Bilan Philippines

Les Philippines en Brefphilippines_2

Itinéraire : 29n/31j  sur 3 îles principales.                                                              

Visayas : Dumaguete (2n)/Siquijor (2n)/Bohol (5n)                                                 Palawan : Pto Princessa (1n)/Port Barton (3n)/El Nido (5n)/Coron (4n)     Nord Luzon : Bus de nuit(2n A/R)/Sagada(1n)/Banaue (2n)/Trek (2n)

  • Monnaie : 1€–>52 pesos (02/2016
  • Budget : 33€/j/personne  (incluant 6 plongées à 20€ et 3 vols à 80€ chacun), sans compter la nuit pour les 30 ans de Cha.
  • Transport : 520 pesos (11€) Manille/Banaue : 10h bus de nuit très local avec sièges non inclinables.                                                                                                       500 pesos (10€) Puerto Princessa / El Nido : 9h en bus, 5h en minibus ( 800 PP, 16€)                                                                                                                     1200 pesos (25€) pour 7h de navigation,  bateau El Nido-Coron , confort très sommaire.
  • Nourriture :  entre 60 et 150 PHP (1,2/3€) pour un plat mais vraiment en faisant attention, bière 50 PHP (1€). Ca fluctue pas mal en fonction des endroits. Bouteille d’eau 30PHP (0,6€)                                    
  • Les +++ —-> Les paysages qui font partie pour nous (avec le Vietnam) des plus beaux d’Asie du Sud Est.                                                                                                           Le sourire des gens et leur gentillesse.                                                                    La superbe île de Siquijor encore préservée du tourisme de masse.                                                                                                                                                           Les rizières de Batad qui sont un must de notre voyage               
  • Les —- — —> La nourriture, franchement la pire de notre séjour !                                          Le trop plein de monde à El Nido.                                                                              Les prix parfois exhorbitants et peu justifiés.                                                        Le vol de 600€ à Sagada

Bilan Cambodge

11 jours/10 nuits du 21/01/2016 au 31/01/2016 cambodge_2

Itinéraire : Kep (2 n)- Kampot (2n) – Phnom Penh (2n) – Siem Reap(4n)

Monnaie : 1 euro –> 4400 Riels Cambodgiens, mais le dollar est presque plus utilisé que le Riel (1$-> 4000 Riels)                                        

Budget : 25 euros/j ( incluant entrée de 3 jours à Angkor, transport en bus VIP, hôtel avec piscine à Siem Reap pour 4 nuits) Assez variable.

6$ à Kep (double avec fan et sdb privée) : Visal Sak

12$ à Kampot mais hôtel pas vraiment à conseiller

20 $ à PP (top !!, hôtel neuf, clim, wifi ++, super pdj) : Richly Hotel

21$ à Siem Reap (piscine p, pdj très light, clim) : Angkor Pal 

Transport : 7$ en minivan ( 3h30, Kampot-PP) / 15 $ en bus de luxe avec Giant Ibis pour PP-Siem Reap (6h)                   

Nourriture :  dans la rue ou bouibouis entre 2 et 3 $ par personne pour un plat. Restaurant : entre 4 et 6 $.

Les +++ —-> La gentillesse et les sourires cambodgiens, beaucoup de bons souvenirs, une cuisine toujours aussi exquise ( Fish Amok, Lok Lak, Crabe au Poivre vert), la magie inégalée d’Angkor et la joie de le faire à vélo, les faubourgs tranquilles de Phnom Penh, le calme de la côte près de Kampot.

Les —- — —>  Un peu plus cher que ce que l’on pensait ( surtout la bouffe et les transports)

Vietnam en Bref.

vietnam_2Le Vietnam EN BREF

Itinéraire :  Hanoi (4n)- Baie Along (2n)-Ninh Binh (1n)- Train nuit (1n) Hué (2n)- Hoi An (4n)- Danang (1n) – Nha Trang ( 1n) – Dalat (1n) – Ho Chi Minh (3n) – Vinh Long Homestay (1n)- Ragia (1n)- Phu Quoc ( 3n).

Monnaie : 1 euro –> 24500 Dongs Vietnamiens.

Budget : 26 euros/jr/pers environ ( en comptant les vols intérieurs mais pas la croisière en baie d’Along, ni la nuit d’anniversaire offerte par Charlotte)

Logement : En moyenne 20 dollars (avec climatisation et petit déjeuner). Dalat (11$ avec petit dejeuner)/Phu Quoc (35$ avec pdj)

Prix d’un trajet :

  • Avion : 30 euros le trajet d’une heure avec bagages sur compagnie low cost en reservant pas tellement à l’avance ( VietjetAir, Vietnam Airlines).
  • Train : en couchettes autour de 30 euros les 12h de train (800km), 15 euros en sièges inclinables.
  • Bus couchettes : 25000 dongs (1euros) l’heure de trajet. Exemple : Hué-Hoi An (100000 dongs, 4h30)

Nourriture :  dans la rue ou bouibouis entre 15.000 (0,6€) et 50.000 dongs (2€) par personne pour un plat et une grande bière à deux, Dans les restaurants, plutôt autour de 75000 (3€)/150000 (6€) dongs chacun, et on y mange pas forcément mieux ( on paye le cadre quoi..)

Les +++ —-> On a été vraiment enchantés par le Vietnam et globalement les Vietnamiens, mentions spéciales pour Hanoi et sa vie effervescente et sa street food à tomber, les baies d’Along et de Lan Ha, Hué pour sa belle citadelle, Villa Louise pour son luxe raffiné, Hoi An pour son animation nocturne et ses tailleurs, Dalat pour la fraicheur bienvenue, sa pagode de Linh Phuoc, et ses confitures de fraise, le stop-plage cuisine grècque de Nha Trang.            La cuisine vietnamienne en général, qui dépasse peut être légerement sa voisine thailandaise dans nos petits coeurs.

Les —- — —> Clairement pas grand chose mis à part notre déception du Sud Vietnam ( le delta du mekong, et l’île de Phu Quoc clairement surcotée.), et les prix exhorbitants de la baie d’Along terrestre.

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D’Ho-Chi-Minh Ville à Phu Quoc en passant par le Delta du Mékong.

On arrive à Saigon, appelée aussi Ho Chi Minh Ville. C’est la locomotive du Vietnam, une ville où deux mondes cohabitent: des grattes ciels aux pagodes, des expatriés en costard aux vendeuses de rue, des restaurants et boutiques ultra-chics aux marchés et bouiboui populaires.

Gratte-ciel, Ho Chi Minh.
Gratte-ciel, Ho Chi Minh.

On arrive sur les coups de minuit et filons directement à l’hôtel que nous avons réservé, ce n’est qu’une fois sur place qu’on se rend compte que c’est en plein milieu de la rue la plus animée du District 1, le quartier des auberges et hôtels « backpackers ». Les basses sont à leur maximum (enfin on le croit quand on arrive, mais plus ça va plus ça augmente.. ). Le gardien de nuit de l’hôtel essaye de nous la faire à l’envers en nous demandant de régler les 3 nuits à un taux désavantageux (rendant le dollar plus cher que l’euro), on refuse et après une discussion un peu houleuse que l’on aurait aimé éviter à cette heure si tardive prenons place dans notre chambre au 7 étage (sans ascenseur, mais un câble un peu ballotant descendant du toit nous monte les sacs sur le palier).

On a beau s’être pris une chambre « deluxe », y’a du boucan. Boules Quies et climatisation aidant on tombe rapidement dans les bras de Morphée, même si c’est une des premières fois qu’on est confronté au côté arnaqueur des locaux bossant dans le tourisme dont les gens nous avaient parlé.

On fait une première escale au marché Dan Sinh, un marché de surplus militaire débordant de tout l’attirail guerrier : gilets par balle , plaques militaires, masques à gaz.. Authentiques ou pas mais avec une ambiance de marché aux puces assez intense. Disons le clairement, Ho Chi Minh peine à nous séduire, le trafic est infernal et la moiteur ambiante asphyxiante. Elle paraît parfois trop grande pour nous petits piétons, à l’image de Brasilia ou de Johannesbourg, où les moteurs sont rois. Autant dire que pour nous deux qui adorons nous balader à pied, on fait un peu chou blanc et sommes moyennement emballés par la ville.

Cela dit, j’imagine, et Thomas pourra le confirmer, que la vie d’expat à Saigon ne doit pas être désagréable. On fait une deuxième escale au marché Ben Thanh, sorte de BHV couleur locale ou l’on trouve effectivement de tout, mais surtout beaucoup de touristes et des prix fixes non négociables. Un petit tour et puis s’en va pour nous vous l’aurez compris.

Escale gourmande chez Quan Ngon 138, où la cuisine de rue est servie dans une vieille maison coloniale, et à petits prix : super Bun Bo. En sortant on tombe sur le Palais de la Réunification, qu’on décide de visiter. Il paraît s’être figé le 30 avril 1975, jour où les premiers chars nord-vietnamiens entrèrent dans Saigon, écrasant les grilles du palais , et allant planter un drapeau Viêt-cong sur le balcon pour prendre le pouvoir et renommer la ville du nom de leur leader. L’architecture est moderne et plus plaisante que celle du mausolée d’Ho Chi Minh à Hanoï , mais une ambiance étrange se dégage quand même des vastes salles désertes que l’on peut visiter.

Salon des Ministres, Palais de la Réunification, Ho Chi Minh.
Salon des Ministres, Palais de la Réunification, Ho Chi Minh.  
Palais de la Réunification, Ho Chi Minh.
Palais de la Réunification, Ho Chi Minh.

Un peu plus loin le Musée des Souvenirs de Guerre, jusqu’à récemment appelé Musée des Crimes de Guerre Chinois et Américains, mais rebaptisé on l’imagine pour raisons diplomatiques, eût égard au nombre imposant de touristes de ces deux contrées ici.

Le propos est certes un peu partial (comment ne pas l’être..), mais il met en lumière la brutalité de la guerre de façon vraiment marquante, au travers de photos noir et blanc dérangeantes (désastre des millions de litres d’agent orange déversés par l’aviation américaine, civils brûlés au napalm ou déchiquetés par les bombes) et d’explications extrêmement précises et documentées. Difficile d’échapper à ce musée pour comprendre un peu mieux l’histoire de ce pays, c’était hier il faut s’en rappeler.

Après quelques emplettes nous envoyons un colis depuis la superbe poste centrale à l’infrastructure métallique dessinée par notre Gustave Eiffel national et au fond de laquelle trône vous l’aurez deviné un grand portrait…d’Ho Chi Minh.

Poste Centrale, Ho Chi Minh.
Poste Centrale, Ho Chi Minh.

