routière du centre ville pour la énième fois de la journée ! Comme on s’y attendait on a encore une fois le droit au tarif touriste mais on ne se laisse toujours pas faire pour autant. Le chauffeur de bus pas très cortiqué pour faire honneur à ses congénères se mettant tout sauf discrètement devant les tarifs officiels affichés sur le bus, ce qu’on ne manque pas de lui faire remarquer.

On fini par payer le prix normal mais avec une petite taxe bagage, passons. On enchaîne à Con To sur un bus de 4h00 pour Ragia, où l’on compte passer la nuit.

La journée est très longue surtout qu’il fait pas loin de 40 degrés et que les bus locaux ont un confort sommaire. Quelques kms avant l’arrivée, et alors que la nuit est tombée depuis une bonne heure, on se retrouve tous seuls dans le bus alors que les derniers passagers viennent de descendre à une intersection. Sans indication du chauffeur, qui a quand même bien vu où nous allions, pas d’inquiétudes..

Enfin ça c’était avant qu’il ne tourne délibérément à l’opposé du centre ville pour nous déposer dans une ville de banlieue absolument pas prévue au programme, et à 15km de notre destination supposée ( et payée) ! Autant vous dire que nous nous sommes un peu (aphorisme) énervés et avons même tenté une sortie du bus en pleine marche, avec la nette impression qu’on voulait nous séquestrer.

Topo Bus : c’était déjà le cas au Laos, mais ici on se fait la remarque à chaque trajet, les nanas sont de vraies princesses, leurs copains-larbins doivent tout leur porter et en toutes circonstances. Cela n’a pas l’air d’être une question de galanterie mais plutôt une tradition. Leur téléphones ont une place prépondérante, et elles n’ont pas l’air très réceptives à l’idée de les lâcher pour partager ce genre de tâches ( on ne vous précisera pas évidemment que les valises sont souvent à roulettes). On ne sais trop quelle est la condition de la femme ici, mais c’est vraiment particulier à voir d’un oeil extérieur. Pour le départ des bus, c’est au bon vouloir du chauffeur, lorsqu’il ne fume pas avec son copilote, transformant le minivan en aquarium. Les 3 repas et 4 siestes réglementaires par jour ne sont pas négociables, pour le respect des horaires de bus c’est autre chose. :-)

Après s’être levé à 5:00 du matin et avoir passé une journée des plus galères on est très remonté, cette journée est à oublier, et confirme malheureusement nos impressions sur le Sud-Vietnam. !

Le lendemain nous partons sur l’île de Phu Quoc à 2:30 de bateau. On a réservé un hôtel un peu dans les terres à l’écart de la fameuse Long Beach, connue pour la multitude de resorts tous plus moches les uns que les autres qui l’occupent !

Notre chambre n’étant pas encore prête à notre arrivée on en profite pour aller faire un tour sur la plage. C’est effectivement une enfilade de constructions peu harmonieuses qui privatisent chacune un petit bout de plage. Impossible de poser le moindre bout de serviette sans devoir consommer, et ce sur des kilomètres, c’est un peu pénible.

On se dégote un super petit resto en retrait, chez Hieu Family Restaurant, au menu calamars grillés, et cuisine goûtue et bon marché ! On a tellement aimé que ça sera notre cantine pour les 3 soirs suivants :), Nous monomaniaques ???

On loue un scooter pour une demi journée et prenons la direction de la plage d’Ang La à 25 kms de Long Beach. Incroyable mais vrais nous sommes seuls sur une magnifique plage de sable blanc avec une eau  tellement chaude qu’elle n’en est pas vraiment rafraîchissante, la vie est dure.. :-) 

Le gros des touristes semble s’agglutiner sur une seule plage et ne pas vouloir sortir des sentiers battus ; tant mieux pour nous.

Le lendemain on reprend les scooters pour aller découvrir encore un peu plus l’île et s’éloigner de la masse touristique. On commence la journée par une ferme d’abeilles puis la chaleur étant écrasante direction plus au nord sur la plage de Vung Bau.

Phu Quoc est décrite par les guides comme une île paradisiaque aux plages de sable blanc et aux eaux turquoises !

C’est en fait plutôt, une fois sur place et en s’enfoncant plus loin que la charmante plage de la veille, une machine de déforestation à grande échelle. L’île entière semble en travaux, les routes bitumées sont encombrées du sable qui tombe des camions des entreprises de terrassement, rendant la chaussée très glissante. La moindre hectare de terrain est exploitée pour en faire des hôtels à chinois à plusieurs dizaines d’étages. Ca sent bon les pots de vins pour les permis d’exploitation.. Ici aucun plan d’urbanisation c’est anarchique, il faut juste être le plus rentable possible.campagne deforestation massive