Moyennant 3 mois de délai par voie maritime et seulement 30 euros d’affranchissement pour 4 kilos,on se déleste de quelques surplus (la doudoune de Charlotte qui risque de ne pas lui être utile vues les températures qui nous attendent au Cambodge, Philippines, Singapour et en Birmanie nos prochaines destinations, quelques petits souvenirs, et nos vêtements sur mesure).

C’est assez déroutant et amusant à la fois, de voir le nombre de faucilles, d’affiches de propagandes et de drapeaux communistes, et l’impressionnant don d’ubiquité de l’ami Ho Chi Minh, dont les portraits sont affichés tous les 30m, jusqu’à défiler même sur écran géant type Times Square à New York.. A côté même de tous les signes les plus flagrants du capitalisme et de la société de consommation..  On se demande si certains y croient vraiment.. Le Vietnam n’étant plus communiste mais officiellement socialiste.

Et oui :-)
Et oui :-)
Et encore oui, Ho Chi Minh.
Et encore oui, Ho Chi Minh.

On décide le lendemain d’aller se balader dans le quartier de Cholon, ancien quartier chinois, déserté après les mouvements anti-chinois de 1978-79, et qui se repeuple depuis quelques années de son ancienne communauté de l’Empire du Milieu, ces derniers revenant explorer les possibilités d’investissement.

Quartier de Cholon, Ho Chi Minh.
Quartier de Cholon, Ho Chi Minh.

Ici , peu de choses à visiter si ce n’est de s’imprégner d’une atmosphère bouillonnante de marché, puis de se retrouver ensuite plus au calme en allant visiter de belles pagodes (et pas forcément les coups de cœur du Lonely vers lesquels on a tendance à aller plus facilement et qui sont souvent des déceptions comparés à d’autres portes que l’on pousse volontiers dont les guides parlent à demi mot), une église, une mosquée et quelques herboristeries traditionnelles qui subsistent encore, on ne sait pour combien de temps.

On décide de s’offrir un cocktail depuis un rooftop au coucher du soleil, c’est un must ici, et on s’oriente vers la Bitexco Financial Tower, construite par Carlos Zapata, haute de 262m et qui domine fièrement la ville avec sa plate forme d’observation suspendue, qui sert aussi d’héliport au 51eme étage.

Le prix des cocktails est plus germanopratins que vietnamien , mais qu’importe, l’ascenseur est compris dans le prix et la vue est comment vous dire… Exceptionnelle, à 360 degrés sur les buildings, le Mékong en contrebas, et l’immensité de la mégalopole plus loin.

AltiBar 52, Ho Chi Minh.
HéliiBar 52, Ho Chi Minh.

Les cocktails sont divins et ce n’est pas uniquement parce qu’on les sirote à hauteur de nuages, perchés à l’Eon Heli Bar du 52eme étage.

Eon HeliBAr 52, Ho Chi Minh.
Eon Heli Bar 52, Ho Chi Minh.

On rejoint une dernière fois notre petite « tribu » québécoise pour savourer un festin au 5Ku Station, un barbecue en plein air fait de brique et de broc, bruyant, enfumé mais où l’on se régale de calamars, crevettes, autruche, bœuf grillés sur table accompagnés de frites maisons, légumes à l’asiatique et de très nombreuses bières.. Pour couronner le tout l’addition est mini et on se rend compte une fois sortis et étonnés de la facture, qu’on nous a oublié 18 bières sur 24… L’affaire semble tourner sans problèmes et nous ne culpabilisons finalement pas tellement d’avoir eu ce cadeau d’adieu  « involontaire » :-)5qu Station BBQ

On prend un bus le lendemain matin pour Vinh Long, à 2h de route au sud, en plein delta du Mékong, où nous avons trouvé un homestay pour la nuit.

Arrivés là bas on nous dépose à l’ancienne gare routière en dehors du centre ville ( et de la nouvelle gare routière bien plus centrale..) d’où nous rejoignons les bords du fleuve en xe-om, le moto taxi local.. Le transfert vers l’île fluviale d’An Binh est compris dans le tarif de la nuit chez l’habitant (16 dollars chacun en demi pension et chambre double). Arrivés sur place la belle bâtisse ancienne en bois est charmante, même si l’accueil on le vérifiera les prochaines 24 h est froid voire inexistant.. La femme qui gère le gîte est franchement désagréable, cela commence à faire beaucoup pour le Sud Vietnam. Nous sommes presque seuls avec un couple d’allemands, nous décidons de profiter des environs en empruntant des vélos et les pistes caillouteuses de l’île, passant dans de minuscules villages bien poussiéreux mais accueillants.

Homestay, Vinh Long, Delta du Mékong.
Homestay, Vinh Long, Delta du Mékong.

Le soir venu on aide comme on peut les cuisinières un peu autoritaires et non anglophones à préparer le dîner (qui s’avérera délicieux) et allons tranquillement nous coucher : il est 20h15.

Réveil aux aurores le lendemain matin , après avoir englouti un copieux petit déjeuner , on embarque tous les 4 sur un beau bateau en bois à la découverte de la vie marchande du Mékong loin des groupes de 30 touristes qui viennent à la journée d’Ho Chi Minh.. Les marchés flottants qu’on nous avait vendu sont un peu décevants (les routes s’améliorant, ils deviennent un peu obsolètes).

Marchés Flottants, Delta du Mékong.
Marchés Flottants, Delta du Mékong.
Marchés Flottants, Delta du Mékong.
Marchés Flottants, Delta du Mékong.

On a ensuite droit à la visite de la  Coconut’s Candies Factory, pas inintéressante, mais on se trouve un point commun avec nos compagnons d’outre Rhin : nous ne sommes pas très bons clients, et nous n’achetons donc rien. Une fois de retour sur le bateau on croise un groupe d’une trentaine de personnes et on se dit qu’au final la fabrique n’avait pas vraiment besoin de nous pour rentabiliser son affaire.

Oui oui vous avez bien vu., Delta du Mékong.
Oui oui vous avez bien vu., Delta du Mékong.

Nous visitons un peu plus tard une cimenterie qui fabrique soit disant les célèbres répliques commerciales des statues de l’île de Pâques, qui l’eut cru à 10000km de là, on est un peu dubitatifs sur la véracité des faits (et le coût exorbitant des frais logistiques) !

Les fameuses répliques.
Les fameuses répliques.

Notre visite du delta du Mékong s’achève, avec cette sensation que même en faisant les choses par soi même, tout ce côté du Vietnam est vraiment bien trop touristique pour nous. La balade, seuls sur ce beau bateau en bois et quand même vraiment agréable même si plus intéressante pour l’observation de la vie maritime du delta que pour les marchés flottants en eux même.

Delta du Mékong.
Delta du Mékong.

Une fois à quai, nous souhaitons rejoindre Chau Doc à une centaine de kilomètres de là, notre guide nous dit d’aller à l’ancienne gare routière à 3 kms du centre d’où un bus rejoint notre destination. On s’exécute mais à notre arrivée on comprend qu’il n’y a pas de bus … On repaye des motos taxis pour aller à l’autre gare routière et là c’est du grand n’importe quoi personne ne comprend rien, on finit par se rendre compte que notre bus n’existe pas ! Un peu énervés après avoir payé 2 motos taxis chacun pour rien, on va se prendre un verre en réfléchissant à un éventuel changement de planning.

Le tableau des consommations est affiché en Vietnamien, au moment de passer commande le serveur nous ramène une carte spéciale touristes « pigeons », où les prix sont majorés de 70%. On ne va pas dire qu’on parle vietnamien mais café ou eau sont des mots que l’on a assimilé. C’est vraiment too-much cette façon de prendre le moindre étranger pour un dollar, et de manière si grossière. On ne se gêne pas pour les envoyer sévèrement balader.

On décide d’aller à Con To à 1h30 de là, direction la gare routière du centre ville pour la énième fois de la journée ! Comme on s’y attendait on a encore une fois le droit au tarif touriste mais on ne se laisse toujours pas faire pour autant. Le chauffeur de bus pas très cortiqué pour faire honneur à ses congénères se mettant tout sauf discrètement devant les tarifs officiels affichés sur le bus, ce qu’on ne manque pas de lui faire remarquer.

On fini par payer le prix normal mais avec une petite taxe bagage, passons. On enchaîne à Con To sur un bus de 4h00 pour Ragia, où l’on compte passer la nuit.

La journée est très longue surtout qu’il fait pas loin de 40 degrés et que les bus locaux ont un confort sommaire. Quelques kms avant l’arrivée, et alors que la nuit est tombée depuis une bonne heure, on se retrouve tous seuls dans le bus alors que les derniers passagers viennent de descendre à une intersection. Sans indication du chauffeur, qui a quand même bien vu où nous allions, pas d’inquiétudes..

Enfin ça c’était avant qu’il ne tourne délibérément à l’opposé du centre ville pour nous déposer dans une ville de banlieue absolument pas prévue au programme, et à 15km de notre destination supposée ( et payée) ! Autant vous dire que nous nous sommes un peu (aphorisme) énervés et avons même tenté une sortie du bus en pleine marche, avec la nette impression qu’on voulait nous séquestrer.

Topo Bus : c’était déjà le cas au Laos, mais ici on se fait la remarque à chaque trajet, les nanas sont de vraies princesses, leurs copains-larbins doivent tout leur porter et en toutes circonstances. Cela n’a pas l’air d’être une question de galanterie mais plutôt une tradition. Leur téléphones ont une place prépondérante, et elles n’ont pas l’air très réceptives à l’idée de les lâcher pour partager ce genre de tâches ( on ne vous précisera pas évidemment que les valises sont souvent à roulettes). On ne sais trop quelle est la condition de la femme ici, mais c’est vraiment particulier à voir d’un oeil extérieur. Pour le départ des bus, c’est au bon vouloir du chauffeur, lorsqu’il ne fume pas avec son copilote, transformant le minivan en aquarium. Les 3 repas et 4 siestes réglementaires par jour ne sont pas négociables, pour le respect des horaires de bus c’est autre chose. :-)

Après s’être levé à 5:00 du matin et avoir passé une journée des plus galères on est très remonté, cette journée est à oublier, et confirme malheureusement nos impressions sur le Sud-Vietnam. !

Le lendemain nous partons sur l’île de Phu Quoc à 2:30 de bateau. On a réservé un hôtel un peu dans les terres à l’écart de la fameuse Long Beach, connue pour la multitude de resorts tous plus moches les uns que les autres qui l’occupent !

Notre chambre n’étant pas encore prête à notre arrivée on en profite pour aller faire un tour sur la plage. C’est effectivement une enfilade de constructions peu harmonieuses qui privatisent chacune un petit bout de plage. Impossible de poser le moindre bout de serviette sans devoir consommer, et ce sur des kilomètres, c’est un peu pénible.

On se dégote un super petit resto en retrait, chez Hieu Family Restaurant, au menu calamars grillés, et cuisine goûtue et bon marché ! On a tellement aimé que ça sera notre cantine pour les 3 soirs suivants :), Nous monomaniaques ???

On loue un scooter pour une demi journée et prenons la direction de la plage d’Ang La à 25 kms de Long Beach. Incroyable mais vrais nous sommes seuls sur une magnifique plage de sable blanc avec une eau  tellement chaude qu’elle n’en est pas vraiment rafraîchissante, la vie est dure.. :-) 

Le gros des touristes semble s’agglutiner sur une seule plage et ne pas vouloir sortir des sentiers battus ; tant mieux pour nous.

Le lendemain on reprend les scooters pour aller découvrir encore un peu plus l’île et s’éloigner de la masse touristique. On commence la journée par une ferme d’abeilles puis la chaleur étant écrasante direction plus au nord sur la plage de Vung Bau.

Phu Quoc est décrite par les guides comme une île paradisiaque aux plages de sable blanc et aux eaux turquoises !

C’est en fait plutôt, une fois sur place et en s’enfoncant plus loin que la charmante plage de la veille, une machine de déforestation à grande échelle. L’île entière semble en travaux, les routes bitumées sont encombrées du sable qui tombe des camions des entreprises de terrassement, rendant la chaussée très glissante. La moindre hectare de terrain est exploitée pour en faire des hôtels à chinois à plusieurs dizaines d’étages. Ca sent bon les pots de vins pour les permis d’exploitation.. Ici aucun plan d’urbanisation c’est anarchique, il faut juste être le plus rentable possible.campagne deforestation massive

Alors qu’on veut suivre l’itinéraire conseillé par le plan de l’office du tourisme le long de la Scenic Road qui fait le tour de l’île, on se retrouve coincés sur une plage.. Les routes ont été détruites par les pelleteuses, et les dizaines d’ouvriers qui travaillent sur les chantiers nous demandent de faire rouler le scooter sur la plage puis dans un ruisseau pour contourner leurs conn****. C’est vraiment du grand n’importe quoi on se retrouve enlisés dans 40 cm de sable brûlant avant de devoir passer dans 20cm d’eau avec le 2 roues.. Alors qu’on vient de passer une heure à travers des paysages de désolation, avec des arbres par centaines déracinés et jetés à l’eau, on retombe enfin sur une route principale.. et le Vinepearl, une sorte de Disneyland soviétique absolument affreux, construit par un entrepreneur mégalomane ( le fond d’investissement qui détient l’exploitation des temples d’Angkor au Cambodge). Les chambres sont à plus de 400$ la nuit, et il semble désespérément vide.. C’est d’un triste, le bonhomme a aussi construit un zoo à côté où il a fait venir éléphants, tigres et girafes., ainsi qu’un golf dont les pelouses d’un vert vraiment flashy contrastent sévèrement avec l’aridité des environs.. On vous laisse imaginer ce qu’il en est de l’exploitation des nappes d’eau souterraines.

Vinepearl, Phu Quoc.
Vinepearl, Phu Quoc.

Alors oui, on a séjourné dans un hôtel vraiment chouette, le MyPlace Siena Garden Resort, un peu en retrait de toute cette agitation, oui on a trouvé quelques belles plages de sables blanc ou se la jouer Robinson ou Vendredi, mais non non et encore non on ne pourra vous conseiller cette île qui avec la folie immobilière dérégulée, risque de finir très rapidement en une énième île béton-poubelle.

On passera quand même notre dernière journée à buller au soleil sur une jolie plage isolée loin de tous, avec le petit regret d’être venus 5 ans trop tard !

Les arnaques continuent..Phu Quoc est tout près de la frontière du Cambodge, il est quasiment impossible de traverser la frontière sans agence (ou en tous les cas ce n’est vraiment pas économique). L’hôtel nous suggère une compagnie fiable faisant la traversée jusqu’à Ha Tien puis Kep, notre première étape au Cambodge.

Au moment de payer le tarif n’est pas celui attendu, on nous répond que l’agence applique un taux de change plus important et qu’ils sont désolés ! Fidèles à Saint Thomas, on se rend ni une ni deux dans la fameuse agence où les prix sont -surprise- tout à fait normaux. L’hôtel, d’un standing qui ne justifie pas vraiment ce genre de pratiques, essaye de nous avoir, mais sans l’assumer, ce qui vous l’aurez deviné ne le fait pas vraiment avec nous. Il tentent des choses tellement grossières que cela doit sûrement passer avec un client sur deux, mais niveau éthique touristique on repassera. Ils sont bien mal à l’aise -et l’ont bien cherché- et n’essayent pas même de rattraper leur boulette. Comme dirait un moniteur de plongée : double check !!

« Mieux vaut passer pour un raccroc que de finir comme un pigeon »

Bateau de retour sur la côte vietnamienne le lendemain matin, où l’on vérifie encore cette singulière particularité, ici les locaux gardent leur casque de moto (casque de chantier type playmobil si on veut être tout à fait honnêtes), en toutes circonstances, dans les bus, bateaux, au restaurant.. comme pour se protéger d’un mauvais sort où du haut d’un cadre de porte mal placé sur lequel Octave pensait être le seul à pouvoir se cogner :-)

On fera rapide -notamment pour ne pas faire rejaillir les expériences douloureuses de ceux d’entre vous qui auraient déjà passé une frontière au Cambodge- mais l’agence est une vaste fumisterie. Le mafioso qui est chargé de nous faire passer la frontière nous demande des bakchichs pour tout ( 2$ la feuille de renseignements, 2$ pour pouvoir passer même sans photo d’identité, 2$ pour qu’un médecin que personne n’a vu nous prenne la température, tout est bon pour se faire de l’oseille). On est un peu têtus nous aussi, et l’envoyons méchamment bouler, même si c’est ici très mal vu de sortir de ces gonds.

Sur les 40 personnes qui passent la frontière ce matin, nous sommes les seuls à ne pas vouloir céder, le type a du se faire une commission de 200 $.. Fermez les boutiques, y’a un business ici. Le « Royaume du Bakchich Cambodge » se mérite, le prix du visa n’est affiché nulle part , et les policiers véreux qui gèrent le poste frontière ne semblent pas vouloir jouer la transparence.. Tant pis, on se dit qu’on a lutté dignement avec nos armes pour moins se faire arnaquer que les autres, et que c’est déjà une petite victoire.

6h plus tard, et après un énième Fangio au volant, qui a bien failli nous tuer une demi-douzaine de fois, dans ce bus surchargé nous rappelant de mauvais souvenirs, nous voici à Kep, où c’est un soulagement d’arriver, ici,  en bord de mer et au calme !!!

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De la Citadelle Impériale de Hué aux vergers de Dalat, Vietnam.

Le train de nuit pour Hué dans lequel nous étions assis s’est avéré assez confortable, les sièges étant suffisamment inclinables !

Nous attendons quelques minutes avant de trouver un chauffeur qui veuille bien mettre son taximètre, pour nous déposer au Charming Hotel, dans le centre à 3km de là! On essaye de nous faire croire que nous sommes à 8km … Mais l’application Maps Me que nous avions téléchargé sur les conseils de Claire et Thibaud au Laos nous est ici bien utile. Elle permet de télécharger les cartes de chaque pays où nous nous trouvons, et d’avoir notre position GPS accessible sans internet donc plus moyen de se faire avoir par les taxis ! Et surtout très pratique lorsque nous louons des scooters, on est jamais perdus 😉 !

Le principal attrait de la ville est sa citadelle dont l’édification fut ordonnée en 1802 par l’empereur Gia Long, fondateur de la dynastie des Nguyen, désireux de déplacer la capitale de Hanoï à Hué dans le but d’unir le nord et le sud du pays.  Elle a malheureusement été en grande partie détruite pendant la guerre, peu épargnée les bombardements américains. Elle est en restauration permanente depuis un long moment..

Les larges remparts que l’on doit traverser en passant par la porte d’entrée de la citadelle débouchent sur le somptueux palais de l’Empereur, peu touché par les bombes. On prend conscience du décalage qui devait exister entre le faste de la Citadelle, et la vie des habitants à l’extèrieur. Tout est ici luxueux, des dorures du plafond aux 80 colonnes en bois précieux qui soutiennent la structure.

Citadelle Impériale de Hué, Vietnam.
Citadelle Impériale de Hué, Vietnam.

La visite en plein cagnard prend 3 bonnes heures parmi cet ensemble (un peu disparate) de pagodes et de palais méticuleusement restaurés dont certaines merveilles : le temple To Mieu et ses urnes dynastiques notamment.

Porte encens de rue, Hué.
Porte encens de rue, Hué.

Pour mes 29 printemps, Charlotte réserve un hôtel de folie à 15km de Hue en bord de mer. Peu de superlatifs décrivent le luxe de ce paradis secret, la Villa Louise,  où une chambre de 50m2 au charme fou nous attend, avec vue sur mer, salles de bain extérieure et intérieure avec jacuzzi, accès privatif aux 3 piscines (dont 1 intérieure et chauffée). Petite parenthèse hors du temps pendant 24h !

Villa Louise, Hué.
Villa Louise, Hué.

La nourriture et les cocktails sont absolument délicieux, on mange les pieds dans le sable face à la mer.

Villa Louise, Hué.
Villa Louise, Hué.

La quatrième piscine, à débordement, n’attendait que nous pour une après-midi farniente. Le must c’est que nous sommes seuls dans l’hôtel. Autant vous dire que mes 29 ans se seront passés sous la devise : luxe, calme et volupté, pause enchantée bien agréable dans ce tumultueux Vietnam.

Villa Louise, Hué.
Villa Louise, Hué.

Difficile de redescendre sur terre après ça, mais un bus nous attend pour Hoi An, à 4 heures de route au sud. Trajet toujours en bus couchettes, mais cette fois ci on squatte les derniers rangs pour avoir plus de place. En plein arrêt pipi sur le bord de la route on découvre que la consommation de viande de chien ici n’est pas une légende, en voyant deux types embarquer un canidé dans un sac en toile. Miam :-). Pour info, et sans faire de sensationnalisme primaire, il porte chance pour certains vietnamiens de manger de la viande de chat (on en a pas vu) la première quinzaine du mois lunaire, et de manger de la viande de chien la dernière quinzaine du mois lunaire.