Alors qu’on veut suivre l’itinéraire conseillé par le plan de l’office du tourisme le long de la Scenic Road qui fait le tour de l’île, on se retrouve coincés sur une plage.. Les routes ont été détruites par les pelleteuses, et les dizaines d’ouvriers qui travaillent sur les chantiers nous demandent de faire rouler le scooter sur la plage puis dans un ruisseau pour contourner leurs conn****. C’est vraiment du grand n’importe quoi on se retrouve enlisés dans 40 cm de sable brûlant avant de devoir passer dans 20cm d’eau avec le 2 roues.. Alors qu’on vient de passer une heure à travers des paysages de désolation, avec des arbres par centaines déracinés et jetés à l’eau, on retombe enfin sur une route principale.. et le Vinepearl, une sorte de Disneyland soviétique absolument affreux, construit par un entrepreneur mégalomane ( le fond d’investissement qui détient l’exploitation des temples d’Angkor au Cambodge). Les chambres sont à plus de 400$ la nuit, et il semble désespérément vide.. C’est d’un triste, le bonhomme a aussi construit un zoo à côté où il a fait venir éléphants, tigres et girafes., ainsi qu’un golf dont les pelouses d’un vert vraiment flashy contrastent sévèrement avec l’aridité des environs.. On vous laisse imaginer ce qu’il en est de l’exploitation des nappes d’eau souterraines.

Vinepearl, Phu Quoc.
Vinepearl, Phu Quoc.

Alors oui, on a séjourné dans un hôtel vraiment chouette, le MyPlace Siena Garden Resort, un peu en retrait de toute cette agitation, oui on a trouvé quelques belles plages de sables blanc ou se la jouer Robinson ou Vendredi, mais non non et encore non on ne pourra vous conseiller cette île qui avec la folie immobilière dérégulée, risque de finir très rapidement en une énième île béton-poubelle.

On passera quand même notre dernière journée à buller au soleil sur une jolie plage isolée loin de tous, avec le petit regret d’être venus 5 ans trop tard !

Les arnaques continuent..Phu Quoc est tout près de la frontière du Cambodge, il est quasiment impossible de traverser la frontière sans agence (ou en tous les cas ce n’est vraiment pas économique). L’hôtel nous suggère une compagnie fiable faisant la traversée jusqu’à Ha Tien puis Kep, notre première étape au Cambodge.

Au moment de payer le tarif n’est pas celui attendu, on nous répond que l’agence applique un taux de change plus important et qu’ils sont désolés ! Fidèles à Saint Thomas, on se rend ni une ni deux dans la fameuse agence où les prix sont -surprise- tout à fait normaux. L’hôtel, d’un standing qui ne justifie pas vraiment ce genre de pratiques, essaye de nous avoir, mais sans l’assumer, ce qui vous l’aurez deviné ne le fait pas vraiment avec nous. Il tentent des choses tellement grossières que cela doit sûrement passer avec un client sur deux, mais niveau éthique touristique on repassera. Ils sont bien mal à l’aise -et l’ont bien cherché- et n’essayent pas même de rattraper leur boulette. Comme dirait un moniteur de plongée : double check !!

« Mieux vaut passer pour un raccroc que de finir comme un pigeon »

Bateau de retour sur la côte vietnamienne le lendemain matin, où l’on vérifie encore cette singulière particularité, ici les locaux gardent leur casque de moto (casque de chantier type playmobil si on veut être tout à fait honnêtes), en toutes circonstances, dans les bus, bateaux, au restaurant.. comme pour se protéger d’un mauvais sort où du haut d’un cadre de porte mal placé sur lequel Octave pensait être le seul à pouvoir se cogner :-)

On fera rapide -notamment pour ne pas faire rejaillir les expériences douloureuses de ceux d’entre vous qui auraient déjà passé une frontière au Cambodge- mais l’agence est une vaste fumisterie. Le mafioso qui est chargé de nous faire passer la frontière nous demande des bakchichs pour tout ( 2$ la feuille de renseignements, 2$ pour pouvoir passer même sans photo d’identité, 2$ pour qu’un médecin que personne n’a vu nous prenne la température, tout est bon pour se faire de l’oseille). On est un peu têtus nous aussi, et l’envoyons méchamment bouler, même si c’est ici très mal vu de sortir de ces gonds.

Sur les 40 personnes qui passent la frontière ce matin, nous sommes les seuls à ne pas vouloir céder, le type a du se faire une commission de 200 $.. Fermez les boutiques, y’a un business ici. Le « Royaume du Bakchich Cambodge » se mérite, le prix du visa n’est affiché nulle part , et les policiers véreux qui gèrent le poste frontière ne semblent pas vouloir jouer la transparence.. Tant pis, on se dit qu’on a lutté dignement avec nos armes pour moins se faire arnaquer que les autres, et que c’est déjà une petite victoire.

6h plus tard, et après un énième Fangio au volant, qui a bien failli nous tuer une demi-douzaine de fois, dans ce bus surchargé nous rappelant de mauvais souvenirs, nous voici à Kep, où c’est un soulagement d’arriver, ici,  en bord de mer et au calme !!!

3 réflexions sur “ D’Ho-Chi-Minh Ville à Phu Quoc en passant par le Delta du Mékong. ”

  1. Cette fois vous m’avez convaincue : le Vietnam ne semble plus me tenter !
    Heureusement que vous faîtes des rencontres et cherchez à sortir des sentiers battus !
    J’attends avec impatience un article sur votre prochaine destination, les Philippines, dont j’ ai déjà l’eau à la bouche !
    Merci !
    Margot

    1. Ca arrive mais à vitesse de connexions philippines :-), c’est à dire celle de l’escargot plus que de la fibre. Bisous

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