Arrivés à Hoi An on vient nous chercher en moto taxi, on loge au Han Oi Hôtel (20 dollars avec petit-déjeuner et piscine) que Charlotte avait déniché sur un blog. On sort en ville le soir, et nous nous sentons presque étouffés par le nombre impressionnant et inattendu de touristes, on se croirait à Disneyland avec toutes ces lanternes qui illuminent les bords de la rivière. Hoi An est une ville historique, haut lieu de gastronomie vietnamienne, et peut être la plus touristique du Vietnam, on vient de le découvrir, qui pourrait avoir des faux airs de La Havane ou de Carthagène, la chaleur aidant.

Lanternes, Hoi An, Vietnam.
Lanternes, Hoi An, Vietnam.

Historiquement , de nombreux marchands japonais et des congrégations chinoises occupaient maison de thés et pagodes, qui ont été bien conservées et que l’on peut aujourd’hui visiter. Premier repas chez Morning Glory, conseillé par l’ami Lonely qu’on trouve vraiment de moins en moins bon en terme d’adresses, très conformiste, et à notre avis vraiment de plus en plus commissionné par les établissements . On était un peu contre au départ , mais il faut reconnaître qu’on se sert pas mal de Trip Advisor et Booking, qui ont une certaine force lorsqu’utilisés avec parcimonie.

Le repas est bon et on goûte à quelques spécialités succulentes du coin (Magrets de canard & salade de mangue verte et fleurs de bananier, White Roses (délicates ravioles à la chair de crabe), ou encore Ban Xeo (pancake de riz croustillant garni au porc, crevette et  germes de soja)). Il faut préciser que ce resto est une usine, un buzzer sonne pour vous indiquer que votre table est prête, le service est vraiment très pressé, quant à l’addition on s’en doutait elle est salée..  

On se balade le lendemain dans la vieille ville après s’être acquitté d’un ticket (permettant de visiter «uniquement» 5 lieux historiques au choix sur les 22 que compte la ville, mesquinerie quand tu nous tient..).

Le pont japonais, la maison de la congrégation chinoise de Guangzhou, l’atelier d’artisanat et la fabrique de lanternes n’ont plus de secrets pour nous, même si fidèles à nous mêmes on essaye de faire les filous en y allant parfois au bluff pour visiter à l’oeil.

Hoi An, Vietnam.
Hoi An, Vietnam.

La chaleur asphyxiante est toujours une occasion de se boire un « caphe sua da », le café glacé local, bien costaud mais rafraîchissant. On continue notre découverte culturelle et gastronomique en s’arrêtant manger notre meilleur Banh Mi du séjour chez Mme Khanh, autoproclamée à juste titre The Banh Mi Queen. Les sandwichs sont à tomber et l’observation de cette mamie aux yeux félins préparant avec amour ses sandwichs du haut de son tabouret de coiffeur en cuir est à elle seule un délice. Baguette croustillante, pâté goûtu, fine lamelles de porc mariné, herbes fraîches, crème de tomates séchées et pimentées.. Pour 20000 dôngs chacun (0,75 euros), on est repus.

On se perd de nouveau dans les ruelles étroites qu’illuminent progressivement les lanternes incandescentes à la nuit tombée . La piscine de l’hôtel est salvatrice en fin de journée, d’autant que l’eau n’est pas chauffée, et donc bien revigorante.

Café des amis, Hoi An.
Café des amis, Hoi An.

Nouvelles découvertes culinaires au Hi Restaurant, dans un coin pas touristique (et les prix s’en ressentent tout de suite) : au programme Cao Lau, la spécialité du coin introuvable dans le reste du Vietnam : nouilles jaunes, tranches de porc, pousses de soja, laitue, crackers de nouilles frites (peu d’intérêt) et menthe, le tout arrosé de bouillon et de citron vert.

C’est excellent à l’exception d’un goût ferreux qui nous dérange un peu, le coupable est vite démasqué en la « personne » d’une herbe aromatique qui lorsque elle est cuite donne un goût prononcé de sang qui n’est franchement pas agréable. On l’enlèvera systématiquement les prochaines fois , quitte à franciser les spécialités :-)

Enthousiasmés par ce super resto de rue, on décide de réserver un cours de cuisine, avec Thao, la patronne quelques jours plus tard , bien meilleur marché que ce que les restaurants « côtés » proposent.

Hoi An qui est aussi la capitale vietnamienne des tailleurs, maroquiniers et autres chausseurs sur mesure. Après d’amples recherches et en essayant de s’éloigner des adresses de l’ami Lonely – qui ont profité de leur notoriété nouvelle pour gonfler les prix -, on tombe sur Mai Xuân, patronne d’une boutique très sympathique. Une veste col Mao me fait de l’œil et elle peut me la customiser pour le lendemain avec doublure en soie de mon choix et manches à la bonne longueur, moyennant 50 dollars. Imbattable. Charlotte se fait faire une petite robe d’été colorée pour quelques dollars. Après prise des mesures et indications sur les coupes que l’on voulait rendez-vous est pris dans 24h pour les premiers essayages.

Visite de pagodes chinoises (pour changer), balade le long du fleuve, escale au marché chez Mrs Thu pour un super Cau Lau (20000 dôngs).

Cau Lao, Mrs Thu, Hoi An.
Cau Lao, Mrs Thu, Hoi An.

On rejoint pour le souper Maxime, Sarah, William et Sabine (la sœur de Sarah qui vient de les rejoindre) et partageons encore une fois une chouette soirée autour de bières fraîches et d’un resto chez Little Menu. Pour nous deux parfois un peu trop râleurs, c’est une vraie cure d’enthousiasme, d’ondes positives et de relativisme qu’on apprécie vraiment.

Il s’agit le lendemain d’aller visiter My Son, un sanctuaire de temples chams hindouistes datant du 7 au 13 ème siècle, situé à 50 km d’Hoi An, qui servait de base arrière aux Viêt-Congs pendant la guerre du Vietnam. Ils se cachaient facilement dans la jungle environnante, et les bombardements américains n’ont pas tardé à les viser, detruisant une bonne partie du site.

My Son, Environs de Hoi An, Vietnam.
My Son, Environs de Hoi An, Vietnam.

On enfourche un scooter et c’est parti pour 50km, enfin ça c’était le programme initial. N’a t’on pas même fait 10 bornes à travers de beaux paysages de rizières que l’on se prend des trombes d’eau (chaude), une vraie tempête tropicale.

On fait un peu moins les malins et continuons à allure modérée jusqu’à My Son qu’on atteint après 50mn de route. La pluie s’arrête quand nous arrivons alors que tous les groupes organisés repartent (il est midi, et a midi le mac morning les groupes de touristes c’est fini :-) comme nous l’avions lu sur d’autres blogs) pour notre grand plaisir.

L’architecture en brique est impressionnante , comme le sont les cratères de bombes encore présents. C’est une sorte de mini Angkor vietnamien , toutes proportions gardées mais qui a été re-grignoté par la jungle. On est un peu seuls au monde – les cars de touristes étant déjà loin – si ce n’est 4 cougars chinoises ou vietnamiennes qui ont leur photographe attitré et se font prendre en photo 10 fois chacune devant chaque temple avec des poses plus suggestives les unes que les autres..

Topo selfies : Tout le monde prend ou a déjà pris un selfie, mais sans rentrer dans des débats socio-ethnologiques que je ne maîtrise absolument pas le rapport qu’on les asiatiques au selfie et à l’image de soi est assez perturbant : tout est mis en scène, on prend des photos dans la rue, dans le bus, au restaurant,au supermarché on se remaquille entre les photos avant de faire un bisou à la caméra , on court cheveux au vent pour avoir un effet filé sur la plage. C’est vraiment pathologique. On s’amuse à imaginer la taille de leurs albums photo ( virtuels bien evidemment).

Alors que la visite s’est faite au sec , à peine vient t’on de quitter My Son que la pluie se remet à faire des siennes , il faut croire que dans ce pays agnostique on devait être sous une bonne étoile pour la visite.

Retour au bercail le ventre vide, on tente un deuxième restaurant de Banh Mi recommandé par TripAdvisor mais il n’y a pas de match possible, la reine du Banh Mi, ici comme ailleurs, et à toutes heures c’est bien Mme Khanh.

C’est le lendemain matin que nous avons rendez vous pour notre cour de cuisine (15 dollars/pers) avec Thao , qui gère le restaurant Hi. On choisit ce que l’on veut cuisiner sur la carte du restaurant, et c’est parti pour les courses au marché. Au programme Cau Lau, soupe de Wontons (ravioles de porc et crevettes), rouleaux de printemps, Ban Xeo.

Cau Lao.
Cau Lao.

On a depuis 3 semaines un vrai coup de coeur pour la cuisine vietnamienne qui est moins épicée que la thaïlandaise mais où les herbes ont une part prépondérante. On avait peur que ce soit aussi beaucoup de fritures, et on ne vous cachera pas que la quantité d’huile pour faire frire le Ban Xeo nous a un peu étonné – voire écoeuré – mais la fraîcheur des produits est absolue.

Ban Xeo.
Ban Xeo.

On prend notes et photos pour essayer de ne rien oublier des recettes, ayant encore 3 mois de voyage devant nous. De retour à Paris, on sait que Tang Frères n’est pas bien loin pour s’approvisionner :-).

Ayant un peu donné avec les bus , on s’embourgeoise et optons pour un vol Danang-Nha Trang le lendemain matin (35 euros, pas beaucoup plus cher que les trains couchettes). Danang, qu’on rejoint en 45 mn de bus local depuis Hoi An, est une ville côtière immense et qui a l’air sous peuplée. Elle est en pleine ébullition depuis 10 ans avec de nouveaux quartiers qui voient le jour, un aéroport ultra moderne , des ponts immenses (le Dragon Bridge fait pas loin de 700m et s’illumine la nuit), mais elle présente peu d’intérêt pour nous.

Dragon Bridge, Danang, Vietnam.
Dragon Bridge, Danang, Vietnam.

Le front de mer est surchargé de buildings et la longue plage en croissant de lune est jolie mais sa propreté laisse à désirer et n’invite pas spécialement à la baignade (même si les sauveteurs veillent au grain). 

Le travail des champs, en ville, Danang, Vietnam.
Le travail des champs, en ville, Danang, Vietnam.

Bref, une nuit au Dang Ha Hôtel (10$, super) suffira avant le vol très matinal pour Nha Trang à 800 km de là sur la côte.

Nha Trang c’est une sorte de mini Moscou, la chaleur en plus. On en a un premier aperçu des le hall d’arrivée, ou un groupe de 300 moscovites attend son avion charter de retour. Loin de moi l’idée de vouloir faire des remarques limites, mais on voit qu’il n’ont pas du soleil tous les jours, les peaux sont rouges tomates ( le soleil, la vodka, ou les deux on ne saura jamais vraiment) mais difficile de se tromper, les morphotypes sont assez singuliers.

Arrivés en centre ville, on se demande si les russes ne sont pas plus nombreux que les vietnamiens, tout est écrit en cyrillique. Le lieu n°3 à visiter ici sur Trip Advisor est le centre d’information russe, c’est pour dire. On nous distribue des flyers en russe sur la plage… On loge au Tabalo, auberge de jeunesse branchouille où notre chambre est en duplex. On passe la journée à la plage, qui est pour le coup bien plus sympa que celle de la veille, bien que le front de mer soit chargé d’hôtels de luxe et autres grattes ciels soviétiques .

On fait une pause question gastronomie vietnamienne et nous dégotons un excellent restaurant grec, le Mix, où les mezzes sont absolument à tomber (tzatziki, crème de betterave, houmous, caviar d’aubergine et j’en passe) et très bon marché.

On visite aussi les tours Cham de Po Nagar, au bout de la plage, qui datent du 8 et 9 ème siècle. C’est un petit échappatoire au bouillonnant centre ville. On parfait notre couleur caramel le lendemain matin sur la plage avant de quitter la côte.

Asian-style selfie, Nha Trang.
Asian-style selfie, Nha Trang.

Un bus nous attend l’après midi, pour nous enfoncer vers les hauts plateaux du sud-ouest et la ville de Dalat, une oasis de fraîcheur bienvenue après le climat tropical des derniers jours. Ici pas de rizières mais une température printanière, des villas coloniales, et des fermes cultivant fleurs et fraises aux alentours. Dalat est le verger du Vietnam. Etrangement, cela nous rappelle beaucoup les ambiances de montagne de Huaraz au Pérou, ou Manizales en Colombie, et il fait vraiment plus frais; on ressort manches longues et pantalons, et descendons à l’hôtel My Dream dont la patronne est francophone ( 11$ la nuit pdj inclus)

Le lendemain, nous enfourchons notre moyen de locomotion favori , un deux roues, pour aller se balader dans les environs.

La région est bien parsemée de lacs (naturels ou artificiels), d’une gare Art-Déco désaffectée, de serres à perte de vue ( culture intensive de fruit et legumes oblige) qui dénaturent un peu le paysage, mais pour les villas coloniales, on a pas du s’enfoncer dans le bon coin.

On visite la pagode de Linh Phuoc, ou pagode du Dragon, qu’aucun guide ne mentionne, mais dont on a entendu parler sur un blog. On est contents d’avoir fait le détour, c’est vraiment impressionnant. Construite dans les années 50 avec des débris de mosaïque et de porcelaines, c’est un tantinet kitsch par endroit, mais le bouddha de 20m de haut couleur chocolat blanc, ou la tour à 8 étages valent à eux seuls le détour.

Linh Phuoc, Dalat, Vietnam.
Linh Phuoc, Dalat, Vietnam.

On croise aussi des moines en cire plus vrais que nature, un poil inquiétants.

Linh Phuoc, Dalat, Vietnam.
Linh Phuoc, Dalat, Vietnam.

On prend le téléphérique pour aller visiter la pagode Truc Lam, en passant au dessus d’une belle forêt de pin, dont les odeurs nous rappellent le Pays Basque et les Landes.

Téléphérique, Daalat, Vietnam.
Téléphérique, Daalat, Vietnam.

On a finalement en milieu d’après-midi l’impression d’avoir fait un peu le tour de cette ville dont les gens parlaient tant, peut être est on passé à côté mais je ne crois pas, puisqu’on avait pas tellement envie de faire des activités outdoors pour lesquelles la région est réputée. On décide donc de prendre un avion le soir même pour Ho Chi Minh, avion qui ne coûte presque rien comparé au prix des 8h de bus qu’on comptait prendre. Pour 23 euros chacun, on décolle pour Ho Chi Minh, la capitale le soir même, sur Vietjetair.

Il nous reste encore un peu de temps et le mettons à profit pour visiter la Crazy House, un délire artistique en béton d’une architecte Mme Dang Viet Nga, fille du successeur d’Ho Chi Minh à la présidence du Vietnam entre 1981 et 1988. Ca vaut vraiment le coup d’oeil, même si c’est parfois de fort mauvais goût. Les escaliers à même les toitures sont par endroits vertigineux, il faut dire que 5 étages ont été construits, et qu’une girafe grandeur nature à été installée dans un des halls d’entrée.

Crazy House, Dalat, Vietnam.
Crazy House, Dalat, Vietnam.

Navette pour l’aéroport, embarquement et contrôle instantané (il n’y a qu’un vol ce soir). Les ennuis commencent , nous voilà dans le Sud Vietnam. :-) :-)

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Good Morning (Northern) Vietnam !!

Après un vol dans un avion Cambodia Angkor Air (oui ça existe) qui couine et un atterrissage à fond la caisse nous voilà enfin arrivés au Vietnam !

Il y a des pays comme ça qu’on rêve de découvrir et clairement le Vietnam en fait partie.

Nous avons vu qu’il est possible de rallier le centre ville en bus local depuis l’aéroport, après avoir esquivé un nombre incalculable de propositions pour un taxi on trouve enfin la solution pour rejoindre notre bus. Une navette gratuite rejoint l’autre aérogare, d’où un bus, le 17 part dans le centre. On voit le bus 17 mais le prix demandé est 10 fois supérieur à ce qu’on pensait … c’est en fait un bus de la compagnie VietJetAir qui s’est collé un sticker 17 pour tromper le touriste distrait..

Point entourloupe : on a lu et entendu beaucoup d’histoires sur les Vietnamiens… Durs en négoce, essayant toujours de majorer les prix! On attend de voir par nous même mais restons sur nos gardes surtout après le coup du bus !

Première surprise les gens fument dans le bus, notamment une sorte d’énorme bang en bambou qui n’est au final rempli que de tabac, mais qui surprend au premier abord lorsque le chauffeur le fume en conduisant. On fera rapide pour la conduite : à l’image de la plupart des conducteurs de bus auxquels on a affaire, sur de soi, imprudent, dangereux, il ne remonte pas la moyenne.. On est forcément plus fort dans un bus, c’est aux voitures en face de dégager, et surtout pas l’inverse.

D’ailleurs petite devinette fil rouge : Quelle est la différence entre un conducteur français, anglais et vietnamien ?

Arrivés à Hanoi sains et saufs, on termine les derniers hectomètres à pied, tachant de se frayer un chemin dans le flot hallucinant de 2 roues qui viennent de toutes part. On a l’impression d’être rentrés dans une fourmilière, et ne comptez pas sur le respect des feux pour réguler le trafic.. On comprend tout de suite en voyant d’autres touristes que le nerf de la guerre ici c’est de savoir s’imposer (avec prudence mais bagout), et commençons doucement mais sûrement notre adaptation.

L’expression un joyeux bordel prend tout son sens ici, mais ce n’est pas pour nous déplaire, l’ambiance invite à la découverte des moindres recoins de la ville.

Ile de la Tortue, Hanoi.
Ile de la Tortue, Hanoi.

Le bruit des klaxons est omniprésent et les tonalités sont multiples ; du jouet couineur d’enfant à l’alarme incendie , en passant par celui qui résonne en échos 10 secondes. A force de servir à tout, le klaxon ne sert plus à rien, d’autant que les trottoirs ont de multiples fonctions (parking 2 roues, terrasses de café, stands de rue) exception faite de celle d’être utilisable par les piétons, qui du coup marchent sur la chaussée.

Arrivés à notre hôtel, le Tulin Palace 2 on fait un point météo pour la baie d’Halong ayant envie d’en profiter sous le soleil ! Sur les conseils de nos acolytes baroudeurs Yannick et Coline on décide de passer par l’agence Vega Travel qui propose des croisières un peu plus haut de gamme de 3 jours pour découvrir la fameuse baie d’Halong mais aussi la baie de Lan Ha et l’île de Cat Ba afin d’échapper aux hordes de touristes. Et puis même si on est loin le père Noël français est passé et nous permet de nous payer un extra 😉 Merci les parents !! 

La météo s’améliore à partir du 31 décembre et on se dit que quitte à être 2 pour fêter le nouvel an autant que ce soit dans un lieu magique !

En attendant on a 3 jours pour découvrir Hanoi. Le premier soir on se rend vite compte en mangeant dans la rue qu’Octave risque de déborder des chaises et tabourets Vietnamiens, posés à moins de 20 cm du sol … ça promet pour les transports !

Xoi Yen Restaurant, Hanoi.
Xoi Yen Restaurant, Hanoi.

Pour notre première journée nous partons à la découverte de la vieille ville, ici chaque rue à une spécialité : les offrandes, les chaussures, les paillasses, la métallurgie etc …. Il y en a au total 36 !! C’est vraiment une ville que l’on aime malgré le bruit, la pollution et cette foutue circulation ! On se balade dans le grand marché local Dong Xuand où on vend de tout et entre autres insectes, tortues molles prêtes à être mangées ( beurk.), crapauds trop nombreux dans des bassines, la cour des miracles..

La sieste, Marché Dong Xuan, Hanoi.
La sieste, Marché Dong Xuan, Hanoi.

La bouffe de rue est incroyablement bonne, c’est une ode à la gourmandise, et un stand sur 2 donne envie de s’y attabler, même sans avoir particulièrement faim.

Vendeuse de Rue, Hanoi.
Vendeuse de Rue, Hanoi.

Nous faisons une petite pause gourmande dans la matinée en testant la spécialité locale le café à l’oeuf : le café est recouvert d’une sorte de sabayon, et passée la première appréhension c’est vraiment délicieux. Hanoï a une culture café presque infinie, et entre la gastronomie locale et les baristas, ce sera un peu le fil conducteur de nos quelques jours ici.

Nos escales Caphé, hanoi.
Nos escales Caphé, hanoi.

Hanoi est réputée pour sa street food entendez par là des stands de rue dans lesquels on mange les spécialités du pays et de la région pour 3 fois rien ! Les hôtels et agences de tourisme vendent même des tours afin de tester les meilleures adresses. On se dit qu’on est suffisamment gourmands pour découvrir tout ça par nous mêmes et que ce sera toujours un prétexte pour réchauffer les organismes, qui par 20° sont vraiment refroidis… :-) (joke)

Echaffaudage à a vietnamienne.., Hanoi.
Echaffaudage à a vietnamienne.., Hanoi.

Cela sert aussi d’excuse à Charlotte pour s’offrir une vraie/fausse doudoune The North Face pour 15€. En même temps elle est made in Vietnam et sort des mêmes usines que les vraies alors pourquoi se priver !

Le lendemain il pleut des cordes quand on se lève, on s’y attendait mais notre hôtel est chouette et on traine au lit avant d’aller visiter le musée des femmes vietnamiennes, qui insiste sur la place centrale de la femme dans la société et la culture vietnamiennes. On peut y observer des reportages très intéressants sur les vendeuses de rue et leur rôle au sein de la famille. Si vous passez par Hanoi cela vaut le coup d’œil ! Cela fait du bien de faire une pause en matière de visite de temples bouddhistes et autre pagodes, étonnamment la religion ultra majoritaire au Vietnam est.. l’agnosticisme à plus de 80 % ( c’est le 2ème pays le moins croyant au Monde, après la Suède), contrairement à ses voisins où le bouddhisme est quasi religion d’Etat.

La pluie s’est calmée on se décide à aller visiter le mausolée d’Ho Chi Minh, après avoir traversé la ville a pied on se rend compte que les visites se terminent a midi et qu’il est 16:30 …

Faux départ, Hanoi.
Faux départ, Hanoi.

Ca nous permet de nous poser au Cong Caphé, au décor un peu kitch/vintage/militaire.. où l’on sirote un café glacé au sorbet coco. Au retour, on tombe sur une voie ferrée qui passe à travers les habitations : assez improbable, le train passant après renseignements 6 fois par jour. Très photogénique.

Ligne de chemin de fer, Hanoi
Ligne de chemin de fer, Hanoi

Nous ressortons en milieu de soirée pour assister au spectacle de Water Puppets, les marionnettes sur l’eau. On ne sait pas trop à quoi s’attendre vu l’engouement que ces spectacles suscitent. A l’origine cette tradition vient d’un passe temps des paysans qui travaillaient dans les rizières du delta du Mekong. Ils sculptaient les marionnettes dans du bois de figuier (imputrescible) en s’inspirant des habitants de leur village, des animaux, des créatures mythiques. Les représentations avaient lieu sur des rizières inondées, des étangs ou des lacs matérialisés aujourd’hui par un grand bassin carré dont l’eau est obscurcie. La représentation met en scène une succession de 14 scènettes de la vie quotidienne vietnamienne, accompagnée d’un orchestre et de chants, l’ensemble est très beau, on se fait même éclabousser au premier rang ! 

Après notre tentative ratée de visite du mausolée la veille nous réitérons l’expérience mais cette fois de bonne heure ! En sortant de notre hôtel on tombe nez à nez avec Valerie Castan du domaine Castan chez qui on s’approvisionne 2 fois par an en vins lors du salon des Vignerons Indépendants (on vous recommande d’ailleurs chaudement l’Ametla qui est une petite merveille) ! La rencontre est improbable et mérite qu’on se donne rendez-vous le soir même pour le dîner.

Poulailler de rue, Hanoi.
Poulailler de rue, Hanoi.

On file au Mausolée, arrivés la bas on est tout de suite surpris par le protocole ultra strict qui régit la visite ! Premiers portiques de sécurité, où l’on se fait délester de nos bouteilles d’eau … Octave doit aller déposer son petit sac à dos dans un vestiaire, les téléphones et appareils photos sont rangés dans un autre sac qui leur est dédié et que l’on garde pour le coup ! File indienne obligatoire et c’est parti pour 1km de marche au pas en suivant « un guide » militaire. Octave se décale de quelques mètres afin de prendre une photo mais se fait rappeler à l’ordre et doit se remettre dans le rang le long du tapis rouge qui sert de chemin de croix (faucille) au pèlerinage … On a bien compris qu’ici on ne fait/dit pas n’importe quoi sur l’idôle du pays !!

On voit enfin l’immense mausolée construit en marbre gris, pour être imposant c’est imposant ! Ca fleure bon l’époque communiste :) Il faut savoir qu’ Ho Chi Minh avait demandé à être incinéré mais à sa mort le parti en a décidé autrement en l’embaumant : il faut croire que les intérêts du peuple passent avant tout.

Mausolée Ho Chi Minh, Hanoi.
Mausolée Ho Chi Minh, Hanoi.

Une fois devant le lieu sacré les militaires nous demandent d’enlever chapeaux, mains des poches, et d’observer un silence de mort un poil flippant ! Tous les 5 mètres un képi est présent prêt à rappeler le moindre déserteur à l’ordre!! On a même pas le droit de s’arrêter pour observer la dépouille, il faut continuer de marcher à pas solennel et régulier. C’est une sacrée expérience ;), même si pour le mausolée de «celui qui éclaire» (définition d’«Ho Chi Minh ») c’est bien sombre..

On en profite ensuite pour aller visiter le musée d’Ho Chi Minh. L’architecture est d’influence soviétique : bloc de béton gris énorme, statues de toutes parts et culte de la personnalité (un peu démodé pour nous) qui va avec …

Comme prévu nous rejoignons Valérie et son amie Charline pour aller dîner, à défaut de boire du bon vin, on s’hydrate à la Bia Hoi, une bière locale, brassée minute dans presque toutes les échoppes de rue et qui coûte la modique somme de 5000 dông le demi (20 cts d’euro) en faisant la bière la moins chère au monde.

Domaine Can reprezent, Hanoi.
Domaine Can reprezent, Hanoi.

Il est temps pour nous de quitter Hanoi pour les festivités de la nouvelle année sur la baie d’Halong. On avait vu qu’à partir du 31 le temps était plutôt bon, mais ce matin c’est maussade, et la pluie nous surprend sur la route .. On se rassure en se disant qu’Halong est à 3 heures de route ! L’optimisme paye et en arrivant à l’embarcadère la visibilité est bonne, la petite brume persistante donnant un côté mystique pas désagréable, alors que l’on prend nos quartiers sur une belle jonque en bois ! Nous sommes 16 en tout (dont 14 anglophones..) et nous faisons connaissance en partageant un déjeuner des plus copieux !!  On découvre peu à peu en s’enfonçant dans la baie les magnifiques pitons rocheux qui font la célébrité du lieu ! On doit dire qu’on trouve ça assez magique, on part explorer les grottes inaccessibles en bateau sur nos canoës.IMG_5807 En revenant sur le bateau on organise un concours de plongeon depuis le pont supérieur afin de bien commencer le début de soirée, avant d’aller chasser le calamar et d’apprendre à faire des spring rolls.

Notre chambre, Jonque, Baie d'Halong.
Notre chambre, Jonque, Baie d’Halong.

Le dîner est gargantuesque, c’est un vrai défilé ! Crevettes, huîtres (si, si !! enfin à la mode Vietnamienne c’est à dire bouillie …l’intérêt de l’huître est totalement perdu mais fallait bien essayer), calamars, poulets, légumes, riz, beignets de poisson, je crois même que j’en oublie ! Pour le dessert notre guide nous a préparé des tours de magie et des farandoles de fruits exotiques ! Cette année se finit vraiment bien.

Santa Cruz, Baie d'Halong.
Santa Cruz, Baie d’Halong.

Il faut juste savoir que sur le bateau les consommations ne sont pas comprises dans le prix, sauf que vers 21:00 après le dîner le staff vient nous offrir des montagnes de bières, des bouteilles de vin rouge, de l’alcool de riz, des gâteaux, bonbons ! Ici ce n’est pas la nouvelle année mais pour nous touristes occidentaux à petit budget, la Saint Sylvestre se passe à l’œil 😉 !

La fête bat son plein et je dois dire que l’on s’amuse bien ! Certains abusent un peu trop de l’alcool de riz et notre compère Irlandais se prenant pour Jack Sparrow finit par escalader le mat, sans dégâts fort heureusement… Le lendemain matin pour notre premier jour de 2016 le soleil brille plus que jamais et on se dit que cette année commence bien mieux que la précédente ! Nous allons comme je pense tous les touristes sur l’île Tip Top depuis laquelle on a une vue tip-top, (elle est facile celle là) à 360 degrés sur la baie et sur le nombre incalculable de bateaux qui la sillonent !

Baie d'Halong, Vue de Tip-Top Island.
Baie d’Halong, Vue de Tip-Top Island.

Tandis que les bateaux des tours de 2 jours rentrent au port, le nôtre se dirige vers la baie de Lan Ha, véritable havre de paix !! C’est même à nos yeux plus beau que la baie d’Halong car ici on est seuls … Vraiment seuls ! Finis les bateaux à toutou, on peut profiter en toute quiétude des paysages qui s’offrent à nous ! En début d’après-midi on fait escale sur l’île de Cat Ba pour découvrir la campagne environnante en vélo et à pied, et faisons plus ample connaissance avec Sarah, William et Maxime nos amis québécois que l’on croisera à de multiples reprises durant le voyage !

Baie de Lan Ha.
Baie de Lan Ha.

Le soleil étant toujours présent on part rayonner en kayak dans les environs, et tandis qu’Octave part se baigner en mer de Chine, je bulle de mon côté sur un transat afin d’essayer de parfaire mon bronzage ! 

Baie de Lan Ha.
Baie de Lan Ha.
Baie de Lan Ha.
Baie de Lan Ha.

Le soir nous faisons escale au Hung Long Hôtel, un 4 étoiles à l’architecture soviétique pour rester dans le thème, question confort c’est grand luxe cela dit. Nous allons dîner avec nos 3 compères quebecois pour partager un Hot Pot (fondue locale) aux fruits de mer peu économique mais agréable.. :-)

Pour notre dernière journée sur le bateau le soleil est encore plus rayonnant  et on se plaît vraiment à admirer une nouvelle fois les paysages karstiques fantastiques de Lan Ha, en passant par une voie maritime différente de celle de la veille, et un village flottant de 4000 âmes avec en prime un supermarché..

Supermarché flottant, Cat Ba.
Supermarché flottant, Cat Ba.

Vous l’aurez compris si une envie soudaine vous prend de visiter la baie d’Halong on vous recommande chaudement de faire un tour de 3 jours afin de s’éloigner de l’immense majorité des touristes qui restent en baie d’Halong. ! Vu la fréquentation, ce petit paradis risque de ne pas rester secret très longtemps. 

Nous sommes de retour sur Hanoi en fin de journée et on ne sait pas trop quoi faire, au dernier moment on se décide pour aller à Ninh Binh à 120 km au sud, qui est la porte d’accès à Tam Coc appelée aussi « baie d’Halong terrestre », rien que ça ! On en veut  toujours plus ;). Après 1h30 de bus de nuit (au lieu des 2h30 annoncées, on vous laisse imaginer la vitesse de croisière choisie par le chauffeur..), pendant laquelle on s’est vu infliger une version vietnamienne de Jack Reacher, où le beau Tom Cruise est doublée par une voix de femme très peu virile :-) Mythique.

La ville de Ninh Binh, semble beaucoup trop grande, et l’ambiance y est poussiéreuse. On se trouve rapidement un hôtel d’autant qu’Octave à le mal de terre depuis notre retour de Lan Ha.

Le lendemain matin on loue un scooter, dont l’état est assez inquiétant mais qui ne posera pas de problèmes finalement, et partons vers le site de Tam Coc.

Octave avait lu sur des blogs qu’afin d’éviter les prix exorbitants demandés par le bureau on pouvait négocier directement avec les femmes du coin pour qu’elles nous emmènent sur leurs barques, et qu’elles ne se fassent pas racketter par les escrocs de l’embarcadère qui ne leur reversent quasiment rien !

Mais il faut croire que les contrôles ont du se durcir et il impossible de trouver la moindre rameuse « indépendante », elles nous renvoient toutes vers l’office… Le prix à triplé en 1 an passant de 6 à 15 euros.. Bon on est venus exprès pour ça, alors on serre les dents et on s’exécute !

Tam Coc, Baie d'Halong Terrestre.
Tam Coc, Baie d’Halong Terrestre.

Le hasard veut que nous tombions sur une ado de 15 assez flegmatique qui ne décolle pas de son portable,  nous colle sa techno vietnamienne pendant 1:30 à fond, tout en ramant avec les pieds… Par 3 fois, elle nous envoie droit dans une barque en face.. On lui fait quand même une petite réflexion, mais rien n’y fait, on a un peu les boules ! Sachant aussi que ce n’est pas la meilleure saison, les rizières sont inondées par les pluies ! C’est quand même chouette mais rien à voir avec les images qu’on nous vendait depuis 1 semaine.

Sans comentaires :-)
Sans comentaires :-)

On profite du scooter pour aller visiter à quelques kms de là, la pagode de Bich Dông, ensemble de temples troglodytes isolés et d’où l’on jouit d’une belle vue sur les environs, ça nous remet d’aplomb !

Revigorés par ce détour off-the-beaten-track, on s’aventure vers la cathédrale de Phat Tiem, à 26km de là qui d’après l’ami Lonely est un « savoureux mélange d’influences chinoise, vietnamienne et européenne », le trajet est vraiment glauque, les nuages sont bas, on traverse des rizières jonchées de plastiques, avec de gros rats-kamikazes par dizaines qui traversent la nationale pour aller s’échouer lamentablement sous les roues de semi remorques chinois roulant à toute allure, on redouble de prudence mais on est vraiment pas à l’aise, on s’imagine très bien en Corée du Nord ici, ambiance Kim Jung 2.

Routes trop grandes, Ninh Binh.
Routes trop grandes, Ninh Binh.

Pour couronner le tout, on est dimanche, et le dimanche la cathédrale est… fermée.. normal, on doit se contenter des façades extérieures.

On rebrousse donc chemin et c’est reparti pour une heure de scoot. On décide d’acheter nos billets de train pour la nuit, histoire d’arriver le lendemain matin a Hué, l’ancienne citadelle impériale du Vietnam. On a manqué d’organisation et toutes les couchettes ont déjà été réservées, ne voulant pas rester ici plus longtemps on se prend des billets pour des soft seats… On préfère être assis pendant 12:00 dans un train un peu miteux que de monter dans leur bus ! On verra bien.

C’est du mirador construit au dessus de la grotte de Mua que les vues sur Tam Coc, sont parait-il les plus belles. On s’exécute, et ne sommes presque plus surpris lorsque l’on nous dit que le prix d’entrée est passé de 30.000 dongs à 100.000 en 6 mois ; la grotte est minuscule et n’a absolument aucun intérêt.. On paye finalement pour le mirador, et les gérants l’ont bien compris.. Payer pour une vue, un grand concept en Asie du Sud Est, qui s’entrechoque un peu durement avec nos mentalités d’occidentaux.. La vue est panoramique, mais le ciel assez chargé ne laisse pas passer un rayon de soleil..

Il est temps de partir, lorsqu’on se pointe à la gare le train arrive tout juste et quand on monte dans notre wagon 3ème classe (sièges inclinables quand même) on sait que la nuit va être longue, au moins on ne pourra pas nous dire qu’on ne voyage pas couleur locale 😉 

La réponse à notre fameuse devinette : l’anglais roule à gauche, le français à droite, et le vietnamien…. partout. :-) A bons entendeurs.

En prime un petit aperçu de la circulation d’Hanoi.

 

Laos : En Bref

LAOS-mapLe Laos EN BREF

Itinéraire : Huay Xai – Luang Namtha – Nong Khiaw – Muang Ngoi – Luang Prabang – Vang Vieng – Vientiane – Paksé – Plateau des Bolovens – 4000 îles – Vientiane.

Monnaie : 1 euro –> 8800 Kips Laotiens.

Budget : 23 euros/jr/pers environ ( sans faire plus attention que cela)

Logement : Chambres simples mais OK, entre 50000 kips (6 euros) et 120000 kips (13 euros).

Prix d’un trajet en bus : compagnie dépendant mais environ 15000 kips (2 euros) l’heure de trajet en bus local.

Prix d’un restaurant : plats classiques entre 20000 (2,25 euros) et 50000 kips (5 euros)

Les — —> les prix pas si bons marchés, la cuisine moins sympa qu’en Thailande, les laotiens avec lesquels on a eu un peu de mal à accrocher, les conducteurs de bus imprudents ( y’en a t’il vraiment des prudents, telle est la question ?)

Les +++ —-> la magnifique Luang Prabang et ses environs, les 4000 îles, dormir dans une cabane à 40 m de haut dans la jungle de Huay Xai, la ville paisible de Nong Khiaw en bord de rivière.

En Bref AFS

afriquedusud

L’Afrique du Sud EN BREF : 31 jours

Itinéraire : Cape Town – Stellenbosch – Hermanus – Oudtshoorn – Tsitsikama Park – Addo Elephant Park – Underberg – Santa Lucia – Hluhluwe – Kosi Bay – Nelspruit – Parc Kruger (Berg en Dal/Skukuza/Satara/Balule) – Blyde River Canyon – Merry Peeble – Pretoria – Jo’bourg.

Monnaie : 1 euro –> 16 rands (Novembre 2015)

Budget : 42 euros/j avec 25 jours de location de voiture et 300 euros d’essence pour 6500 km.

Logement : En moyenne 272 rand (17 euros) avec camping et chambres doubles (- cher 100 rands (Stellenbosch, 6 euros), + cher 500 rands ( 29 euros, Jo’bourg)).

Voiture : location 25 jours depuis dévolution à Jo’bourg : 320 euros, essence 300 euros pour 6500km.

Prix d’un restaurant : on se faisait essentiellement à manger tout seuls dans les auberges. 1 ou 2 restos en 1 mois.

Les +++ —->  Cape Town et ses environs (Jardin botanique, Green Market Square, Cap de Bonne Espérance, Table Moutain) les grands parcs nationaux (TsiTsikama, Addo, Hluhluwe, Cape Vidal, Parc Kruger, Kosi Bay), Blyde River Canyon, Musée de l’Apartheid à Jo’bourg

Les — —> l’ambiance un peu pesante post-apartheid,  l’arnaque des visites à Soweto.

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Au fil du Mékong : De Luang Prabang aux 4000 îles.

Nous descendons toujours plus au sud du Laos, pour faire escale à Vang Vieng. On ne sait pas trop quoi attendre de cette ville. Il y a quelques années VV était la Mecque de la défonce low-cost pour jeunes anglo-saxons…c’était à l’époque un lieu de débauche ou venaient s’échouer des zombies pré pubères sur des canapés à regarder des séries en boucle et faire du tubing avec stop dans des bars, pour achat d’happy cakes, d’happy smoothies, ou même directement de pochons d’opium.. Normal. Les autorités qui devaient en tirer un sacré profit en pot de vin ne disaient trop rien, jusqu’à ce que le nombre de morts/an prenne une telle ampleur que l’ensemble des bars furent fermés.

Charlotte, adulée par des touristes Chinois..
Charlotte, adulée par des touristes Chinois..

Bon, ça c’est pour vous mettre dans le contexte, nous on y venait pour les alentours qui sont paraît il très beaux. Il faut dire que lorsqu’on arrive en fin de journée le soleil brille et l’on se dégote un petit bungalow face aux falaises avec une jolie terrasse, on est au top. Lorsque l’on décide d’aller dîner on se rend bien compte que la ville a connu des heures sûrement plus agitées. L’ambiance est assez étrange on peut observer le fameux phénomène « jeune échoué sur un canapé » à regarder l’intégrale de Friends ou How I met your mother avec des yeux de bovins, mais en même temps la ville semble assez vide et du coup tout ça est un peu glauque.

La pluie du lendemain nous bloque un peu et on en profite nous pour aussi regarder des séries mais dans notre lit :) ! L’accalmie de l’après midi nous permettra de nous promener à pied dans la campagne environnante et il faut bien le dire Vang Vieng mérite vraiment le détour, les points de vue depuis les rizières sur les massifs karstiques comme posés là par magie, sont impressionnants. On avait prévu de se balader en scooter le lendemain mais la pluie n’ayant pas cessé on part pour Vientiane, capitale du Laos à 4h de bus vers le Sud ! En sortant, je tombe sur un petit marché à même le sol.. la femme devant mois dépèce une trentaine de rats morts qui sont dans son panier…..Brrrr, autant vous dire que je n’ai pas petit déjeuner local.

Nous voici à Vientiane, la capitale du Laos, ville d’expatriés, où il y a finalement peu de choses à faire. On se perd dans le Night Market et les cours de gym collectifs à même les bords du Mekong !! Les basses sont à fond, et les participantes  je vous le garantis. C’est vraiment drôle. On décide d’aller se faire un bowling, on est bien évidemment les seuls non-locaux, mais c’est le fun comme diraient nos amis québécois. Après deux parties, quelques bières, une sympathique rencontre avec des japonais bourrés sur la piste d’à côté, et une fissure de malléole pour Octave dû à un léger impact d’une boule de 15 kilos lancée à 30km/h sur le pied gauche, on reprend des forces dans un restaurant turc, entre houmous et kebab.. Très local :-)

On se prépare pour Noel comme on peut, Vientiane.
On se prépare pour Noel comme on peut, Vientiane.

La question maintenant est de savoir où passer Noël ! Soit nous prenons l’avion direction Hanoï, soit on prolonge notre séjour au Laos pour profiter de la chaleur au sud et fêter Noël aux 4000 îles dont tout le monde nous parle. Vous l’aurez compris on a plutôt envie de passer les fêtes au soleil !

On réserve donc un VIP SLEEPING BUS pour Pakse le lendemain soir. On passe la journée en ville, et allons visiter le Buddha Park, l’oeuvre d’un laotien un peu barré qui a voulu mixer culture/sculptures bouddhistes et hindous.. le mix est finalement assez chouette même si bien kitch, et vaut le détour. La principale représentant l’Enfer, la Terre puis le Paradis en haut, à vous de voir.

Buddha Park, Vientiane.
Buddha Park, Vientiane.

Et la c’est la douche froide, le VIP bus n’a rien de VIP on est parqués dans un bloc d1m50 de long sur 1m10 de large et ça pour 2 ! Pour reprendre un terme de Yannick et Coline, c’est Very Inconfortable et Pourri.

VIP Sleeping Bus
VIP Sleeping Bus

Autant vous dire que pour Octave la nuit va être rude, et pour moi aussi parce que le chauffeur est un fou furieux qui roule à plus de 100km/h sur des routes de campagne. Je ne suis pas sereine du tout voire même un peu crispée d’autant plus que dans notre tuktuk des expats français racontent que 3 jours auparavant un bus s’est scratché sur la route en tuant les passagers dont un touriste français mais que les autorités essayent de ne pas trop parler pour ne pas effrayer les touristes … Trop tard je ne fermerai pas l’œil de la nuit …

La nuit est rude pour Charlotte aussi..
La nuit est rude pour Charlotte aussi..

L’arrivée à 6:30 du matin à Pakse est un soulagement même si on est épuisés ! La ville n’a en soi que peu d’intérêt et on décide de louer directement un scooter pour visiter en 2 jours le plateau des Bolovens. Nous sommes chanceux ce matin il reste au loueur belge 1 seul scooter ! A nous les plantations de café et les cascades ! Juste ce qu’il nous faut pour nous remettre d’aplomb après cette dure nuit.

Le premier stop que nous voulions faire est un village traditionnel mais à notre grand étonnement pour rentrer dans le village il faut s’acquitter d’un droit d’entrée … Ça sent le vrai/faux village traditionnel dans lequel les habitants sont déguisés pour faire plaisir aux toutous ! Tant pis on fait demi tour pour continuer le long des superbes plantations de café qui s’alignent à perte de vue le long des routes. On en profite donc pour aller tester le café local; on s’arrête chez « Katu » qui fait visiter ses plantations et déguster son café. La visite ayant déjà commencé on en profite pour se reposer dans les hamacs, boire un super arabica et manger des cacahuètes et des bananes fressinettes offertes par la maison, certes ce n’est pas le mélange auquel on s’attendait mais c’est parfait.

Plateau des Bolovens, Paksé.
Plateau des Bolovens, Paksé.

En début d’après midi nous nous arrêtons à Tak Lo, dans lequel nous allons passer la nuit et filons à travers rizières jusqu’au sommet d’une cascade pour avoir un point de vue sur le plateau. On peut maintenant dire que le mot plateau prend tout son sens lorsque l’on atteint le sommet de la cascade devant une étendue plane sur des kms c’est même assez étrange de ne pas voir une once de relief !

Le Plateau des Bolovens.
Le Plateau des Bolovens.

En revanche c’est la saison sèche donc la cascade se résume à un filet d’eau et la vasque de baignade à une marre d’eau croupie. Du coup on file assister au bain des éléphants d’un resort de luxe un peu plus bas le long de la rivière.

Bain des Elephants, Tak Lo, Plateau des Bolovens.
Bain des Elephants, Tak Lo, Plateau des Bolovens.

Ca a beau être un peu mis en scène, le cadre est sympa, on n’a pas besoin de débourser 30 euros pour monter sur les pachydermes comme on nous propose régulièrement depuis 2 mois, et puis l’agilité dont il sont capables avec une apparence d’animal si patauds est impressionnante.. La cascade est clairement pour eux de la rigolade.. Même pas peur, ils s’enfoncent sans broncher.

                                 

Petit clin d’oeil aux parents et futurs parents, Laotian style !!

On prend notre temps le lendemain, n’étant pas spécialement pressés par les petits 70km qui nous attendent. Aujourd’hui c’est la route des cascades au programme la plus haute du Laos, la plus belle et la plus agréable, ça promet ! On commence par la plus belle qui s’avère en plutôt sympa mais qui où il est difficile de se trouver un coin tranquille, Dimanche oblige les familles lao viennent pique-niquer, et leur glacières sont plutôt des frigos.. !

On s’échappe direction la cascade suivante histoire de se baigner en toute tranquillité … Il fait pas loin de 35 degrés et cette pause rafraîchissante est la bienvenue, d’autant que nous sommes seuls.

La 3ème cascade, la plus haute, est immense et le débit est impressionnant mais impossible de trouver un chemin qui s’en approche un peu plus coup on se contente donc de la vue qui n’est pas si mal depuis le belvédère d’un hôtel chic.  Il est 15:00 et notre journée découverte touche à sa fin, on change nos plans et rentrons sur Pakse afin de découvrir la ville, et notamment le Golden Bouddha immense qui domine la ville. Les escaliers en bois installés à même la roche valent à eux seuls le détour tant ils sont raides, vertigineux… et délabrés.

Les fameux escaliers..
Les fameux escaliers..

La vue de là haut est grandiose et même si comme souvent les lieux sont assez mal entretenus et assez crâdes, ce beau bébé surveille fièrement le cours tranquille du Mekong quelques centaines de mètres plus bas.

Golden Buddha, Paksé.
Golden Buddha, Paksé.

Nous partons le lendemain matin, en direction des 4000 îles, et plus précisément de celle de Don Khong, la plus grande.. où l’on fait hâte pour une nuit d’hôtel avec piscine, face au Mékong. On observe les techniques des pêcheurs du coin depuis le bord, depuis des barques au raz de l’eau, ils lancent des filets pour capturer les poissons, malheureusement pas un seul d’entre eux ne semble avoir une pêche fructueuse.

Pêcheurs, Don Khong.
Pêcheurs, Don Khong.

Il n’y a finalement pas grand chose à faire ici, et nous prenons le lendemain matin un bateau pour Don Kone, plus au sud, réputée pour être l’île la plus relaxe, alors que Don Det qui lui fait face est une sorte de nouveau Vang Vieng, pour faire la fête.

On se dégote une petite cabane sur pilotis à même le Mekong pour 80000 kbps (8 euros). C’est exigu et on est un peu collés les uns contre les autres mais on prend quand même, c’est bien mieux que ce qu’on a vu jusqu’alors et on a notre hamac privatif. On nous a tellement parlé des 4000 iles, qu’on est un peu déçus à notre arrivée. Effectivement, le cadre en bord de rivière est chouette, mais à part ça l’ile semble minuscule, avec une concentration de touristes, boutiques de souvenirs et restaurants, qui invite moins au calme que ce que l’on pensait.. Vous savez je vous ai déjà dit qu’on était un peu des vieux avant l’âge, faire la fête c’était y’a dix ans, maintenant on aspire au luxe (basique)/calme et volupté( propreté). En parlant de propreté, après la première nuit quelle surprise de trouver mon sac photo grignoté par une souris en mal de graine de tournesol.. Grrrr, elle n’y est pas allée de main morte mais n’a pas réussi à manger grand chose, si ce n’est deux gros cafards qui nous attendent morts sur le dos dans la salle de bain.. Ambiance :-) Ca grouille de partout ces maisons sur pilotis.

On part se faire une journée de kayak sur le Mekong, pour accéder à différentes chutes, dont les plus grandes d’Asie du Sud Est, les chutes de Phapheng, juste avant que le Mekong ne rejoignent le Cambodge, hautes de 21m mais surtout avec un débit de 11000m3/s en saison sèche.

Kayak sur le Mekong, Don Kone.
Kayak sur le Mekong, Don Kone.

C’est aussi une occasion pour nous de se baigner dans le Mekong, qui est plus propre qu’on ne l’imaginait, depuis une des petites plages qu’on atteint, juste avant de se faire un déjeuner barbecue délicieusement préparé par les guides pour reprendre des forces.

Je vous rassure nous n'avons fait que photographier ces brochettes de grenouilles séchées..
Je vous rassure nous n’avons fait que photographier ces brochettes de grenouilles séchées..

On part à la recherche des dauphins de l’Irrawady, endémiques à cette partie du Mekong et au Myanmar (Birmanie). On en voit un de loin qui ressemble plus à un lamantin ou un dugong comme celui qu’on avait vu au Mozambique l’an dernier.. Flipper est bien plus mignon, je vous l’assure.

Pour le jour de Noël, Fred et Marie-Hélène, les parents de Charlotte, nous offrent une nuit dans le plus bel hôtel de l’île, le Sala Don Khone Bin DInh, où une véritable suite nous attend, tout ici n’est que raffinement et la piscine à débordement avec vue sur le Mekong n’est pas pour nous déplaire. On passe la journée à louer un vélo et se balader autour de l’île à la recherche de spots tranquilles, en faisant une escale bien méritée à la Fleur du Mekong, où la nourriture est délicieuse. Elle nous réconcilie un peu avec la gastronomie laotienne qu’on trouve assez rébarbative et moins fine que ses voisines thaïlandaise, cambodgienne, et on le découvrira plus tard vietnamienne. Le soir, après avoir bien profité de la piscine, on décide de se faire un repas de Noël au restaurant de l’hôtel. On commande tous les deux du canard, avides de mettre 1 petite touche française à ce premier Noël loin de nos familles.IMG_0354

Ici pas de champagne mais la tournée de bières lao du patron, et ne voila pas notre surprise quand notre canard en sauce arrive, sous l’appellation chicken-duck.. Vous l’aurez compris c’est bien une cuisse de poulet: il n’y a qu’ici qu’ils peuvent faire ça .. :-) :-). On vous passera l’accompagnement musical de chansons de Noel remixées sauce lao, à 90 Db..

On profite quand même de la piscine le lendemain, pour votre plus grand plaisir, vous pourrez nous la ressortir dans quelques années :-)

Les lutins laotiens.
Les lutins laotiens.

Les 24h suivantes sont essentiellement consacrées au trajet retour vers Vientiane, ou un avion pour Hanoï nous attend, 2h de bateau, 3h de bus de jours avec une escale de 5h à Pakse, puis 12h de bus de nuit ( moins terrible que la première fois, ayant demandé et obtenu les couchettes du bas (pas plus grandes pour autant), pour moins ressentir le balancement infernal du bus lancé à pleine vitesse) jusqu’à Vientiane, où l’on passe notre dernière journée au Laos, assez tranquille, bien loin de l’agitation infernale qui nous attendait à Hanoi.. La suite au prochain épisode.

Cope, Centre de rééducation des Bléssés par mines, Vientiane.
Cope, Centre de rééducation des Bléssés par mines, Vientiane.

Les chocs vous embrassent.IMG_5676

Itinérance de quelques mois autour du globe.